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Marine Le Pen renoncera-t-elle à sortir de l’euro pour être élue ? (Éric Verhaeghe)

La Liberté guidant le peuple (Eugène Delacroix, 1830)

La Liberté guidant le peuple (Eugène Delacroix, 1830)

[Note de l’administrateur de ce blog : certains s’évertuent à penser – ou à faire croire – notamment dans l’entourage d’Alain Soral, que la candidature de Marine Le Pen serait la véritable opposition à l’Union Européenne et à l’euro, celle de François Asselineau étant un leurre. Mais la lecture des engagements présidentiels de la candidate – dont Éric Verhaeghe cite ici un extrait – peut difficilement confirmer cette interprétation, sachant que la probabilité d’une renégociation des traités fructueuse dans une Europe à 27 membres peut être considérée comme une bonne définition pratique du zéro.]


Il suffisait de voir le discours de Marine Le Pen à Lille ce dimanche pour flairer le danger qu’elle représente pour les autres candidats. Avec évidence, elle “est dans” l’exercice et se positionne déjà dans la prise de pouvoir. Sa rhétorique est victorieuse et s’adresse habilement à tous les courants de l’opinion qu’elle est susceptible de mobiliser. Entre les messages envoyés aux indépendants, les ovations réservées à nos soldats et les appels à la grandeur retrouvée de la France, la présidente du Front National continue son travail de présence quasi-psychique auprès de toutes les zones refoulées d’un narcissisme français meurtri depuis plusieurs décennies par un discours européiste.

La perspective grandissante d’une victoire du Front National

Si, à Paris, la résistance à Marine Le Pen reste forte, l’adhésion n’en est que plus forte dans le reste de la France. Beaucoup de Français interprètent en effet la réaction nobiliaire que nous vivons comme une réaction parisienne à la décentralisation. Plus les Parisiens résistent au Front National, plus les provinciaux ont la conviction que Marine Le Pen claquera le beignet des aristocrates qui les oppriment.

C’est d’ailleurs ici que se trouve le tour de force de la présidente du Front National. Cette Parisienne de naissance, héritière et représentante des banlieues les plus chics est parvenue à incarner la France abandonnée. Elle peut chaleureusement dire merci à tous ceux qui la diabolisent, elle et sa famille, depuis des années. Sans ce rejet constant, son rôle de composition aurait été beaucoup plus difficile à jouer…

Il n’en reste pas moins qu’on la sent bien monter, cette vague de deuxième tour qui emportera sur son passage les ultimes réticences à une stratégie de rupture.

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