Quelques réflexions à la sortie du premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne (le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : le saker ne mâche pas ses mots avec la junte ukrainienne qu’il qualifie de “nazis” ou “ukronazis”. Évidemment, pour qui débarque de l’univers des media dominants occidentaux, pour qui le Russe est encore un bolchevik au couteau entre les dents et pour qui le coup d’État ukrainien de 2014 téléguidé par la CIA était une révolte populaire, ça pique un peu. C’est pourtant lui qui est le plus proche de la réalité : oui, des impérialistes américains et des juifs sionistes sont bien capables de financer des nostalgiques du nazisme quand ça les arrange. Car comme le dit l’auteur pour ces derniers, “J’ai toujours soutenu que le sionisme et le national-socialisme sont les deux faces d’une même pièce, nées du même ventre immonde – le nationalisme laïc européen – et que tout ce qui les sépare est une vision suprématiste inversée, c’est tout.”]


Le premier tour de l’élection présidentielle en Ukraine a eu lieu le jour du poisson d’avril et il pourrait être tentant de tout ignorer comme une grosse farce, bien sûr, mais il ne faut pas négliger que certains événements importants viennent d’avoir lieu. Je n’en discuterai pas tout de suite, il y aura beaucoup de temps pour cela à l’avenir. Pour le moment, je me concentrerai uniquement sur les éléments d’un panorama beaucoup plus large qui me paraissent les plus critiques.

Ces éléments sont :

Les nazis ont subi une défaite écrasante lors de cette élection.

Par nazis, je veux surtout dire leur principal représentant : Petro Porochenko – le reste des nazis mineurs a été tellement nul qu’ils n’ont plus aucune importance. Pensez-y : malgré son immense richesse – il a dépensé plus que tout le monde et a même dépensé plus du double que le grand dépensier suivant dans la liste, Timochenko, pour chaque vote obtenu  et malgré ses immenses « ressources  administratives » – euphémisme russe pour désigner la capacité d’utiliser le pouvoir de l’État pour son avantage personnel – malgré sa victoire au sujet des Tomos [église schismatique orthodoxe d’Ukraine] ; malgré le déclenchement de l’incident du pont de Kertch, malgré la rupture de tous les traités restants avec la Russie ; malgré son contrôle des médias et enfin malgré le soutien – à présent bien entendu tiède – de l’Occident, Porochenko subit une défaite écrasante. Voyez par vous-même :

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Au pays des Lumières éteintes

Au pays des Lumières éteintes, ceux qui ont détesté le Père ont voté pour le Fils et le Saint-Esprit réunis.

Au pays qui crut un temps à “mon ennemie c’est la finance”, on a choisi de donner les clés à l’employé de la finance.

Au pays des mathématiques et de la raison, un lauréat de la médaille Fields s’est enthousiasmé pour le candidat au programme et au verbe le plus creux.

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Qui aime encore la France ? (Antipresse)

Armoiries non officielles de la République Française, telles qu’elles apparaissaient dans une encyclopédie Larousse de 1898.

[Note de l’administrateur de ce blog : le dimanche c’est (parfois) Antipresse et ce dimanche précisément, Slobodan Despot, ce non-français plus français que les vrais, nous parle de nos élections. Comment aurais-je pu ne pas vous en faire profiter, surtout qu’il tape, comme d’habitude, en plein dans le mille ?]


Pouvais-je, dans l’Antipresse, m’abstenir de tout commentaire, de toute analyse sur la présidentielle française ? Parfaitement ! La France n’est pas mon pays. Je n’y vis pas. Je suis étranger même à l’Union européenne. J’ai décliné plusieurs invitations à en débattre, jugeant inutile d’ajouter mon coup de klaxon à une bronca obsessionnelle qui occupe déjà tout l’univers mental des Français.

Grâce aux réseaux sociaux, la politique électorale a fini par pénétrer tous les pores de la vie publique. L’extrême personnalisation du débat (scandales, petites phrases, vices et compromissions) masque une profonde réticence à aborder les problèmes de fond. Les paramètres qui détermineront la vie des Français demain sont ceux-là mêmes que le barnum préélectoral jette dans l’ombre.

Je considère par ailleurs que la France n’a rien d’une démocratie. Comment peut-on parler de démocratie depuis le jour où son parlement s’est substitué au peuple en annihilant le résultat du référendum sur la Constitution européenne ? Le fait que les instances responsables n’aient pas immédiatement arrêté le président et les élus complices de ce coup d’État officialisait la transformation d’un gouvernement en régime.

Le putsch parlementaire permanent est du coup devenu le mode de gestion ordinaire des démocraties ouest-européennes, y compris de la Suisse. Des décisions de la plus haute importance pour l’avenir d’une communauté, prises dans les conditions de représentativité optimale, sont simplement balayées. Perpétuer une vie politique ordinaire dans ces conditions ne revient qu’à légitimer le simulacre. Les partis et leurs leaders s’emparent du manche à balai et font «vroum-vroum» en faisant mine d’ignorer que l’avion est passé sur autopilotage.

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France : Encore une horrible campagne présidentielle – L’Etat profond monte à la surface (Arrêt sur Info)

Diana Johnstone

Diana Johnstone

[Note de l’administrateur de ce blog : au moment où François Fillon s’affirme comme le candidat définitif de la droite et du centre, il est intéressant de lire l’avis, datant de quelques semaines, d’une journaliste étrangère installée à Paris, Diana Johnstone, sur cette étrange campagne présidentielle. Où l’on commente en quelque sorte le démontage des décors en plein milieu de la pièce de théâtre.]

Par Diana Johnstone | 17 février 2017

Comme si la campagne présidentielle américaine n’avait pas été assez pénible, en voici une autre : en France.

Le système en France est très différent du système américain, avec de nombreux candidats en concurrence sur deux tours, la plupart capable de s’exprimer fort bien, même parfois en abordant de vraies questions politiques. Leur temps de passage gratuit à la télévision réduit l’influence de l’argent. Le premier tour le 23 avril désignera les deux finalistes pour l’élection du 7 mai, ce qui permet un plus grand choix qu’aux Etats-Unis.

Et malgré la supériorité de leur système, les chefs de file de la classe politique veulent singer les mœurs de l’Empire, jusqu’à se faire l’écho du thème qui a dominé le show 2016 outre-Atlantique : les Russes diaboliques s’en prennent à notre merveilleuse démocratie.

L’imitation du système américain a commencé avec les « primaires » tenues par les deux principaux partis de gouvernement qui aspirent manifestement à devenir les équivalents des Démocrates et des Républicains dans un système à deux partis. Le parti de droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy s’est déjà rebaptisé Les Républicains et les dirigeants du soi-disant parti socialiste n’attendent qu’une occasion de se proclamer Les Démocrates. Mais au train où vont les choses, ni l’un ni l’autre ne semblent sûrs de l’emporter cette fois-ci.

Etant donné l’impopularité du gouvernement socialiste du président sortant François Hollande, les Républicains ont longtemps été considérés comme les favoris naturels pour battre Marine Le Pen, que tous les sondages donnent en tête au premier tour. Dans une perspective aussi prometteuse, la primaire des Républicains a suscité plus du double de votants volontaires (tenus de verser une menue obole et de faire allégeance aux « valeurs » du parti afin de pouvoir voter) que celle des socialistes. Sarkozy fut éliminé, mais plus surprenant, le favori le fut aussi, le fiable maire de Bordeaux Alain Juppé, qui caracolait en tête des sondages et des éditoriaux de la presse.

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