Le « pire des oligarques » fait son grand retour en Ukraine (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : certaines actualités prennent la forme de gags, virent au sketch raté d’humoriste abusant de l’humour potache ou se trouvant à court d’idées fines. Pourtant rien n’est inventé dans les propos rapportés ici de l’oligarque ukraino-israélo-chypriote Igor (ou Ihor) Kolomoïski, dont j’avais déjà parlé ici, l’homme devant qui BHL passe pour un modèle de cohérence et d’intégrité. En effet ce “mécène” finança à la fois le Parlement Juif Européen et des bataillons de néo-nazis comme le tristement célèbre Régiment Azov dont le commandant déclara : ” La mission historique de notre nation dans ce moment critique est d’amener les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie (…) Une croisade contre les sous-hommes menés par les sémites “.

Comme dit l’autre, “au-dessus c’est le soleil”.]


Le New York Times n’est pas connu pour la finesse de son esprit, mais une interview récemment publiée avec le milliardaire ukrainien Ihor Kolomoisky n’était rien moins que désopilante. Un gros homme fonceur qui ne croit pas aux nuances de gris – sauf lorsqu’il s’agit de ses propres moustaches – Kolomoisky n’a pas hésité à invoquer l’hypocrisie du double jeu américain et à partager sa conviction qu’un rapprochement avec la Russie est le seul moyen pour l’Ukraine de se sortir de son marasme.

« Ils sont plus forts de toute façon », a-t-il déclaré à propos de Moscou. « Nous devons améliorer nos relations. Les gens veulent la paix, une bonne vie, ils ne veulent pas être en guerre. Et vous «  – c’est-à-dire les États-Unis –  » nous forcez à être en guerre et ne nous donnez même pas l’argent pour cela. »

Ce n’est pas ce que raconte le défilé de personnels du département d’État, qui témoigne devant le comité du renseignement de la Chambre, ces jours-ci. À l’unisson, ils s’accordent pour dire que la politique américaine est exemplaire, brillante et conçue pour aider la pauvre petite Ukraine à se remettre sur pied et à repousser l’agression russe. Pourtant, voici un oligarque ukrainien qui dit le contraire : que Washington utilise Kiev à ses propres fins et que, par comparaison, Moscou a bien meilleure allure.

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L’écriture inclusive exclut-elle quelque chose ?

Sauf à revenir d’une mission de longue durée sur Mars, vous ne pouvez pas ignorer que la langue française a développé ces dernières années une série de symptômes inquiétants, sous forme de boutons se multipliant rapidement, associés à une prolifération inhabituelle de la lettre e, voire de groupes de lettres apparemment anarchiques.

La maladie touche principalement la communication institutionnelle, surtout celle se prétendant “de gauche”, “progressiste” ou “syndicale”, mais n’épargne pas pour autant les milieux cultivés, puisqu’elle se répand même dans les départements de lettres des universités. En voici quelques échantillons in vivo :

Cher·e·s collègues,
Nous vous proposons l’actualité syndicale récente, …

Cher·e·s collègues,
Le site du Forum 2020 est désormais ouvert pour la soumission des résumés…

Jusqu’à présent le modèle officiel de l’inspection individuel [sic] rabat l’évaluation des pratiques professionnelles des enseignant·e·s sur l’observation d’une heure de cours, la consultation des documents et affichages pédagogiques des professeur·e·s, de copies corrigées et des supports des élèves. Un entretien porte ensuite le plus souvent sur ces seuls éléments même si de nombreux·ses inspecteur·trice·s en élargissent le spectre.

Les gardiens de la langue – qui peuvent être des femmes – ont eu beau alerter sur la dangerosité de l’épidémie, il semble que la maladie n’ait pas encore pu être enrayée. Peut-être parce que le diagnostic n’est pas le bon ? Se pourrait-il que cette écriture se voulant inclusive – par opposition à l’écriture habituelle qui, elle, pratiquerait l’exclusion de certaines catégories de personnes, et notamment des femmes – soit en réalité terriblement exclusive de quelque chose ?

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Chroniques des sciences inhumaines et asociales (épisode 6)

[Note de l’administrateur de ce blog : les autres articles de Cadet Roussel pourront être trouvés en utilisant la fonction recherche à droite, ou plus simplement encore en cliquant sur les liens suivants pour les précédents :

Sourate de la jument
L’écroulement de la ziggourat ?
Notre étrange avant-guerre ?
Bon boulot
Bilan mitigé, mais seulement bilan d’étape.]


Épisode 6

Vente à la découpe

par Cadet Roussel

Le samedi 30 novembre fut mis aux enchères, dans une salle des ventes à Dijon, un tableau sur bois du XIVe siècle, récemment redécouvert dans une succession, alors qu’il allait partir chez Emmaüs. L’artiste, dont on ignore le nom et l’origine (et les goûts culinaires, ce qui est plus grave), avait été appelé vers 1350 à la cour du roi et empereur Charles IV à Prague et est connu comme le “Maître de Vyšší Brod” (prononcez comme de l’eau de Vichy), du nom d’un couvent en Bohême pour lequel il a peint un retable.

Ce panneau peint représente une Vierge à l’Enfant en majesté. Comme toujours la Vierge est gracieuse et richement vêtue – étonnamment élégante pour l’épouse d’un charpentier – mais l’Enfant n’a pas été gâté par Dame Nature ou par le Père Créateur. Les artistes médiévaux s’intéressaient aux femmes, ce qui est fort bien, mais ne savaient-ils pas regarder les enfants ? C’est à croire que, dans le passé, les guildes de Saint Luc élevaient des races particulières d’enfants au front fuyant pour servir de modèles aux peintres.

La mise à prix était de 400 000 euros ; devinez quel prix fut atteint ! Ne trichez pas : vous venez de vous précipiter sur internet, dirèk. Ne niez pas : je vous ai vus !

Quiconque aura deviné juste recevra gracieusement le catalogue de la vente.

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Marche contre l’islamophobie (Dieudonné)

[Note de l’administrateur de ce blog : du grand Dieudonné (même s’il ne s’agit pas ici d’un spectacle), que l’on pourra avec profit rapprocher du sketch “Le conseil de classe” (souvent appelé “Le voile”) issu du spectacle “1905” réalisé en 2005, et que je reprends ci-dessous. Un grand classique qui montre tout le génie visionnaire d’un humoriste n’épargnant personne dans la satire.]


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