11 Septembre : quelques arguments de physique ordinaire
conférence à Lille samedi 28 septembre

[Note de l’organisateur de ce blog : simple page de publicité ; c’est demain donc prenez vos dispositions si vous voulez y assister. Il sera question, je le précise, d’abord et avant tout de physique, dans un but de pédagogie envers les récalcitrants à cette discipline, parfois martyrisés par des professeurs de lycée peu doués (j’ai eu la chance, au contraire, de tomber sur un bon voire excellent) ou trompés par l’image de discipline inaccessible et hyper-calculatoire qu’en donnent souvent les media.

Ceux qui souhaitent “préparer” la conférence pourront au préalable lire les articles suivants :

et pourront également visionner ma conférence à Escos (et à succès) de février 2017.]


Notre-Dame de Paris : quelques rappels
de chimie, physique et géométrie

Dans le cours sur l’énergie que j’ai donné depuis de nombreuses années à l’université, j’insiste lourdement pour que mes étudiants comprennent une caractéristique importante de nos sociétés dites “évoluées” : elles ne sont pas seulement dépendantes à l’énergie mais aussi dépendantes à la puissance, ce qui, en physique, désigne l’énergie consommée par unité de temps. Autrement dit, non seulement nous avons besoin de beaucoup d’énergie pour le transport, le chauffage, la production industrielle…, mais nombre de ces usages requièrent l’utilisation de beaucoup d’énergie en peu de temps, ce que nous mesurons en watts (1 watt = 1 joule par seconde) ou ses multiples (kilowatts, mégawatts…).

Exemple : lorsque nous prenons l’avion, la consommation d’énergie par passager n’est pas, en soi, astronomique (elle correspond, pour de gros avions long-courrier bien remplis, à 3 ou 4 litres de kérosène aux 100 km) mais les moteurs de l’avion doivent être extrêmement puissants afin de lui permettre de voler vite et d’accélérer fort lors du décollage. Dans un des exercices que je donne à mes étudiants, on estime par exemple que, sur la totalité d’un vol à très longue distance, la puissance moyenne1 requise par passager est comprise entre 350 et 400 kW, alors qu’une automobile moyenne roulant à 130 km/h sur autoroute horizontale demande moins de 100 kW, et un cycliste roulant tranquille à 20 km/h sur le plat, de l’ordre de quelques centaines de watts2 seulement.

Cette simple considération permet de comprendre l’avantage stratégique de certaines énergies par rapport à d’autres, et notamment le pétrole. En effet, la plupart de l’énergie consommée dans le monde (environ 4/5) provient du charbon, du pétrole et du gaz, c’est-à-dire de matière qui brûle (le bois, bien sûr, est un autre exemple). Or la vitesse de libération d’énergie (c’est-à-dire la puissance) par cette matière en combustion dépend de plusieurs facteurs :

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Physique ordinaire de l’extraordinaire

Ou les étonnantes vertus explicatives du refroidissement de l’eau chaude.

Mise à jour du 9 mars 2019 : grâce à Heinz Pommer, auteur d’un gros travail sur le caractère nucléaire des destructions survenues à Ground Zero, la version allemande de cet article est maintenant en ligne sur Ken FM. Vielen Dank Heinz!

La « reine des sciences », cette inconnue

Nous vivons tous dans un environnement hyper-technique qui doit beaucoup aux avancées de la physique. Certains de ses développements sont déjà anciens (comme la thermodynamique, qui permit l’utilisation massive des machines à vapeur, puis des moteurs à combustion interne de nos automobiles), d’autres plus récents (la physique du solide, qui permit l’explosion de l’électronique puis de l’informatique). Chacun peut aujourd’hui utiliser le GPS de son smartphone avec une extrême simplicité, sans avoir la moindre idée des prouesses scientifiques et techniques qui se cachent derrière, les mesures de distance étant basées sur des temps de parcours d’ondes électromagnétiques voyageant à 300 000 km/s.

