[Note de l’auteur de ce blog : on aborde ici l’un des problèmes majeurs de la société contemporaine, le fameux concept de “temps de cerveau humain disponible” qui valut à Patrick Le Lay d’être conspué pour avoir décrit son véritable métier (abrutisseur) avec une certaine franchise.
L’article de Télérama établit un parallèle avec l’ouvrage à succès de Robert M. Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, que j’ai découvert lorsque j’étais étudiant grâce à un de mes professeurs d’ “humanités” (j’étais alors dans une école d’ingénieurs) et que je recommande chaudement. J’aurais d’ailleurs fort bien pu le citer en exemple dans Éloge du handicap, puisque le récit de Pirsig est largement autobiographique, et basé sur sa propre expérience de la schizophrénie.
L’ascèse de la confrontation au réel, au silence et même à l’ennui (dont on sous-estime la potentialité créatrice et révolutionnaire) est une des clés de la guérison de nos sociétés malades, où le moindre espace public est truffé d’agressions visuelles et auditives. Après s’être attaqué aux ressources inertes (matières premières) et à la force de travail (humaine et des machines), le capitalisme s’en prend, logiquement, à la force de pensée : progression logique dans la thermodynamique de l’évolution. Si le concept de philosophe-mécanicien étonnera certains, c’est sans doute parce qu’ils ne sont pas assez philosophes – ou pas assez mécaniciens. Car il est autrement plus prometteur que celui de philosophe-milliardaire.]
Les technologies modernes nous sollicitent de plus en plus, et chacun semble s’en réjouir. Or, cela épuise notre faculté de penser et d’agir, estime le philosophe-mécano Matthew B. Crawford.
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre », écrivait déjà Pascal en son temps. Mais que dirait l’auteur des Pensées aujourd’hui, face à nos pauvres esprits sursaturés de stimulus technologiques, confrontés à une explosion de choix et pour lesquels préserver un minimum de concentration s’avère un harassant défi quotidien ? C’est cette crise de l’attention qu’un autre philosophe, cette fois contemporain, s’est attelé à décortiquer.
Matthew B. Crawford est américain, chercheur en philosophie à l’université de Virginie. Il a la particularité d’être également réparateur de motos. De ce parcours de « philosophe mécano », il a tiré un premier livre, Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, best-seller aux Etats-Unis. Il y raconte comment, directeur d’un think tank de Washington où il lui était demandé de résumer vingt-trois très longs articles par jour — « un objectif absurde et impossible, l’idée étant qu’il faut écrire sans comprendre, car comprendre prend trop de temps… » —, il en a claqué la porte pour ouvrir un garage de réparation de motos. Dans ce plaidoyer en faveur du travail manuel, il célèbre la grandeur du « faire », qui éduque et permet d’être en prise directe avec le monde par le biais des objets matériels.
Le terme de «paradis fiscal» a été évoqué à l’occasion d’un précédent article consacré à la géopolitique de l’optimisation fiscale, ce qui n’a rien d’étonnant, car l’existence même de ce concept est indéfectiblement liée au commerce et aux bénéfices qu’il génère. Toutefois, outre que ce terme n’avait alors pas été défini, le contexte historique et géopolitique dans lequel s’inscrivent les paradis fiscaux mérite que l’on s’y attarde un moment. L’objet du présent texte n’est pas de détailler les législations françaises, européennes et autres, de la lutte contre l’évasion fiscale mais de montrer le rôle et l’évolution des paradis fiscaux dans l’architecture économique et commerciale globale passée, actuelle et future.
La définition du paradis fiscal varie généralement en fonction des organismes qui s’y intéressent 1. Néanmoins, depuis le G20 de Londres de 2009, la définition donnée par l’OCDE en 2001 2 fait consensus au niveau international. Cette définition se concentre sur les quatre critères suivants : 1° l’absence d’impôt, ou la présence d’impôts insignifiants, dans le cas des paradis fiscaux, et une imposition effective faible ou nulle des revenus considérés dans le cas des régimes préférentiels ; 2° l’absence d’échange effectif de renseignements ; 3° le manque de transparence ; 4° l’absence d’activités substantielles, dans le cas des paradis fiscaux, et les pratiques de cantonnement dans le cas des régimes fiscaux préférentiels.
Mercredi 10 mars, le juge américain Georges Daniels a ordonné à l’Iran de payer plus de 10 milliards de dollars de dommages et intérêts aux familles des victimes du 11 Septembre 2001. Selon lui, l’Iran a soutenu les auteurs de ces attaques.
Pour l’heure, Téhéran a réagi par l’intermédiaire du conseiller du président du parlement de la République islamique d’Iran, Hossein Sheikholeslam. «C’est la première fois que j’entends parler d’une telle décision d’un tribunal américain. Cela est surprenant, parce que le tribunal n’a aucune raison d’imposer une telle peine à l’Iran. L’Iran n’a pas participé à une audience publique liée aux événements du 11 septembre 2001», a-t-il affirmé à l’agence Sputnik. Une décision incomprise par l’Iran d’autant plus qu’aucun des dix-neuf pirates de l’air du 11 septembre n’était de nationalité iranienne. Quinze d’entre eux étaient saoudiens, deux étaient émiratis, alors que les deux autres étaient égyptien et libanais. Précédemment accusée pour son implication directe dans cette attaque, l’Arabie Saoudite n’a quant à elle pas été condamnée.
