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Piratage européiste : la preuve par les probabilités

Mise à jour (majeure !) du 28 mai, qui vient anéantir mon interprétation mais confirmer plusieurs choses :

  • il est normal de se tromper pour un chercheur (c’est même son activité principale…), ce qui est anormal c’est de persister dans l’erreur, ou comme on dit en latin : errare humanum est, perseverare diabolicum ;
  • les miracles statistiques n’existent pas, et l’analyse des coïncidences vraiment étonnantes apporte toujours des informations pertinentes, dans tous les domaines ;
  • l’argent explique beaucoup de choses (avec le sexe et l’énergie)

Voici donc cette mise à jour : après prise de contact avec Gabriel Rabhi, celui-ci m’informe que l’association “pirate” est en réalité un de ses clients – Gabriel Rabhi est développeur web – et qu’il avait lui-même réalisé son site, à contrecœur mais ayant besoin d’argent à cette époque, et qu’il avait de plus, “par souci d’économie”, migré tous ses sites sur le même serveur et réalisé ainsi cette erreur de configuration menant à l’affichage par défaut d’un site aux idées très éloignées des siennes…

L’attitude professionnelle de Gabriel Rabhi n’est pas en soi critiquable : un prestataire n’a pas à demander à son client d’être en accord avec ses idées pour accepter de travailler pour lui, sinon c’est la balkanisation rapide de la société… J’avais en réalité envisagé cette hypothèse, mais l’avais rejetée car trouvée “trop osée”… eh bien non ! De plus, le site de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones dont je parle en note est lui aussi un client de Gabriel Rabhi… tout s’explique !

Je laisse ci-dessous l’intégralité de l’article de départ, dont l’argument statistique reste toujours valide…


Très récemment, un de mes lecteurs recommandait en commentaire une vidéo en effet excellente, réalisée par Gabriel Rabhi, intitulée “Dette, crise, chômage : qui crée l’argent ?”. Je lui répondis que j’étais parfaitement d’accord avec lui, ayant mis ce film dans la page “liens” du blog dès sa création. Mais je m’aperçus aussitôt d’une chose étrange : le lien que j’avais inséré dans cette page orientait maintenant mes lecteurs vers un site ne faisant pas exactement de la pédagogie sur la création monétaire, mais plutôt l’apologie de l’Europe fédérale ! Sachant ce que dit Gabriel Rabhi de l’Union Européenne dans sa vidéo, il y avait de quoi être surpris… Comment cela était-il possible ? Un complot judéo-maçonnique aurait-il piraté mon blog afin d’induire mes lecteurs en erreur ?

La vérité est plus subtile, mais prouve néanmoins une réelle intention de tromper de la part d’une équipe de propagande ; une véritable entreprise de piratage d’opinion. La totalité des liens que j’avais indiqués sur la page du même nom est passée, automatiquement, avec le préfixe “https://” au lieu de “http://”. Cette opération, dont je n’avais pas eu connaissance, n’est pas l’œuvre d’une équipe de hackers mais résulte probablement du passage récent de ce blog même au protocole “https”. Mais pour les réfractaires à l’informatique, précisons quelque peu de quoi il s’agit.

Le “protocole de transfert hypertexte”, ou “hypertext transfer protocol” en anglais, en abrégé HTTP, est un ensemble de conventions informatiques qui permettent de “mettre en ligne” toutes sortes de contenus, c’est-à-dire d’autoriser un ordinateur relié au réseau informatique mondial (couramment appelé Internet) d’aller consulter ce qui se trouve sur un autre, qu’on appelle serveur. Aujourd’hui, les adresses web sont automatiquement complétées par les navigateurs : si l’on tape seulement “aitia.fr” dans la barre d’adresse de Firefox par exemple, on tombe sur ce blog, dont l’adresse complète est “https://aitia.fr” (et même https://aitia.fr/erd/, mais la dernière partie /erd est une redirection automatique faite par le serveur et non par votre navigateur).

Les données transmises par ce protocole n’étant pas chiffrées, elles peuvent être interceptées en cours de route par des individus malveillants ; il a donc été nécessaire de rajouter une couche à ce protocole pour encrypter les données, ce qui a donné naissance au protocole HTTPS pour “hypertext transfer protocol secure”, que chacun utilise par exemple pour se connecter à sa banque ou sur tout site de commerce en ligne.

