2017 ! Enfin ! (Antipresse)

“Année 2017 : les arbitres municipaux anti-pensée entrent en fonction.”

[Note de l’administrateur de ce blog : je ne pouvais pas manquer, en ce premier janvier, de laisser la parole à Antipresse et Slobodan Despot pour un éditorial de Nouvel An qui montre à quel point tous les éditorialistes grassement payés de notre presse subventionnée sont au mieux des crétins, et au pire des collabos d’une machine à mentir à bout de souffle.

J’ai pris la liberté d’en souligner un passage qui résonne particulièrement pour l’universitaire que je suis ; en effet, ayant eu l’occasion à plusieurs reprises de solliciter mes collègues sur le forum de mon université pour des problèmes d’une grande importance, aussi bien scientifique, pédagogique que politique ou éthique – notamment à l’occasion de la publication par la Société Européenne de Physique d’un article sur les démolitions volontaires du 11-Septembre – je n’ai eu en retour que des réponses nulles sur le fond, se moquant de toute règle scientifique de base, celles-là même que mes collègues et moi sommes censés enseigner aux étudiants. Et le pire, c’est qu’on les enseigne tous, y compris ceux qui ne les appliquent pas pour eux-mêmes.

Concernant la Syrie, je renvoie mes lecteurs à ce que j’écrivais début 2015, entre autres ; ou à cette question posée à mes étudiants en novembre dernier. Où l’on voit que la démolition des impostures médiatiques est à la portée d’un étudiant de licence, même lorsque ses professeurs refusent obstinément de s’y atteler et vont jusqu’à le traiter de “complotiste”.  Enfin, on pourra peut-être reprocher à Slobodan de ne pas parler d’Israël, pourtant bien présent parmi les fournisseurs de mensonge et de terreur aux côtés des USA et de l’Arabie Saoudite. Toutefois, il faut bien reconnaître que cet État-Frankenstein qui n’en est pas un (puisque tout État doit en premier lieu définir ses frontières) n’aurait pas vu le jour sans la complicité active de l’empire anglo-américain, ce qu’avait fort bien résumé Albert Eintein dans une lettre de 1948 que je ne me lasse pas de citer ici.]


2017! ENFIN!

par Slobodan Despot

2+0+1+7 = 10; 1+0 = 1.

Selon les numérologues, 2017 est une année qui vaut «1». Elle est l’opposé de l’an 2016 qui, lui, valait 9. 2016 était la fin d’un cycle, 2017 le début d’un autre.

C’est peut-être pour cela que — même quand on ne croit pas au langage des chiffres — personne n’aura l’idée de vous souhaiter, cette année, que les choses continuent «comme avant». La continuité est barrée de notre vocabulaire et de nos esprits. Elle est impensable, tant sur le plan des faits extérieurs que de la vie intérieure.

Sortie de glaciation

2016 fut, sous bien des aspects, une année prodigieuse et prophétique — toujours du point de vue des faits extérieurs. Elle a vu les Britanniques voter leur départ de l’UE, les Italiens renvoyer dans les filets un Premier ministre parachuté par la suprasociété et, surtout, les Américains voter pour un desperado jaune feu, le magnat des casinos Donald Trump.

Les deux derniers mois auront été particulièrement rocambolesques. Entre le coup de théâtre de l’élection U. S. et l’effondrement subséquent de l’illusion médiatique, l’expulsion des islamistes d’Alep et la signature d’un accord de cessez-le-feu en Syrie sans les USA, ce sont des pans essentiels de la carte géopolitique qui basculent de manière rapide et spectaculaire.

Après une période glaciaire d’un quart de siècle marquée par un seul avenir et une seule culture possibles pour la planète Terre, le monde est littéralement en train de reprendre des couleurs! Dans l’UE comme aux Etats-Unis ou en Suisse, au sein des organisations internationales, dans les groupes médiatiques et les facultés, des milliers de globocrates, de laborantins du nivellement mondial, ont, eux, viré au vert pâle. Ils sont les seuls à exiger du «comme avant». Toujours plus de «comme avant»! L’Europe de Bruxelles est en panne? C’est qu’il nous faut davantage de Bruxelles! La criminalité se répand dans des zones sans frontières en même temps que l’espionnage de la population s’aggrave? C’est qu’il y a encore trop de frontières, trop de barrières, trop de cloisons. Abaissez tout! Remplacez, dès que possible, les murs de vos demeures par des parois de verre, comme dans Zamiatine. Supprimez le cash et payez votre café avec une carte à puce traçable. Ainsi nous pourrons enfin tout voir et tout contrôler. En quoi cela vous dérange-t-il si vous n’avez rien à vous reprocher?

