Travaux dirigés (corrigé, 3/3)

high-chancellor-r-vLe 11 septembre dernier, nous prenions connaissance du scénario proposé par Stan Lee Kubitainer pour le prochain épisode de son thriller politico-fantastique. Il y a deux semaines, nous lisions la première partie des commentaires de son conseiller scientifique Dimitri Stahleier, consacrée à la fausse attaque aérienne du BHL et à l’impossibilité de faire autrement que de violer – en images – les lois de la physique. Puis, la semaine dernière, nous avons vu comment le BHL pouvait être détruit par l’ANUS, cette fois bien réellement, et donc en respectant scrupuleusement ces lois. Voici pour terminer les remarques dont devra tenir compte Stan Lee Kubitainer pour la suite des épisodes, car si le coup d’État médiatique a toutes les chances de réussir, et les Kamelreiter d’être accusés du complot, l’ANUS laissera des traces trop voyantes pour ne pas, à la longue et une fois la sidération de l’événement dissipée, éveiller de forts soupçons sur l’alibi présidentiel, voire permettre à quiconque maîtrise la physique de comprendre quel était le véritable mode de destruction du BHL.


4. Les conséquences visibles de l’explosion de l’ANUS

4.1 Les poussières de toute nature

Il faut insister sur un point : en raison des pressions exceptionnellement élevées et du front d’onde exceptionnellement raide créé par l’explosion nucléaire, les poussières générées proviendront de l’ensemble des matériaux, et non seulement des matériaux fragiles (généralement le béton) comme dans les démolitions classiques. Comme les gratte-ciel sont habituellement en acier (à moins que sur Sibaïag on utilise des matériaux encore meilleurs, comme la fibre de carbone ou d’autres matériaux synthétiques, mais qui devront de toute façon avoir une bonne résistance en traction), l’analyse chimique des poussières pourra révéler de grandes quantités de fer (le constituant majoritaire de l’acier) qu’il sera difficile d’expliquer par de simples incendies ayant entraîné l’effondrement, comme l’alibi présidentiel le prétend. Leur aspect, plutôt sombre s’il s’agit de poussières métalliques (tout métal finement divisé tend vers le noir, c’est ce qui donne le cambouis !) pourra même intriguer des observateurs attentifs sans moyen d’analyse chimique. Ceci pourrait mettre la puce à l’oreille des habitants d’Akirema, mais pas forcément les guider vers la solution : en effet des techniques de découpe pyrotechniques habituelles de l’acier produisent, bien évidemment, elles aussi de petites particules de fer – mais en quantité bien moins importante il est vrai, puisque limitée aux traits de découpe.

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Travaux dirigés (corrigé, 2/3)

high-chancellor-r-jLe 11 septembre dernier, nous prenions connaissance du scénario proposé par Stan Lee Kubitainer pour le prochain épisode de son thriller politico-fantastique. Il y a une semaine, nous lisions la première partie des commentaires de son conseiller scientifique Dimitri Stahleier. Voici la suite de ses remarques, concernant la possibilité pratique de l’existence d’un ANUS réellement opérationnel à la base du BHL. Question pas tout à fait évidente qui méritait analyse.


3. La destruction du BHL par l’ANUS

Même si, à ma connaissance, ce mode de destruction de bâtiments n’a pas encore été expérimenté sur Terre, notre expérience plutôt vaste des essais nucléaires souterrains nous permet assez facilement de comprendre comment il se déroulerait, et quelles conséquences visibles il entraînerait. On peut se baser par exemple sur le classique The Effects of Nuclear Weapons, aujourd’hui en circulation libre sur internet.

Les essais nucléaires furent d’abord atmosphériques, puis souterrains, pour des raisons de “confidentialité” plus que de protection de l’environnement, vous vous en doutez. Mais dans les essais souterrains, il existe une gradation, depuis les essais profonds qui ne produisent en surface aucun effet visible – à part un petit séisme – jusqu’à ceux qui éjectent une quantité importante de gravats dans l’atmosphère et laissent un cratère au point se situant à la verticale du lieu de l’explosion, que les militaires américains nomment traditionnellement Ground Zero. Il y a même eu en Union Soviétique, dans le cadre du programme “Explosions Nucléaires pour l’Économie Nationale”, de nombreuses explosions nucléaires souterraines civiles, une des plus célèbres étant le tir “Chagan” réalisé le 15 janvier 1965 pour créer un lac dans un but d’irrigation. Néanmoins, ce n’est évidemment pas avec ce genre de tir peu profond qu’on peut réaliser, en pleine ville, une destruction “propre” d’un gratte-ciel ; il faut régler finement la profondeur et la puissance afin de n’obtenir que l’effet désiré (l’effondrement d’un bâtiment) et pas la destruction de tout le quartier voire de la ville entière…

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Travaux dirigés (corrigé, 1/3)

high-chancellor-r-oLe 11 septembre dernier, nous prenions connaissance du scénario proposé par Stan Lee Kubitainer pour le prochain épisode de son thriller politico-fantastique. Il est temps maintenant de savoir quelles remarques le conseiller scientifique Dimitri Stahleier a pu lui faire afin de maximiser le succès de la série. Car c’est bien connu, les meilleurs films fantastiques sont ceux qui tiennent le mieux compte des contraintes de la physique, et non ceux qui s’en affranchissent librement.

Voici donc les commentaires de Dimitri Stahleier. Cependant, ses développements techniques étant un peu longs, nous n’en verrons aujourd’hui que la première partie, la suite sera donnée dimanche prochain et la fin, une semaine plus tard.


1. La fausse attaque aérienne diffusée par la PUTE

L’idée est séduisante car très cinématographique ; faire exploser des aéronefs sur la façade de hauts bâtiments permet de donner à l’attaque une dimension très spectaculaire et – oserais-je le dire ? – esthétique. Les boules de feu résultant des explosions, les volutes de fumée s’élevant vers le ciel, tout cela est propice à des cadrages qui marquent les esprits, la contre-plongée renforçant l’impression de terreur car le spectateur, se situant en-dessous de la scène d’explosion, se sent d’autant plus vulnérable et donc pris dans l’action. Mais ceci est un commentaire qui dépasse mon champ de compétences ; venons-en à la vraisemblance scientifique.

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La Société Européenne de Physique vire complotiste

epn-2016-47-4Mise à jour du 20 janvier 2020 : je remets cet article de 2016 à l’honneur car il vient de dépasser le million de vues, chiffre assez remarquable pour un article de physique. L’indigence de certains universitaires galonnés serait-elle insuffisante à tarir la soif de savoir du plus grand nombre, certes manquant parfois de la rigueur d’analyse nécessaire mais ayant aussi l’avantage d’un solide bon sens basé sur l’expérience concrète, bien que non mathématisée, des lois de la physique ? À suivre…


Si vous savez le crédit que j’apporte à ce genre de qualificatif (particulièrement dans le cas du 11-Septembre, où il est absurde), vous aurez compris ce que le titre de cet article peut avoir d’ironique. Néanmoins, la réalité qu’il décrit est suffisamment remarquable pour être mentionnée sérieusement : Europhysics News, le magazine de la Société Européenne de Physique (European Physical Society en globish), organe tout à fait officiel des physiciens professionnels européens, a publié dans son numéro de juillet-août 2016 un article qui affirme clairement que les trois gratte-ciel s’étant effondrés à New York le 11 septembre 2001 ont été délibérément détruits par des techniques de démolition contrôlée, ce qui est évidemment incompatible avec la narration officielle d’un effondrement “naturel” – entendez par là sous l’effet conjoint d’impacts d’avions et des incendies qui s’ensuivirent.

L’article en lui-même, intitulé 15 years later : on the physics of high-rise building collapses (15 ans après : sur la physique des effondrements de gratte-ciel), rédigé par Steven Jones, Robert Korol, Anthony Szamboti et Ted Walter, n’apporte aucune information remarquable pour quiconque s’intéresse à ce problème, et bien entendu ne révolutionne pas la physique – se démarquant en cela de la narration officielle, qui recourt à une large dose de physique harrypottérienne.

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Travaux dirigés (énoncé)

high-chancellor-r

Le Président M. L. Muschi.

À Hollywood, le cinéaste Stan Lee Kubitainer travaille sur le scénario du prochain épisode de sa série, un thriller politico-fantastique. Son conseiller scientifique, Dimitri Stahleier, a pour mission de rendre l’action crédible, en respectant au maximum les lois de la physique et de la logique.

L’histoire se déroule sur la planète Sibaïag, où les conflits font rage pour prendre le contrôle de l’Empire Global ; l’épisode relate le coup d’État spectaculaire mais secret fomenté par des membres de la tribu des Geldkalb pour prendre le contrôle d’Akirema, la province la plus puissante de l’empire, tout en faisant passer la tribu rivale des Kamelreiter pour un groupe de terroristes sanguinaires afin de justifier son extermination.

