Réalisé sans trucage (bis)

Tweet publié par le Huffington Post le 7 novembre 2016, soit la veille de l’élection de Donald Trump, qui à partir de sondages donnait à Hillary Clinton 98,1% de chances (notez la précision) de devenir présidente :

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ROTFLOL, comme on dit là-bas.

Et merci à Jean pour m’avoir signalé ce grand moment de journalisme.

 

Entretien d’actualité n°35 du 01/11/2016 (UPR)

[Note de l’administrateur de ce blog : au moment où Donald Trump est élu président des États-Unis d’Amérique et où les “journalistes” occidentaux mangent tous ensemble leur collection de chapeaux, il est assez jouissif d’écouter l’analyse des élections américaines que faisait François Asselineau le premier novembre dernier. Histoire d’imaginer ce que pourrait être une classe politico-médiatique où la raison aurait remplacé l’hystérie et la propagande.]

Le sommaire de l’émission pourra être consulté sur cette page.

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L’empire de la bêtise (Antipresse)

Slobodan Despot au salon du livre à Genève en 2006

Slobodan Despot, salon du livre,
Genève, 2006

[Note de l’administrateur de ce blog : je reproduis ici un troisième article d’Antipresse, une lettre d’information dominicale que je vous invite à soutenir. Le premier est ici et le deuxième se trouve là.

Il était difficile de faire autrement à deux jours des élections américaines, tant cet article de Slobodan Despot sur la nation éclaireuse de l’humanité est brillant et – hélas – juste. Le courriel de Bill Ivey, éminence grise de Bill Clinton à la culture, vaut à lui seul son temps de cerveau disponible. Bien entendu, il se trouvera toujours des gens “raisonnables” pour dire que Despot est excessif et que l’Amérique, c’est tout de même la liberté. Le jour où ils se prendront une bombe sur la figure, ils comprendront. Ou pas, faute de temps.]

La claque

C’est la présidente croate, l’autre jour, qui a vendu la mèche: «Les Américains vont choisir notre prochain président» déclara-t-elle à la télé nationale, avant de se reprendre. Le lapsus, chez les politiques, tient lieu d’alcootest. Car elle disait le vrai, Kolinda. Ce qu’on pense ici ne présente plus aucun intérêt. Il n’est pas un enjeu de taille en Europe dont la clef ne soit à Washington, pas une donnée sensible dont la copie ne soit à Langley. L’Amérique dicte la composition de nos assiettes, le règlement de nos banques, la poussée de nos indignations. L’Amérique me fournit le système d’exploitation qui me permet d’écrire cet article et à des armées de journalistes alignés le logiciel de pensée qui leur permet d’écrire les leurs. Ainsi nos médias de grand chemin ont-ils fait de l’élection d’Hillary Clinton une cause sacrée.

C’est qu’entre les actes de l’Amérique progressiste et ceux du reste du monde, il existe le même abîme qu’entre le bien et le mal. Aux deux cent mille civils d’Alep-Est que les bombes russes martyrisent répond le million de civils de Mossoul que les bombes U.S. libèrent. Cette liberté-là n’a pas de prix! La précédente libération de l’Irak a tué un demi-million d’enfants? «Nous pensons que cela en valait la peine», estimait Mme Albright, la secrétaire d’État de M. Clinton. Si la démocrate Madeleine, sous le démocrate Bill, vous le certifie, c’est qu’on a vraiment minimisé les dégâts. Plus humain que les démocrates U.S., tu meurs!

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Les loups entre eux

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Statue de la Liberté en construction,
Paris, France, 1884

Beaucoup de personnes croient encore que les États-Unis d’Amérique, ou d’autres pays qui sont leurs alliés (pour ne pas dire leurs vassaux) tels que la France, sont réellement des démocraties. Certes imparfaites, puisqu’un régime démocratique est toujours le siège de luttes internes visant à réserver le pouvoir à quelques-uns ; mais foncièrement, des émanations de la volonté populaire par le truchement d’élections.

Il n’en est rien, et l’on se rend compte de mieux en mieux, dans les périodes de crise comme celle que nous vivons, que les élections n’ont en réalité dans les “démocraties occidentales”, lorsqu’elles portent sur les enjeux les plus importants comme l’élection d’un Président de la République, qu’une fonction purement décorative et de contrôle des populations, précisément en leur faisant croire que le régime qui les dirige est légitime. En effet, avec la règle de la majorité, chacun est censé se soumettre à l’avis d’une moitié de l’électorat, même s’il se trouve dans l’autre : 50,01 % des suffrages suffisent à rendre un régime légitime.