On éprouve une satisfaction profonde à voir ces apparatchiks, qui se sont toujours vus comme les locomotives du «progrès», les défricheurs de demain, vaticiner sur un quai désert sans remarquer que le train du XXIe siècle est parti sans eux. Eux qui pourfendaient sans relâche le «conservatisme» et la «réaction», les voici qui ne savent plus rien faire d’autre que nier la réalité présente et vouloir réappliquer de force des schémas de lecture erronés et des solutions révolues.

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Islam + CIA = terrorisme islamiste

Au moment où de nouveaux attentats “islamistes” endeuillent la Russie (via son ambassadeur en Turquie), l’Allemagne (à Berlin) et la Suisse (à Zürich), il n’est pas inutile de rappeler ce que l’ancien colonel de l’Armée de l’Air Régis Chamagne, ancien commandant de la base aérienne de Bordeaux-Mérignac et auteur de l’ouvrage “L’art de la guerre aérienne”, déclarait il y a un peu plus d’un an sur Meta TV.

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La burqa de l’homme blanc (Antipresse)

[Note (un peu longue) de l’administrateur de ce blog : comme je l’ai fait à d’autres occasions, je relaie ici la prose brillante de Slobodan Despot que je reçois via la lettre dominicale d’Antipresse. Mais j’ai décidé de remplacer le titre original de l’article (“Le vrai rôle des médias de masse” , informatif mais plat) par une expression employée par Slobodan Despot dans son texte, que je trouve particulièrement lumineuse et ironique, traduisant en très peu de mots à la fois l’aveuglement (ou la cécité, ce qui revient au même…) et l’hypocrisie produits par les media de masse. Comme d’habitude, Slobodan Despot tape ici en plein dans le mille de la maladie de civilisation de l’ “Occident développé”.

J’ai choisi également de changer le portrait habituel de Slobodan Despot par une photographie annotée de la tour n°1 du World Trade Center peu avant sa chute, dont l’interprétation diffère du tout au tout suivant que l’on adhère à la religion des media de masse – et ne remet donc pas en cause leur Sainte Parole – ou que l’on exerce réellement son libre-arbitre en suivant la voie parfois difficile mais sûre de la raison. Dans le premier cas, on se lamentera et versera une larme sur l’extraordinaire “manque de chance” de l’entreprise de gestion des risques (!) Marsh & McLennan Companies, ayant perdu 295 de ses membres dans les attentats du 11 septembre 2001.

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Sujet d’examen (extrait)

Infrastructure pétrolière et gazière au Moyen-Orient.
(source : Wikipédia, couleurs modifiées)

Au moment où les coupeurs de tête modérés sont chassés d’Alep et où les “journalistes” et “experts” français continuent désespérément à répandre leur charlatanisme en faisant comme si on pouvait encore y croire, il est bon de rappeler que la mission d’un enseignant n’est pas seulement de gaver ses étudiants avec des connaissances, mais aussi de développer leur esprit critique.

Cet entraînement peut avoir lieu à tout moment, sur tous les sujets (en rapport avec le cours ! pour ce qui me concerne, ce peut être par exemple la mécanique des fluides…) car il n’y a en sciences ni dogmes ni tabous. Tous ceux qui écartent un thème de la discussion scientifique au motif qu’il serait trop “polémique” ne sont pas, en réalité, des scientifiques mais de médiocres intellectuels qui n’ont de la science que le vernis du jargon et des outils mathématiques.

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Donald Trump, milliardaire (parfois) plein de bon sens

donald-trump-9-11-investigation-reopened-561076Grâce à internet, il devient difficile aujourd’hui d’effacer la mémoire de l’histoire, même si certains s’y emploient très activement. C’est sans doute l’élément qui manquait à George Orwell pour faire de 1984 un roman d’anticipation totalement réaliste – pour le reste, il faut reconnaître son caractère visionnaire. Aujourd’hui, Donald Trump se prépare à devenir le quarante-cinquième président des États-unis d’Amérique. Ses ennemis n’ont pas hésité à puiser dans tous les recoins des archives médiatiques pour tenter de le rendre aussi antipathique que possible, en le présentant notamment comme un raciste, un misogyne, un type totalement vulgaire et, parfois seulement, un antisémite – c’était plus risqué, vu qu’il a un gendre juif.

