Voyage au bout de la Nuit Debout (réseau Voltaire)

nuit debout[Note de l’administrateur de ce blog : une erreur de traduction s’est glissée dans cet article de l’Irlandais Gearóid Ó Colmáin. Dans le dernier paragraphe de l’article, on trouve la phrase : “L’écrivain français aurait pu inclure le fascisme parmi les cauchemars cités, la pernicieuse idéologie que son cynisme l’amena éventuellement à embrasser.” L’adverbe éventuellement est une mauvaise traduction de l’anglais eventually, qui signifie finalement, en fin de compte.]

Le journaliste irlandais Gearoid O’Colmain s’est rendu place de la République à Paris pour y voir le mouvement « Nuit Debout ». À sa grande déception, ce que l’on présente comme une prise de parole citoyenne n’était qu’un rassemblement gauchiste. Ici, loin de voir dans le capitalisme « le stade suprême de l’impérialisme », on déplore les mensonges d’un grand patron, mais on ignore la financiarisation de l’économie et l’on célèbre les coups d’État maquillés du « printemps arabe ».

Dans son roman Voyage au Bout de la Nuit, Louis-Ferdinand Céline décrivait de manière provocante les soldats qui sont morts durant la Première Guerre mondiale comme des « idiots ». L’écrivain français faisait référence au fait que ces soldats avaient donné leur vie pour une cause qui n’était pas la leur — le massacre futile des pauvres pour le bénéfice des riches. Au long des nombreuses et pertinentes réflexions du livre sur la condition humaine, Céline note combien, dans la modernité, la rue en est venue à constituer le lieu des rêves. « Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C’est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c’est notre sanctuaire moderne, la rue ».

Depuis que le gouvernement français a récemment introduit une législation réformant le droit du travail, un nouveau mouvement social « spontané » et sans leadership a pris racine à travers les villes de France — le mouvement Nuit Debout. Comme le suggère son titre, ce mouvement social se déroule pendant la nuit, et l’un de ses slogans est « Rêve Général ! » — un jeu de mots sur le terme « grève générale ». Donc, plutôt que d’appeler à une grève générale afin d’amener le gouvernement à genoux, les activistes appellent à rêver dans les rues !

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Décryptage du système économique global [7/7] : Géopolitique du concept de propriété privée – 1/2 (le saker francophone)

boxer-blanc-propriete-privee[Note de l’administrateur de ce blog : un article particulièrement important, dense et lumineux de la série hebdomadaire de Valérie Bugault, déjà remarquable. Diffusé ici avec un peu de retard pour cause de vacances… Je suggère une lecture complémentaire fort utile pour comprendre la prise de pouvoir de la bourgeoisie commerçante : Comprendre l’Empire.]

Par Valérie Bugault – le 21 février 2016

En France, et plus généralement en Occident, la propriété privée telle qu’issue du Code civil disparaît à mesure que les grands propriétaires accapareurs s’enrichissent de l’appauvrissement des masses.

Ce phénomène est d’autant plus accentué que les monnaies fiduciaires vont, à la faveur de crises monétaires et financières savamment organisées par les tenants du pouvoir économique mondial 1, bientôt perdre une partie substantielle de leur valeur artificielle. Devant le danger de disparition – organisée – de la richesse monétaire, les temps sont venus pour les détenteurs de grandes fortunes de disposer juridiquement de tous les biens matériels disponibles.

Nous voici donc collectivement entrés dans une nouvelle ère d’accaparement des richesses matérielles (biens matériels tangibles tant mobiliers qu’immobiliers) et immatérielles (brevets, marques) par un petit nombre d’individus. En termes de philosophie politique, l’époque contemporaine ressemble de plus en plus au Moyen Âge dans lequel les seigneurs et le clergé se partageaient les terres que les paysans avaient le droit de cultiver contre paiement d’impôts en nature et en argent. Mais, à la différence du Moyen Âge, les seigneurs actuels ne doivent rien à leurs vassaux, ni protection ni secours. La route juridique, politique et économique que l’on voit prendre est, bien au-delà d’un retour à la féodalité, une véritable impasse civilisationnelle dans laquelle l’individu n’aura comme seule valeur que celle du niveau d’accaparement atteint par ses richesses ; il s’agit ni plus ni moins de la négation de l’individu et des conceptions naturelles de la vie sur terre. La perspective pour la très grande majorité des humains est celle du servage pur et simple, dans lequel ils finiront, tôt ou tard, par être des pièces de rechange corporelles pour la classe dominante des marchands devenus financiers.

