{"id":8499,"date":"2017-03-05T08:55:31","date_gmt":"2017-03-05T07:55:31","guid":{"rendered":"https:\/\/aitia.fr\/erd\/?p=8499"},"modified":"2019-05-11T22:00:45","modified_gmt":"2019-05-11T20:00:45","slug":"le-cercle-des-poetes-reels-antipresse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aitia.fr\/erd\/le-cercle-des-poetes-reels-antipresse\/","title":{"rendered":"Le cercle des po\u00e8tes r\u00e9els (Antipresse)"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_7103\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Slobodan_Despot\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-7103\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7103\" src=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Slobodan-Despot-Geneve-2006.jpg\" alt=\"Slobodan Despot au salon du livre \u00e0 Gen\u00e8ve en 2006\" width=\"200\" height=\"191\" srcset=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Slobodan-Despot-Geneve-2006.jpg 832w, https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Slobodan-Despot-Geneve-2006-300x286.jpg 300w, https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Slobodan-Despot-Geneve-2006-768x733.jpg 768w, https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/Slobodan-Despot-Geneve-2006-600x573.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-7103\" class=\"wp-caption-text\">Slobodan Despot, salon du livre,<br \/> Gen\u00e8ve, 2006<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">[<em>Note de l&#8217;administrateur de ce blog : Slobodan Despot livre cette fois dans <a href=\"https:\/\/antipresse.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Antipresse<\/a> non une r\u00e9flexion sur la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, mais un t\u00e9moignage sur ses activit\u00e9s de jeunesse et ce qu&#8217;il consid\u00e9rait alors comme des &#8220;exp\u00e9dients&#8221; pour financer ses \u00e9tudes. Mais un t\u00e9moignage qui, bien s\u00fbr, se r\u00e9v\u00e8le pr\u00e9cieux pour comprendre les transformations radicales de nos soci\u00e9t\u00e9s &#8220;occidentales&#8221;, l&#8217;omnipr\u00e9sence du mensonge institutionnel qui les caract\u00e9rise &#8211; qui n&#8217;est donc pas l&#8217;apanage des r\u00e9gimes despotiques qui s\u00e9vissaient alors de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du Rideau de Fer &#8211; et l&#8217;importance de la litt\u00e9rature, dans son acception la plus exigeante, pour s&#8217;en d\u00e9faire.<\/em>]<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis entr\u00e9 aux \u00e9ditions L\u2019Age d\u2019Homme en 1986, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9 de dix-neuf ans. Je m\u2019\u00e9tais inscrit \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lausanne sans conviction et je voulais financer mes \u00e9tudes tout seul. Mon professeur de fran\u00e7ais au lyc\u00e9e m\u2019avait recommand\u00e9 d\u2019aller frapper \u00e0 la porte de cette maison prestigieuse dont le si\u00e8ge \u00e9tait \u00e9galement \u00e0 Lausanne. A l\u2019\u00e9poque, L\u2019Age d\u2019Homme jouissait d\u2019une renomm\u00e9e mondiale pour ses grandes traductions du monde slave, en particulier les \u0153uvres immenses de Vassili Grossman et d\u2019Alexandre Zinoviev. En plus de leurs exceptionnelles qualit\u00e9s litt\u00e9raires, les grands auteurs slaves publi\u00e9s \u00e0 L\u2019Age d\u2019Homme \u00e9taient porteurs de t\u00e9moignages capitaux et irr\u00e9futables contre un empire qu\u2019il \u00e9tait encore mals\u00e9ant et dangereux de critiquer: le r\u00e9gime sovi\u00e9tique. Grossman comme Zinoviev, du reste, avaient d\u2019abord \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9s \u00e0 L\u2019Age d\u2019Homme en langue originale russe et r\u00e9introduits en URSS par des canaux clandestins.