Symphonie confinée – La tendresse (Valentin Vander)

[Note de l’administrateur de ce blog : un peu de tendresse dans ce monde gouverné par des brutes et des criminels, histoire de reprendre des forces avant la lutte finale. Chanson originale de Noël Roux et Hubert Giraud, initialement interprétée par Bourvil (1963) puis Marie Laforêt (1964).]


Les experts militaires français et la Russie (Stratpol)

[Note de l’administrateur de ce blog : réjouissante mise en boîte de la part de Xavier Moreau, véritable connaisseur des affaires militaires et de la Russie. Cela donne une idée de l’état des media français (ne pas rater les dernières minutes, dignes d’un bêtisier)… Ce qui est moins réjouissant, c’est que ces “experts” soient écoutés !]


Quand le débat est clos (Antipresse)

Jacques-Louis David, «La mort de Socrate (détail)»

Jacques-Louis David, «La mort de Socrate (détail)»

[Note de l’administrateur de ce blog : une fois de plus, je fais profiter à mes lecteurs d’un article de l’Antipresse en principe réservé aux abonnés (façon de suggérer d’en grossir les rangs).

Slobodan Despot n’a pas besoin ici de forcer le trait, tant l’époque est comique. Les futurs historiens auront bien du mal à expliquer — surtout en restant sérieux vu l’aspect grotesque de leur sujet d’étude — comment, dans un monde d’hyperconnectivité et de stockage quasi gratuit et sans limite d’information, a pu se développer une telle soif d’ignorance, y compris et même surtout parmi les cercles intellectuels dont la fonction sociale est d’entretenir le débat. Décidément, Le Tartuffe n’a pas fini d’être une œuvre visionnaire.]


par Slobodan Despot

Réchauffement climatique, minorités sexuelles, crises humanitaires… Sur un nombre croissant de sujets, le questionnement est mis sous la tutelle de la certitude imposée. Mais l’étouffement du débat, même sur des vérités «évidentes», peut entraîner des conséquences imprévues. Ou quand, à force d’avoir raison, on perd la raison.

Je côtoie Suzette Sandoz aux «Beaux parleurs» de la RTS le dimanche et j’ose affirmer qu’on y apprécie son humour et son acuité d’esprit. Ayant été un éminent professeur de droit, Mme Sandoz sait en principe ce que l’esprit critique veut dire. Sur son blog hébergé par Le Temps, elle s’est risquée à appliquer son scepticisme au dogme du réchauffement climatique induit par l’homme, en demandant un «vrai débat». Blasphème! L’espiègle retraitée a essuyé dans les colonnes du même journal l’ire de douze docteurs de la science climatique qui lui ont ordonné de se taire. «Le débat sur le CO2 est clos», décrètent-ils en invoquant l’autorité suprême, le climatocoran : les fameux rapports du GIEC.

(Je précise ici que je suis plutôt de leur côté, mais pas pour les mêmes motifs : je prône la retenue par respect pour la création, non par un réflexe pavlovien de peur, fût-il attisé par des chiffres.)

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Le « pire des oligarques » fait son grand retour en Ukraine (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : certaines actualités prennent la forme de gags, virent au sketch raté d’humoriste abusant de l’humour potache ou se trouvant à court d’idées fines. Pourtant rien n’est inventé dans les propos rapportés ici de l’oligarque ukraino-israélo-chypriote Igor (ou Ihor) Kolomoïski, dont j’avais déjà parlé ici, l’homme devant qui BHL passe pour un modèle de cohérence et d’intégrité. En effet ce “mécène” finança à la fois le Parlement Juif Européen et des bataillons de néo-nazis comme le tristement célèbre Régiment Azov dont le commandant déclara : ” La mission historique de notre nation dans ce moment critique est d’amener les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie (…) Une croisade contre les sous-hommes menés par les sémites “.

Comme dit l’autre, “au-dessus c’est le soleil”.]


Le New York Times n’est pas connu pour la finesse de son esprit, mais une interview récemment publiée avec le milliardaire ukrainien Ihor Kolomoisky n’était rien moins que désopilante. Un gros homme fonceur qui ne croit pas aux nuances de gris – sauf lorsqu’il s’agit de ses propres moustaches – Kolomoisky n’a pas hésité à invoquer l’hypocrisie du double jeu américain et à partager sa conviction qu’un rapprochement avec la Russie est le seul moyen pour l’Ukraine de se sortir de son marasme.

« Ils sont plus forts de toute façon », a-t-il déclaré à propos de Moscou. « Nous devons améliorer nos relations. Les gens veulent la paix, une bonne vie, ils ne veulent pas être en guerre. Et vous «  – c’est-à-dire les États-Unis –  » nous forcez à être en guerre et ne nous donnez même pas l’argent pour cela. »

Ce n’est pas ce que raconte le défilé de personnels du département d’État, qui témoigne devant le comité du renseignement de la Chambre, ces jours-ci. À l’unisson, ils s’accordent pour dire que la politique américaine est exemplaire, brillante et conçue pour aider la pauvre petite Ukraine à se remettre sur pied et à repousser l’agression russe. Pourtant, voici un oligarque ukrainien qui dit le contraire : que Washington utilise Kiev à ses propres fins et que, par comparaison, Moscou a bien meilleure allure.

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L’écriture inclusive exclut-elle quelque chose ?

Sauf à revenir d’une mission de longue durée sur Mars, vous ne pouvez pas ignorer que la langue française a développé ces dernières années une série de symptômes inquiétants, sous forme de boutons se multipliant rapidement, associés à une prolifération inhabituelle de la lettre e, voire de groupes de lettres apparemment anarchiques.

La maladie touche principalement la communication institutionnelle, surtout celle se prétendant “de gauche”, “progressiste” ou “syndicale”, mais n’épargne pas pour autant les milieux cultivés, puisqu’elle se répand même dans les départements de lettres des universités. En voici quelques échantillons in vivo :

Cher·e·s collègues,
Nous vous proposons l’actualité syndicale récente, …

Cher·e·s collègues,
Le site du Forum 2020 est désormais ouvert pour la soumission des résumés…

Jusqu’à présent le modèle officiel de l’inspection individuel [sic] rabat l’évaluation des pratiques professionnelles des enseignant·e·s sur l’observation d’une heure de cours, la consultation des documents et affichages pédagogiques des professeur·e·s, de copies corrigées et des supports des élèves. Un entretien porte ensuite le plus souvent sur ces seuls éléments même si de nombreux·ses inspecteur·trice·s en élargissent le spectre.

Les gardiens de la langue – qui peuvent être des femmes – ont eu beau alerter sur la dangerosité de l’épidémie, il semble que la maladie n’ait pas encore pu être enrayée. Peut-être parce que le diagnostic n’est pas le bon ? Se pourrait-il que cette écriture se voulant inclusive – par opposition à l’écriture habituelle qui, elle, pratiquerait l’exclusion de certaines catégories de personnes, et notamment des femmes – soit en réalité terriblement exclusive de quelque chose ?

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