Mais bizarrement, alors que l’accusation de complotisme semble être aujourd’hui, avec celle d’antisémitisme, au plus haut dans l’échelle de Richter de l’infamie (est-ce un hasard ? ou une méthode pour certains juifs, bien implantés dans les media et ayant trempé dans des complots inavouables, de consolider une forme d’impunité ?), et ceci malgré son absurdité toute particulière dans le cas du 11-Septembre, les détracteurs de Donald Trump ne semblent pas avoir voulu utiliser une de ses interviews sur Fox News datant du 11 septembre 2001, où le nabab de l’immobilier, qui sans être architecte ni ingénieur sait quand même à peu près à quoi ressemble un gratte-ciel, analyse l’événement avec le bon sens pratique de celui qui évite de croire aux miracles pour faire fortune.

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Vers un monde nouveau (Antipresse)

Slobodan Despot au salon du livre à Genève en 2006

Slobodan Despot, salon du livre,
Genève, 2006

[Note de l’administrateur de ce blog : une fois de plus, je reproduis avec grand plaisir la prose de Slobodan Despot parue dans Antipresse, n° 51. Mais j’y ajouterai cette fois deux bémols, car je pense que son analyse de la situation, bien qu’à des kilomètres au-dessus de celles de nos “journalistes”, n’est pas suffisamment radicale pour atteindre le désenfumage total qu’il appelle de ses vœux.

En premier lieu, je ne serai pas aussi optimiste que lui sur la nomination de Michael Flynn comme conseiller à la défense de Donald Trump : bien que dissident par rapport à l’administration Obama, l’homme ne paraît pas être un désenfumeur mais un enfumeur tout aussi nocif que les autres, utilisant seulement une fumée de couleur différente. J’y reviendrai.

En second lieu, lorsqu’il parle des “théoriciens du syndrome de Stockholm à l’égard de l’islam”, il ne semble pas avoir compris que l’islam est aujourd’hui – et plus particulièrement depuis le 11 septembre 2001 – la cible d’une opération de grande ampleur visant à le détruire en promouvant au-delà du crédible ses expressions terroristes les plus caricaturales, notamment par les moyens médiatiques les plus modernes. On notera d’ailleurs que dans les contrées où l’islam a des racines profondes et solides (Iran par exemple), au contraire de ceux où son vernis clinquant dissimule fort mal l’hérésie dopée aux pétrodollars, les “terroristes islamiques” sont unanimement condamnés et combattus par les armes.

Allez Slobodan, encore un peu de désenfumage, et tu vas te rendre compte que l’étendue de la tromperie médiatique est encore plus grande que ce que tu imagines. Et peut-être comprendras-tu alors que l’obsession anti-islam de Michael Flynn est aussi irrationnelle que la tienne.]

Nous ne mesurons pas encore les répercussions de l’élection américaine. Il nous faudra pour cela des années. L’événement politique est l’arbre qui masque une forêt où plus un seul buisson n’est ce qu’il paraissait jusqu’à ce jour.

Pour ce qui nous concerne en général…

Ce qui, pour nous en Europe et dans le reste du monde, compte en premier lieu, c’est l’abandon par Trump de la désastreuse mission de «croisade du Bien» globale assignée voici 99 ans aux États-Unis par Woodrow Wilson, qui a fini non seulement par mettre le monde à feu et à sang, mais encore par amener les Américains eux-mêmes au bord de la misère. C’est donc, dans l’immédiat, l’éloignement probable d’une escalade militaire qui nous menait tout droit à la guerre nucléaire (et la nomination du général dissident Mike Flynn, ancien responsable du renseignement militaire, comme conseiller à la Défense, nous conforte dans ce soulagement).

La deuxième conséquence est le discrédit sans reste de tout notre système d’information officiel qui ne s’est pas contenté de ne pas voir venir l’actuel président, mais qui, de plus, a tout fait pour nous persuader qu’un tel hurluberlu n’avait même pas une chance de se trouver un coiffeur.

On ne juge que les perdants. Le filet du cerveaulavage était si étendu, si dense, qu’on l’a décrit sans trop d’exagération comme la Matrix du film éponyme. Il impliquait toute la panoplie des services, allant du renseignement à l’humanitaire (voir à ce propos l’article d’Éric Werner sur Snowden dans ce même numéro). Plus il s’éloignait de la réalité vécue, plus il lui fallait resserrer les mailles, colmater les interstices, éliminer les dissonances. Tout ceci ne pouvait passer qu’à un prix: le succès. Aujourd’hui, la mécanique est mise à nu comme le dispositif d’un illusionniste foireux.