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Premiers labeurs<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vladimir Dimitrijevic (<em>Dimitri<\/em> pour le cercle des amis et connaissances) passait pour un \u00e9nergum\u00e8ne, un flibustier et un fieff\u00e9 r\u00e9actionnaire. On lui reconnaissait n\u00e9anmoins une culture immense, des intuitions de proph\u00e8te ainsi qu\u2019un flair \u00e9ditorial hors du commun. Avant d\u2019\u00eatre re\u00e7u par lui, j\u2019avais d\u00fb attendre des heures durant, comme chez le dentiste, dans une salle d\u2019attente constitu\u00e9e de deux banquettes de bus VW. Je lui avais apport\u00e9 des essais de traduction manuscrits. Il n\u2019avait pas m\u00eame ouvert mon cahier, mais m\u2019avait fix\u00e9 d\u2019un air maussade, s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 vers son fouillis de dossiers et en a tir\u00e9 un pav\u00e9 de la taille d\u2019une Bible. \u00abPourriez-vous me traduire ceci?\u00bb Ce n\u2019\u00e9tait pas la Bible, mais ce n\u2019en \u00e9tait pas loin. <em>Le P\u00e9cheur<\/em> de Dobrica \u0106osi\u0107 (Dobritsa Tchossitch), le plus grand \u00e9crivain serbe vivant, qui \u00e9tait aussi le plus illustre opposant au r\u00e9gime titiste. Il vivait encore en r\u00e9sidence surveill\u00e9e, mais sa production litt\u00e9raire \u00e9tait tol\u00e9r\u00e9e. Tol\u00e9r\u00e9e sans plus: <em>Le P\u00e9cheur<\/em> \u00e9tait \u00e0 la fois un best-seller et un motif de mise aux arr\u00eats si on vous piquait \u00e0 le lire pendant votre service militaire. C\u2019\u00e9tait aussi la premi\u00e8re partie d\u2019une trilogie colossale sur la folie des luttes intestines du communisme \u00e0 la veille de la IIe Guerre mondiale: <em>Le Temps du Mal<\/em>. Cette imposante \u0153uvre litt\u00e9raire et politique \u00e9tait confi\u00e9e sans un instant d\u2019h\u00e9sitation aux bons soins d\u2019un \u00e9tudiant inconnu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai donc traduit les 800 pages du <em>P\u00e9cheur<\/em>, maladroitement, en quelques mois. Puis la suite \u2014 plus de 1000 pages \u2014, durant l\u2019\u00e9t\u00e9 de mes vingt ans. Dix heures de travail de for\u00e7at chaque jour pendant que mes camarades d\u2019\u00e9tudes bourlinguaient ou se doraient la pilule. Le m\u00e9tier du livre m\u2019a \u00e9t\u00e9 inculqu\u00e9 comme chez les artisans de jadis le maniement des outils: \u00e0 force d\u2019usage, jusqu\u2019au sang, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9vanouissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pensais alors que ces travaux n\u2019\u00e9taient que des exp\u00e9dients. Mon projet \u00e9tait de m\u2019inscrire \u00e0 l\u2019acad\u00e9mie de cin\u00e9ma de Prague. On n\u2019y avait pas voulu de moi. J\u2019ai poursuivi en parall\u00e8le des \u00e9tudes de lettres \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et la pratique des lettres dans la traduction et l\u2019\u00e9dition. Inutile de dire que la diff\u00e9rence entre la th\u00e9orie et la pratique s\u2019est rapidement r\u00e9v\u00e9l\u00e9e abyssale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est stup\u00e9fiant \u00e0 \u00e9crire aujourd\u2019hui, mais on \u00e9tait encore au temps du Rideau de Fer. Au-del\u00e0 de <em>Checkpoint Charlie<\/em>, c\u2019\u00e9tait la mis\u00e8re, la terreur, la censure. En-de\u00e7\u00e0, \u00e0 Berlin, la libert\u00e9 d\u2019expression, d\u2019entreprise, de d\u00e9veloppement&#8230; Et une s\u00e9curit\u00e9, une aisance qui rendaient la vie presqu\u2019insipide. Influenc\u00e9 par mes lectures de l\u2019\u00e9poque, j\u2019ai cru comme beaucoup que nous touchions \u00e0 la \u00abfin de l\u2019histoire\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9veil de l\u2019histoire<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019y ai cru, mais pas tr\u00e8s longtemps. La guerre a \u00e9clat\u00e9 en Yougoslavie, comme une temp\u00eate dans un ciel bleu, au tournant des ann\u00e9es 1990. Une monstrueuse machine de propagande et de d\u00e9sinformation s\u2019est mise en place. Bien que d\u2019origine mixte, serbo-croate \u2014 typiquement yougoslave, donc \u2014, j\u2019ai pris parti pour le camp des proscrits: les Serbes. De m\u00eame que je soutenais les Indiens dans les westerns, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 