Le lobby, partie 3 : un trope antisémite
(Al Jazeera Investigations)

[Note de l’administrateur de ce blog : au soir de la défaite de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, qu’une presse aux ordres avait bien contribué à diaboliser jusqu’en France, il m’a paru utile de diffuser cet épisode d’un documentaire d’investigation d’Al Jazeera, réalisé en caméra cachée grâce à un journaliste infiltré au cœur du lobby pro-israélien. Cette enquête montre la réalité des méthodes utilisées par ce lobby pour faire ou défaire les carrières politiques, afin de toujours s’assurer d’un soutien du pouvoir en place – peu importe sa couleur politique – à Israël. On dévoile en particulier, dans cet épisode, une entreprise délibérée de diffamation du parti travailliste dont le leader est trop pro-palestinien aux yeux du lobby.

Une fois n’est pas coutume, cette vidéo est en anglais, et je n’ai même pas réussi à en trouver une version avec sous-titres français, je prie donc mes lecteurs non anglophones de bien vouloir m’en excuser – ou de m’indiquer une version traduite s’il en existe une ! Je me suis contenté de traduire le titre, où le terme de “trope”, qui existe mais qui est peu courant en français, pourrait éventuellement être remplacé par “stéréotype” ou “métaphore” pour une traduction plus “grand public”. Je conseillerai seulement, faute de mieux, aux personnes les moins à l’aise avec cette langue d’activer les sous-titres afin de suivre plus facilement.

Et tant qu’à réviser l’anglais, on pourra avec profit (re)lire l’article de Gilad Atzmon “Pourquoi la gauche est mortee”, écrit en février de cette année mais remis à l’honneur fort logiquement après la cuisante défaite du parti travailliste qui, comme la plupart des partis se réclamant “de gauche”, perd à force de contradictions et de s’agenouiller devant la pire des extrêmes-droites – et non en raison d’un prétendu “antisémitisme”.

Mais il fallait bien trouver une raison à la défaite de Corbyn autre que la détermination des Britanniques à sortir de l’Union Européenne avant son écroulement final.]


Les autres épisodes de ce documentaire se trouvent ici :

Un peu plus tard, avec les mêmes méthodes d’investigation, Al Jazeera a dévoilé également les agissements peu avouables du lobby israélien aux USA, toujours grâce à un journaliste infiltré, lui-même juif et fin connaisseur du Moyen-Orient ; j’en avais parlé ici, en donnant les versions sous-titrées en français par Orient XXI.

Pour l’amour des juifs (Israël Adam Shamir)

Israël Adam Shamir (à g.) avec Julian Assange (à dr.) avant sa captivité

[Note de l’administrateur de ce blog : Israël Adam Shamir est un ex-juif (pour ceux qui croient au libre-arbitre et rejettent une définition ethnique du judaïsme) converti au christianisme orthodoxe, où il a reçu son deuxième prénom Adam. Ou bien c’est un juif, pour ceux qui pensent que toute personne née juive le reste jusqu’à sa mort, comme le prétendait un petit brun moustachu en Allemagne dans la première moitié du XXème siècle.

Vacciné de par sa naissance envers le chantage à l’antisémitisme, et fin connaisseur de la culture juive, il livre ici une analyse de la prétendue “lutte contre l’antisémitisme” aussi mesurée que pénétrante, à l’image de sa prose habituelle (voir par exemple son recueil d’articles “La bataille du discours” que j’ai déjà recensé ici). Derrière cette prétendue lutte contre un racisme – dont on se demande toujours pourquoi il devrait être différencié des autres, ce qui sent le racisme – on ne trouve en effet, en définitive, que ce contre quoi se fracassent les Gilets Jaunes : l’arrogance d’une caste dominante illégitime qui n’entend pas laisser le peuple prendre son destin en main.]


L’Angleterre et la France, deux antagonistes, deux socles de la civilisation européenne, se trouvent simultanément en proie à un paroxysme de judéophilie. Le résultat des élections parlementaires décisives qui s’annoncent en Grande Bretagne est suspendu à cette question, avec travaillistes et conservateurs en compétition pour exprimer à qui mieux mieux leur amour pour les juifs, tandis que les juifs n’arrivent pas à décider lesquels leur répugnent le moins. La France, après une année de révolte des classes moyennes représentées par les Gilets jaunes, connaît maintenant un soulèvement des classes travailleuses toutes fraîches avec un million de grévistes s’emparant de la rue, mais son Parlement estime qu’il est urgent, par-dessus tout, de peser et de légiférer sur la façon dont les Français devraient aimer les juifs et haïr ceux qui les haïssent. Quel peut être le sens de cette comédie?