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Jérôme Quirant et la pile d’assiettes :
2) la physique newtonienne

je-suis-marteauNous avons déjà vu ici que la théorie de “la pile d’assiettes” popularisée par Jérôme Quirant pour expliquer l’effondrement “naturel” des tours jumelles de Manhattan le 11 septembre 2001 souffrait d’un défaut rédhibitoire : prédire quelque chose de contraire à la réalité observée (la persistance, au moins temporaire, de la structure porteuse après effondrement des planchers). C’est suffisant pour la savoir fausse, sans nécessité aucune de faire appel à la physique. Néanmoins, il peut être intéressant de savoir “comment elle est fausse”, car s’il n’y a qu’une vérité, il y a de nombreuses façons de se tromper, ou de mentir. Pour cela, nous allons devoir comprendre le fonctionnement d’un objet technique très répandu, et qui ne tombe jamais en panne : le marteau.

“Alors, un marteau, comment ça marche ?” pourrait dire Michel Chevalet dans une séquence de vulgarisation scientifique. Vous pensez que c’est superflu ? Détrompez-vous. Si l’immense majorité des gens savent utiliser un marteau (à peu près, au moins), peu savent véritablement comment ça marche, et sont capables de l’expliquer de façon rigoureuse. Car pour cela, il faut faire appel aux lois qu’Isaac Newton a publiées en 1687 et qui révolutionnèrent la physique. Qui créèrent la physique moderne, peut-on même dire.

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La clé de la science, selon Richard Feynman

Richard Feynman (prix Nobel de physique 1965 pour ses travaux sur l’électrodynamique quantique, avec Sin-Itiro Tomonaga et Julian Schwinger) est un des plus grands physiciens et pédagogues de la physique du vingtième siècle. Issu d’un milieu modeste, il était connu pour sa propension à être “disrespectful to the respectable”, irrévérencieux avec les gens importants, dont il moquait les médailles, les attributs de pouvoir et les discours pompeux. En une minute, il nous explique ici (en 1964) le fondement de la science.

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Balle tueuse de raquette : info ou intox ?

ping-pong-supersoniqueC’est la rentrée : il est temps de se remettre au travail ! Aujourd’hui, leçon de physique amusante, avec de vrais morceaux d’expériences dedans. Au menu : mécanique, calculs d’ordre de grandeur et notions élémentaires de résistance des matériaux.

Il y a un peu plus d’un an, une vidéo “incroyable”, de celles qu’affectionnent les sites de “news” pour retenir les lecteurs faute d’avoir de vraies informations à leur donner, a suscité bien des débats chez les internautes, les uns prétendant qu’elle était truquée, les autres non. On y voit une balle de ping-pong, propulsée par un canon spécial, transpercer une raquette de ce même sport – ce qui n’est pas sa fonction première.

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La science et les modes

The Bee Gees

La moquette était à la mode, en ce temps-là.

La science passe en général pour une discipline froide et rationnelle, à l’abri des effets de mode, ce balancement continu entre ce qui paraît génial (et sera perçu comme ridicule peu après) et ce qui paraît ridicule (et sera tôt ou tard considéré comme génial). Il est assez naturel en effet, si l’on admet que c’est la raison qui guide les pas de la science, et que la raison est construite sur des fondements stables plutôt que sur l’humeur capricieuse du moment, de croire la science (et sa fidèle copine la technique) insensible aux errements émotionnels de la société où elle se développe.

Pourtant, l’examen du passé nous réserve quelques surprises : chacun sait par exemple que des médecins ont pu recommander l’usage du tabac pour la bonne santé des poumons – parfois sans même être payés par des fabricants de cigarettes. Les exemples sont nombreux d’avis scientifiques très sérieux que nous considérons aujourd’hui comme délirants.

Plutôt que de faire un exposé classique en trois parties – thèse, antithèse, foutaises – sur l’ensemble des bêtises qui furent énoncées par des victimes de la mode scientifiquement diplômées, examinons ensemble quelques pièces de musée relatives à l’une des conquêtes majeures de la science moderne : la radioactivité, et son application l’énergie nucléaire.

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Le mouvement perpétuel

Très mal vues par les lobbies énergétiques, les différentes possibilités de produire de l’énergie gratuitement ont toujours excité l’imagination des inventeurs. Passons-en quelques-unes en revue grâce à de jeunes physiciens.

Pour d’autres expériences incroyables, cliquer ici.

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