on les peignait encore comme des sous-humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Age d\u2019Homme venait de vivre son apog\u00e9e. En 1986, <em>Migrations<\/em> de Milos Tsernianski, le \u00abplus beau roman du monde\u00bb, lui avait valu le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. En Suisse, la collection <em>Contemporains<\/em> rassemblait les plus fortes voix de la litt\u00e9rature contemporaine, tandis que <em>Poche Suisse<\/em> rassemblait le meilleur de l\u2019h\u00e9ritage helv\u00e9tique. L\u2019Age d\u2019Homme h\u00e9bergeait les plus \u00e9minents auteurs belges, les grandes traductions classiques, l\u2019histoire du cin\u00e9ma, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019avant-garde. L\u2019Age d\u2019Homme publiait l\u2019int\u00e9grale du merveilleux Georges Haldas et poussait avec Vladimir Volkoff jusque dans les eaux du best-seller&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au moment de mon arriv\u00e9e, ces belles ann\u00e9es prenaient fin. Avec Gorbatchev et le d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019URSS, on s\u2019\u00e9tait empress\u00e9 de d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019antisovi\u00e9tisme <em>has-been<\/em> pour ne pas devoir lui donner raison. Vladimir avait perdu de pr\u00e9cieux soutiens. Les ventes fl\u00e9chissaient. J\u2019attribuais alors cette crise \u00e0 la conjoncture. Je vois aujourd\u2019hui qu\u2019elle avait aussi d\u2019autres motifs. Notamment celui-ci, qui \u00e9tait encore invisible: le r\u00e8glement de comptes du monde occidental avec le monde russe. L\u2019ass\u00e8chement graduel de l\u2019int\u00e9r\u00eat culturel pour le monde de l\u2019est. La r\u00e9duction de la litt\u00e9rature et du cin\u00e9ma russes \u00abeurocompatibles\u00bb \u00e0 des histoires d\u2019ivrognes et de cr\u00e9tins corrompus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1989 aux ann\u00e9es 2000, la Russie n\u2019a plus exist\u00e9 sur la sc\u00e8ne internationale. Les Allemands et les Am\u00e9ricains avaient d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9pecer la Yougoslavie et de \u00abpunir\u00bb les fid\u00e8les alli\u00e9s des Russes sur place (qui \u00e9taient aussi ceux des Fran\u00e7ais, autres absents de l\u2019histoire): les Serbes. C\u2019\u00e9tait une cur\u00e9e explicite, haineuse, \u00e0 ciel ouvert, masqu\u00e9e par un lavage de cerveaux d\u2019une ampleur jamais vue. Volkoff, sp\u00e9cialiste du genre, allait l\u2019appeler un \u00abcas d\u2019\u00e9cole\u00bb de d\u00e9sinformation. Dans ce contexte, nous avons cr\u00e9\u00e9, V. D. et moi, un \u00abinstitut serbe\u00bb \u00e0 Lausanne ainsi qu\u2019une petite revue broch\u00e9e que nous imprimions nous-m\u00eames, dans nos locaux: <em>Raison garder<\/em>. Qu\u2019on le croie ou non, cette revue \u2014 et elle seule \u2014 a recens\u00e9 <em>en temps r\u00e9el<\/em> les grandes manipulations de masse et les <em>false flags<\/em> que des auteurs impartiaux d\u00e9cortiqueront apr\u00e8s coup. (Voir notamment <em>Les v\u00e9rit\u00e9s yougoslaves ne sont pas toutes bonnes \u00e0 dire<\/em> (Albin Michel) de Jacques Merlino, qui vaudra \u00e0 son auteur, alors directeur des infos \u00e0 France 2, une spectaculaire d\u00e9ch\u00e9ance professionnelle.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n\u2019ai pas une ligne \u00e0 regretter, pas une phrase \u00e0 changer \u00e0 cette premi\u00e8re incursion dans l\u2019\u00abantipresse\u00bb. Notre revue avait vraiment su \u00abraison garder\u00bb en une \u00e9poque de folie et d\u2019aveuglement o\u00f9 des ouvrages tendancieux truff\u00e9s de centaines d\u2019erreurs factuelles comme <em>Vie et Mort de la Yougoslavie<\/em> du ridicule Paul Garde tenaient lieux de r\u00e9f\u00e9rence pour les journalistes et les diplomates. Une d\u00e9cennie apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements, je cr\u00e9erais une nouvelle maison d\u2019\u00e9dition, Xenia, entre autres afin de continuer de publier des grands \u00abcha\u00eenons manquants\u00bb tels que l\u2019enqu\u00eate de J\u00fcrgen Els\u00e4sser sur la manipulation du djihadisme par les services secrets occidentaux au temps de la guerre yougoslave (<em><a href=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20171016104254\/http:\/\/lebookshop.net\/prod\/471\/geopolitique\/livres\/geopolitique\/comment-le-djihad-est-arrive-en-europe\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Comment le Djihad est arriv\u00e9 en Europe<\/a><\/em>).