La grande distribution ou l’art d’exploiter les crédules

papier toilettePetite expérience facile à faire vous-même. Matériel nécessaire :

• un supermarché

• une calculatrice (un modèle de base suffit)

Repérez des articles vendus à l’unité et par lots, ou par lots de différentes tailles. Notez les prix des différents articles et convertissez tout en prix à l’unité. Généralement, vous pourrez vérifier la règle suivante :

Continuer la lecture

Pourquoi “ISIS” tourne-t-il ses vidéos en studio ?

otages japonaisPoursuivant son feuilleton débuté avec James Foley en août 2014, les productions de “l’État Islamique” (notez les guillemets) ont le 20 janvier 2015 terrorisé le Japon avec une vidéo menaçant d’exécuter deux otages, et en ayant depuis (samedi 24) annoncé l’exécution de l’un d’entre eux, Haruna Yukawa (à droite sur l’image). Dans la vidéo montrant les deux otages vivants, on retrouve le même décor désertique que celui utilisé depuis la menace d’exécution de James Foley.

Continuer la lecture

Chimique contre nucléaire

choucroute garnie

choucroute garnie

L’article qui suit est une version enrichie, illustrée et “vulgarisée” (sans la moindre connotation péjorative) de la correction d’un exercice posé en examen à Pau, le 8 janvier 2015, en deuxième année de licence de physique. Il vise à montrer qu’au-delà des détails souvent complexes de la réalité concrète, conduisant à des problèmes qui ne le sont pas moins, faire de la physique consiste aussi à savoir repérer les invariants, les guides fiables, dans la connaissance rationnelle que nous avons du monde. Il en résulte une hiérarchie des concepts qui permet d’éviter de se perdre dans les détails.

Continuer la lecture

Fabius, le golf et le badminton

shuttlecockMise à jour du 14 avril 2018 : je remets en première page cet article en raison de son actualité, à la suite des frappes contre la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril, et en l’enrichissant des commentaires de Xavier Moreau sur cette opération militaire.

Cela fait donc plusieurs années maintenant que nos gouvernants et à leur suite les “grands” media, ou media de grand chemin, mentent systématiquement sur la Syrie et son gouvernement en appliquant avec fort peu d’imagination le précepte : “qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.” Dépassant depuis longtemps les limites du ridicule, ils accusent à répétition le “régime de Bachar” de “gazer sa population” sans jamais avoir pu fournir le début de commencement d’une preuve de leurs accusations. En revanche, des journalistes et experts sérieux (il en existe), comme Seymour Hersh ou le duo d’experts militaires que je citais ci-dessous en janvier 2015, Richard Lloyd et Theodore A. Postol, ont apporté des preuves que le gaz neurotoxique dont on accuse le “boucher de Damas” d’avoir fait usage provenait selon toute vraisemblance des rangs des “rebelles modérés”1 financés et entraînés par l’Occident.

On assiste donc ici, comme l’explique Xavier Moreau, à un feu d’artifice final de la part d’une clique de va-t’en-guerre incapable de reconnaître ses erreurs – on le savait déjà – mais aussi, et c’est à la fois plus grave pour elle et mieux pour nous, incapable de reconnaître ses faiblesses ou d’éprouver le sentiment du ridicule.

Pour comprendre un des enjeux majeurs des agressions occidentales répétées contre la Syrie, voir aussi :


Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin (un puissant neurotoxique) fait des centaines de morts, dont beaucoup de civils, dans la banlieue de Damas en Syrie, dans la zone de la Ghouta (terme local signifiant oasis).

Très rapidement, les gouvernements américain, britannique, canadien, français, israélien, suédois, turc, et la Ligue des États arabes attribuent ces attaques au régime syrien, de même que l’Organisation Non Gouvernementale Human Rights Watch. La Russie et l’Iran accusent par contre l’opposition. En outre, la magistrate suisse Carla Del Ponte avait, le 6 mai 2013, accusé les rebelles syriens d’avoir fait usage de gaz sarin.

Continuer la lecture

Le Soleil rayonne comme un corps noir

le Soleil

le Soleil

Cette simple phrase, qui peut passer pour un haïku de physicien aux yeux de certains, ou sembler absurde à d’autres, illustre la difficulté pour les scientifiques de communiquer leur pensée sans la trahir. Parce que la démarche scientifique se veut rigoureuse et précise, elle nécessite un langage qui l’est tout autant. Parce que le langage commun l’est rarement, il devient nécessaire de forger des mots nouveaux, ou d’utiliser des mots ordinaires dans un sens qui n’est pas le leur.

Continuer la lecture

L’inversion de paradigme

RichardFeynman-PaineMansionWoods1984 copyrightTamikoThiel bwUn paradigme, au sens de l’épistémologie, est un ensemble cohérent de représentations du monde dont il est en général difficile de sortir, justement à cause de sa cohérence : tant qu’il est productif, c’est une mine qu’on exploite, mais à la longue, il finit par devenir une ornière intellectuelle. Si l’on veut être encore plus chic, on peut aussi employer le terme allemand de Weltanschauung (littéralement représentation du monde).

Le mot de paradigme a été popularisé par le philosophe des sciences Thomas Kuhn, qui a montré dans son oeuvre majeure, La structure des révolutions scientifiques, que les sciences progressaient non de façon continue, mais par des ruptures correspondant à autant de “changements de paradigme”. Illustrons cette idée par un petit exemple marquant tiré de l’optique, expliqué par le génial Richard Feynman dans son célèbre cours de physique.

Continuer la lecture

1 5 6 7 8