Ils ne chipotent pas pour l’amour de la cuisine juive. Même si elle est mangeable, cela ne va guère plus loin. A preuve, en Israël, où la nourriture arabe est la règle, où la japonaise a droit de cité, l’italienne est adorée, et la cuisine juive brille par son absence. Il ne s’agit pas non plus des nez juifs, quoique ce soit un trait significatif de l’anatomie faciale, car ils ne sont pas plus élaborés ou proéminents, disons, que ceux des Siciliens. C’est au niveau des idées, que tout se passe.

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Un appel d’universitaires juifs aux députés français
(Réseau Voltaire)

Sylvain Maillard, auteur de la proposition de résolution

Sylvain Maillard, auteur de la proposition de résolution

[Note de l’administrateur de ce blog : cet appel a été publié le 2 décembre dans le journal Le Monde où sa lecture complète est “réservée aux abonnés”… merci donc au Réseau Voltaire d’en avoir fourni l’intégralité. Depuis, la résolution en question a hélas été adoptée le 3 décembre (par peu de voix, 154 députés ont voté pour sur les 577 que compte l’assemblée) mais cette trahison de la France et de ses valeurs universalistes par quelques vendus (voir en particulier ici le portrait de Sylvain Maillard, l’auteur du projet de résolution) doit en réalité, si l’on prend quelque recul, être perçue comme une victoire à la Pyrrhus d’un lobby à bout de souffle.

En effet, et l’appel d’universitaires juifs ci-dessous le prouve, c’est parce qu’aucun argument ni rationnel ni moral ne peut justifier sa position que le lobby sioniste est contraint de recourir à des tentatives aussi grotesques que celle consistant à criminaliser l’antisionisme au nom de la lutte contre l’antisémitisme. On peut en outre se demander de quel (anti-)sionisme il est question, tant l’écart est grand entre le projet sioniste originel – voir ici ce qu’en disait Theodor Herzl, qui a de quoi surprendre nombre de nos contemporains – et celui mis en œuvre par le pseudo-État ouvertement raciste, colonialiste et imperméable au droit international qui s’est octroyé le nom d’Israël.

Sur un plan plus franco-français, on peut aussi trouver intéressant que la classe politique démontre par ce vote sa médiocrité (terme éminemment “gentil”) et sa propension à défendre tout sauf les intérêts du peuple français. De plus en plus de citoyens en sont conscients, mais il existe encore une part trop importante d’entre eux qui refusent de voir ce qu’est réellement la France d’aujourd’hui : un pays occupé. Or qui dit occupation, dit collaboration. Que les membres les plus actifs de cette collaboration laissent des traces de leur zèle à travailler contre la France n’est pas forcément une mauvaise chose, cela clarifie la situation et permet à ceux qui défendent un certain idéal français (fait d’universalisme, d’esprit frondeur et de légèreté) de mieux connaître leurs ennemis. Ou leurs amis, car on a pu également remarquer parmi les interventions publiques des députés quelques remises en ordre salutaires, comme celles de Jean-Paul Lecoq, de Michèle Victory, d’Éric Coquerel ou de Stéphane Peu.]


Le 3 décembre, l’Assemblée nationale va débattre et voter une proposition de résolution sur la lutte contre l’antisémitisme.

Cette résolution est hautement problématique.

Nous, universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, dont beaucoup de spécialistes de l’antisémitisme et de l’histoire du judaïsme et de l’Holocauste, élevons notre voix contre cette proposition de résolution.

La montée de l’antisémitisme dans le monde, y compris en France, nous préoccupe profondément. Nous considérons l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme et de xénophobie comme une menace réelle contre laquelle il convient de lutter avec la plus grande fermeté, et exhortons le gouvernement et le Parlement français à le faire.

Tout en soulignant fermement notre préoccupation, nous nous opposons à la proposition de résolution sur l’antisémitisme pour deux raisons principales, et appelons les députés de l’Assemblée nationale à ne pas y apporter leur soutien.

