Bienvenue à David Schenker (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : tout rapprochement avec la situation française dans la classe politico-médiatique, voire à l’université, serait un délire complotiste de cerveau malade. Tout autre rapprochement avec les attaques de pétroliers  en Mer d’Oman nécessiterait une hospitalisation psychiatrique d’urgence.]


Les gens estimant que la politique étrangère des USA devrait être établie comme produit d’une discussion sérieuse prenant en compte la diversité des points de vue afin de profiter au peuple étasunien devraient peut-être prendre note de ce qui se passe en ce moment dans l’administration du président Donald Trump. Nombre d’observateurs ont bien pris acte de l’utilisation qui était faite de pressions implacables, intégrant des menaces d’interventions militaires, en lieu et place de négociation, mais sans surprise, les médias n’ont pas fait leur travail de remise en cause du fait que l’équipe en place s’occupant du Moyen-Orient particulièrement volatile soit composée presque exclusivement de juifs orthodoxes et de chrétiens sionistes.

Pour résumer, l’équipe de choc de Trump pour le Moyen-Orient est menée par son gendre Jared Kushner, un juif dont les conseillers personnels sont tous des juifs orthodoxes. David Friedman, l’ambassadeur des USA en Israël est également juif orthodoxe, a un passé d’avocat spécialisé en banqueroutes, et aucune lettre de créance diplomatique ou en matière de politique étrangère. Il constitue un soutien indéfectible des installations de colonies israéliennes illégales en Cisjordanie et sur le plateau du Golan, et est même allé jusqu’à financer ces installations. Friedman reprend telles quelles les déclarations du gouvernement israélien comme un perroquet et a fini par réussir à faire changer les mots utilisés dans les communications du département d’État : le mot « occupé » s’est vu éliminé quand mention est faite du contrôle par Israël de la Cisjordanie. Son humanité se cantonne strictement à son judaïsme : il va jusqu’à défendre les tirs israéliens contre des milliers de manifestants désarmés et le bombardement d’écoles, d’hôpitaux et de centres culturels. Quant à savoir en quoi il représente les États-Unis et leurs citoyens ne disposant pas de la double-nationalité israélo-américaine, c’est un mystère total.

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Le pro-sionisme et l’antisémitisme sont inséparables
et l’ont toujours été (Joseph Massad)

[Note de l’administrateur de ce blog : voici une analyse qu’on ne risque pas de lire dans les media dominants, tant ils sont sous le joug de la propagande sioniste. Personnellement, j’aurais ajouté deux précisions à l’attention des lecteurs. La première, pas vraiment indispensable car anecdotique, c’est que le mot même “antisémite” est une arnaque sémantique popularisée par un antisémite (marié successivement à deux femmes juives…) pour justifier une haine anti-juive ; la seconde, beaucoup plus importante car elle permet de relire Herzl sans y voir nécessairement de haine anti-juive – au sens racial – de sa part, est que la notion d’antisémitisme peut avoir une acception purement intellectuelle, s’il s’agit de s’opposer à la religion ou à la culture juives, sans la moindre connotation raciste.

L’arnaque contemporaine est d’ailleurs d’avoir réussi à lier ces deux acceptions en une seule, de façon à pouvoir disqualifier immédiatement toute personne critiquant certaines idées juives en les assimilant à du racisme, en particulier lorsqu’elles ont des répercussions politiques importantes. À cette aune-là, Jésus était antisémite… Or, le néo-conservatisme est d’origine juive, la mise en avant des minorités dans une logique de compétition victimaire l’est également, et il n’y a pas de honte à s’insurger contre des idéologies qui font de tels dégâts, bien au contraire. Et l’idée même d’un “peuple élu” choisi par son dieu jaloux pour tenir les autres sous ses ordres, brandie encore aujourd’hui sans complexe par certains rabbins, n’a évidemment rien de sympathique : s’y opposer est donc non seulement permis, mais assez recommandable sur le plan philosophique !

Ajoutons également que si les précisions historiques de l’auteur – sur Balfour et Churchill notamment – sont fort intéressantes, il est également possible d’être antisioniste sur des bases simplement logiques et éthiques sans rien connaître de l’histoire. En effet, s’il existe un “État juif” qui, comme le voulait Herzl, vise à vider la diaspora juive – ce qui ne s’est pas produit, chacun peut le constater – cela signifie deux choses : premièrement, que les non-juifs n’ont pas dans cet État les mêmes droits que les juifs, mais aussi, que les juifs ne peuvent pas être, en dehors de cet État, traités à égalité avec les non-juifs, justement parce qu’ils ont “leur” État. De quoi dégonfler définitivement l’hystérie victimaire d’un Meyer Habib, qui tente d’apitoyer ses collègues parlementaires en affirmant que “le peuple juif n’a qu’un seul État” : dire cela, c’est admettre qu’il est légitime de chasser les juifs de tous les autres États. Or, même en Iran, le bouc-émissaire favori d’Israël, il existe une communauté juive très ancienne, et bien davantage préoccupée par la folie sioniste que par une quelconque persécution – inexistante – de la part de la République Islamique.]