La technique dite d’optimisation fiscale est la conséquence juridique de la généralisation du principe de libre-échange 1. Le libre-échange peut se définir en quatre mots : la suppression des frontières. L’optimisation fiscale consiste, pour les entreprises, à localiser leur bénéfice dans les places les moins fiscalisées. L’optimisation fait perdre aux États, légalement et mécaniquement, une partie substantielle de leurs ressources budgétaires.
Le contexte dans lequel s’inscrit l’optimisation fiscale
Le rapport de force entre d’une part les États et d’autre part les entreprises multinationales a été fondamentalement modifié par la généralisation du principe de libre-échange et de l’optimisation fiscale qui lui fait cortège. Au point de changer, de façon fondamentale, la conception du rôle de l’administration fiscale : de père fouettard, celle-ci est devenue 2, à coup d’instructions et autres recommandations en ce sens, un correspondant des entreprises chargé de négocier dans le cadre des rescrits fiscaux 3. Les administrations fiscales deviennent des organismes consensuels cherchant des arrangements acceptables avec les entreprises. Tantôt il s’agit de négocier d’un commun accord avec les entreprises le schéma général de leurs prix de transfert (facturation intra-groupe) – en conformité à des lignes directrices éditées au niveau européen dans le cadre des réunions dites Ecofin, application du soft power cher aux Anglo-Saxons –, tantôt il s’agit de négocier avec elles certains avantages en contrepartie de leur implantation à tel ou tel endroit, etc.
Le chanteur des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, a porté de graves accusations envers les policiers parisiens, déclarant qu’ils pourraient être complices des terroristes.
«Quand je suis pour la première fois arrivé, et que je suis entré, je suis passé devant le mec qui était censé assurer la sécurité des coulisses. Il ne m’a même pas regardé. Je suis immédiatement allé voir le promoteur et je lui ai dit : “Qui est ce type ? Je veux mettre un autre mec à sa place.” Et il m’a répondu : “Eh bien, les quelques autres gars ne sont pas encore là”. Et finalement j’ai découvert qu’environ six d’entre eux ne se sont jamais pointés», a précisé Jesse Hughes dans une interview sur l’attentat au Bataclan confiée à FOX Business Network’s Kennedy, quatre mois après la tragédie.
Intervention de Philippe Nemo, philosophe et historien des idées politiques français, professeur à l’École Supérieure de Commerce de Paris, lors d’un colloque international sur la liberté d’expression le 5 décembre 2014 en Belgique.
Le libre-échange est la déclinaison du principe plus vaste de liberté du commerce. Il s’agit donc d’un concept commercial mis en pratique par des entreprises de type capitalistiques.
Sous couvert de liberté du commerce, le libre-échange a pour conséquence la mise en concurrence, au niveau international, de toutes les entreprises du monde. Il en résulte, de façon inéluctable, la disparition des petites et moyennes entreprises au profit des multinationales économiquement plus performantes, en raison non pas de leur efficacité de fonctionnement, mais de leur poids sur les différents marchés. En d’autres termes, le libre-échange favorise concrètement sur toute la planète la prédation économique des agents les plus faibles par les plus gros d’entre eux, c’est-à-dire la concentration des capitaux. En raison de l’extrême prévisibilité de cette conséquence du libre-échange, on peut en déduire qu’elle est, en réalité, l’objectif inavoué du principe en question.
Ainsi, la liberté du commerce via le libre-échange n’a pas pour vocation de servir mais au contraire d’asservir – la concurrence faussée et débridée aidant – les petits commerçants. La liberté du commerce au moyen du libre-échange n’a pas non plus pour vocation de servir les intérêts du citoyen en occasionnant une baisse générale des prix puisque la concentration des capitaux, qui lui est consubstantielle, s’y oppose fondamentalement. La liberté du commerce par le libre-échange ne sert finalement les intérêts que d’un seul maître : la petite caste qui détient les principaux capitaux du monde. Caste qui a consciencieusement organisé, à la faveur de sa mainmise sur l’organisation bancaire – permettant l’organisation et l’entretien de crises bancaires et financières 1 – et commerciales du monde, l’accaparement de la majeure partie des biens matériels de cette planète.
Nous analyserons l’historique du mouvement de libre-échange (I) avant d’examiner en quoi il s’analyse en une négation du concept d’État (II) et quelle méthodologie il suit (III).
Journaliste indépendant et fondateur du site d’investigation Panamza, j’ai été détenu durant sept heures par la police au sujet d’un article dans lequel je révélais l’origine israélienne de la photo-choc du Bataclan.
Le 29.02.2016 à 22h02
Lundi 22 février, je me suis rendu de mon plein gré à une convocation de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, située dans le 13ème arrondissement de Paris.
L’avant-veille, j’avais reçu un message vocal de la part d’un responsable de la “Direction de la police judiciaire” me demandant de le rappeller “de toute urgence”. En cause : mon article daté du 15 décembre et intitulé “Carnage au Bataclan : la photo-choc a été diffusée depuis Jérusalem”.
Je connaissais les locaux de la BRDP pour y avoir déjà été convoqué à deux reprises afin de me faire brièvement notifier les plaintes pour “diffamation” intentées à mon encontre par Caroline Fourest et Pierre Bergé.
Surprise : cette fois-ci, j’apprenais que j’étais, dès mon arrivée, “placé en garde à vue” à la suite d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris.
Le policier me fit savoir que j’étais dorénavant soupçonné d’avoir commis -en publiant mon article- les infractions suivantes : “violation du secret de l’instruction”, “diffusion d’images portant gravement atteinte à la dignité humaine” et “violences volontaires sans ITT avec préméditation”.