La tendance générale est de remplacer le protocole HTTP par HTTPS, même en dehors de sites “sensibles” comme ceux qui vous demandent votre numéro de carte bancaire ; la plupart des “gros” sites Internet ont aujourd’hui une adresse commençant par https://. Mais il y a des exceptions : par exemple le site dedefensa.org, que j’avais aussi référencé sur ma page de liens, a toujours une adresse commençant par http://, et avec un “www” en plus qui est assez accessoire (notez que si vous tapez www.aitia.fr dans la barre d’adresses de Firefox, vous arrivez quand même sur ce blog, le navigateur se débrouillant pour supprimer le www qui n’y est pas). L’accès à ce site à partir de ma page de liens n’était donc plus possible, puisque le préfixe https conduit vers le message d’erreur suivant :


De même, le site “inter-agir.fr” de Gabriel Rabhi utilise toujours le protocole HTTP (sans le s) mais, bizarrement, au lieu d’annoncer “la connexion a échoué”, le navigateur affiche avec le protocole HTTPS et la même adresse un site de propagande européiste totalement décomplexé, en opposition complète avec l’esprit critique de Gabriel Rabhi vis-à-vis de l’Union Européenne… et de bien d’autres sujets dont, bien sûr, la création monétaire. Comment un tel miracle est-il possible ?

Pour bien saisir le côté miraculeux de la chose, il est utile d’exprimer explicitement les deux adresses l’une au-dessus de l’autre (elles sont tellement longues qu’il leur faut deux lignes pour s’afficher) :

http://inter-agir.fr/XCMD.RE9fU2hPQko8MjU+MDAwMDAtMC0wMzAtMDAwMDAwMDI1MzUwMg==.html

https://inter-agir.fr/XCMD.RE9fU2hPQko8MjU+MDAwMDAtMC0wMzAtMDAwMDAwMDI1MzUwMg==.html

J’ai mis le petit “s” en rouge, c’est la seule lettre qui diffère ! Déjà, que deux sites aient la même adresse (inter-agir.fr) au protocole près n’est pas banal, et trahit souvent la volonté de certaines personnes de tirer partir d’une notoriété acquise par d’autres, de façon quelque peu cavalière. Certains vont même jusqu’à enregistrer des noms de domaine correspondants à des marques connues dans le but de pouvoir les revendre à bon prix aux intéressés, ce qui constitue une forme moderne de racket parfois appelé cybersquattage.

Mais quelle est la probabilité que deux pages de deux sites différents aient exactement la même adresse, ici particulièrement longue et à l’évidence pas faite pour être “lisible” (comme https://aitia.fr/erd/vous-etes-ici/) mais constituée de caractères générés aléatoirement ? La réponse est assez simple, justement parce que les caractères sont aléatoires – c’est en tout cas ce que nous allons supposer.

Il y a 26 lettres dans l’alphabet, qui peuvent être minuscules ou majuscules : 52 cas au total. Les chiffres sont également autorisés : cela fait 10 possibilités supplémentaires. On note aussi la présence des signes +, = et du point. Théoriquement tout caractère ASCII peut être utilisé, ce qui fait 95 possibilités au total. Mais retenons seulement les lettres (minuscules ou majuscules) et les chiffres, puisqu’il semble que les 95 caractères ne soient pas tous utilisés : nous avons donc 62 possibilités à chaque position dans l’adresse.

Après la dernière barre de fraction, l’adresse comporte 57 caractères avant le “.html” final qui n’a rien d’aléatoire. Il y a donc, pour une telle chaîne de caractères, un nombre de possibilités égal à :

    \[ 62^{57}\approx1,5\times10^{102} \]

Ce qui est bien évidemment un nombre totalement inimaginable : à titre de comparaison, le nombre d’atomes dans l’univers est de l’ordre de 10^{80} “seulement”. Or la probabilité pour que 2 chaînes de 57 caractères produites aléatoirement soient strictement identiques est égale à l’inverse de ce nombre, environ 7\times10^{-103} autrement dit, en langage clair, cette probabilité est strictement nulle.

Mais l’hypothèse de caractères parfaitement aléatoires est-elle bien raisonnable, même si à l’évidence ces adresses ne signifient pas quelque chose de compréhensible en langage humain ? À vrai dire, il semble que non. On peut par exemple remarquer la répétition de la chaîne “MDA” à 4 reprises (et l’abondance des M majuscule), ce qui en soi est déjà suffisant pour exclure le hasard complet. Seule la partie “RE9fU2hPQko8MjU”, composée de 15 caractères, ressemble à une séquence vraiment aléatoire1. Refaisons donc le calcul avec une chaîne de seulement 15 caractères :

    \[ 62^{15}\approx8\times10^{26} \]

C’est déjà “moins énorme” mais représente néanmoins un nombre proche du nombre d’atomes dans un corps humain… ou 100 fois plus grand que le nombre de gouttes d’eau dans les océans.

