Home » Fondamentaux » La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

Gilad Atzmon est un de ces hommes qui font espérer en l’humanité, et croire en la puissance de la raison pour la guider vers un avenir meilleur. Né dans une famille juive sioniste en Israël, ayant servi dans l’armée israélienne, il a eu la lucidité de se voir, face aux Palestiniens, “dans la position du nazi face à des juifs”. De ce traumatisme, qu’il dit avoir pu surmonter grâce à la musique, est né son antisionisme radical, qui ne doit rien à une lecture littérale de la Bible comme c’est le cas chez certains juifs orthodoxes mais au contraire à une pratique exigeante de la raison et de la philosophie. Je vous propose ci-dessous une traduction de l’article qu’il a publié le 1er mai 2019 sur son blog.

J’ai ajouté quelques liens hypertexte afin d’éclairer le message, pour ceux qui ne sont pas familiers du discours de Gilad. Bonne lecture.

––––––––––––––––––––––– Début de la traduction –––––––––––––––––––––––

Trois crimes motivés par la haine : un massacre dans une mosquée à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un massacre au Sri Lanka et une fusillade dans une synagogue à San Diego ; qu’ont-ils en commun ? Les trois attaques correspondent parfaitement à la vision qu’ont les néocons de notre dystopie émergente. Nous sommes partis pour nous détester. Les conflits, l’hostilité, la terreur – des fleuves de sang – maintiennent à flot leur agenda interventionniste immoral.

Mais il y a une signification plus profonde dans ces événements récents et dans les nombreux autres qui les ont précédés. La terreur, comme nous devrions le savoir maintenant, est un message. La terreur a une logique mortelle qui fonctionne par la peur et la destruction. Peut-être que si nous commençons à être attentifs au message de la terreur, nous pourrons en tirer la meilleure stratégie pour diluer son venin.

Beaucoup sont convaincus que la terreur doit faire l’objet de représailles féroces. C’est ce que les Israélites appelaient “œil pour œil” dans l’Ancien Testament. Des milliers d’yeux pour un œil est la façon dont leur “progéniture” israélienne interprète son texte religieux. Cette approche génocidaire brutale a maintenant été adoptée par les colonies anglophones d’Israël les plus soumises (les États-Unis et la Grande-Bretagne). Je suppose que le fait de se venger et d’être impitoyable à grande échelle doit être une expérience enrichissante pour certains et passionnante pour d’autres, mais cela n’offre guère une perspective d’un avenir meilleur, sans parler d’une possibilité d’harmonie et de réconciliation.

La vengeance fait de la victime l’auteur d’un autre crime. Ce qui prétend être de la résistance est, en pratique, un abandon total à la terreur. Si nous voulons vraiment éliminer la terreur, nous devons apprendre à écouter et même à trouver le pardon. Il vaut mieux investir notre énergie dans la compréhension de nos ennemis et essayer de décrypter leur détresse. Nous devons fouiller dans le logos ce qui alimente l’hostilité, l’intolérance, la haine, le racisme et même les penchants génocidaires. Nous devons nous demander ce qui cause la soif de sang envers les musulmans (Christchurch), ce qui fait que certains musulmans nous haïssent, nous les “Occidentaux” (Sri Lanka). Ce qui précède s’applique également aux juifs. Les personnes qui prétendent être en proie à la souffrance, à la discrimination et à la haine tout au long de leur histoire devraient pouvoir se demander pourquoi. Contrairement aux soi-disant progressistes qui invoquent une “phobie” réactionnaire (homophobie, islamophobie, judéophobie, etc.) pour tout ce qui s’oppose à leurs idées, je soutiens que la voie du progrès consiste à rechercher la logique des événements.

