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La déséducation antinationale

NVB 14-01-2015 Assemblee Nationale

“Même où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. […] Ces questions nous sont insupportables, surtout quand on les entend à l’école qui est chargée de transmettre des valeurs.”

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’ignorance du gouvernement d’occupation Valls II, 14 janvier 2015.

Najat Vallaud-Belkacem est l’illustration parfaite de cette prédiction de Françoise Giroud, dans Le Monde du 11 mars 1983 :

« La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. »

 

Pour une fois, je peux reprendre un communiqué syndical dans son intégralité sans en désapprouver une ligne. Je vous livre ci-dessous celui du Syndicat National des Personnels de la Recherche et des Établissements d’Enseignement Supérieur – Force Ouvrière (ouf !), de son petit nom SNPREES-FO, et de la Fédération Nationale des Syndicats Autonomes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (Sup-Autonome). Je n’y ajouterai qu’un commentaire : il ne s’agit pas seulement de la “mort annoncée de la recherche en sciences humaines et sociales” , mais de celle de la recherche tout court.

Ne nous trompons pas : il s’agit d’un combat à mort entre l’intelligence et l’obscurantisme, toutes disciplines confondues. Et comme pour l’ensemble des grandes batailles actuelles, où toutes les valeurs sont inversées, ceux qui veulent imposer l’obscurantisme sont ceux-là même qui prétendent le combattre.

Les syndicats, et plus généralement les mouvements politiques dits “de gauche”, vont-ils enfin se réveiller, cesser de traquer “l’extrême-droite” et “le fascisme” là où ils ne sont pas, pour enfin s’attaquer à la source contemporaine du totalitarisme : le pouvoir politico-médiatique actuel, en France comme dans les autres “démocraties occidentales” , et la technostructure proto-fasciste de l’Union Européenne sous domination impériale États-Unienne, responsable de l’ascension au pouvoir à Kiev d’un gouvernement ouvertement néo-nazi ? Suspense

Voici le communiqué, téléchargeable ici :

Pédagogisme : l’Université aussi !

 

La réforme du Collège et des programmes de la ministre de l’Éducation nationale n’est pas la seule action qu’entreprend le pédagogisme au pouvoir rue de Grenelle. L’Enseignement supérieur est aussi concerné par cette idéologie mortifère. Mme Vallaud-Belkacem instille ses idées et ses principes dans l’ensemble du monde éducatif et la même logique entend maintenant attenter à ce qui constitue l’aboutissement du long cursus vers la liberté intellectuelle : la thèse de doctorat. Le projet d’arrêté ministériel « fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat » est l’expression de cette bureaucratie bavarde et envahissante, qui touche maintenant au cœur même du métier d’universitaire : la direction d’une thèse.

Ce projet en 30 articles ne comporte pas le mot de « thèse » dans la définition du doctorat qui se résume à une « formation doctorale », « formation par la recherche conduisant à la production de connaissances présentant un caractère innovant ». L’arrêté procède ensuite à une déconstruction organisée de la relation forte qui doit exister entre un thésard et son directeur. Le carcan d’ « écoles doctorales » destinées dès l’origine à brider la liberté de recherche et à casser la logique scientifique des disciplines est aggravé par l’ intégration de celles-ci dans une « politique de site » et des « collèges doctoraux » au sein de « communautés d’universités », superstructures bureaucratiques et inutiles, dévoreuses de moyens, et illustrations du désengagement de l’Etat.

Ces Écoles doctorales « assurent une démarche qualité de la formation, mettent en place des comités de suivi individuel de la formation doctorale, garantissent un encadrement doctoral professionnalisé, en promouvant notamment une formation des directeurs de thèse ». Déniant au directeur de thèse la qualification acquise et reconnue par les pairs, il s’agit de mettre en place un contrôle permanent de celui-ci, par un Comité Théodule, sorte de commissaire intellectuel et une formation garantissant le respect de la bonne doctrine ministérielle.

Pour le thésard, même stricte surveillance avec un comité formé de « trois personnes sans lien avec la formation du candidat » au prétexte de « prévenir toute forme de conflit, de discrimination et de harcèlement ». Mais qui va être le harceleur, sinon ce comité de bien-pensance ? Le doctorant est bien surveillé : « au cours de leur cursus, les doctorants suivent des programmes de formation : modules de formation à caractère professionnalisant et favorisant l’interdisciplinarité, utiles à leur projet de recherche et renforçant des compétences en lien avec leur projet d’insertion professionnelles ultérieure ». « Un portfolio du doctorant comprend la liste individualisée des activités du doctorant durant sa formation ». A faire signer par les parents, sans doute.

Quant au doctorat, il « peut s’obtenir dans le cadre de la formation initiale et la formation tout au long de la vie. Il peut notamment s’obtenir par la voie de l’apprentissage ou par la voie de la validation des acquis de l’expérience ». Il ne s’agit plus de recherche fondamentale qui fait progresser la connaissance, mais d’une sorte de validation de pratiques professionnelles, fractionnées et sans vraie dimension de recherche approfondie.

Enfin, le meilleur est pour la fin, c’est-à-dire la soutenance de thèse. Laissons de côté l’objectif de parité du jury, inepte quand il s’agit de composer un jury de spécialistes. Mais le directeur de thèse, celui qui connaît le mieux le sujet et le candidat, siège « sans la qualité de membre » et ne prend pas part à la délibération. Comment expliquer alors la démarche de recherche, le profil du thésard, ses doutes, ses réflexions à un jury aveugle ?

On l’a compris, le verbiage pédagogique fait des ravages aussi dans l’Université. Il s’agit d’abord de noyer le directeur de thèse dans des structures bureaucratiques, les Écoles doctorales, puis de le surveiller afin que le thésard respecte la bonne doctrine. Il faut enfin exclure le directeur de thèse du débat scientifique de la soutenance de thèse.

Ce projet ministériel manifeste une défiance à l’égard des universitaires et de leur « cœur de métier », la direction de thèses. On veut casser ce lien privilégié entre un maître et un disciple, relation de confiance qui guide dans la durée une liberté intellectuelle et apprend l’autonomie de pensée et de création. Nous demandons l’abandon de ce projet pour revenir à la raison.

Platon dénonçait déjà dans La République cette défiance à l’égard des maîtres : « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux, l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. ».

Notre pays a besoin de Liberté. L’Université doit être le premier lieu de son exercice.

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