Les racines du sionisme chrétien américain 1/2
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : si certains juifs américains prétendent contrôler totalement les États-Unis, et si certains lobbies juifs comme l’AIPAC sont incontestablement puissants aux USA – comme le CRIF en France – il ne faut pas pour autant conclure à un “piratage” pur et simple d’un pays entier, qui est même la plus grande puissance militaire du monde, par une fraction ultra-minoritaire de l’humanité ayant récemment colonisé un petit territoire au Moyen-Orient. Adhérer à cette vision d’un “complot juif” revient à donner aux juifs – et même aux seuls juifs sionistes – un pouvoir qu’ils n’ont pas par eux-mêmes.

Thierry Meyssan a déjà rappelé que le sionisme n’est pas seulement une spécialité juive, mais qu’il trouve aussi de fervents défenseurs chez les chrétiens évangéliques, qu’on trouve en grand nombre aux États-Unis. Ici Christopher Pisarenko complète ce point de vue par une analyse plus approfondie des similitudes entre des idéologies qui partagent une vision littérale de la Bible et le sentiment d’être un “peuple élu” ayant une mission divine d’envergure planétaire.

Il est assez amusant de voir des mouvements prétendant défendre la laïcité et les valeurs républicaines, et s’inquiéter des progrès du “modèle anglo-saxon” et du “libéralisme”, tomber en pâmoison devant la ferveur sioniste ou oser parler de la “retenue” d’Israël vis-à-vis des Palestiniens le 17 mai 2018 – mais il est vrai que le site de Riposte Laïque (dont le directeur de publication, Guy Sebag, vit en Israël) est hébergé aux États-Unis et que celui de Résistance Républicaine, très islamo-centré, est dans la droite ligne du “choc des civilisations” cher à Samuel Huntington.

Ce qui confirme que pour manipuler efficacement des populations, il est essentiel d’organiser préalablement leur ignorance et de maintenir leur esprit critique à un niveau aussi proche que possible du zéro absolu. Alors seulement peut-on faire la guerre au nom des droits de l’homme et asservir les peuples au nom de la liberté. Ou défendre le pire des obscurantismes religieux au nom des Lumières et de la laïcité républicaine.]


Bien avant que John Locke ne commence à écrire ses œuvres à la fin du XVIIe siècle qui ont jeté les bases du libéralisme politique dans le monde anglo-saxon (et l’Occident), il existait déjà les opinions religieuses profondément enracinées de Martin Luther et Jean Calvin. Les œuvres de ces deux pères fondateurs du protestantisme ont beaucoup influencé la Weltanschauung spirituelle, culturelle, politique, sociale et économique des Américains, beaucoup plus que tout écrit de Locke ou de l’un des autres philosophes du contrat social des Lumières (par exemple Hobbes, Rousseau, Kant, etc). Cette vision américaine unique du monde, ou plus spécifiquement de sa culture-âme, apparue sur les côtes rocheuses de la Nouvelle Angleterre durant la première moitié du XVIIe siècle, peut en effet être qualifiée de « calviniste » car elle présente de nombreux traits calvinistes tels que l’Éthique protestante, l’individualisme acharné, une obsession pour le concept du peuple élu de Dieu, la croyance en l’exceptionnalisme, une mission mondiale universelle, etc.

Cependant, il existe un catalyseur idéologique spécifique au sein du calvinisme, qui a jeté les bases de la tradition du sionisme chrétien − une tradition qui a fleuri en Amérique du Nord pendant les 400 dernières années et qui prospère aujourd’hui comme jamais auparavant parmi les chrétiens évangéliques, les néoconservateurs et une variété d’autres groupes. Le catalyseur idéologique auquel il est fait allusion est l’interprétation de la prophétie judéo-centrique. Sans ce catalyseur idéologique fondamental fermement implanté (tel qu’il l’était dans la théologie protestante primitive), il est hautement douteux que la doctrine subséquente du sionisme chrétien soit jamais apparue − une doctrine qui a eu une énorme influence non seulement sur la religion et la politique mais aussi sur la culture et l’identité américaines.