Mais ces exploits scientifico-techniques ont un revers : à force d’utiliser des objets « magiques », qui nous obéissent au doigt et à l’œil comme si nous étions Harry Potter au mieux de sa forme, nous finissons par accepter une forme de « pensée magique ». Nous redevenons des enfants de moins de 7 ans (l’âge de raison) et sommes prêts à croire n’importe quoi. Il est temps de prendre conscience de ces dérives, et de rappeler que les physiciens et les ingénieurs ne sont pas des magiciens. Ce n’est pas la nature qui leur obéit, mais bien au contraire eux qui doivent obéir scrupuleusement aux lois de la nature qu’ils formalisent.

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Le 11-Septembre : une mine pour les physiciens

[Note de l’administrateur de ce blog : je relaie ici une vidéo publiée par Égalité et Réconciliation, mais c’est moi qui parle dedans. Je tiens à remercier cette association si injustement calomniée pour son action de véritable éducation populaire – et en particulier sa forte incitation à la lecture et à la réflexion. Y compris – et c’est un aspect que le lobby sioniste voudrait bien occulter – en faisant la promotion d’un grand nombre de penseurs et auteurs juifs1 de premier plan, et forcément à l’opposé des demi-intellectuels siono-compatibles mis en avant par des media aux ordres de ce lobby. Un grand merci également à Alexandre pour la prise de son et d’image ainsi que pour le montage ; le résultat final est d’autant plus remarquable que les conditions techniques de l’événement étaient peu “confortables”.]


Mise à jour du 6 juin 2018 : la chaîne YouTube d’Égalité & Réconciliation ayant été purement et simplement supprimée – ce qui valide au passage les analyses d’Alain Soral (et d’autres que lui) sur les nouvelles formes de dictature dont trop peu de nos contemporains sont conscients – je mets à disposition les planches (muettes…) de ma conférence au format PDF, et rends disponible la vidéo sur ma propre chaîne YouTube… en attendant mieux !

Mise à jour du 7 juin 2018 : bon, finalement la chaîne YouTube d’ERTV est de retour… jusqu’à quand on ne sait pas ! Je laisse donc la vidéo sur ma propre chaîne en espérant que faire de la physique ne va pas me faire dénoncer pour “incitation à la haine”…

Cliquer sur l’image du fichier pour le télécharger.

Le 11-Septembre : une mine pour les physiciens

Trois ans de réflexions sur la manipulation planétaire du 11-Septembre, sur ce blog :

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Pierre-Gilles de Gennes – « le Newton du XXe siècle » (France Inter)

Pierre-Gille de Gennes

Le Professeur Pierre-Gilles de Gennes pose avec son équipe dans son laboratoire de l’Institut Pierre et Marie Curie à Paris, quelques heures après s’être vu attribuer le prix Nobel de Physique, le 16 octobre 1991. © AFP / JOEL ROBINE

[Note de l’administrateur de ce blog : j’ai moi-même été plongé, lorsque j’étais étudiant, dans les idées de ce grand homme de science dont je lisais Scaling Concepts in Polymer Physics pour les besoins de mon doctorat, tandis que lui devait se coltiner mes rapports trimestriels d’avancement de thèse, laquelle était financée par Rhône-Poulenc.

Je ne pouvais donc manquer de signaler cet épisode de La tête au carré, où certes on affuble Pierre-Gilles de Gennes d’un surnom qu’il n’appréciait guère, mais où on laisse néanmoins des personnes l’ayant côtoyé parler de sa vision profonde de la science. Et notamment de sa conviction, appliquée avec succès tout au long de sa très féconde carrière, qu’il est nécessaire de simplifier drastiquement les problèmes complexes pour faire avancer leur solution. Il n’était certes pas le premier – le physicien italien Enrico Fermi était également célèbre pour ses estimations rapides et brutales – mais il sut manier avec brio le concept de loi d’échelle partout où il permettait “d’oublier” les détails sordides empêchant la résolution d’un problème.

