Home » Actualité » Fondamentaux » Mediamensonges » L’État profond contre le pays profond

L’État profond contre le pays profond

En attendant le dénouement de cette élection présidentielle américaine décidément pas comme les autres, je vous propose aujourd’hui la traduction d’un article du Saker paru le 9 novembre sur The Unz Review. Bonne lecture !

——— Début de la traduction ———

Je dois commencer par une évidence : malgré toutes les ressources de l’État profond, de la propagande et de « l’empire profond » (transnational) qui sont utilisées pour déclarer que « Biden » (c’est-à-dire Harris) a gagné, pour l’instant personne ne sait qui a obtenu le plus de votes et où.

Je dirais même que nous ne saurons jamais vraiment qui a gagné, parce que cela dépend d’un grand nombre de lois et règlements locaux et parce qu’il ne sera probablement jamais possible de séparer les votes illégaux des votes légaux.

Enfin, aucune des deux parties n’admettra jamais de bonne grâce avoir perdu la compétition. Donc maintenant le pays va entrer dans une crise profonde.

Voilà pour les mauvaises nouvelles.

Mais il y a aussi de très bonnes nouvelles.

Premièrement, il est maintenant devenu clair pour la planète entière que la « démocratie » américaine n’en est pas une : les États-Unis sont une ploutocratie oligarchique, gangrenée par une myriade de lois désuètes et corrompue jusqu’à l’os. La « ruse » particulière de ces États-Unis oligarchiques ploutocratiques est qu’ils se déguisent en ochlocratie [NdT : l‘ochlocratie (du grec ancien ὀχλοκρατία / okhlokratía, via le latin : ochlocratia) est un régime politique dans lequel la foule (okhlos) a le pouvoir d’imposer sa volonté.] : il y a un prétendu gouvernement par la foule qui sert de feuille de vigne microscopique cachant la véritable nature du régime.

Deuxièmement, alors que les Démocrates ont fait de leur mieux pour cacher cela, et qu’ils continuent encore, il devient maintenant évident que l’ampleur même de la fraude l’a rendue impossible à dissimuler. À présent, si nous songeons à la façon dont l’Empire anglo-sioniste a géré des absurdités tout aussi incroyables (11-Septembre, attaques au gaz en Syrie, Skripal, Navalny, etc.), nous savons ce qu’ils vont faire ensuite : doubler la mise, ce qui rassurera les zombies décérébrés, mais rendra encore plus furieux ceux qui sont encore capables de pensée critique.

Troisièmement, le comportement des media américains dans cette histoire est si manifestement honteux que personne ne les prendra plus jamais au sérieux (du moins parmi les gens qui pensent, les abrutis devant leur télé sont de toute façon au-delà de tout argument rationnel). Ceci est particulièrement important en ce qui concerne FoxNews qui a montré qu’il était un média de propagande pseudo-conservateur qui, en réalité, est complètement dédié à l’agenda politique de Rupert Murdoch et de sa famille. [NdT : il semblerait que l’équipe éditoriale de FoxNews navigue à vue et des reportages très récents penchent au contraire en faveur de Trump.]

À ce stade, il est impossible de prédire ce qui se passera ensuite, mais le meurtre de JFK ou l’attentat sous faux drapeau du 11-Septembre suggèrent fortement que l’État profond américain gagnera [NdT : je penche pour l’option inverse, mais je respecte bien entendu les pensées du Saker.]. Il semble qu’il n’y ait qu’un seul moyen pour Trump de rester au pouvoir et cela ressemblera probablement à ceci :

Giuliani, dont on m’a dit qu’il a remporté plus de 4000 procès au cours de sa carrière, est un dur à cuire (regardez ce qu’il a fait à la mafia de New York ! [NdT : Giuliani est célèbre pour avoir mené avec succès des procès contre des parrains de la mafia new-yorkaise dans les années 1980.]) et il doit se rendre compte que les poursuites qu’il intentera cette semaine seront les plus importantes de sa carrière. Ils constitueront même probablement ce que l’on retiendra de lui. Penser qu’il pourrait se présenter devant les tribunaux sans preuve solide dans ses dossiers est tout simplement ridicule. Je ne vois aucun mécanisme qui puisse arrêter Giuliani maintenant, donc la balle ira maintenant aux tribunaux des États, fédéraux ensuite et, après cela, à la Cour suprême. Là, la situation est difficile à prévoir.