Premièrement, l’exposé des motifs de la proposition de résolution associe l’antisionisme à l’antisémitisme. Il assimile même l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ».

Avant de poursuivre notre argumentation, nous déplorons que l’exposé des motifs désigne Israël comme « une collectivité composée de citoyens juifs ». Environ 20 % de la population d’Israël sont des citoyens palestiniens, dont la plupart sont musulmans ou chrétiens. La désignation choisie occulte et nie leur existence. Nous considérons cette approche comme très problématique, compte tenu également de l’engagement de votre pays en faveur d’une définition de la citoyenneté française qui n’est pas basée sur l’ethnicité.

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Bénis… jusqu’au jour de Yahveh ? (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : rien à ajouter ou à retrancher à l’excellent résumé de la situation fait par Michèle Sibony.]


Les crimes d’Israël échappent à la justice des hommes.

Invitée pour débattre du thème «L’antisionisme est-il un antisémitisme comme un autre ?», Michèle Sibony, ancienne vice-présidente de l’Union Juive Française pour la Paix, dénonce l’occupation israélienne et l’inaction de l’Union Européenne.


Cette narrative médiatique remplie d’apprentis Hitler
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : en France, on vient d’avoir l’hitlérisation des Gilets Jaunes par l’intermédiaire de leur mentor Étienne Chouard, successivement passé à la question de la Sainte Chambre à Gaz par les kapos de service Robert et Enthoven sur Le Média, puis, après avoir ainsi osé rappeler les vertus du doute dans l’édification des connaissances, sommé sur Sud Radio par la commissaire politique Élisabeth Lévy – et son obligé Didier Maïsto – de faire repentance et d’affirmer sa foi dans le dogme shoatique. Le beurre ou l’argent du beurre, science ou religion, il faut pourtant choisir !

Étienne Chouard étant à peu près aussi hitlérisable et nazifiable que Mère Thérésa était envisageable en danseuse de peep-show, c’est dire où nous sommes rendus. Savoir qu’une description plate de la réalité suffise à produire un effet comique finit par être désespérant. Jusqu’où allons-nous descendre ?]


Par C.J. Hopkins – Le 13 juin 2019 – Source UNZ Review

Chaque fois que vous pensez que l’hystérie de l’antisémitisme fabriqué par la « corporatocratie » a déjà atteint le sommet de l’absurde, elle réussit d’une certaine façon à se surpasser. OK, suivez-moi bien maintenant, parce que c’est bizarre.

Apparemment, l’Hitler américain [Lien en français] et ses acolytes conspirent avec un groupe secret de « hauts personnages juifs » pour empêcher l’Hitler britannique [Lien en français] de devenir premier ministre et d’exterminer tous les Juifs de Grande-Bretagne. Bizarre, non ? Mais ce n’est pas le plus bizarre, parce qu’il se pourrait que l’Hitler Américain veuille exterminer lui-même tous les Juifs de Grande-Bretagne, plutôt que de laisser à l’Hitler britannique [Lien en français] le soin de le faire… Les Hitlers étant notoirement jaloux de leurs actes génocidaires.

Non, le plus bizarre est que tout le monde sait que l’Hitler américain ne fait rien sans l’approbation de l’Hitler russe [Lien en français], qui est lui aussi obsédé par l’extermination des Juifs et la destruction du tissu démocratique occidental. Alors pourquoi l’Hitler russe voudrait-il laisser l’Hitler américain et ses hommes de main contrecarrer la montée en puissance de l’Hitler britannique qui, en plus de vouloir exterminer tous les Juifs, veut aussi détruire la démocratie en renflouant, de manière fasciste, la sécurité sociale, en renationalisant le système ferroviaire, etc. ?

Tout cela n’a pas beaucoup de sens, n’est-ce pas ? Pourtant, c’est bien l’histoire officielle.