Le lecteur audio de France Inter semblant refuser de se faire intégrer correctement sous WordPress, je vous convie à écouter l’émission directement sur le site de la radio.]


Si nous connaissons Pierre-Gilles de Gennes depuis le prix Nobel de physique qui lui fut décerné à l’automne 1991, c’est d’abord parce que ce chercheur hors normes a eu à cœur d’expliquer sa démarche et l’objet de ses travaux, visitant écoles, collèges et lycées et se prêtant volontiers au jeu des médias.

Qui est véritablement « le Newton du XXe siècle » ?

Une expression qu’il récusait mais qui n’a rien d’absurde si l’on songe à l’impressionnante étendue des domaines qu’il a abordés ? Comment s’est bâti son génie ? D’où vient l’élégance des théories qu’il a élaborées et son goût pour l’éclectisme scientifique, qui l’a conduit de la supraconductivité aux neurosciences en passant par les cristaux liquides ou la physique du sable ?

Derrière le scientifique, un homme curieux

L’homme lui-même n’était pas moins extraordinaire. Humour, sensibilité, opinions hétérodoxes, insatiable curiosité : il y eut un « style » de Gennes, un homme qui tenta toujours de créer des ponts entre laboratoire et industrie, comme entre science et grand public : Pierre-Gilles de Gennes avait le don de transmettre avec clarté des notions très complexes, et la volonté de rénover l’enseignement des sciences.

Continuer la lecture (et l’écoute) sur le site de France Inter ⟶

 

Travaux dirigés, version sérieuse (corrigé)

integrale-rougeComme promis il y a une semaine, voici (un peu plus bas…) la correction de la feuille de travaux dirigés que j’avais donnée le premier novembre sur la statique et la dynamique des gratte-ciel. Je réitère encore une fois mes avertissements : il ne s’agit pas de “vulgarisation”, mais bien de physique telle qu’elle est enseignée à l’université – même si c’est ici à un niveau élémentaire, en première année.

Des non-scientifiques pourront être gênés par le formalisme mathématique, pourtant ici très simple pour des apprentis physiciens : je n’ai pas cherché à l’éviter, j’ai joué le jeu d’exercices “comme en vrai”. Mais ils ne devront pas croire que c’est ce formalisme qui garantit le sérieux de la démonstration : il s’agit simplement d’un langage “naturel” pour traiter des problèmes de physique, que tout étudiant en cette discipline doit donc maîtriser un minimum, de même qu’un musicien doit connaître les bases du solfège qui elles aussi rebutent les non-musiciens. Il y a d’ailleurs des liens évidents entre mathématiques et musique, mais c’est un autre sujet…

Non seulement le formalisme mathématique ne garantit pas la validité d’une démonstration, mais sa relative opacité permet à certains scientifiques peu honnêtes, ou encore honnêtes mais dominés par le formalisme alors qu’ils ont en principe pour mission de le dominer, de camoufler du non-sens scientifique derrière un luxe d’équations et de notations en alphabet grec. Dans le cas de l’effondrement des trois gratte-ciel du 11-Septembre, on peut dire que certains s’en sont donné à cœur joie, soit dans les mathématiques formelles, soit dans l’application informatique des lois de la physique par calcul numérique. Dans l’un ou l’autre cas, le danger est le même : tant qu’on ne refait pas chaque ligne de la démonstration, ou qu’on ne vérifie pas chaque ligne du code de calcul et les données numériques introduites, accepter un résultat au prétexte qu’il est publié dans une revue spécialisée relève de la croyance, pas de la connaissance rationnelle. D’où l’utilité de se limiter à des modèles très simples – mais justes malgré tout, dans les grandes lignes – pour débroussailler le maquis de mensonges, ce que je tente de faire ici.

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