Pour le gouvernement israélien et les nationalistes blancs pro-sionistes du monde entier, le pro-sionisme est une forme respectable d’antisémitisme.

Au cours des dernières années, face au succès grandissant de la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), des voix pro-israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes quant aux motifs « antisémites » de tous les mouvements s’opposant au colonialisme, au racisme d’État et à l’occupation militaire israéliens.

Ces accusateurs pro-israéliens disent vouloir rectifier les faits, affirmant que l’antisémitisme n’est plus une idéologie de droite, mais qu’il est devenu une idéologie endémique à gauche.

Il ne s’agit pas d’une stratégie nouvelle, mais d’un ancien programme israélien commandité par l’État qui vise à attaquer les Palestiniens et à diffamer les critiques d’Israël au sein de la gauche américaine et européenne. Ces détracteurs ont commencé à se manifester après 1967.

Réprimer les Palestiniens

Au cours des deux décennies qui se sont écoulées entre l’établissement de la colonie de peuplement israélienne et ses invasions de la Syrie, de la Jordanie et de l’Égypte en 1967, la gauche blanche américaine et européenne était enchantée par le pays, le défendant en toute circonstance contre les revendications des Palestiniens autochtones dont il avait usurpé les terres et les moyens de subsistance, les expulsant et les opprimant.

Toutefois, après les invasions de 1967, l’essor des mouvements de défense des droits civils et de libération aux États-Unis ainsi que les soulèvements d’étudiants en France et ailleurs ont impulsé un changement dans la situation. Une fraction minoritaire de la gauche blanche aux États-Unis et en Europe occidentale a commencé à exprimer des critiques envers Israël, alarmant les dirigeants israéliens et les cercles pro-sionistes dans ces pays.

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La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

Gilad Atzmon est un de ces hommes qui font espérer en l’humanité, et croire en la puissance de la raison pour la guider vers un avenir meilleur. Né dans une famille juive sioniste en Israël, ayant servi dans l’armée israélienne, il a eu la lucidité de se voir, face aux Palestiniens, “dans la position du nazi face à des juifs”. De ce traumatisme, qu’il dit avoir pu surmonter grâce à la musique, est né son antisionisme radical, qui ne doit rien à une lecture littérale de la Bible comme c’est le cas chez certains juifs orthodoxes mais au contraire à une pratique exigeante de la raison et de la philosophie. Je vous propose ci-dessous une traduction de l’article qu’il a publié le 1er mai 2019 sur son blog.

J’ai ajouté quelques liens hypertexte afin d’éclairer le message, pour ceux qui ne sont pas familiers du discours de Gilad. Bonne lecture.

––––––––––––––––––––––– Début de la traduction –––––––––––––––––––––––

Trois crimes motivés par la haine : un massacre dans une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un massacre au Sri Lanka et une fusillade dans une synagogue à San Diego ; qu’ont-ils en commun ? Les trois attaques correspondent parfaitement à la vision qu’ont les néocons de notre dystopie émergente. Nous sommes partis pour nous détester. Les conflits, l’hostilité, la terreur – des fleuves de sang – maintiennent à flot leur agenda interventionniste immoral.

Mais il y a une signification plus profonde dans ces événements récents et dans les nombreux autres qui les ont précédés. La terreur, comme nous devrions le savoir maintenant, est un message. La terreur a une logique mortelle qui fonctionne par la peur et la destruction. Peut-être que si nous commençons à être attentifs au message de la terreur, nous pourrons en tirer la meilleure stratégie pour diluer son venin.

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Entretien avec François Roby, enseignant-chercheur
accusé d’être “négationniste, raciste, antisémite et fou” (E&R)

[Note de l’administrateur de ce blog : pas grand-chose à ajouter, puisque c’est moi qui parle, si ce n’est que je ne suis pas strictement “professeur d’université” (ce qui est un titre) mais, comme mentionné dans le chapeau de l’article, “maître de conférences”. Cela dit, vu que pour le grand public tout enseignant à l’université est automatiquement un “professeur d’université”, ce n’est pas bien grave. NB : erreur maintenant corrigée sur E&R, je la corrige donc ici aussi (2 mai 2019).

J’ajoute également que l’entretien a été réalisé avant que la sanction ne soit effective, c’est-à-dire avant réception de l’avis du CNESER. Aujourd’hui, je suis très officiellement (mal) payé à ne rien faire (payé pour me taire ? trop tard…), pendant quatre ans, par l’argent du contribuable et sur ordre du CNESER, qui ne m’a pas laissé terminer mes cours. Et n’a pas autorisé mon avocat à diffuser le 18 mars dernier un extrait de l’épisode 3 de “Lobby USA”, intitulé “La chasse aux sorcières”, publié en novembre 2018 par Orient XXI.

Puisse cette histoire faire prendre conscience à mes concitoyens – et je rappelle que la citoyenneté française ne se base ni sur l’ethnie, ni sur les opinions religieuses ou autres – de la nocivité d’associations ultra-communautaires telles que le CRIF sur les valeurs universalistes qui ont fait la France, mais aussi, et peut-être même surtout, de la nocivité de ceux qui, sans en faire partie, se plient lâchement à ses oukases.  Selon une citation attribuée à Einstein et que j’ai rappelée au CNESER : “Le monde est dangereux à vivre, pas tant à cause de ceux qui font le mal, qu’à cause de ceux qui regardent sans rien faire.”

Enfin, puisque j’ai du temps libre et des finances réduites, je suis disponible pour donner des cours particuliers, y compris à distance (webcam), en attendant mieux.]


François Roby est maître de conférences en physique au sein de l’Université de Pau. Depuis 2017, il est accusé par le CRIF et la DILCRAH d’être un « négationniste, raciste, antisémite et fou ». Le 18 mars 2019, il était jugé en appel au ministère de la Recherche dans le cadre d’une procédure disciplinaire.

E&R : Pouvez-vous nous résumer l’affaire ?

François Roby : En septembre 2016, le maire d’Albertville Mme Berthet refuse de prêter une salle à l’Association France Palestine Solidarité qui invitait le professeur de chirurgie Christophe Oberlin, médecin humanitaire, pour parler de Gaza. Dans un article du Dauphiné du 8 septembre 2016, Mme Berthet justifie cette décision par le fait que ce chirurgien aurait tenu des propos antisémites et soutenu Dieudonné.

J’ai alors envoyé de mon bureau un courriel indigné qui ne cachait pas mes fonctions à l’adresse de contact du maire pour exprimer ma désapprobation, connaissant les hautes qualités morales du docteur Christophe Oberlin. Mme Berthet a alors porté plainte contre moi (le 19 septembre 2016) pour diffamation, et s’est adressée au président de mon université (Université de Pau et des Pays de l’Adour, UPPA) pour que des sanctions disciplinaires soient prises contre moi.

Le 29 septembre 2016 Christophe Strassel, alors directeur de cabinet de Thierry Mandon, Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a communiqué au président de l’UPPA un « signalement » de mon blog fait par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme (DILCRA).

Dans une lettre datée du 4 octobre 2016, les avocats de la ville d’Albertville m’ont intimé de rédiger une lettre d’excuses, tout en précisant que Mme le maire était « prête à renoncer à la procédure pénale et à la procédure disciplinaire » après réception de ces excuses.

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Quelques réflexions à la sortie du premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : le saker ne mâche pas ses mots avec la junte ukrainienne qu’il qualifie de “nazis” ou “ukronazis”. Évidemment, pour qui débarque de l’univers des media dominants occidentaux, pour qui le Russe est encore un bolchevik au couteau entre les dents et pour qui le coup d’État ukrainien de 2014 téléguidé par la CIA était une révolte populaire, ça pique un peu. C’est pourtant lui qui est le plus proche de la réalité : oui, des impérialistes américains et des juifs sionistes sont bien capables de financer des nostalgiques du nazisme quand ça les arrange. Car comme le dit l’auteur pour ces derniers, “J’ai toujours soutenu que le sionisme et le national-socialisme sont les deux faces d’une même pièce, nées du même ventre immonde – le nationalisme laïc européen – et que tout ce qui les sépare est une vision suprématiste inversée, c’est tout.”]


Le premier tour de l’élection présidentielle en Ukraine a eu lieu le jour du poisson d’avril et il pourrait être tentant de tout ignorer comme une grosse farce, bien sûr, mais il ne faut pas négliger que certains événements importants viennent d’avoir lieu. Je n’en discuterai pas tout de suite, il y aura beaucoup de temps pour cela à l’avenir. Pour le moment, je me concentrerai uniquement sur les éléments d’un panorama beaucoup plus large qui me paraissent les plus critiques.

Ces éléments sont :

Les nazis ont subi une défaite écrasante lors de cette élection.

Par nazis, je veux surtout dire leur principal représentant : Petro Porochenko – le reste des nazis mineurs a été tellement nul qu’ils n’ont plus aucune importance. Pensez-y : malgré son immense richesse – il a dépensé plus que tout le monde et a même dépensé plus du double que le grand dépensier suivant dans la liste, Timochenko, pour chaque vote obtenu  et malgré ses immenses « ressources  administratives » – euphémisme russe pour désigner la capacité d’utiliser le pouvoir de l’État pour son avantage personnel – malgré sa victoire au sujet des Tomos [église schismatique orthodoxe d’Ukraine] ; malgré le déclenchement de l’incident du pont de Kertch, malgré la rupture de tous les traités restants avec la Russie ; malgré son contrôle des médias et enfin malgré le soutien – à présent bien entendu tiède – de l’Occident, Porochenko subit une défaite écrasante. Voyez par vous-même :

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