La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

Gilad Atzmon est un de ces hommes qui font espérer en l’humanité, et croire en la puissance de la raison pour la guider vers un avenir meilleur. Né dans une famille juive sioniste en Israël, ayant servi dans l’armée israélienne, il a eu la lucidité de se voir, face aux Palestiniens, “dans la position du nazi face à des juifs”. De ce traumatisme, qu’il dit avoir pu surmonter grâce à la musique, est né son antisionisme radical, qui ne doit rien à une lecture littérale de la Bible comme c’est le cas chez certains juifs orthodoxes mais au contraire à une pratique exigeante de la raison et de la philosophie. Je vous propose ci-dessous une traduction de l’article qu’il a publié le 1er mai 2019 sur son blog.

J’ai ajouté quelques liens hypertexte afin d’éclairer le message, pour ceux qui ne sont pas familiers du discours de Gilad. Bonne lecture.

––––––––––––––––––––––– Début de la traduction –––––––––––––––––––––––

Trois crimes motivés par la haine : un massacre dans une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un massacre au Sri Lanka et une fusillade dans une synagogue à San Diego ; qu’ont-ils en commun ? Les trois attaques correspondent parfaitement à la vision qu’ont les néocons de notre dystopie émergente. Nous sommes partis pour nous détester. Les conflits, l’hostilité, la terreur – des fleuves de sang – maintiennent à flot leur agenda interventionniste immoral.

Mais il y a une signification plus profonde dans ces événements récents et dans les nombreux autres qui les ont précédés. La terreur, comme nous devrions le savoir maintenant, est un message. La terreur a une logique mortelle qui fonctionne par la peur et la destruction. Peut-être que si nous commençons à être attentifs au message de la terreur, nous pourrons en tirer la meilleure stratégie pour diluer son venin.

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L’aversion publique comme déification (Dmitry Orlov)

1984 – la minute de la haine

[Note de l’administrateur de ce blog : un bon exemple de la pensée implacablement logique et lucide de Dmitry Orlov, que certains qualifieront de froide et insensible, pour se rassurer et continuer à rêver en vain au lieu de progresser dans leur connaissance du monde.

On pourra voir ici un exemple de ce dont parle Dmitry. Mais quand la cible connaît les arts martiaux, l’énergie utilisée contre elle finit par lui être utile et utile à la paix.]


Avant de discuter des nombreuses façons dont les limitations de la linguistique, ses déficits et ses défauts mettent en danger notre capacité à penser et à communiquer nos pensées mais aussi obscurcit ce qui est tangible, expérimentalement réel, derrière un voile d’artifices et de bêtises, je veux me concentrer sur un phénomène qui est devenu particulièrement répandu ces derniers temps et qui a amené plusieurs d’entre nous à devenir par inadvertance des membres des Cultes de la haine politique.

Les cultes sont souvent des choses mauvaises qui subordonnent le libre arbitre de leurs adorateurs à toutes sortes de notions absurdes et scandaleuses. Ce sont les lieux de reproduction de l’extrémisme politique et religieux et de l’intolérance. Ils séparent les sociétés et retournent des parents, des amis et des voisins les uns contre les autres. Les gouvernements estiment périodiquement qu’il faut les supprimer, même en recourant à la violence – cela mène littéralement à la destruction par le feu, comme cela s’est passé avec les Davidians à Waco, au Texas, le 19 avril 1993. Les cultes qui combinent la politique avec la religion, comme le culte de l’État wahhabite en Arabie saoudite qui fait de l’élevage d’extrémistes dans le monde entier, sont particulièrement emblématiques.

Mais le type de culte dont je veux parler est tout à fait différent de ceux-ci.

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