Le cas Raymond Barre ou la trahison des dirigeants français stipendiés de la finance anglo-américaine

[Note de l’administrateur de ce blog : comme d’habitude, Valérie Bugault parle clair et n’a pas peur d’appeler un chat un chat. Étant juriste, et s’étant beaucoup penchée sur l’articulation entre le droit et l’économie (ou comment utiliser le droit pour procéder à des pillages légaux, en clair) elle concentre naturellement son discours sur ces deux domaines.

Étant moi-même universitaire, j’ajouterai aux “zélites compradores” dont elle parle la dimension universitaire, parfaitement incarnée par des professeurs qui ne pensent plus, sauf à faire carrière, et servent donc de paillassons aux lobbies les plus influents qui leur demandent sans vergogne d’apposer le sceau de leur institution sur leurs volontés les plus folles.

Ont-ils conscience de ne pas être anonymes ?]


Raymond Barre a été doublement remercié pour ses bons et loyaux services au monde financier anglo-saxon, lequel monde avait fermement décidé, une fois De Gaulle éliminé, de prendre la France pour cible.

Les financiers anglo-américains ont « récompensé » Raymond Barre, en tant qu’heureux continuateur de la doctrine Pompidou, d’avoir si bien et si efficacement agi pour étouffer la réforme de l’entreprise voulue par De Gaulle (alors appelée « participation »).

C’est ainsi que le fameux Barre a :

  1. reçu de l’argent sur un compte en suisse
  2. vu une spectaculaire avancée promotionnelle de sa double carrière « d’économiste » – doctrinologue stipendié – et de « politique ». Pour rappel, le monde financier anglo-saxon, dûment et fidèlement relayé par la haute fonction publique « française » compradore, a commencé à attaquer l’économie française dans le début de la seconde moitié des années 1970 (ma famille fut aux premières loges de ce nouveau concept de « ciblage » économique). Les aléas de la société Alstom énergie ne sont que les derniers sursauts de cette volonté de destruction du modèle politique et économique français qui avait émergé à la fin de la 2nde Guerre Mondiale par la grâce du CNR.

Or, si les réalisations du CNR n’ont pas réussi à pérenniser, sur la durée, l’entier contrôle de la politique monétaire et économique – indispensables au contrôle « politique » – de la France, c’est précisément parce qu’elles ont omis de réformer le concept d’entreprise. Car c’est par le moyen de l’entreprise anonyme hypertrophiée et des multinationales apatrides que les financiers ont finalisé leur contrôle sur le phénomène politique. En voulant remédier à cette omission fatale, De Gaulle a été chassé du pouvoir par la classe politique et les grands bourgeois qui détenaient – et détiennent toujours – le contrôle de la France.

A cet égard, les français doivent absolument conserver deux choses à l’esprit :

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Pour mieux percevoir le caractère hautement criminel de la haute finance, on pourra se reporter à l’excellent ouvrage de Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel, et lire les analyses de Valérie Bugault, sur ce blog ou ailleurs.

Les pièges du débat sur les évolutions historiques
de la Res Publica (Valérie Bugault)

[Note de l’administrateur de ce blog : Valérie Bugault a déjà publié sur le saker francophone une série d’articles remarquables qui ont été relayés ici même. Très profonds, ceux de la série “décryptage du système économique global” demandaient à la fois un certain temps de lecture et un certain effort intellectuel. Cette fois, Valérie Bugault réussit la prouesse de pulvériser en un article relativement court toute la légende bâtie autour de la république telle qu’elle fut conçue par les révolutionnaires (bourgeois) de 1789, français mais sous influence idéologique anglo-saxonne.

Ce qu’elle écrit peut être considéré comme un résumé de l’essentiel des idées développées par Alain Soral dans Comprendre l’Empire, un livre qui est lui-même particulièrement condensé dans son style1.

Il n’est bien sûr pas un hasard que Valérie Bugault ait intitulé un de ses livres, coécrit avec Jean Rémy, “Du nouvel esprit des lois et de la monnaie”, une allusion transparente à l’œuvre maîtresse de Montesquieu “De l’esprit des lois”.

Il n’est pas davantage un hasard que le sous-titre de ce blog soit “Personne  ne peut longtemps faire taire un Montesquieu ou un Molière”, une allusion assez claire également à deux personnages unanimement célébrés (à leur façon) par les media de grand chemin, qui tentent d’en faire des repoussoirs absolus.

L’intelligence populaire s’étant réveillée, cet objectif est à jamais perdu.]


Cet article est une réponse à l’article de Jacques Sapir « Les débats sur la souveraineté révélés par les évolutions des représentations de la Res Publica »

Cet article se veut un commentaire critique de l’article de Jacques Sapir commentant un ouvrage de Madame Claudia Moatti, professeur « d’histoire intellectuelle », qui traite de « l’évolution de la chose publique, de la Res Publica dans le monde romain »… c’est-à-dire des interprétations de la notion de « chose publique mais aussi des notions de légitimité et de droit ». Le présent article ne commentera pas ledit ouvrage, que l’auteur n’a pas lu, mais se revendique en tant que critique constructive à la présentation de cet ouvrage faite par Jacques Sapir.

Il est en effet intéressant, et sans doute non contestable, de savoir que le concept de « Res Publica » a subi, au temps de la Rome antique, de sérieuses variations tant quantitatives que qualitatives.

Néanmoins, ce genre d’analyse comporte, en particulier lorsqu’elle est mise en parallèle avec les temps républicains actuels, un biais intellectuel et cognitif. Une telle mise en perspective historique du concept de république a pour effet direct de tronquer les débats institutionnels en les enkystant définitivement autour du seul concept de République, avec, en arrière-fond, l’idée que la République instaurée en 1789 est incontournable.

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