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un cas pratique

La véritable nature d’Israël :
un cas pratique

Bombe GBU-39, de fabrication américaine,
telle que celles utilisées par les six F-16 israéliens
lors de l’attaque à Damas du jour de Noël 2018.

Le 26 décembre, on apprenait (par le Réseau Voltaire ou ailleurs) qu’Israël n’avait pas hésité à bombarder le jour de Noël un objectif en Syrie à Damas, et certains s’étonnaient par la même occasion de la réussite de l’opération (partielle, 2 bombes sur 16 ayant atteint leur but) puisque la Syrie bénéficie maintenant de la protection des missiles sol-air russes S-300, réputés très efficaces.

Le 27 décembre, on apprenait toujours par le réseau Voltaire (l’info avait déjà circulé la veille ailleurs) la raison de ce coup au but : dans la grande tradition de lâcheté et de coups tordus qui caractérise la maison (voir par exemple le cas fameux de l’attaque contre l’USS Liberty en 1967), la très mal nommée Armée de défense d’Israël s’est servi de la présence de deux avions civils comme boucliers. L’armée syrienne ne pouvait donc activer son système de protection sans mettre en danger la vie des civils passagers de ces vols, un épisode qui rappelle l’incident survenu en septembre 2018 où l’armée israélienne avait délibérément causé la perte d’un avion militaire russe et de son équipage en se “cachant” derrière celui-ci.

Ainsi, il apparaît que le pire n’est pas pour Israël d’avoir attaqué le territoire syrien le jour de Noël, mais bien d’avoir ce jour-là utilisé des civils innocents comme boucliers, en comptant sur le respect des vies humaines de l’armée syrienne pour parvenir à contourner ses nouvelles défenses anti-aériennes réputées inviolables.

S’il est bien sûr faux d’établir une équivalence entre judaïsme et sionisme (un stratagème grotesque des sionistes pour pouvoir traiter d’antisémites tous les antisionistes), certains juifs étant profondément antisionistes (qu’ils soient très religieux ou très peu), il serait faux également de prétendre que le sionisme “n’a rien à voir ” avec le judaïsme puisque son idéologie est en phase avec les enseignements de certains rabbins, selon lesquels l’humanité est constituée d’individus “pleinement humains”, descendants d’Adam, et d’autres qui n’ont d’humains que l’apparence et dont on peut se débarrasser sans arrière-pensée, comme on écrase de la vermine. Et naturellement, pour ces fanatiques seuls les juifs sont à 100% véritablement humains.

Albert Einstein lui-même avait prévenu dès avril 1948, un mois avant la déclaration d’indépendance d’Israël et à la suite du massacre de Deir Yassin, du danger de confier la conduite d’un État à des fanatiques. Dans une lettre que j’ai déjà citée plusieurs fois ici (et qui fut vendue aux enchères pour $ 16 000 en 2013), il s’adressait à Shepard Rifkin, un cadre new-yorkais du Lehi, en ces termes :

“Cher Monsieur,

Si une véritable catastrophe finale devait nous arriver [c’est-à-dire : à nous les juifs] en Palestine, les premiers responsables en seraient les Britanniques et les seconds, les organisations terroristes issues de nos rangs.

Je ne veux voir personne associé à ces individus dévoyés et criminels.”

Einstein, qui avait lui-même dû fuir l’Allemagne pour échapper aux persécutions des juifs par les nazis, était sensible à l’idée d’un foyer juif en Palestine qui permettrait aux juifs d’y trouver refuge en cas de nouvelles persécutions. Mais il s’était opposé à l’établissement de “l’État juif” en lequel il voyait une opposition aux valeurs mêmes du judaïsme : “En dehors de considérations pratiques, ma conscience de l’essence même du judaïsme s’oppose à l’idée d’un État juif avec des frontières, une armée, et une forme de pouvoir temporel aussi modeste soit-il. Je redoute les dommages internes que le judaïsme aura à subir – en particulier le développement d’un nationalisme étroit au sein de nos propres rangs, contre lequel nous avons déjà dû lutter, même en l’absence d’État juif.”1

Ces propos, tenus initialement devant le National Labor Committee for Palestine à New York le 17 avril 1938, seront republiés par l’auteur en 1950 après la création de l’État d’Israël2. Même si Einstein fut, dès le lendemain de sa mort3, récupéré par la propagande sioniste comme le furent tous les grands personnages juifs capables d’attirer la sympathie (Theodor Herzl lui-même, aujourd’hui héros national en Israël, serait sans doute horrifié de voir ce qu’est devenu son projet sioniste), il exprima à plusieurs reprises son désaccord avec l’idée même d’un État juif. Pacifiste, universaliste et opposé à toute discrimination religieuse ou ethnique4, il ne pouvait s’identifier aux éléments les plus fanatiques, et en particulier aux membres du Hérout (l’ancêtre du Likoud) qui entendaient imprimer leur idéologie au mouvement sioniste.

Le 2 décembre 1948, il co-signera également, aux côtés de nombreuses autres personnalités juives dont Hannah Arendt, une lettre publiée dans le New York Times (traduite en français ici) pour protester contre la visite de Menahem Begin aux États-Unis, dont le parti nouvellement créé (le Hérout) est qualifié à de nombreuses reprises de “fasciste” et de “terroriste”. De fait, Menahem Begin, qui sera premier ministre d’Israël du 20 juin 1977 au 10 octobre 1983, était bien un véritable terroriste puisque c’est lui qui avait organisé l’attentat de l’hôtel King David à Jérusalem du 22 juillet 1946, qui visait les autorités britanniques5 et qui fit 91 morts et 46 blessés. Et il ne fut pas le seul premier ministre israélien officiellement terroriste : Yitzhak Shamir ordonna par exemple l’assassinat à Jérusalem le 18 septembre 1948 du diplomate suédois Folke Bernadotte, alors médiateur des Nations Unies, et du colonel français André Sérot, chef des observateurs militaires pour l’ONU, qui l’accompagnait.

Il importe, à une époque de terrorisme omniprésent, de ne pas l’oublier, afin de bien identifier l’ennemi. Et ses collaborateurs.

  1. Einstein on Palestine and Zionism, The Canadian Charger, 5 janvier 2010.
  2. Albert Einstein, Out of My Later Years, New York: Philosophical Library, 1950, p. 263
  3. Et même de son vivant : Ben Gourion lui proposera le 17 novembre 1952 (juste après la mort de Chaim Weizmann) la présidence de l’État d’Israël, qu’il refusera.
  4. Il avait par ailleurs bien des défauts, dont celui de n’être pas un très bon père ni époux, mais ce n’est pas le sujet !
  5. La Palestine était alors sous mandat britannique depuis 1923.

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