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La chronique pas très catholique de Raphaël Enthoven

rien-de-grave-de-justine-levyRaphaël Enthoven, pseudo-philosophe médiatique abonné à France Culture, donne également de la voix sur Europe 1. Le 14 avril 2016, dans sa chronique quotidienne de 3 minutes intitulée “La morale de l’info”, il s’en est pris à l’église catholique dans ce qu’il imagina sans doute être un brillant trait d’esprit : “Combattre l’IVG, ce n’est pas très chrétien”. On pensait savoir que dans un pays laïc, la religion est une affaire privée et qu’aucun individu ne saurait, surtout armé d’un micro sur une radio de grande audience, se permettre de donner des leçons de morale religieuse. On pensait avoir compris que les interdits religieux, par définition propres aux religions, ne regardaient que les adeptes de ces religions et personne d’autre ; mais peut-être que le micro-philosophe Raphaël Enthoven, juif, se sent autorisé à dire aux catholiques ce qu’ils doivent penser et faire, au nom d’une morale sur mesure et portative qu’il a personnellement élaborée, en accord avec lui-même.

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La liste des 299 traîtres au peuple (UPR)

Andrieux ThévenoudVoici la liste des 299 députés (parmi lesquels les deux escrocs notoires Sylvie Andrieux et Thomas Thévenoud) qui ont voté la loi Urvoas visant à empêcher les candidats des partis hors système de se présenter à l’élection présidentielle. L’UPR ne les oubliera pas lors des prochaines élections.

La loi scélérate, dite “loi Urvoas” , – qui vise à rendre encore plus difficile la collecte des 500 parrainages et qui supprime l’égalité d’accès aux médias pour les prétendus « petits » candidats – a été votée le 5 avril 2016 en 3e lecture par l’Assemblée nationale, à la majorité absolue des députés inscrits, comme l’obligation en est faite pour les lois organiques.

Il y a 577 sièges de députés. 4 sièges étant actuellement vacants, le nombre de sièges pourvus est actuellement de 573, ce qui fait ressortir la majorité absolue à 287 voix.

Le nombre de votants pour ce projet de loi s’est établi à 562 députés. Le nombre de suffrages exprimés a été de 441.

Le nombre de députés qui ont voté en faveur de cette loi s’est élevé à 299, soit 12 de plus que la majorité absolue de 287.

142 députés ont voté contre.

121 députés se sont abstenus ou n’ont pas pris part au vote.

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Décryptage du système économique global [6/7] : Géopolitique de l’entreprise capitalistique – 2/2 (le saker francophone)

dallozPar Valérie Bugault – le 21 février 2016

Nous verrons, dans cette seconde partie, les changements juridiques à apporter à l’entreprise capitalistique pour transformer celle-ci en facteur d’organisation et de paix sociale.

Seconde sous-partie – Le renouveau du modèle d’entreprise capitalistique : un instrument de politique économique au service des peuples

L’entreprise de type capitalistique est aujourd’hui l’acteur juridique qui détient le rôle prééminent sur la scène mondiale.

Afin de remettre l’entreprise à sa bonne place, les États doivent reprendre le contrôle juridique de l’entreprise de type capitalistique. Pour ce faire, il est absolument indispensable de rendre juridiquement impossible la constitution de conglomérats, véritables empires économiques. En effet, la constitution de groupes de sociétés serait utilisée comme moyen par les principaux propriétaires de capitaux pour échapper aux contraintes juridiques de la notion d’entreprise conçue comme étant au service du bien commun. La nouvelle définition de l’entreprise doit acter que la notion de groupe de sociétés est l’ennemie des États et rendre impossible la constitution de ces groupes.