En théorie, Trump a probablement suffisamment de juges conservateurs, en particulier puisque Ruth Bader Ginsburg est partie et qu’Amy Coney Barrett l’a remplacée. Ce n’est qu’en théorie. En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes. D’un côté, la pression de l’État profond sur les juges sera immense, mais d’un autre côté, une fois que vous êtes un juge de la Cour Suprême, vous ne pouvez pas être attaqué, du moins pas légalement. Amy Coney Barrett devra également faire face à une immense pression pour « prouver » son « indépendance » (ce qui signifie que si elle se range du côté de Giuliani, elle sera qualifiée de complice de Trump et même bien de pire que cela !). Une chose est sûre, tout juge se rangeant du côté de Giuliani devra faire face à d’immenses pressions suivies d’une campagne de dénigrement brutal. Qui sait combien de juges auraient le courage de faire face à cela ?

Cependant, il y a aussi la possibilité que n’importe quel juge se rangeant du côté des conclusions de Giuliani restera dans l’histoire comme un autre « exemple de courage », donc je n’écarterais pas complètement cette possibilité non plus.

Aparté :

Au cours de mes années d’études aux États-Unis, j’ai eu la chance de rencontrer des responsables américains tels que Paul Nitze ou l’amiral Zumwalt et d’étudier avec eux, et j’ai toujours été étonné de voir à quel point d’anciens fonctionnaires américains étaient francs, mais seulement une fois qu’ils ont pris leur retraite [NdT : c’est valable aussi pour les haut gradés militaires français, d’après mon expérience personnelle actuelle]. Les juges de l’USSC ne sont pas à la retraite, bien sûr, mais, comme les fonctionnaires à la retraite, ils sont hors de portée de toutes représailles légales, ce qui pourrait renforcer leur volonté de suivre honnêtement leur conscience et d’exprimer leurs convictions.

Giuliani se battra certainement avec énergie, mais en regardant la corrélation politique des forces, je ne vois pas comment Trump réussirait à vaincre un adversaire beaucoup plus fort. réfléchissez, le seul allié possible pour la campagne Trump serait la Cour suprême : le GOP [NdT : Grand Old Party, nom familier du Parti Républicain], le Congrès, l’État profond, les media sionistes existants, et même les membres de l’administration Trump (pensez à Bolton ou à Esper…) [NdT : Mark Esper vient d’être viré, le 9 novembre, par Trump. Le jour de la publication de cet article !] le détestent tous cordialement. Et maintenant que Trump semble perdre, ils ne s’en cachent pas.

Pourtant, comme le dit le proverbe, nous devons espérer le meilleur mais nous préparer au pire.

C’est-à-dire, évidemment, une administration Harris qui contrôlerait l’exécutif.

Alors, que pouvons-nous attendre de ces gens?

D’abord et avant tout, une campagne soutenue pour rejeter complètement les premier et deuxième amendements à la Constitution. Considérant à quel point ces deux pierres angulaires de la Constitution américaine sont vraiment sacrées pour des millions d’Américains, nous pouvons nous attendre à beaucoup de résistance de la part des « déplorables », à la fois légale et violente.

Deuxièmement, le contrôle à la fois de l’exécutif et de tous les géants de l’internet signifiera que la liberté d’expression sera encore plus clandestine. Cette nouvelle réalité exigera beaucoup de réflexion dans le développement d’une stratégie pour protéger les voix que le régime de Washington tentera désormais de faire taire ouvertement.

Aparté :

L’erreur la plus stupide de Trump a peut-être été de ne pas créer sa propre chaîne de télévision. Il avait l’argent, il aurait pu trouver des alliés, mais il manquait simplement d’intelligence pour voir le danger. Au lieu de cela, cet imbécile narcissique pensait que Twitter était le moyen de contourner les médias traditionnels. Y a-t-il une possibilité que s’il est expulsé de la Maison Blanche, nous pourrions enfin comprendre que ce dont les États-Unis ont maintenant si urgemment besoin est, au strict minimum, d’une chaîne de télévision gratuite et d’au moins une possibilité de médias sociaux gratuits ? Peut-être, mais je ne retiens pas mon souffle, Trump a toujours eu cette capacité à décevoir…

Troisièmement, sur le plan international, on peut s’attendre à un dénigrement encore plus hystérique de la Russie (les Démocrates détestent tous la Russie avec passion, d’autant plus qu’ils se sont auto-infligé un lavage de cerveau pendant quatre ans pour que « Poutine » ait « attaqué » les élections américaines). Mais il n’y a vraiment rien que les États-Unis puissent faire à la Russie, il est bien trop tard pour cela. Je m’attendrais donc à encore plus de vent que de la part de l’administration Trump, et probablement pas beaucoup plus d’action, bien que ce ne soit en aucun cas certain, car un président symbolique abruti comme Biden n’aurait pas l’intelligence de Trump pour comprendre qu’une guerre contre la Russie, la Chine ou l’Iran finirait par un désastre : les Démocrates déclenchent toujours des guerres pour essayer de convaincre le public qu’ils sont « durs » (Dukakis dans son char M-1) [NdT : candidat à la présidence de 1988 qui cherchait à gommer son image de pacifiste.]. Maintenant qu’ils apparaissent non seulement comme faibles, mais aussi illégitimes et même séniles (avez-vous vu Biden essayer de monter sur l’estrade en courant ?), ils devront prouver leur « virilité » et envoyer des missiles de croisière voler quelque part (ce genre d’attaque est ce que ces lâches utilisent toujours en premier).