Conclusion : même avec cette hypothèse très prudente, il est “plus qu’étrange” qu’un site de propagande européiste grossière, portant exactement le même nom (inter-agir.fr) que celui de Gabriel Rabhi, et diffusant un discours radicalement opposé, ait une page dont l’adresse comporte une chaîne de 15 caractères strictement identique à celle d’une page de vidéos très diffusées2 de Gabriel Rabhi sur l’origine de l’esclavage moderne3. Surtout lorsqu’on remarque que les autres pages de ce site (par exemple https://inter-agir.fr/comprendre-europe-federale.html) ont des adresses “humainement lisibles”… y compris cette fameuse page d’accueil à l’adresse interminable, mais à laquelle on parvient également en tapant simplement “https://inter-agir.fr/” !

Conclusion : il faut se rendre à l’évidence, les “gentils européistes” souriants du site au protocole https sont en réalité des pirates professionnels qui ont tiré profit de la popularité d’une œuvre vidéo pédagogique massivement diffusée pour tenter de détourner l’opinion publique (grâce entre autres à la tendance actuelle de Google de favoriser les sites en https au détriment de ceux en http) vers une propagande assez grossière. Ce n’est pas du “complotisme”, c’est juste des maths.

Eh oui, ça sert à ça, aussi.


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  1. Il n’est bien sûr pas possible de prouver qu’elle l’est, mais par contre la probabilité pour qu’une séquence comportant des régularités telles que le succession des “MDA” soit due au seul hasard est tellement faible qu’on peut exclure cette hypothèse.
  2. 1 130 540 vues pour la vidéo complète de presque 2h au moment où j’écris l’article, ce qui est un bel exploit…
  3. Si l’on fait une recherche rapide avec ces seuls 15 caractères, on tombera aussi sur le site de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones, dont le reste de l’adresse est également très semblable… et c’est à peu près tout. J’ignore si Gabriel Rabhi y est pour quelque chose.

4 commentaires sur “Piratage européiste : la preuve par les probabilités

    1. Voir la mise à jour de cet article, qui ne fait que confirmer la puissance des sciences “dures” et la faiblesse des interprétations humaines basées sur la “vraisemblance” d’une hypothèse.

      Quant aux “roviens”, eh bien justement, c’est en persévérant dans la même voie qu’on les combat : faire prévaloir la logique la plus implacable sur les histoires à dormir debout. Mais cela n’exclut pas d’user de stratagèmes, comme le rire ou la fiction !

  1. Mr Roby, je vous vois foncièrement honnête, dans le sens où vous savez de quoi vous parlez quand vous dénoncez les mensonges, ce que nous ne pouvons pas faire, nous les petits. Ca me réchauffe le coeur de voir un universitaire prendre position face aux prévaricateurs qui sont aux commandes actuellement. Je travaille, c’est difficile quelquefois, j’essaie d’être avec vous, de vous aider si possible. Avez-vous lu ça? A propos de la réalité. J’ai du mal à comprendre(n’ayant aucune formation) mais j’ai l’impression que ce document est important. https://www.egaliteetreconciliation.fr/Clefs-de-lecture-6-Critique-du-liberalisme-libertaire-l-apport-d-Emmanuel-Kant-et-son-devoiement-54980.html . Le Noumène. Que pouvez-vous dire sur le néokantisme?

    1. Merci pour ce lien, en effet très intéressant. Déjà parce qu’il met une bonne claque à tous ceux qui prétendent qu’Égalité & Réconciliation est un club de nervis d’extrême-droite bas du front… là on est dans le sérieux, la “sociologie profonde” chère à Alain Soral et la forme très “scolaire” de l’émission ne risque pas d’être confondue avec du militantisme racoleur de bas étage (qui hélas devient de plus en plus courant à l’école voire à l’université !). Même si on peut regretter un lapsus sur la date de naissance de Kant (1784 au lieu de 1724) qui le ferait influencer la Révolution Française dès le berceau voire avant de venir au monde…

      Je n’ai moi-même pas de formation philosophique suffisante pour pouvoir commenter valablement cette émission ou le néokantisme en général. Tout ce que je peux dire c’est que cette clef de lecture nous présente les “héritiers” de Kant comme pervertissant généralement ses idées, et notamment en utilisant la notion de noumène, en lui donnant un caractère absolu et a-historique justifiant la permanence de certains pouvoirs et organisant la séparation à l’intérieur même des individus entre différentes catégories d’appréhension du monde. Mais je ne prétends pas avoir une idée très claire de ce qui a été exposé ici et il faudrait sans doute que j’y réfléchisse à nouveau.

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