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Le pro-sionisme et l’antisémitisme sont inséparables
et l’ont toujours été (Joseph Massad)

[Note de l’administrateur de ce blog : voici une analyse qu’on ne risque pas de lire dans les media dominants, tant ils sont sous le joug de la propagande sioniste. Personnellement, j’aurais ajouté deux précisions à l’attention des lecteurs. La première, pas vraiment indispensable car anecdotique, c’est que le mot même “antisémite” est une arnaque sémantique popularisée par un antisémite (marié successivement à deux femmes juives…) pour justifier une haine anti-juive ; la seconde, beaucoup plus importante car elle permet de relire Herzl sans y voir nécessairement de haine anti-juive – au sens racial – de sa part, est que la notion d’antisémitisme peut avoir une acception purement intellectuelle, s’il s’agit de s’opposer à la religion ou à la culture juives, sans la moindre connotation raciste.

L’arnaque contemporaine est d’ailleurs d’avoir réussi à lier ces deux acceptions en une seule, de façon à pouvoir disqualifier immédiatement toute personne critiquant certaines idées juives en les assimilant à du racisme, en particulier lorsqu’elles ont des répercussions politiques importantes. À cette aune-là, Jésus était antisémite… Or, le néo-conservatisme est d’origine juive, la mise en avant des minorités dans une logique de compétition victimaire l’est également, et il n’y a pas de honte à s’insurger contre des idéologies qui font de tels dégâts, bien au contraire. Et l’idée même d’un “peuple élu” choisi par son dieu jaloux pour tenir les autres sous ses ordres, brandie encore aujourd’hui sans complexe par certains rabbins, n’a évidemment rien de sympathique : s’y opposer est donc non seulement permis, mais assez recommandable sur le plan philosophique !

Ajoutons également que si les précisions historiques de l’auteur – sur Balfour et Churchill notamment – sont fort intéressantes, il est également possible d’être antisioniste sur des bases simplement logiques et éthiques sans rien connaître de l’histoire. En effet, s’il existe un “État juif” qui, comme le voulait Herzl, vise à vider la diaspora juive – ce qui ne s’est pas produit, chacun peut le constater – cela signifie deux choses : premièrement, que les non-juifs n’ont pas dans cet État les mêmes droits que les juifs, mais aussi, que les juifs ne peuvent pas être, en dehors de cet État, traités à égalité avec les non-juifs, justement parce qu’ils ont “leur” État. De quoi dégonfler définitivement l’hystérie victimaire d’un Meyer Habib, qui tente d’apitoyer ses collègues parlementaires en affirmant que “le peuple juif n’a qu’un seul État” : dire cela, c’est admettre qu’il est légitime de chasser les juifs de tous les autres États. Or, même en Iran, le bouc-émissaire favori d’Israël, il existe une communauté juive très ancienne, et bien davantage préoccupée par la folie sioniste que par une quelconque persécution – inexistante – de la part de la République Islamique.]


Pour le gouvernement israélien et les nationalistes blancs pro-sionistes du monde entier, le pro-sionisme est une forme respectable d’antisémitisme.

Au cours des dernières années, face au succès grandissant de la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), des voix pro-israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes quant aux motifs « antisémites » de tous les mouvements s’opposant au colonialisme, au racisme d’État et à l’occupation militaire israéliens.

Ces accusateurs pro-israéliens disent vouloir rectifier les faits, affirmant que l’antisémitisme n’est plus une idéologie de droite, mais qu’il est devenu une idéologie endémique à gauche.

Il ne s’agit pas d’une stratégie nouvelle, mais d’un ancien programme israélien commandité par l’État qui vise à attaquer les Palestiniens et à diffamer les critiques d’Israël au sein de la gauche américaine et européenne. Ces détracteurs ont commencé à se manifester après 1967.

Réprimer les Palestiniens

Au cours des deux décennies qui se sont écoulées entre l’établissement de la colonie de peuplement israélienne et ses invasions de la Syrie, de la Jordanie et de l’Égypte en 1967, la gauche blanche américaine et européenne était enchantée par le pays, le défendant en toute circonstance contre les revendications des Palestiniens autochtones dont il avait usurpé les terres et les moyens de subsistance, les expulsant et les opprimant.

Toutefois, après les invasions de 1967, l’essor des mouvements de défense des droits civils et de libération aux États-Unis ainsi que les soulèvements d’étudiants en France et ailleurs ont impulsé un changement dans la situation. Une fraction minoritaire de la gauche blanche aux États-Unis et en Europe occidentale a commencé à exprimer des critiques envers Israël, alarmant les dirigeants israéliens et les cercles pro-sionistes dans ces pays.

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