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Ce que Trump signifie (Gilad Atzmon)

05 Jan 2016, Claremont, New Hampshire, USA --- Republican Presidential candidate Donald Trump appears at a rally in Claremont, NH --- Image by © Brooks Kraft/Corbis

5 janvier 2016, Claremont, New Hampshire, USA
le candidat républicain Donald Trump
lors d’un rassemblement à Claremont, NH
Image : © Brooks Kraft/Corbis

[Note de l’administrateur de ce blog : je publie là une traduction d’un texte de Gilad Atzmon qui date du 21 octobre 2016, soit il y a trois semaines, bien avant l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique.

Parce que Gilad Atzmon, musicien de jazz, est en même temps un véritable philosophe – ce qui le distingue notablement de philosophes de fonction qui ne sont que de pitoyables sophistes – sa hauteur de vue et sa profondeur d’analyse sont toujours bienvenues sur les problèmes difficiles. Sur le cas Trump, il ne déroge pas à la règle, en évitant le discours militant pour rester dans une vision historique à long terme.]

———————————  Début de la traduction  ———————————

La question de la signification de Trump est différente de questions concernant la personne de Trump ou ce que le candidat républicain représente.

Ce que signifie Trump, c’est à peu près que la moitié des Américains disent que trop c’est trop. La moitié des Américains sont en train d’exprimer une lassitude totale du système et de leur élite dirigeante.

Dans les dernières semaines nous avons appris que Trump avait offensé un grand nombre de femmes. Il était, dit-on, irrespectueux et se comportait grossièrement mal. Cela peut nous apprendre quelque chose sur qui est Trump ; mais le fait que toutes ces révélations embarrassantes aient eu zéro impact sur la popularité de Trump suggère que nous sommes confrontés à une force de la nature. Personne d’autre dans la politique moderne n’aurait survécu à une fraction d’une telle mauvaise publicité. Trump peut bien être un être humain ignoble et irrespectueux, mais pourtant, il paraît invincible.

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Entretien d’actualité n°35 du 01/11/2016 (UPR)

[Note de l’administrateur de ce blog : au moment où Donald Trump est élu président des États-Unis d’Amérique et où les “journalistes” occidentaux mangent tous ensemble leur collection de chapeaux, il est assez jouissif d’écouter l’analyse des élections américaines que faisait François Asselineau le premier novembre dernier. Histoire d’imaginer ce que pourrait être une classe politico-médiatique où la raison aurait remplacé l’hystérie et la propagande.]

Le sommaire de l’émission pourra être consulté sur cette page.

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Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent notre information ? (Osons Causer)

Pour des considérations tout aussi inconfortables et radicales sur le pouvoir médiatique, et sa capacité à influencer l’opinion à très grande échelle, voir également, sur ce blog :

Communiqué du cœur de la guerre contre la Syrie
(le saker francophone)

ortas

Mur à la mémoire des journalistes et techniciens qui ont payé de leur vie la couverture du conflit qui touche leur pays.

Note du Saker Francophone

Suite à notre publication du 8 octobre dernier intitulée «La lettre d’écrivains, d’artistes et de journalistes syriens dénonçant les politiques étasunienne et russe», une lectrice syrienne francophone nous a demandé de publier ce communiqué en réponse à ce texte.

Par un groupe d’intellectuels syriens vivant au pays – Le 10 octobre 2016 – Le Saker Francophone.

Nota : Ce communiqué  a été signé par des écrivains, des romanciers et des journalistes de sensibilités différentes et ayant une réputation dans la vie culturelle syrienne. Ils ont un point commun, la défense de l’État syrien.

Certains d’entre eux ont vu leur maison brûlée par les terroristes, leur voiture volée, leur bibliothèque détruite ; à Damas, Lattaquié et Idleb.

Mais comme ils vivent  au cœur de la guerre, sous les obus des bandes armées qui visent les civils dans la rue et dans les écoles, nous tairons leurs noms, de peur des représailles.

Vous devez comprendre que ceux qui affrontent le terrorisme au quotidien sont autrement plus exposés que ceux qui se pavanent dans les grands hôtels sous protection occidentalo-saoudo-qatarie.

Un jour, après la guerre, ces noms qui méritent le respect seront publiés.

Voici ce communiqué.

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