Pour éliminer la terreur et trouver un antidote à son poison, nous devons rétablir notre véritable ethos philosophique occidental. Nous devrions rechercher la vérité et appliquer la règle de la raison. Dans le monde porteur d’espoir dans lequel j’ai grandi, les débats violents et les controverses brutales étaient une source d’inspiration. Dans le monde dans lequel nous vivons, les oppositions intellectuelles ont été écrasées par la tyrannie du “politiquement correct”. Lorsque les gens sont réduits au silence et réprimés, ils reviennent à la violence. Lorsque les gens réalisent qu’ils perdent leurs libertés élémentaires, ils deviennent dangereux pour eux-mêmes et leur environnement. Si quelqu’un ici bas est nostalgique de l’espoir d’un monde meilleur, qu’il agisse pour rétablir Athènes parmi nous. Écoutez votre ennemi, aimez votre ennemi, presque autant que vous vous détestez.

Si ce qui précède semble familier ou même spirituel, c’est uniquement parce que le politique est tombé à l’eau. Ce que nous connaissions comme la lutte entre le socialisme et le capitalisme, la gauche et la droite, a refait surface en affrontement entre la cupidité et la grâce…

–––––––––––––––––––––––– Fin de la traduction ––––––––––––––––––––––––

Gilad Atzmon, comme votre serviteur, est en proie à des persécutions de la part de pseudo-groupes de “lutte contre la haine” (et véritables apologistes de la haine, contre les musulmans et le peuple palestinien mais pas uniquement) qui veulent le ruiner en plus de le diffamer. Si comme moi vous êtes sensible au courage et à l’exigence de vérité et de justice de cet homme, n’hésitez pas à le soutenir en lui faisant un don. Je traduis ci-dessous le message qu’il publie au-dessus de son formulaire de don en ligne, que vous trouverez au bas de l’article original :

Ma bataille pour la vérité et la liberté implique des services juridiques coûteux. J’espère que vous envisagerez de me faire un don mensuel, quel que soit le montant que vous puissiez donner. Des contributions régulières me permettront d’éviter de me heurter à un mur et de me maintenir au-dessus du harcèlement sans fin des propagandistes sionistes qui tentent de me faire taire.

Et bien sûr, les mêmes causes produisant les mêmes effets, vous pouvez également penser à l’auteur de ces lignes, en cliquant sur le petit cochon rose en haut à droite.

4 commentaires sur “La fin de la terreur (Gilad Atzmon)

  1. Merci, Dr. François Roby, pour votre combat infatigable. Courage. J’espère que d’autres physiciens comme vous dénoncent le onze septembre 2001.

    1. Merci pour votre soutien. Mon article de physique sur le 11 Septembre a été téléchargé jusqu’à maintenant environ 350 fois (dans le monde entier, mais beaucoup aux USA), et de nouveaux téléchargements sont faits quotidiennement, on peut donc dire je crois que c’est encourageant pour un travail seulement lisible par des spécialistes.

  2. À l’adresse de l”Occident, Gilad Atzmon écrit ci-haut : «Si nous voulons vraiment éliminer la terreur, nous devons apprendre à écouter et même à trouver le pardon.».
    Peut-être faut-il oser aller un peu plus loin et se souvenir de ce qu’a dit un certain Jésus de Nazareth : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi la gauche ».
    En somme, l’Occident aujourd’hui ré-ensauvagé, devrait peut-être se rechristianiser s’il veut récupérer quelque peu sa civilisation perdue.
    La technologie ne remplacera jamais la finesse de la pensée.

    1. Je vous rejoins largement, surtout sur la dernière phrase. Plus exactement, je pense que la technologie remplace la finesse de la pensée chez beaucoup de “penseurs” contemporains (notez les guillemets), dans les sciences surtout, et que c’est justement là le problème.

      Je suis aussi d’accord sur la “rechristianisation”, même si je ne suis pas “officiellement” chrétien (baptisé comme tout le monde dans mon milieu et ma génération, sans plus) ; mais je voudrais quand même souligner que tendre l’autre joue est parfois irresponsable face à certains psychopathes, qu’il faut avant tout s’efforcer de neutraliser. Qu’ils délirent, passe encore, mais qu’on les laisse mettre leur délire à exécution, non !

      PS : Et merci pour le brin d’exotisme québécois (“ci-haut”) qui nous rappelle qu’en français aussi, la biodiversité existe !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *