{"id":6990,"date":"2016-09-10T19:54:08","date_gmt":"2016-09-10T17:54:08","guid":{"rendered":"https:\/\/aitia.fr\/erd\/?p=6990"},"modified":"2019-11-15T17:44:08","modified_gmt":"2019-11-15T16:44:08","slug":"le-nouveau-capitalisme-criminel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aitia.fr\/erd\/le-nouveau-capitalisme-criminel\/","title":{"rendered":"Le nouveau capitalisme criminel"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.odilejacob.fr\/catalogue\/sciences-humaines\/droit-justice\/nouveau-capitalisme-criminel_9782738130723.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-6993\" src=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/nouveau-capitalisme-criminel-1.jpg\" alt=\"nouveau-capitalisme-criminel\" width=\"300\" height=\"462\" srcset=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/nouveau-capitalisme-criminel-1.jpg 325w, https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/nouveau-capitalisme-criminel-1-195x300.jpg 195w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><strong>Le genre :<\/strong> coup de poing dans la gueule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On trouve principalement aux \u00e9ditions Odile Jacob des essais \u00e0 caract\u00e8re scientifique \u00e9crits par des &#8220;pointures&#8221; ayant quelque surface m\u00e9diatique, et traitant de sujets plut\u00f4t ardus pas forc\u00e9ment faciles \u00e0 lire pour les non-scientifiques. Quelques exemples issus de ma biblioth\u00e8que personnelle : <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/litt_0047-4800_1996_num_102_2_2407_t1_0118_0000_1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>L&#8217;erreur de Descartes<\/em><\/a> de Antonio R. Damasio, <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/homso_0018-4306_1996_num_120_2_3481\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>La fin des certitudes<\/em><\/a> de Ilya Prigogine, ou encore <a href=\"https:\/\/www.odilejacob.fr\/catalogue\/sciences\/mathematiques\/hasard-et-chaos_9782738108791.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Hasard et chaos<\/em><\/a> de David Ruelle. Pas de romans policiers, ni de romans d&#8217;horreur. Pourtant, l&#8217;ouvrage de Jean-Fran\u00e7ois Gayraud, qui n&#8217;est pas un scientifique mais un haut fonctionnaire de la police nationale, rel\u00e8ve \u00e0 la fois de ces deux derni\u00e8res cat\u00e9gories, tout en consacrant une large part (4 chapitres sur 7) \u00e0 un d\u00e9veloppement extr\u00eamement technique de la finance contemporaine (le <em>&#8220;trading haute fr\u00e9quence&#8221;<\/em>) qui lui donne une parent\u00e9 certaine avec les essais scientifiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais surtout, le lecteur qui suivra avec attention les d\u00e9monstrations de l&#8217;auteur, en en mesurant bien les cons\u00e9quences sur la marche du monde, ne pourra refermer le livre qu&#8217;avec un sentiment d&#8217;indignation, de rage ou d&#8217;effroi &#8211; et sans doute un peu des trois \u00e0 la fois. Mais comme le but de cet article n&#8217;est pas de vous dissuader de lire l&#8217;essai (bien au contraire !), pr\u00e9cisons aussi qu&#8217;il en tirera une compr\u00e9hension aigu\u00eb des dysfonctionnements de ce monde, donc se portera mieux, car il est toujours pr\u00e9f\u00e9rable de comprendre pourquoi cela ne va pas m\u00eame si c&#8217;est encore pire que ce que l&#8217;on pensait, que de constater que rien ne va sans avoir une id\u00e9e coh\u00e9rente des raisons du d\u00e9sastre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&#8217;est un secret pour personne : le capitalisme va mal, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;il se porte \u00e0 merveille pour une petite frange de privil\u00e9gi\u00e9s et constitue une nouvelle forme d&#8217;esclavage pour une grande masse d&#8217;exploit\u00e9s. Les disparit\u00e9s de revenus n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi astronomiques, \u00e0 tel point que des personnes physiques parviennent \u00e0 amasser des fortunes comparables aux richesses de certains \u00c9tats, et p\u00e8sent dans la marche du monde autant ou plus que ces m\u00eames \u00c9tats. En outre, les circuits financiers mondialis\u00e9s sont tels que les plus riches sont ceux qui s&#8217;acquittent proportionnellement le moins de l&#8217;imp\u00f4t, volant ainsi un peu plus les soci\u00e9t\u00e9s humaines qui ont fait leur fortune. Jean-Fran\u00e7ois Gayraud nous explique dans ce livre pourquoi cette situation n&#8217;est pas une d\u00e9rive &#8211; au sens d&#8217;un \u00e9cart par