Or les moyens financiers et médiatiques colossaux engagés dans toute élection “moderne” excluent de fait tout risque de victoire d’une candidature non soutenue massivement par les pouvoirs financier et médiatique, c’est-à-dire par le pouvoir réel. Il est très facile, armé de ces pouvoirs, d’orienter suffisamment l’opinion dans la “bonne” direction pour être quasiment certain de faire élire le “bon” candidat, par des électeurs qui se croient libres. Certes, on ne fera pas changer d’avis ceux qui ont des opinions politiques très arrêtées, mais il suffit d’influencer suffisamment le ventre mou des démocraties, cette masse d’électeurs indécis et plus sensibles à la tenue vestimentaire des candidats ou à leur dernier buzz médiatique qu’à leurs idées, pour faire passer l’aiguille du compteur majoritaire d’un côté ou de l’autre. On peut bien mettre en scène des duels entre candidats prétendument opposés, mais il est d’emblée certain que tous les candidats susceptibles de gagner sont des candidats de l’oligarchie régnante – même Trump, n’en déplaise à quelques rêveurs.

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C’est désormais clair : Hillary Clinton est la candidate de la guerre (Le Grand Soir)

clinton-hL’élite politico-médiatique des Etats-Unis n’autorise que la version propagandiste du conflit syrien – chose que Hillary Clinton a totalement assumé dans ses commentaires belligérants lors du deuxième débat présidentiel.

Au cas où il y aurait eu encore quelques doutes, Hillary Clinton les a balayés lors de son deuxième débat avec Donald Trump. Un vote pour elle est un vote non seulement pour la guerre, mais la guerre au nom d’Al-Qaeda.

Ceci apparaît clairement dans sa réponse à la question péniblement orientée de la journaliste Martha Raddatz, de ABC, au sujet du conflit syrien. Raddatz s’est longuement étendue sur les centaines de morts provoqués par les jumeaux maléfiques, Bachar al-Assad et Poutine, réussissant même à mentionner au passage l’Holocauste, pour faire bonne mesure. Clinton s’est engouffrée dans la brèche :

« Eh bien, la situation en Syrie est catastrophique et chaque jour qui passe nous voyons les résultats du régime – de Assad en partenariat avec les Iraniens au sol et les Russes dans les airs – bombardant des lieux, notamment à Alep, où il y a encore des centaines de milliers de personnes, probablement environ 250.000, et où il y a un effort déterminé par la force aérienne russe pour détruire Alep afin d’éliminer les derniers rebelles syriens qui résistent encore au régime d’Assad. »

« La Russie n’a pas prêté attention à Daesh. Ils ne sont intéressés qu’au maintien d’Assad au pouvoir. Donc, moi, quand j’étais secrétaire d’Etat, j’ai préconisé, et je le préconise encore aujourd’hui, une zone d’exclusion aérienne et des zones de sécurité… Mais je tiens à souligner que ce qui est en jeu ici est l’ambition et l’agressivité de la Russie. La Russie a décidé de tout miser sur la Syrie, et ils ont également décidé qui ils veulent voir devenir président des États-Unis, et ce n’est pas moi. Je me suis dressée devant la Russie, devant Poutine et d’autres, et je le ferai encore en tant que Présidente. »

Ce fut une performance étonnante, même pour un débat présidentiel. On a rarement vu autant de mensonges et d’inexactitudes entassés dans une seule déclaration de deux minutes.

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Les USA, le Clown et la Furie (Bruno Guigue)

clinton-trump[Note de l’administrateur de ce blog : l’excellent Bruno Guigue est “légèrement” en-dessous de la vérité en ce qui concerne le 11-Septembre, la responsabilité des “néocons”, des grands media et de la finance dans sa réalisation. Tout le monde ne peut pas faire de la physique.]

Le milliardaire échevelé contre la coqueluche de Wall Street, le clown xénophobe contre l’égérie des néo-cons, le pourfendeur de Latinos contre l’exécutrice hilare de chefs d’Etat : l’alternative est désespérante.

La politique américaine a beau se caricaturer elle-même, elle continue de fonctionner à merveille, comme si de rien n’était. La campagne électorale égrène les poncifs, elle multiplie les coups en dessous de la ceinture, la bêtise et l’injure tiennent lieu d’arguments, mais rien n’arrête cette machine à décerveler le bon peuple. Résignés, les citoyens ingurgitent cette potion débilitante à haute dose, ils la digèrent jour après jour. Et le 8 novembre, une majorité finira bien par se rendre aux urnes, suffisante en tout cas pour accréditer le mythe de la démocratie au royaume des multinationales.

Le milliardaire échevelé contre la coqueluche de Wall Street, le clown xénophobe contre l’égérie des néo-cons, le pourfendeur de Latinos contre l’exécutrice hilare de chefs d’Etat : l’alternative est désespérante. Il est frappant, pourtant, que les médias dominants diabolisent exclusivement Donald Trump. En France, on peut lire un panégyrique à la gloire d’Hillary Clinton dans “L’Obs”, mais on trouvera difficilement l’équivalent en faveur de son adversaire. Pour le système, la messe est dite. Trump, c’est le vilain, le macho, le raciste. Hillary, c’est la femme à poigne, passionnée, un tantinet belliqueuse certes, mais tellement attentionnée à l’égard des minorités, et puis “elle est démocrate quand même”.

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