Continuer la lecture sur le saker francophone →

Syrie (7 avril 2018) – Gaza (14 et 15 mai 2018) :
le scandaleux “2 poids 2 mesures” de la diplomatie française et européenne (UPR)

Syrie - Gaza - 2 poids 2 mesures (UPR)[Note de l’administrateur de ce blog : si la France avait encore une classe politique digne de ce nom, voilà à quoi ressemblerait l’analyse des conflits au Moyen-Orient. Ce n’est hélas plus le cas depuis longtemps.]


À un mois d’intervalle, deux crises au Moyen-Orient, l’une en Syrie et l’autre à Gaza, viennent d’illustrer le scandaleux « 2 poids 2 mesures » de la diplomatie française. Une différence de traitement tellement indécente qu’elle explique la dégradation de l’image de la France dans tout le Moyen-Orient. Notre pays apparaît désormais comme tellement de parti pris que cela ne peut avoir pour conséquence que d’accroître le risque d’actes terroristes désespérés sur le sol national.

SYRIE, 7 avril 2018

Dans la nuit du 7 au 8 avril 2018, une attaque chimique présumée aurait été perpétrée dans la ville syrienne de Douma (Ghouta orientale) et y aurait provoqué entre 40 et 100, ou 150 morts (source ici).

Bien qu’aucune enquête indépendante n’ait eu le temps d’être conduite pour témoigner de la réalité même de l’attaque, et bien que ni l’identité ni les photographies d’aucune victime n’aient même été présentées à la presse mondiale, les gouvernements de Washington, Londres et Paris ont aussitôt accusé les forces régulières syriennes et le président Bachar el-Assad d’être les auteurs de cette tuerie, malgré les dénégations formelles de ce dernier, dénégations reprises par les autorités russes.

Moins d’une semaine après, dans la nuit du 13 au 14 avril, les trois mêmes gouvernements occidentaux ont tiré des missiles contre la Syrie, en violation expresse du droit international, et alors même que plusieurs pays occidentaux, dont l’Allemagne, refusaient d’intervenir militairement faute de preuves.

Un mois après, en ce 15 mai 2018, les tenants et aboutissants exacts de cette attaque chimique présumée n’ont toujours pas été élucidés.

Plus grave même, il existe un soupçon que l’ensemble de cette affaire n’aurait été qu’un montage :

  • le 13 avril, le ministre des Affaires étrangères russe a affirmé qu’il détenait les « preuves irréfutables » que les services spéciaux d’un État «en première ligne dans la campagne russophobe» étaient impliqués dans la « mise en scène de l’attaque chimique » présumée ;
  • le 19 avril, la télévision russe RT a ensuite  diffusé une vidéo où un garçonnet syrien – Hassan Diab -, qui avait été présenté par les médias occidentaux en train d’être aspergé à grande eau par les Casques blancs, ce qui aurait constitué une « preuve » de l’attaque – témoigne avec son père qu’il ne se serait agi que d’une mascarade organisée par les « Casque blancs ».

Continuer la lecture sur le site de l’UPR →

Le psychopathe des nations (E&R – le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : en ce soixante-dixième anniversaire de la proclamation d’indépendance de “l’État” d’Israël, je vous conseille la lecture de deux articles, un premier de Laurent Guyénot (dont j’ai repris le titre) et un second de Dmitry Orlov. Chacun a ses mérites : celui de Laurent Guyénot est “sérieux” et plein de références bibliques alors que celui de Dmitry Orlov verse volontiers, comme à son habitude, dans une ironie mordante envers les religions en général, ce qui correspond sans doute davantage à ma vision de celles-ci et de tous les discours dogmatiques.

Mais l’un comme l’autre sont des réquisitoires contre l’immodestie, voire l’hubris délirante d’hommes qui se croient grands et qui ne sont en définitive qu’enchaînés à leurs pulsions destructrices, au lieu d’être tournés vers une quête spirituelle et de paix. Ils sont certes coupables de leurs actions, mais ne sont pas les seuls : ceux qui les regardent sans rien faire ou pire, s’inventent des raisons absurdes de les soutenir (comme l’idée qu’un vieux texte religieux puisse servir de titre de propriété foncière), ne valent pas mieux. Einstein le résumait fort bien :

“Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire”