rapport \u00e0 une marche &#8220;normale&#8221; &#8211; mais au contraire un processus voulu et pr\u00e9par\u00e9, aboutissant aujourd&#8217;hui au crime parfait de la finance moderne, \u00e0 la triche absolue permettant l&#8217;enrichissement <em>ad libitum<\/em> sans la moindre base \u00e9conomique : le <em>&#8220;trading haute fr\u00e9quence&#8221;<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que la doxa sur les crises financi\u00e8res consiste \u00e0 dire que ce sont des ph\u00e9nom\u00e8nes regrettables mais passagers et &#8220;accidentels&#8221;, l&#8217;auteur nous d\u00e9montre d&#8217;abord de fa\u00e7on convaincante leur origine criminelle, via les liens tr\u00e8s troubles des banques et de la classe politique japonaises avec les <em>yakuzas<\/em>, ou les pyramides de Ponzi qui gangr\u00e9n\u00e8rent l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie albanaise au sortir du glacis communiste. Il d\u00e9veloppe \u00e9galement l&#8217;influence des m\u00e9canismes du blanchiment de l&#8217;argent de la drogue sur les crises financi\u00e8res, en montrant qu&#8217;ils constituent l&#8217;activit\u00e9 <em>centrale<\/em> &#8211; et non accessoire &#8211; de certaines banques comme une filiale de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/HSBC\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">HSBC<\/a> ou la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bank_of_Credit_and_Commerce_International\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">BCCI<\/a> (aujourd&#8217;hui disparue). Il qualifie la lutte contre l&#8217;argent sale d&#8217;\u00e9chec historique et path\u00e9tique, \u00e9chec dont on comprend ais\u00e9ment les causes puisque les moyens d\u00e9ploy\u00e9s pour blanchir cet argent sont infiniment sup\u00e9rieurs &#8211; et fortement imbriqu\u00e9s dans le tissu \u00e9conomique &#8211; que ceux, souvent de fa\u00e7ade, destin\u00e9s \u00e0 le freiner : des services secrets et des \u00c9tats &#8211; en premier lieu, la CIA et les USA &#8211; sont en effet les premiers &#8220;facilitateurs&#8221; de cette activit\u00e9 bancaire criminelle. On fera \u00e9videmment un parall\u00e8le avec la &#8220;lutte contre le terrorisme&#8221;, parall\u00e8le d&#8217;autant plus justifi\u00e9 que l&#8217;argent de la drogue constitue un des financements principaux du terrorisme, sans parler de l&#8217;utilisation de la drogue elle-m\u00eame pour aider les terroristes dans leur &#8220;travail&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois pos\u00e9es ces bases criminelles d&#8217;une bonne part de l&#8217;activit\u00e9 bancaire, Jean-Fran\u00e7ois Gayraud aborde et d\u00e9veloppe longuement la &#8220;g\u00e9niale trouvaille&#8221; des cerveaux de la finance moderne, rendue possible par l&#8217;informatisation des transactions boursi\u00e8res : le <em>&#8220;trading haute fr\u00e9quence&#8221;,<\/em> qu&#8217;on peut aussi appeler, en bon fran\u00e7ais &#8211; une langue morte pour la finance internationale &#8211; les transactions \u00e0 haute fr\u00e9quence. De quoi s&#8217;agit-il ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chacun conna\u00eet le principe des transactions boursi\u00e8res, consistant \u00e0 vendre, si l&#8217;on s&#8217;y prend bien, des actions lorsqu&#8217;elles sont au plus haut apr\u00e8s les avoir achet\u00e9es lorsqu&#8217;elles \u00e9taient au plus bas. Certains y voient une fa\u00e7on moralement r\u00e9pr\u00e9hensible de &#8220;s&#8217;enrichir en dormant&#8221;, d&#8217;autres un m\u00e9canisme efficace orientant les flux de capitaux vers les activit\u00e9s \u00e9conomiques les plus performantes au d\u00e9triment de celles qui ne cr\u00e9ent pas de richesse. Sans rentrer dans ce d\u00e9bat \u00e9thique, on peut n\u00e9anmoins reconna\u00eetre que cette bourse &#8220;\u00e0 l&#8217;ancienne&#8221; repose \u00e0 la fois sur une activit\u00e9 \u00e9conomique bien r\u00e9elle et sur des d\u00e9cisions d&#8217;achat et de vente prises par des \u00eatres humains. Il faut oublier tout cela pour le <em>trading haute fr\u00e9quence<\/em>, pratique \u00e0 la fois d\u00e9connect\u00e9e de toute production de richesses r\u00e9elle &#8211; mais source d&#8217;enrichissement extraordinairement rapide pour quelques-uns &#8211; et \u00e9voluant \u00e0 des \u00e9chelles de temps totalement incompatibles avec la prise de d\u00e9cision humaine &#8211; d&#8217;o\u00f9 le terme de <em>haute fr\u00e9quence<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;activit\u00e9 normale du trader en chair et en os consiste \u00e0 flairer les \u00e9volutions du march\u00e9 avant ses petits copains pour en tirer le maximum de b\u00e9n\u00e9fices. Ce flair peut venir d&#8217;une bonne connaissance des activit\u00e9s \u00e9conomiques &#8211; c&#8217;est la vision positive et rationnelle de la bourse &#8211; ou peut \u00eatre &#8220;aid\u00e9&#8221; lorsque des informations cruciales sont r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 quelques privil\u00e9gi\u00e9s, les fameux &#8220;d\u00e9lits d&#8217;initi\u00e9s&#8221; dont les traders semblent \u00eatre assez friands via la pratique tr\u00e8s r\u00e9pandue du <em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Front_running\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">front running<\/a><\/em>. Tout est affaire de vitesse et d&#8217;information, et cela ne date pas d&#8217;hier : ainsi, Jean-Fran\u00e7ois Gayraud rappelle (p. 145) comment les al\u00e9as des guerres napol\u00e9oniennes permirent aux fr\u00e8res Rothschild de s&#8217;enrichir de fa\u00e7on fulgurante :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;L&#8217;histoire est toujours un bon rem\u00e8de contre l&#8217;illusion de la nouveaut\u00e9 absolue des faits sociaux. Au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, les cinq fr\u00e8res Rothschild, banquiers richissimes, ont l&#8217;habitude d&#8217;utiliser des pigeons voyageurs pour se transmettre \u00e0 travers toute l&#8217;Europe des messages cod\u00e9s, de banque \u00e0 banque. Ce syst\u00e8me nouveau leur procure un avantage comp\u00e9titif sur tous leurs concurrents qui utilisent encore des courriers \u00e0 cheval ! En pleines guerres napol\u00e9oniennes, le r\u00e9sultat des batailles &#8211; victoires ou d\u00e9faites &#8211; influe sur le cours des actions \u00e9chang\u00e9es \u00e0 la Bourse de Londres. Ainsi, en 1815, les pigeons voyageurs de Nathan Rothschild annoncent avec un long temps d&#8217;avance &#8211; en l&#8217;occurence vingt-quatre heures ! &#8211; la d\u00e9faite fran\u00e7aise de Waterloo, ce qui permet au banquier de prendre des positions financi\u00e8res avantageuses en Bourse &#8211; de manipuler les cours ? Selon les \u00e9poques et les technologies, l&#8217;avantage informationnel est plus ou moins grand entre ceux qui savent et les autres. De mani\u00e8re quasi caricaturale, le trading de haute fr\u00e9quence prolonge et renouvelle tout \u00e0 la fois ce triptyque : argent, vitesse, technologie.&#8221;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vitesse \u00e9tant la cl\u00e9 de l&#8217;enrichissement, et le temps de d\u00e9cision humain ayant des limites incompressibles, il est naturel que les banquiers aient song\u00e9 \u00e0 doper leurs profits en utilisant l&#8217;intelligence artificielle des ordinateurs, dont la seule limite est technologique &#8211; m\u00eame si la technologie, bien s\u00fbr, repose sur des limites physiques comme la valeur finie de la vitesse de la lumi\u00e8re. Le savoir des traders fut donc mis en \u00e9quations, et ces \u00e9quations traduites en algorithmes, afin que des ordinateurs aliment\u00e9s par les fr\u00e9missements des cours de bourse d\u00e9cident avant des humains quels allaient \u00eatre les bons placements et ceux \u00e0 \u00e9viter. La r\u00e9volution d\u00e9buta sans bruit dans les ann\u00e9es 1990, avec le d\u00e9veloppement exponentiel d&#8217;Internet. Et parce qu&#8217;elle est, encore aujourd&#8217;hui, m\u00e9connue, ses cons\u00e9quences sont dramatiques, par la faute \u00e9galement d&#8217;une classe politique totalement d\u00e9pass\u00e9e et\/ou corrompue par un pouvoir bancaire devenu intrins\u00e8quement criminel et anti-\u00e9conomique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0 o\u00f9 le <em>trader<\/em> humain d\u00e9duit de l&#8217;\u00e9volution des cours et de son exp\u00e9rience du march\u00e9 s&#8217;il faut acheter ou vendre, les algorithmes du trading haute fr\u00e9quence font la m\u00eame chose mais sans intervention humaine et \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la milliseconde, voire de la microseconde. Inutile de dire que ces fluctuations, v\u00e9ritable bruit thermique de la bourse, n&#8217;ont plus rien \u00e0 voir avec une quelconque activit\u00e9 \u00e9conomique productive ; pire, puisque les algorithmes qui entrent en concurrence sont \u00e0 la fois des observateurs et des acteurs des fluctuations de la bourse, on peut m\u00eame dire qu&#8217;elles sont en partie cr\u00e9\u00e9es par eux, chacun essayant d&#8217;orienter le march\u00e9 dans un sens favorable pour g\u00e9n\u00e9rer des profits. Comme le