La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

Gilad Atzmon est un de ces hommes qui font espérer en l’humanité, et croire en la puissance de la raison pour la guider vers un avenir meilleur. Né dans une famille juive sioniste en Israël, ayant servi dans l’armée israélienne, il a eu la lucidité de se voir, face aux Palestiniens, “dans la position du nazi face à des juifs”. De ce traumatisme, qu’il dit avoir pu surmonter grâce à la musique, est né son antisionisme radical, qui ne doit rien à une lecture littérale de la Bible comme c’est le cas chez certains juifs orthodoxes mais au contraire à une pratique exigeante de la raison et de la philosophie. Je vous propose ci-dessous une traduction de l’article qu’il a publié le 1er mai 2019 sur son blog.

J’ai ajouté quelques liens hypertexte afin d’éclairer le message, pour ceux qui ne sont pas familiers du discours de Gilad. Bonne lecture.

––––––––––––––––––––––– Début de la traduction –––––––––––––––––––––––

Trois crimes motivés par la haine : un massacre dans une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un massacre au Sri Lanka et une fusillade dans une synagogue à San Diego ; qu’ont-ils en commun ? Les trois attaques correspondent parfaitement à la vision qu’ont les néocons de notre dystopie émergente. Nous sommes partis pour nous détester. Les conflits, l’hostilité, la terreur – des fleuves de sang – maintiennent à flot leur agenda interventionniste immoral.

Mais il y a une signification plus profonde dans ces événements récents et dans les nombreux autres qui les ont précédés. La terreur, comme nous devrions le savoir maintenant, est un message. La terreur a une logique mortelle qui fonctionne par la peur et la destruction. Peut-être que si nous commençons à être attentifs au message de la terreur, nous pourrons en tirer la meilleure stratégie pour diluer son venin.

Continuer la lecture

Est-il rationnel de considérer que nos “élites” le sont ?

Christine Lagarde

Christine Lagarde

Parmi les arguments souvent avancés pour contrer les “conspirationnistes” (on a déjà vu ici ou encore là ce qu’on pouvait penser de cet adjectif), revient souvent l’idée que nos élites dirigeantes, parce que ce sont des élites, sont nécessairement des personnes raisonnables et même très rationnelles, incapables de comportements ou d’actes délirants ou criminels. C’est certainement aller un peu vite en besogne, et sans doute aussi naïf et faux que d’associer végétarisme et non-violence sous prétexte que le régime végétarien permet d’éviter de tuer des animaux (rappelons qu’un certain Adolf Hitler était végétarien).

Plutôt qu’une dissertation théorique sur l’irrationalité auto-entretenue des castes gouvernantes, cette partie de l’humanité qui parce qu’elle a le pouvoir, peut se dispenser de réfléchir et d’examiner sa conscience, illustrons par un exemple ce que peut être le “travail” d’une personne indiscutablement membre de l’élite, habituée aux vols internationaux en classe premium, aux hôtels de luxe et aux limousines avec chauffeur : Christine Lagarde, directrice générale du FMI depuis le 5 juillet 2011, suite à la mésaventure que l’on sait survenue à son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn.

Continuer la lecture

Qu’est-ce qu’une connaissance rationnelle ?

sky-239493_1280

sculpture nécessitant de
solides connaissances rationnelles

Vaste programme, comme aurait dit de Gaulle à propos d’un autre sujet… finalement pas très éloigné. Impossible dans un article de blog de traiter cette question en profondeur et d’avoir une quelconque prétention épistémologique ; néanmoins, les discours médiatiques ambiants abondent tellement en contre-exemples, nous soumettent à tant de feux d’artifices irrationnels, qu’il paraît utile de retracer les contours du cadre et de montrer surtout ce que la connaissance rationnelle n’est pas.

Initialement, l’article aurait dû s’intituler “Qu’est-ce qu’une connaissance scientifique ?” ; cependant, la perception actuelle de ce qu’est la science, son association presque systématique à la technique, à l’industrie et aux “gros moyens” de la science institutionnelle m’ont convaincu que l’adjectif “scientifique” était trop réducteur voire trompeur.

Continuer la lecture