Mois : Mar
Le cercle des poètes réels (Antipresse)
[Note de l’administrateur de ce blog : Slobodan Despot livre cette fois dans Antipresse non une réflexion sur la société contemporaine, mais un témoignage sur ses activités de jeunesse et ce qu’il considérait alors comme des “expédients” pour financer ses études. Mais un témoignage qui, bien sûr, se révèle précieux pour comprendre les transformations radicales de nos sociétés “occidentales”, l’omniprésence du mensonge institutionnel qui les caractérise – qui n’est donc pas l’apanage des régimes despotiques qui sévissaient alors de l’autre côté du Rideau de Fer – et l’importance de la littérature, dans son acception la plus exigeante, pour s’en défaire.]
Je suis entré aux éditions L’Age d’Homme en 1986, à peine âgé de dix-neuf ans. Je m’étais inscrit à l’université de Lausanne sans conviction et je voulais financer mes études tout seul. Mon professeur de français au lycée m’avait recommandé d’aller frapper à la porte de cette maison prestigieuse dont le siège était également à Lausanne. A l’époque, L’Age d’Homme jouissait d’une renommée mondiale pour ses grandes traductions du monde slave, en particulier les œuvres immenses de Vassili Grossman et d’Alexandre Zinoviev. En plus de leurs exceptionnelles qualités littéraires, les grands auteurs slaves publiés à L’Age d’Homme étaient porteurs de témoignages capitaux et irréfutables contre un empire qu’il était encore malséant et dangereux de critiquer: le régime soviétique. Grossman comme Zinoviev, du reste, avaient d’abord été imprimés à L’Age d’Homme en langue originale russe et réintroduits en URSS par des canaux clandestins.
La République des censeurs
Le genre : démonstration par l’absurde
Peut-être est-ce dû à sa qualité de physicien, signe d’une tournure d’esprit proche de la mienne, mais je dois reconnaître que j’apprécie particulièrement Jean Bricmont, toujours précis, rationnel et essayant de tirer la réflexion vers le haut dans les débats “sociétaux” en faisant preuve d’une grande rigueur argumentaire, là où tant d’autres versent dans l’hystérie émotionnelle ou les attaques ad hominem. C’est aussi, comme moi, un homme “de gauche”, mais du temps où la gauche visait à fournir aux pauvres des conditions de vie et de travail décentes, condamnait l’impérialisme au lieu de le justifier, en Libye, en Syrie ou en Ukraine, défendait la liberté d’expression au lieu de la museler, et condamnait vigoureusement l’apartheid au lieu de diaboliser et menacer de poursuites ceux qui luttent contre le dernier régime politique de ce type sur la planète. D’un temps où la gauche était donc à l’opposé du troupeau de lâches et de traîtres arrivistes qu’elle est devenue aujourd’hui. Cette fiche de lecture ne peut donc être parfaitement impartiale, vu l’admiration que je porte à l’auteur.
Une admiration qui n’est toutefois pas sans bornes, car je reproche à Bricmont de faire la “grève de la physique” lorsqu’il s’agit d’analyser rationnellement les événements du 11-Septembre, en se contentant d’aligner des arguments très faibles de type sciences humaines et sociales, là où une science inhumaine et asociale telle que la physique permet de procéder de façon sûre par élimination des scénarios les plus farfelus, car contraires aux lois de la nature – par exemple celles du mouvement établies par Newton à la fin du dix-septième siècle, ou encore les premier et deuxième principes de la thermodynamique, établis au dix-neuvième siècle. Abandonner ses armes méthodologiques les plus sûres sur le champ de bataille, M. Bricmont, c’est tout à fait regrettable, et c’est même une faute professionnelle ! Le principe des actions réciproques ou la conservation de l’énergie ont quand même une autre puissance et une autre autorité que ces ratiocinations de sciences très molles, voire carrément non scientifiques. Mais ce n’est pas le sujet de l’ouvrage dont il est maintenant question.
Chroniques des sciences inhumaines et asociales (épisode 4)
[Note de l’administrateur de ce blog : vous pourrez retrouver les précédents articles de mon collègue scientifique, de nom d’artiste Cadet Roussel, ici, là ou encore là.
Les sujets traités sont variés, mais toujours motivés par une aversion pour le mensonge, surtout lorsqu’il sert à dissimuler, voire à justifier des crimes. Avertissement : allergiques à l’humour noir, passez votre chemin.]
Épisode 4
Bon boulot
On se lève tôt à la campagne. Tradition datant du temps pas si lointain des fermes paysannes : le coq chantait, les vaches meuglaient, il fallait quitter son lit, avaler un bol de café et aller soigner les bêtes. Chaque jour le labeur immuable reprenait pour ces vies vouées au travail. À présent les étables sont fermées, les granges servent de garage. Le boucher ne tue plus ses bêtes dans la cour ; le sang ne caille plus dans le caniveau. Les épiceries ont disparu, chacun va faire ses achats en voiture au supermarché, dans la zone commerciale hideuse qui a mangé des hectares de bonne terre à la sortie de la ville. On n’attend plus le car sous l’auvent, et si l’on a oublié d’acheter une motte de beurre, on y retourne. Même les bistrots de village ne sont plus que des souvenirs ; si l’on boit, c’est devant la télé qui diffuse des nouvelles sur Alep mise à feu et à sang par Bachar le Boucher et Vlad le Terrible, actuels points à effacer de l’Axe du mal.
À la fin de l’été, j’allai dans le village natal de mon grand-père paternel, où une maison de famille nécessitait des travaux. J’arrivai tard le soir et allai me coucher aussitôt.
La délégation de Neturei Karta à Paris, le 15 janvier 2017 (Globalepresse)
[Note de l’administrateur de ce blog : cette vidéo est dédiée à M. Francis Kalifat, président du CRIF, qui dans une lettre du 6 février 2017 au président de mon université me qualifie de “militant d’extrême droite halluciné dont le cas ressort de la loi Gayssot, sinon de la psychiatrie”. Je reviendrai ultérieurement sur son contenu, évidemment mensonger et diffamatoire, mais néanmoins intéressant surtout lorsqu’il me fait dire des choses que je n’ai jamais écrites, révélant ainsi une partie de l’inconscient de M. Kalifat. Ou lorsqu’il exprime un refus de s’incliner devant les lois de la physique, qui s’appliquent pourtant à tout et à tous sans préférence idéologique.
Et puisque M. Kalifat prétend que mes propos sont des “délires racistes”, je lui conseille de lire attentivement l’article que j’ai consacré à la fausse lutte contre le racisme, souvent menée par des individus totalement prisonniers d’une logique raciste, de manière consciente ou non. Article que je fais momentanément remonter en première page du blog car il complète utilement la vidéo ci-dessous. Pour de véritables délires racistes haineux relevant de la psychiatrie, on pourra consulter l’une des deux lettres citées ici.]













































































































































