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« Je peux comprendre la colère des altermondialistes »
(Famille chrétienne)

Mgr Marc Aillet sur le G7 de Biarritz :
« Je peux comprendre la colère des altermondialistes »
(Famille chrétienne)

L’évêque de Bayonne s’interroge sur la capacité du G7 de Biarritz à réduire les inégalités alors que des militants altermondialistes veulent faire entendre une contestation pacifique à Hendaye et Irun.

Les dépenses du Président français pour accueillir le G7 sont-elles le signe d’une déconnexion avec cette France d’en bas qui s’est manifestée au moment des Gilets jaunes ?

J’avoue ne pas bien comprendre le choix de Biarritz, par ailleurs en pleine saison touristique, qui a nécessité un déploiement sans précédent d’infrastructures et de forces de sécurité au coût exorbitant. Une telle dépense semble en effet complètement décalée au regard de la crise sociale qui s’est installée dans notre pays et qui a révélé une fracture croissante entre les grandes métropoles et les territoires devenus périphériques. Cela ne contribuera certes pas à calmer la colère des Gilets jaunes.

Les pays membres du G7 – parmi les plus riches du monde – sont-ils vraiment capables de “lutter contre les inégalités” comme stipule leur programme à Biarritz ?

Il est à craindre que le message soit fortement parasité par un tel étalage de dépenses et que le train de vie mené par les puissants de ce monde pendant trois jours à Biarritz n’envoie pas un signal très probant en ce sens. D’ailleurs de quelles inégalités sociales s’agit-il ? Le principe d’une économie libérale mondialisée, qui anime les membres du G7, a-t-il réduit vraiment les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres que des centaines de milliers de personnes sont souvent contraintes de fuir pour d’hypothétiques eldorados ? Sans compter ces évolutions sociétales, comme la PMA-GPA pour tous, soutenues par une idéologie libérale-libertaire mondialisée, et qui, au nom de l’égalité des droits, sont devenues un gigantesque marché extrêmement juteux qui ne sera d’ailleurs accessible qu’aux riches !

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Et en bonus, le témoignage d’un collègue universitaire sur l’ambiance qui régnait à Bayonne (la voisine de Biarritz) vendredi 23 août :

Ce matin Bayonne se réveille sous les traits d’une ville en état de siège. Les rues sont quasi vides de passants. Les quelques promeneurs photographient les forces de l’ordre massivement présentes sur les différents ponts de la Nive et de l’Adour. Jusqu’alors présentes à la périphérie de la ville et bien au-delà (tous les accès à la côte sont contrôlés) elles ont profité de la nuit pour se positionner en de multiples points de la ville, fourgons, camions…
Les gendarmes patrouillent Famas en bandoulière et plan de la ville en main pour se repérer, une escadrille de voltigeurs  –  remis en service par Macron – fait son entrée dans le petit Bayonne. Aiment pas qu’on les prenne en photo…
Nombre de commerces sont d’ores et déjà fermés, les devantures protégées par des panneaux de bois. Les bancs de la place Patxa (ainsi dénommée car juxtaposant le célèbre local alternatif) ont été démontés.
Au cours de la matinée la vie reprend malgré tout, progressivement. Exclus de Biarritz quelques poignées de touristes errent dans les rues du grand Bayonne. Quelques magasins ont ouvert. Quelques bars aussi. Aujourd’hui les restaurants sont ouverts mais demain tous seront fermés convaincus que la journée serait déficitaire. Le marché du matin a été annulé, celui de dimanche matin à Anglet aussi. La consigne a été donnée : à compter de 16h samedi barricadez-vous. Les gilets jaunes ont appelé à manifester à Bayonne et les “responsables de la sécurité” craignent que s’y joigne un repli de la manifestation prévue l’après-midi à Hendaye. Les filtres sont en place. Prière de ne pas oublier papier d’identité et justificatif de domicile.
Le préfet a prévenu les non-violents de Bizi. Ceux-ci ont annoncé un rassemblement dimanche matin à 10h30 à Bayonne au cours duquel le mouvement alternatif entend restituer les 125 portraits de Macron subtilisés dans les mairies : “si les portraits apparaissent pendant le rassemblement nous estimerons qu’il s’agit d’une provocation et nous interviendrons. Si c’est pendant la conférence de presse on ne bougera pas“.
Les galets des ronds points proches des 7 lieux de rassemblements “Arc en ciel” de dimanche 12h ont été enlevés par crainte qu’ils ne servent de projectiles.
Sur les hauteurs du Pays-Basque les forces armées ont pris position depuis plusieurs jours, dans l’Adour les hommes-grenouilles… grenouillent et dans les rues les gendarmes patrouillent, c’est pas la fête à la démocratie. Nombre d’habitants ont quitté Bayonne ; les parents “militants” éloignent leurs jeunes pour les protéger des forces de l’ordre. Car depuis la loi travail de Hollande le pouvoir a donné le ton : désormais manifester c’est risquer de se faire fracasser la gueule… en toute démocratie.

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