Comme je l’ai mentionné dans le passé , le résultat de cette élection n’aura pas beaucoup d’impact sur la politique étrangère américaine : premièrement, les élites américaines sont plus ou moins toutes d’accord sur la poursuite d’une politique d’impérialisme violent ; mais ce qui est encore plus crucial c’est le fait que l’Empire est aussi mort que le Titanic quand il a frappé l’iceberg : tous les passagers n’ont pas réalisé ce qui se passait, mais cela n’a pas affecté le moins du monde le résultat final.

De plus, comme le savent ceux qui connaissent la dialectique hégélienne, chaque action aboutit finalement à une réaction et l’idée que plus de 70 000 000 d’électeurs accepteront simplement ce qui est de toute évidence un coup d’État contre non seulement Trump, mais aussi la Constitution américaine elle-même, est ridicule. S’il y a bien une chose dont ces personnes vont maintenant se rendre compte, c’est que si les États-Unis ne font face à aucune menace étrangère réelle (à l’exception de celles qu’ils ont créées eux-mêmes), il y a certainement une menace interne, au sens du serment que prêtent les services en uniforme [NdT : le “United States Uniformed Services Oath of Office” est un serment où l’on jure solennellement de “défendre la Constitution des États-Unis contre tous les ennemis, étrangers et intérieurs”.], et que cette réalité leur donne le droit, et même le devoir, de « résister à la tyrannie ».

Vous avez probablement entendu Joe Biden déclarer qu’il veut guérir les blessures, restaurer l’unité, régner pour tous les Américains, etc. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une simple rhétorique politique, même si cela en fait également partie. Je crois surtout que les Démocrates sont terrifiés parce qu’ils savent pertinemment qu’ils ont volé les élections et c’est pourquoi, après quatre ans de la rhétorique la plus clivante et irresponsable contre Trump, « le système raciste » et toutes ces conneries, ils font maintenant un virage à 180° (ils en sont experts !) et plaident pour le calme, la paix et l’unité.

Cela n’arrivera pas.

Enfin, un mot à ceux qui aiment dire qu’il n’y a pas de différence entre les Démocrates et le GOP, que tout cela est un faux conflit : chers amis, vous avez à la fois raison et complètement tort. Vous avez raison de dire que les comités nationaux démocrate (DNC) et républicain (RNC) sont comme des jumeaux indiscernables. Mais ce qui vous manque, ce sont deux choses cruciales:

  1. Les factions au sein d’un même groupe peuvent en fait se chamailler beaucoup plus durement que contre leurs ennemis communs. Je pense aux SS contre les SA dans l’Allemagne nazie ou aux trotskystes contre les staliniens en Union soviétique et pendant la guerre civile espagnole.
  2. Mais, plus important encore, ce n’est pas un concours entre Démocrates et Républicains, c’est un concours entre un « outsider » d’un côté, et le DNC et le RNC de l’autre côté !

Conclusion : ce n’est pas le RNC contre le DNC mais le Deep State contre le Deep Country

Un rapide coup d’œil à une carte explique tout : cette lutte est principalement celle de l’État profond contre le pays profond (réel). Ouais, je sais, Trump n’est pas vraiment un mineur de Virginie-Occidentale ou un agriculteur de l’Alabama. Mais cela n’a pas la moindre importance. Ce qui importe, c’est que les déplorables des « pays qu’on survole » [NdT : “Flyover country”, expression péjorative désignant les régions rurales de l’intérieur des USA, où les lignes aériennes intérieures ne font pas d’escales.] sentent que Trump parle pour eux et qu’il est le seul à les défendre contre les (pseudo-) libéraux de CNN, les voyous Antifa / Black Lives Matter et la destruction des États-Unis tels que nous les connaissions tous. Et oui, c’est une vue simpliste, mais elle est fondamentalement correcte néanmoins.

———————————— Fin de la traduction ————————————

Suite du spectacle, en direct sur tous vos écrans !

2 commentaires sur “L’État profond contre le pays profond

  1. Nouvelles du jour, le 12 novembre 2020

    USA : le président élu Joe Biden nomme son chef de Cabinet.
    France : l’ordre des Médecins porte plainte contre le professeur Raoult pour charlatanisme.

    Belle journée d’ automne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *