Pardonnez-moi (Reza Moghaddassi)

[Note de l’administrateur de ce blog : Reza Moghaddassi, agrégé de philosophie né d’un père iranien et d’une mère française, enseigne au Gymnase (lycée1) Jean-Sturm à Strasbourg.]


A tous les gens raisonnables et très intelligents qui s’indignent devant ceux qui ne veulent pas se faire vacciner.

Pardonnez-moi d’avoir des doutes sur la sûreté de ce que vous appelez en chœur des « vaccins ». Je devrais en effet faire aveuglément confiance à la télé et aux autorités. Je devrais faire confiance aux études fournies par les laboratoires pharmaceutiques même s’ils ont été condamnés ces dernières années à des milliards de dollars d’amendes notamment pour fraude scientifique.

Pardonnez-moi mon égarement et mon effort pour comprendre la justification scientifique des mesures qui sont prises.

Pardonnez-moi de chercher à évaluer la proportionnalité des mesures prises par rapport aux risques encourus.

Pardonnez-moi de confronter le discours des scientifiques lourds de liens et de conflits d’intérêts avec ceux qui n’en ont pas.

Pardonnez-moi de chercher à comprendre la nature des controverses scientifiques plutôt que de me ranger dans la dictature d’une pensée autorisée arrogante et partiale.

Pardonnez-moi de ne pas vouloir être le cobaye d’injections expérimentales en cours d’essais cliniques.

Pardonnez-moi d’oser regarder les chiffres officiels (pourtant largement sous-évalués) des morts et des effets indésirables graves liés aux différents vaccins en cours au lieu de laisser cela aux « experts » ou bien de reconnaître simplement que tous ces évènements ne sont que des coïncidences sans lien de causalité établie.

Pardonnez-moi de ne pas vouloir faire prendre le risque d’effets secondaires graves à mes enfants alors qu’ils n’ont quasiment aucune chance de faire une forme grave du covid et que personne n’est capable honnêtement et scientifiquement de reconnaître un rapport bénéfice risque favorable pour eux d’une telle vaccination.

Pardonnez-moi d’exister.

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Théorie (de la théorie) du complot (Michel Weber)

[Note de l’administrateur de ce blog : Michel Weber est un philosophe belge, dirigeant le centre de philosophie pratique Chromatiques whiteheadiennes, et également praticien de thérapie psychocorporelle et massage ayurvédiques.

Il a déjà écrit sur la crise “sanitaire” actuelle “COVID-1984 – La vérité (politique) d’un mensonge sanitaire : un fascisme numérique” publié en novembre 2020, ainsi que “Le complot de la Grande Réinitialisation n’aura pas lieu – Théorie et pratique du collectivisme oligarchique” en 2021 (actuellement sous presse).

Je reprends ci-dessous un texte de 7 pages publié hier sur Academia et dans la revue Kairos (n° 49, 2021), qui se définit comme un “journal antiproductiviste pour une société décente”.

Les pressés pourront retenir une phrase :

“La question judiciaire, c’est-à-dire celle du cui bono (« à qui profite le crime ?») met sur la sellette le monde de la finance, les sociétés du numérique (les géants du Web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et l’industrie pharmaceutique.”

Mais tout le reste mérite attention, bien entendu.]


« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. »

Marx & Engels, Manifest der Kommunistischen Partei (février 1848)

Peut-on penser le complot ? Les médias « mainstream » considèrent que l’impensable doit rester impensé. Derrière eux se rangent, cela va sans dire, les bienpensants, toutes tendances confondues. Mais de quoi parle-t-on au juste ? D’une réalité qui appartiendrait au domaine (philosophique) de la raison pure ? Des conditions de possibilité (politiques) de la démocratie ? Ou de la difficulté (psychologique) extrême de comprendre, et de révoquer, les manipulations perverses 1 ? Commençons par planter le décor lexical.

1. Historiquement, l’évolution du lexique est plutôt simple. On ne complote en français, semble-t-il, que depuis 1450. Curieusement, on parle de « comploteuse » (1571), avant d’envisager qu’il puisse y avoir des « comploteurs » (1580) 2. Le Littré (1882) définit le complot comme une « résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable ». Un siècle plus tard, la définition n’a guère évolué : le Robert (1979), écrit que comploter, c’est « préparer secrètement et à plusieurs ». Le complot consiste donc en une concertation secrète avec volonté de nuire ; on peut le distinguer de la notion de conjuration (qui implique un serment), et de celle de conspiration (qui cherche à renverser le pouvoir en place).
Sauf erreur, on ne trouve pas de trace du « complotisme » avant que Popper ne s’intéresse à la question dans La Société ouverte et ses ennemis, dont la première édition, datant de 1945, reste très allusive à ce propos. L’édition de 1950 énonce la « Conspiracy Theory of Society » : « c’est l’opinion selon laquelle l’explication d’un phénomène social consiste en la découverte des hommes ou des groupes qui ont intérêt à ce que ce phénomène se produise (parfois il s’agit d’un intérêt caché qui doit être révélé au préalable) et qui ont planifié et conspiré pour qu’il se produise 3 ». Il conclut : les sciences sociales nous enseignent qu’il ne s’agit là que de la sécularisation d’une superstition. Popper ne nie toutefois pas qu’il puisse y avoir des conspirations, mais il insiste alors sur leur habituelle inefficacité… On suppose qu’il n’a jamais lu Machiavel (1532).
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Je sais pas vous, mais moi, j’ai pas gazé de Juif et j’ai colonisé personne. (La Mite dans la Caverne)

[Note de l’administrateur de ce blog : philosopher, c’est savoir penser juste. L’accent, les diplômes ou distinctions, le sexe ou l’origine ethnique n’ont rien à voir avec la qualité de la pensée. Un bon arbre se reconnaît à ses fruits.

Pour une analyse plus générale et profonde des différents modes de manipulation utilisés par les esclavagistes modernes, on pourra aussi se reporter à l’épais ouvrage Neuro-Esclaves de Marco Della luna et Paolo Cioni.

Ceux qui préfèrent lire plutôt qu’écouter pourront également se diriger vers la retranscription de ce discours sur le site de l’auteur.]


Les facteurs aggravants de la situation française
(Aldo Sterone)

[Note de l’administrateur de ce blog : un discours sensé et mesuré, faisant preuve d’esprit critique, prouvant par contraste, au mieux l’ignorance, au pire la soumission à des intérêts étrangers et criminels d’une bonne partie des “élites” françaises. Et l’université en donne parfois, hélas, de très bons exemples.

Pour une présentation vidéo du blogueur Aldo Sterone – un Algérien vivant à Londres – par lui-même, où il exprime notamment son opinion sur les religions, assez proche de la mienne, voir ici ; et pour une interview à lire, consulter cet article.

Que le lobby sioniste français puisse mettre en avant, pour représenter les “bons” musulmans, un crétin aussi ridicule que Hassen Chalghoumi, en dit long sur les intentions criminelles de ce lobby qui sont en pleine congruence avec le discours de division tout à fait explicite de certains “responsables” religieux juifs, expliquant sans ambiguïté utiliser l’islam, selon eux le “balai d’Israël”, pour détruire l’Europe et la chrétienté.

Le discours de ces fous-furieux ne doit évidemment pas être assimilé à celui de tous les juifs – ou même de tous les juifs sionistes – mais ne doit pas être ignoré au nom du politiquement correct, car pour combattre un ennemi, il faut d’abord le nommer. Et tous ceux qui ne sauront pas le faire, soit par ignorance (qui devient coupable pour ceux dont la mission est de savoir), soit par soumission et lâcheté, devront tôt ou tard le payer. N’est-ce pas, messieurs-dames du CNESER, garants de la déontologie universitaire ?]


La fin des maladies ? – Une approche révolutionnaire de la médecine (Laurent Schwartz)

[Note de l’administrateur de ce blog : ceux qui connaissent l’enseignement de Thierry Casasnovas – qui va un peu au-delà de la promotion des jus de légumes – ne seront pas très dépaysés, mais peut-être surpris qu’un professeur de médecine très “installé” comme Laurent Schwartz tienne un discours aussi semblable, allant jusqu’à parler de “bulle pharmaceutique” (ce doit donc être grave !). Car comme le dit lui-même Thierry en s’adressant à lui-même, “comment peux-tu avoir l’outrecuidance de parler de quelque chose comme ça ? tu n’as pas fait dix ans d’études ! tu n’as pas de blouse blanche ! tu n’as pas de Porsche Cayenne !”.

Ceux qui ont entendu parler des travaux du Dr. André Gernez sur le cancer et les maladies dégénératives auront peut-être aussi lu l’article de Maurice Israël et Laurent Schwartz qui rend hommage à ce médecin ayant eu raison trop tôt sur l’origine profondément métabolique du cancer. Et pour les autres, mieux vaut tard que jamais !]


Par Charles Boyer.

La vie et les maladies peuvent-elle se résumer à quelques principes simples, voire à une équation, et quelles perspectives cela ouvre-t-il pour la médecine ?

Le dernier livre court mais dense du Dr Laurent Schwartz, intitulé La fin des maladies ? se présente essentiellement comme une lettre ouverte à ses collègues médecins les exhortant à un changement majeur dans la pratique de leur art. En fait, en début d’ouvrage, il n’hésite pas à employer des mots comme révolution ou résistance.

Il s’agit d’une synthèse de la pensée de son auteur et, en tant que telle, elle mélange sans vergogne les genres, passant de l’autobiographie à la vulgarisation scientifique, au commentaire politique et à la réflexion philosophique. Le terrain couvert est fort ample, la langue au plus haut point accessible. Malgré les sujets par nature difficiles, la maladie, dont le cancer, Alzheimer, la vieillesse et la mort, il parvient à être un livre distrayant et captivant.

Les patients apprennent à devenir acteurs de leur santé

L’idée centrale du texte est que malgré la grande complexité constatée des maladies, il devrait être possible de les ramener toutes à un petit nombre de principes fort simples et même à une « équation de la vie ». Cette idée est née de ses collaborations de longue date, non seulement avec des biologistes et des médecins, mais aussi avec des mathématiciens et des physiciens.

L’ouvrage revient rapidement sur la guerre contre le cancer, que nous sommes toujours en train de perdre malgré des dépenses immenses, constat qu’il avait déjà fait dans son précédent ouvrage Cancer, un traitement simple et non toxique. Il insiste à ce sujet sur un changement majeur qui est en train de s’opérer : l’implication très poussée des patients du fait du rééquilibrage de la disponibilité du savoir grâce au web. De ce fait, le malade devient moins patient et davantage acteur.

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Face au nihilisme : « retrouver notre vouloir-vivre
de Nation » (Pierre Le Vigan)

[Note de l’administrateur de ce blog : sur une forme de nihilisme “de gauche”, c’est-à-dire se définissant comme “progressiste”, voir aussi l’œuvre très moqueuse de Jean-Claude Michéa, et notamment “Les mystères de la gauche” dont j’ai déjà parlé ici.]


Robert Faurisson et l’étude du passé
(Gilad Atzmon via E&R)

[Note de l’administrateur de ce blog : je renvoie à l’article original en anglais pour savoir quels sont les passages mis en gras par l’auteur (dont celui que je reproduis ici). Et bien sûr, à l’entretien de 2014 entre Robert Faurisson et Gilad Atzmon réalisé par Kontre Kulture (que j’avais repris à la fin de cet article) qui restera, c’est certain, un document historique important pour tout futur historien qui cherchera à comprendre comment certains lobbies pas représentatifs pour un sou du bien commun ont pu, au nom du Bien, parvenir à stériliser la pensée – et en conséquence la recherche – sur un des événements les plus tragiques de l’histoire du XXème siècle.]


Une traduction réalisée par Alimuddin Usmani pour E&R.

L’histoire des idées nous fournit les noms de ces quelques hommes et femmes qui ont défié les limites de la tolérance. Le professeur Robert Faurisson était l’un de ces hommes. Faurisson, décédé dimanche dernier à l’âge de 89 ans, était un universitaire français qui ne croyait pas à la validité de certaines parties du récit de l’Holocauste. Il a affirmé que les chambres à gaz d’Auschwitz constituaient le « plus grand mensonge du XXe siècle » et a soutenu que les juifs déportés étaient morts de maladie et de malnutrition. Faurisson a également mis en doute l’authenticité du journal d’Anne Frank, plusieurs années avant que la fondation suisse qui détient le droit d’auteur du célèbre journal « n’ait alerté les éditeurs que son père (Otto Frank) était non seulement le rédacteur, mais également le coauteur du célèbre livre » ( NY Times ).

Dans la France des années 1960-1970, Faurisson avait des raisons de croire que son attitude anti-conformiste sur les questions du passé lui permettrait de recevoir un blanc-seing casher. Il s’est trompé. Faurisson n’a peut-être pas compris le rôle de l’Holocauste dans la politique et la culture juives contemporaines. Et il n’a pas compris que le pouvoir juif représente littéralement le pouvoir de faire taire l’opposition au pouvoir juif.

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La chronique pas très catholique de Raphaël Enthoven

rien-de-grave-de-justine-levyRaphaël Enthoven, pseudo-philosophe médiatique abonné à France Culture, donne également de la voix sur Europe 1. Le 14 avril 2016, dans sa chronique quotidienne de 3 minutes intitulée “La morale de l’info”, il s’en est pris à l’église catholique dans ce qu’il imagina sans doute être un brillant trait d’esprit : “Combattre l’IVG, ce n’est pas très chrétien”. On pensait savoir que dans un pays laïc, la religion est une affaire privée et qu’aucun individu ne saurait, surtout armé d’un micro sur une radio de grande audience, se permettre de donner des leçons de morale religieuse. On pensait avoir compris que les interdits religieux, par définition propres aux religions, ne regardaient que les adeptes de ces religions et personne d’autre ; mais peut-être que le micro-philosophe Raphaël Enthoven, juif, se sent autorisé à dire aux catholiques ce qu’ils doivent penser et faire, au nom d’une morale sur mesure et portative qu’il a personnellement élaborée, en accord avec lui-même.

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Comment le monde actuel a privatisé le silence (Télérama)

matthew-crawford-penser-exige-le-silencepar Weronika Zarachowicz, publié le 07/03/2016

[Note de l’auteur de ce blog : on aborde ici l’un des problèmes majeurs de la société contemporaine, le fameux concept de “temps de cerveau humain disponible” qui valut à Patrick Le Lay d’être conspué pour avoir décrit son véritable métier (abrutisseur) avec une certaine franchise.

L’article de Télérama établit un parallèle avec l’ouvrage à succès de Robert M. Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, que j’ai découvert lorsque j’étais étudiant grâce à un de mes professeurs d’ “humanités” (j’étais alors dans une école d’ingénieurs) et que je recommande chaudement. J’aurais d’ailleurs fort bien pu le citer en exemple dans Éloge du handicap, puisque le récit de Pirsig est largement autobiographique, et basé sur sa propre expérience de la schizophrénie.

L’ascèse de la confrontation au réel, au silence et même à l’ennui (dont on sous-estime la potentialité créatrice et révolutionnaire) est une des clés de la guérison de nos sociétés malades, où le moindre espace public est truffé d’agressions visuelles et auditives. Après s’être attaqué aux ressources inertes (matières premières) et à la force de travail (humaine et des machines), le capitalisme s’en prend, logiquement, à la force de pensée : progression logique dans la thermodynamique de l’évolution. Si le concept de philosophe-mécanicien étonnera certains, c’est sans doute parce qu’ils ne sont pas assez philosophes – ou pas assez mécaniciens. Car il est autrement plus prometteur que celui de philosophe-milliardaire.]

Les technologies modernes nous sollicitent de plus en plus, et chacun semble s’en réjouir. Or, cela épuise notre faculté de penser et d’agir, estime le philosophe-mécano Matthew B. Crawford.

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre », écrivait déjà Pascal en son temps. Mais que dirait l’auteur des Pensées aujourd’hui, face à nos pauvres esprits sursaturés de stimulus technologiques, confrontés à une explosion de choix et pour lesquels préserver un minimum de concentration s’avère un harassant défi quotidien ? C’est cette crise de l’attention qu’un autre philosophe, cette fois contemporain, s’est attelé à décortiquer.

Matthew B. Crawford est américain, chercheur en philosophie à l’université de Virginie. Il a la particularité d’être également réparateur de motos. De ce parcours de « philosophe mécano », il a tiré un premier livre, Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, best-seller aux Etats-Unis. Il y raconte comment, directeur d’un think tank de Washington où il lui était demandé de résumer vingt-trois très longs articles par jour — « un objectif absurde et impossible, l’idée étant qu’il faut écrire sans comprendre, car comprendre prend trop de temps… » —, il en a claqué la porte pour ouvrir un garage de réparation de motos. Dans ce plaidoyer en faveur du travail manuel, il célèbre la grandeur du « faire », qui éduque et permet d’être en prise directe avec le monde par le biais des objets matériels.

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Voir également, sur le concept incongru et stérile de philosophe-milliardaire :