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le grand tri<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">En attendant, cette pol\u00e9mique avait chang\u00e9 mon destin. Je ne deviendrais ni cin\u00e9aste, ni grand mandarin. J\u2019ai fini par abandonner l\u2019universit\u00e9, d\u00e9courag\u00e9 tant par le conformisme pompeux qui y tenait lieu de science que par la passivit\u00e9 du milieu acad\u00e9mique \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une d\u00e9formation massive de l\u2019histoire par les m\u00e9dias. L\u2019Age d\u2019Homme, dont le patron lui-m\u00eame avait mis en jeu la r\u00e9putation \u00e0 cause de cette guerre, restait mon dernier refuge et ma seule acad\u00e9mie. Mon fr\u00e8re Marko m\u2019y a rejoint en ce temps-l\u00e0. Nous avons traduit, mis en forme, illustr\u00e9, \u00e9dit\u00e9, des centaines d\u2019ouvrages. Le premier conflit de l\u2019apr\u00e8s-guerre froide avait fait le tri autour de nous. Il y avait les spectres qui, tout instruits qu\u2019ils \u00e9taient, s\u2019alignaient sur la rumeur commune et nous r\u00e9pudiaient pour p\u00e9ch\u00e9 d\u2019opinion. Et puis les vivants qui, comme Volkoff, Zinoviev, Dutourd, Marejko, Werner ou Haldas, restaient fid\u00e8les \u00e0 la maison dans la tourmente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dimitri \u00e9tait malcommode, avare, caract\u00e9riel et orgueilleux, mais il mettait la litt\u00e9rature et les id\u00e9es au-dessus de tout. Avec lui et ses auteurs, j\u2019ai appris tr\u00e8s jeune que la r\u00e9gression totalitaire n\u2019\u00e9tait pas li\u00e9e \u00e0 un pays, ni \u00e0 une id\u00e9ologie, mais \u00e0 la modernit\u00e9 elle-m\u00eame. Et que la litt\u00e9rature <em>en soi<\/em>, quand on y croit et qu\u2019on s&#8217;y consacre vraiment, est une forme de r\u00e9sistance universelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La libert\u00e9 d\u2019esprit avait un prix: celui de la solitude, de l\u2019incompr\u00e9hension et du d\u00e9nuement. <em>There is no free dinner<\/em>, disent les Anglo-Saxons. Si vous voulez manger \u00e0 la table des esprits libres et des \u00e9crivains sans concessions, vous devez souvent vous contenter de p\u00e2t\u00e9 froid. Et c\u2019\u00e9tait bien notre menu. Dimitri \u00e9tait tout le temps sur la route avec ses fourgonnettes. Nous nous arr\u00eations sur des aires de repos, en Bourgogne ou dans le Jura, pour avaler un bout de fromage et de saucisson, fouett\u00e9s par le vent. Nous parlions des auteurs, des projets, de l\u2019idiotie contemporaine ou des beaut\u00e9s de la France. Nous \u00e9tions libres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019Age d\u2019Homme en 2004, n\u2019arrivant plus \u00e0 m\u2019entendre avec cet homme difficile. En partant, je lui ai pr\u00e9dit son sort et celui de la maison. Aujourd\u2019hui, sous la direction de sa fille Andonia, L\u2019Age d\u2019Homme a chang\u00e9 de domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat. Ceux qui l\u2019ont connu dans les ann\u00e9es h\u00e9ro\u00efques savent que c\u2019\u00e9tait bien plus qu\u2019une maison d\u2019\u00e9dition: une zone lib\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Note de l&#8217;administrateur de ce blog : Slobodan Despot livre cette fois dans Antipresse non une r\u00e9flexion sur la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, mais un t\u00e9moignage sur ses activit\u00e9s de jeunesse et ce qu&#8217;il consid\u00e9rait alors comme des &#8220;exp\u00e9dients&#8221; pour financer ses \u00e9tudes. 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