Le psychopathe des nations

par Laurent Guyénot

Israël est aujourd’hui sur la scène internationale l’équivalent de ce qu’est un psychopathe dans la communauté des hommes. Après soixante-dix ans d’existence, les effets dévastateurs de son narcissisme pathologique et de sa mégalomanie paranoïaque, encore récemment illustrées par l’inversion accusatoire histrionique de Netanyahou contre le programme nucléaire iranien, se font sentir dans la planète toute entière. Son talent de manipulation est stupéfiant, en particulier sa capacité de diriger la politique étrangère et militaire de la plus grande puissance mondiale, en lui faisant croire qu’elle agit dans son intérêt quand elle n’agit en réalité que pour le bien d’Israël et creuse sa propre tombe. Car tout l’art de la manipulation est de faire croire au manipulé qu’il pense et qu’il décide, quand c’est vous qui pensez et décidez à travers lui : c’est bien ce que fait Israël avec les États-Unis en les entraînant à détruire tous les ennemis d’Israël au Proche et Moyen-Orient.

Le psychopathe ne change pas. Rien n’arrêtera Israël. Son destin est écrit dans la Torah : c’est la soumission de toutes les nations à un nouvel ordre mondial centré à Jérusalem, prophétisée par Isaïe, et à nouveau par Ben Gourion en 1962 [1]. Les nations insoumises seront détruites ; ce sont les « sept nations » de la Bible (Deutéronome 7,1-2 et Josué 24,11), dont a parlé sans en avoir l’air le général Wesley Clark, fils du rabbin Benjamin Jacob Kanne [2]. C’est aujourd’hui le tour de la Syrie : « Oracle sur Damas. Voici Damas qui cesse d’être une ville, elle va devenir un tas de décombres » (Isaïe 17,1-2).

Ce qui finit par perdre le psychopathe, c’est qu’il en fait trop. Parce que rien n’étanche sa soif de pouvoir, parce que la naïveté de ses victimes lui paraît sans limite, et parce que l’expérience lui démontre que les mensonges les plus gros sont ceux qui passent le mieux [3], il va toujours trop loin. Son impulsivité, son incapacité à gérer la frustration et l’humiliation, le poussent parfois à des actions dont les conséquences échappent à son contrôle. Un jour ou l’autre, le masque se fissure. Même ses larmes deviennent suspectes. Mais il est généralement trop tard : il ne laisse derrière lui que ruine et désolation.

Continuer la lecture sur Égalité & Réconciliation →


Le monde peut prendre fin pour la plus stupide des raisons

par Dmitry Orlov

Nous, les humains, aimons croire que les choses arrivent pour une raison et nous détestons penser que quelque chose de très important, comme la fin du monde, pourrait arriver sans aucune raison. Et ce que nous devrions le plus détester, c’est l’idée que le monde pourrait prendre fin pour une raison vraiment stupide, tellement stupide qu’on a envie d’en pleurer. Et pourtant c’est exactement ce qui pourrait se passer. C’est une longue histoire, alors commençons.

Il était une fois une tribu nomade appelée les Hébreux qui était très avancée pour son temps. Ils ont mis au point une première version de l’alphabet, la plupart du temps à partir de l’alphabet phénicien, et ils l’ont utilisé pour écrire toutes sortes de choses qu’ils avaient entendues, racontées par d’autres tribus ou venant de leur propre histoire. Les mythes, les chroniques, la poésie, les déclamations hallucinatoires, des bouts de législation et des diatribes politiques ont tous été rassemblés en un seul recueil trompeusement appelé “Le Livre”. En tant qu’œuvre littéraire, elle est assez inégale et généralement assez ennuyeuse, bien que certaines parties en valent vraiment la peine.

Étant plutôt dominés par leur hubris, les Hébreux se sont proclamés “peuple élu de Dieu” et ont organisé un culte centré sur ce “Livre” comme texte sacré. À plusieurs reprises, ils ont réussi à organiser un morceau d’empire local, centré sur Jérusalem en Palestine, qu’ils ont appelé Israël, mais son indépendance politique s’est définitivement terminée vers 930 av. J.-C. Puis, au milieu du premier siècle, les Hébreux ont été forcés de se disperser et de revenir au nomadisme. Les Romains avaient détruit leur temple à Jérusalem qui était le point focal de leur culte suprématiste, et bien que des parties de celui-ci aient persisté, leur nation, elle, n’a pas survécu.

Continuer la lecture sur le saker francophone →