Dans ces conditions, donner une définition juridique précise du concept d’entreprise permettrait de remettre cette dernière sous le contrôle politique des États. Cela aurait pour effet de réintégrer l’entreprise dans la fonction d’organisation sociale qu’elle aurait toujours dû avoir. Le fait économique reprendrait dès lors sa juste place au sein de la collectivité humaine : celle de faciliter les échanges et de participer à la recherche d’un mieux-être collectif. Le fait économique redeviendrait soumis au fait politique.

Nous exposerons ci-dessous les conditions nécessaires, non suffisantes mais indispensables, qui permettraient au concept d’entreprise d’intégrer sa juste place dans l’organisation sociale et politique.

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En marche” ou “Esbroufe médiatique” ?

clip sanders

Vive la France !

Alors que le ministre de l’économie Emmanuel Macron vient modestement, mercredi 6 avril 2016 lors d’une réunion fermée à la presse à Amiens, d’annoncer la création d’un nouveau mouvement politique à ses initiales (En marche), le Petit Journal de Canal+ a fait l’analyse de la vidéo promotionnelle du mouvement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’y prend d’une drôle de manière pour un parti qui prétend redonner espoir aux Français : en effet, la grande majorité des séquences de cette vidéo proviennent de banques d’images étrangères ou ont été tournées à l’étranger, avec des acteurs absolument pas français et n’ayant rien à voir avec la nation française. Le clou étant sans doute cette actrice noire américaine qui figure, exactement dans la même séquence, dans le clip de campagne de Bernie Sanders, candidat démocrate américain à l’élection présidentielle. On peut donc parler de plagiat pur et simple d’un clip de campagne américain, actuellement utilisé de surcroît !

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«Ce n’est pas François Hollande qui dirige la France, c’est le MEDEF» (Gearóid Ó Colmáin, RT France)

manifLe parti dirigé par François Hollande est un parti capitaliste qui a le devoir d’imposer le capitalisme aux ouvriers, estime l’analyste politique indépendant Gearóid Ó Colmáin [Note de l’auteur de ce blog : analyste politique irlandais basé à Paris] en commentant les nombreuses protestations contre la loi travail.

RT France : Pourquoi constate-t-on autant d’indignation dans les rues dans le cadre de la nouvelle réforme du Code de travail ?

O’Colmain : En fait, ce qui est en train de se passer, c’est une précarisation de la vie des travailleurs. Cela veut dire que ça va être plus facile pour les employeurs de renvoyer quelqu’un. Les droits des travailleurs, qu’ils ont gagnés à travers plus d’un siècle de lutte de classes en France, sont aujourd’hui bafoués par le gouvernement d’Hollande. On voit donc que, en France, le gouvernement actuel est un gouvernement extrêmement anti-travailleur et que les ouvriers n’en peuvent plus. Il n’y a pas de travail de qualité aujourd’hui pour la classe ouvrière en France, on assiste à un appauvrissement massif de la classe ouvrière à cause de la mondialisation.

L’immigration aussi joue un rôle, dans la mesure où ces étrangers vont travailler bien évidemment pour un salaire moins élevé qu’un travailleur français. Cela crée aussi des problèmes de xénophobie. Le mécontentement, face à cette situation, est surtout palpable chez les ouvriers français. Donc, on a plusieurs facteurs qui, je pense, jouent un rôle dans ce mécontentement, ce malaise français actuel que nous sommes en train de voir s’aggraver.

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Voir aussi sur ce blog, à propos de la trahison inéluctable des véritables travailleurs par “la gauche” et de sa collaboration de plus en plus décomplexée avec le capitalisme déchaîné : Les mystères de la gauche, de Jean-Claude Michéa.

Décryptage du système économique global [6/7] : Géopolitique de l’entreprise capitalistique – 1/2 (le saker francophone)

Façade de l'immeuble de Goldman Sachs

Façade de l’immeuble de Goldman Sachs, USA.