r\u00e9sume (p. 160) Jean-Fran\u00e7ois Gayraud, reprenant l&#8217;analyse des traders Sal Arnuk et Joseph Saluzzi :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;Les march\u00e9s financiers ont tout simplement \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s par les traders de haute fr\u00e9quence, ces traders \u00e9tant des sortes de pirates cybern\u00e9tiques. Les traders de haute fr\u00e9quence ne prennent pas leurs d\u00e9cisions de transactions en se fondant sur l&#8217;avenir des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es, leurs forces et leurs faiblesses objectives. ils cherchent simplement \u00e0 r\u00e9aliser des profits \u00e0 partir de changements de prix qu&#8217;ils initient en partie. Le trading de haute fr\u00e9quence ne serait au final qu&#8217;une industrie artificielle et les traders de haute fr\u00e9quence de simples hackers.&#8221;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et plus loin (p. 246), citant le prix Nobel d&#8217;\u00e9conomie Paul Krugman dans un \u00e9ditorial du New York Times intitul\u00e9 <em>&#8220;Rewarding bad actors&#8221;<\/em> (r\u00e9compenser les mauvais acteurs) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;Le march\u00e9 boursier est cens\u00e9 allouer le capital aux utilisations les plus productives, par exemple en aidant les entreprises ayant de bonnes id\u00e9es \u00e0 lever de l&#8217;argent. Mais il est difficile de voir comment des traders qui placent leurs ordres un trenti\u00e8me de seconde plus vite que quiconque, pourraient faire quelque chose pour am\u00e9liorer cette fonction sociale.&#8221;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le capitalisme est donc entr\u00e9 dans une \u00e8re de pr\u00e9dation pure, \u00e8re qui ne peut \u00eatre \u00e0 long terme qu&#8217;autodestructrice mais qui pour l&#8217;imm\u00e9diat r\u00e9compense financi\u00e8rement et donne un pouvoir croissant aux ploutocrates, tout en faisant souffrir les classes moyennes et inf\u00e9rieures. L&#8217;argent, ce sang de l&#8217;\u00e9conomie, en est devenu le poison. Les adorateurs de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mammon\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Mammon<\/a> dirigent le monde via des serviteurs z\u00e9l\u00e9s qui abondent dans une classe politico-m\u00e9diatique universellement corrompue. L\u00e0 o\u00f9 il aurait fallu purement et simplement interdire, on assouplit pour au final renforcer le pouvoir des criminels. Citons l&#8217;auteur (p. 156) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;Le trading de haute fr\u00e9quence n&#8217;aurait pu prendre son envol si une r\u00e9forme, apparemment secondaire et tr\u00e8s technique, n&#8217;avait eu lieu : la d\u00e9cimalisation des ordres de Bourse \u00e0 partir d&#8217;avril 2001. La d\u00e9cimalisation modifie la taille des ordres en fractionnant leur valeur (0,0058 par exemple). La microstructure des march\u00e9s change m\u00e9caniquement en cr\u00e9ant des diff\u00e9rences plus petites entre prix offerts et prix propos\u00e9s. Les co\u00fbts d&#8217;interm\u00e9diation doivent ainsi baisser. Et seuls des ordinateurs puissants peuvent traiter des fractionnements aussi petits : l&#8217;humain est expuls\u00e9. Les traders traditionnels des Bourses en dur sont mis au ch\u00f4mage. Les sp\u00e9cialistes des parquets de la Bourse de New York ferment rapidement boutique, battus par les machines, leurs profits s&#8217;\u00e9rodant brutalement.&#8221; <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous \u00eates pr\u00e9venus. Les fous ont <em>vraiment<\/em> pris les cl\u00e9s de l&#8217;asile. Sachant cela, il n&#8217;est peut-\u00eatre pas raisonnable d&#8217;attendre des gens de pouvoir qu&#8217;ils le soient. Et surtout pas qu&#8217;ils agissent de fa\u00e7on \u00e9thique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7034\" src=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/shining.jpg\" alt=\"shining\" width=\"400\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/shining.jpg 400w, https:\/\/aitia.fr\/erd\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/shining-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le genre : coup de poing dans la gueule. On trouve principalement aux \u00e9ditions Odile Jacob des essais \u00e0 caract\u00e8re scientifique \u00e9crits par des &#8220;pointures&#8221; ayant quelque surface m\u00e9diatique, et traitant de sujets plut\u00f4t ardus pas forc\u00e9ment faciles \u00e0 lire pour les non-scientifiques. 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