Par Valérie Bugault – le 21 février 2016

Ni communiste, ni ultra-libérale, la troisième voie politique réside dans l’apaisement des relations sociales, politiques et géopolitiques que rendra possible un renouveau juridique global du concept d’entreprise. Lorsque nous parlerons d’entreprise dans le présent exposé, il faudra comprendre l’actuel modèle d’entreprise de type capitalistique qui s’est imposé au niveau mondial. Les variations juridiques, d’un modèle étatique à l’autre, s’arrêtent devant le mur de leurs points commun que sont la soumission aux intérêts des actionnaires majoritaires et la possibilité de devenir des conglomérats aux mains de ces mêmes actionnaires cachés derrière de multiples structures juridiques.

L’entreprise sous sa forme actuelle, obligeamment tournée vers la prédation économique, est un acteur essentiel du jeu de pouvoir anglo-saxon, lequel développe sa domination par le contrôle monétaire et par le libre-échange. Ce système global de domination, fortement intégré, est aujourd’hui en phase d’expansion rapide.

Or le principe politique, qui a pour fonction de régir la vie en Société, devrait régir le commerce et l’économie et n’être pas régi par eux. Commerce et politique sont deux termes différents qui ne peuvent pas être assimilés. Aujourd’hui, le rôle de l’État est considérablement abaissé et amoindri par le fait du modèle d’entreprise de type capitalistique ; les États n’ont plus les moyens d’assumer leur rôle politique qui est, avant tout, d’assurer et de garantir la paix sociale.

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Le vendredi, c’est poisson

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Manuel Valls se fait signifier son licenciement à sec pour « haute trahison au profit d’un pays étranger »

Tôt ce matin, le président de la République, rendu joyeux par la chute brutale des chiffres du chômage (-27%), due à un regain d’activité industrielle (principalement causé par des ventes d’armes astronomiques), a invité les ministres, secrétaires d’État ainsi que les responsables de l’opposition, Marine Le Pen en tête, à un petit déjeuner dit « œcuménique ». En présence du cardinal Barbarin, qui est passé en coup de vent bénir les viennoiseries, et de people triés sur le volet (Julie Gayet en Dior, Brad Pitt en jean), François Hollande est parti dans un discours sans notes, truffé de pointes d’humour, sur la « fin de la fracture sociale ». Un clin d’œil à son père spirituel régional, Jacques Chirac.

En effet, tous les économistes, qu’ils soient de droite libérale ou de gauche antilibérale, de Jacques Marseille à Thomas Piketty, sont d’accord pour admettre que si la situation actuelle perdure – et il n’y a pas de raison que ce redécollage soit freiné, avec l’afflux de main-d’œuvre qualifiée qui fertilise notre vieux pays – les courbes vont se croiser. Autrement dit, avec la fin de la désindustrialisation et la demande brutale de main-d’œuvre, le plein-emploi est en vue, ainsi que le renflouage des caisses de l’État, mises à mal par des décennies de chômage chronique. On parle d’un bénéfice de 127 milliards pour 2017.

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Chasse aux sorcières «antisémites» à Sciences Po (Guillaume Weill Raynal)

conseil-de-la-licra-fr[Note de l’auteur du blog Éloge de la raison dure : démonstration par l’absurde de la vaste arnaque de la “lutte contre l’antisémitisme” institutionnelle, qui a de plus en plus de mal à cacher sa véritable nature : une police de la pensée politique.]

Sur sa page Facebook, un prof de Sciences Po a procédé, ces jours-ci, au lynchage d’une étudiante, désignée comme «antisémite». Sans la moindre preuve. Dans la meute des « likeurs », un vice-président du CRIF, et… le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Sur les forums et les réseaux sociaux, les  haines les plus diverses s’expriment sans frein, le plus souvent dans le secret de l’anonymat. Mais les attaques se font aussi parfois à visage découvert, en pleine lumière, et en toute bonne conscience.  A l’heure où certains n’ont de cesse de dénoncer les « dérives de l’antiracisme » réelles ou supposées, il est peut-être bon de rappeler qu’une haine folle et gratuite peut parfois se dissimuler aussi sous le masque respectable et avantageux  de la lutte contre l’antisémitisme.

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