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Physique ordinaire de l’extraordinaire

Ou les étonnantes vertus explicatives du refroidissement de l’eau chaude.

Mise à jour du 9 mars 2019 : grâce à Heinz Pommer, auteur d’un gros travail sur le caractère nucléaire des destructions survenues à Ground Zero, la version allemande de cet article est maintenant en ligne sur Ken FM. Vielen Dank Heinz!

La « reine des sciences », cette inconnue

Nous vivons tous dans un environnement hyper-technique qui doit beaucoup aux avancées de la physique. Certains de ses développements sont déjà anciens (comme la thermodynamique, qui permit l’utilisation massive des machines à vapeur, puis des moteurs à combustion interne de nos automobiles), d’autres plus récents (la physique du solide, qui permit l’explosion de l’électronique puis de l’informatique). Chacun peut aujourd’hui utiliser le GPS de son smartphone avec une extrême simplicité, sans avoir la moindre idée des prouesses scientifiques et techniques qui se cachent derrière, les mesures de distance étant basées sur des temps de parcours d’ondes électromagnétiques voyageant à 300 000 km/s.

Mais ces exploits scientifico-techniques ont un revers : à force d’utiliser des objets « magiques », qui nous obéissent au doigt et à l’œil comme si nous étions Harry Potter au mieux de sa forme, nous finissons par accepter une forme de « pensée magique ». Nous redevenons des enfants de moins de 7 ans (l’âge de raison) et sommes prêts à croire n’importe quoi. Il est temps de prendre conscience de ces dérives, et de rappeler que les physiciens et les ingénieurs ne sont pas des magiciens. Ce n’est pas la nature qui leur obéit, mais bien au contraire eux qui doivent obéir scrupuleusement aux lois de la nature qu’ils formalisent.

Les ordres de grandeur avant toute chose

Pour le grand public, la physique est synonyme de mesures ou calculs très précis. Ils en font partie, c’est vrai – je citais ci-dessus l’exemple du GPS – mais le travail d’un physicien, ou d’un ingénieur, consiste d’abord à simplifier des problèmes en situant correctement leurs ordres de grandeur, particulièrement lorsqu’ils sont nouveaux. Dans la vie de tous les jours, nous raisonnons sans arrêt de cette façon, intuitivement. Par exemple, nous ne savons pas forcément quel est le prix d’un kg de pommes – qui varie selon la saison, la variété, la qualité et le commerçant – mais nous savons que ce ne peut pas être 100 €, ni un centime d’euro, parce que nous sommes habitués à ces situations.

Le travail du physicien ou de l’ingénieur consiste d’abord à étendre cette intuition à ses domaines d’étude, en faisant au besoin des estimations très grossières. Enrico Fermi, le physicien italien pionnier de l’énergie nucléaire, était célèbre pour poser à ses étudiants des problèmes qui testaient leur capacité à « se débrouiller » en l’absence de données précises. Il leur demandait par exemple d’estimer le nombre d’accordeurs de piano à Chicago1, où il habitait ! Pour les événements du 11 septembre 2001, qui sont clairement extraordinaires au sens littéral du terme, il faut commencer par là.

Voir sans arrière-pensée

Il est très difficile de «contempler» les événements survenus le 11 septembre 2001 de façon froide et objective, comme doit le faire tout scientifique à la recherche d’une explication à un phénomène, en raison de la charge émotionnelle qu’ils véhiculent. Mais leur côté spectaculaire peut aussi nous aider, justement en raison des ordres de grandeur inhabituels de ces phénomènes, qui excluent certaines interprétations. Un aspect remarquable de ces attentats est la dévastation du World Trade Center qui suivit la destruction des trois gratte-ciel (WTC1, WTC2 et WTC7). Les incendies persistèrent dans les décombres pendant de très longues semaines : officiellement, le dernier incendie fut éteint 100 jours après le 11 septembre2.

Ce simple fait pose question, surtout vu l’effectif impressionnant de pompiers présents sur le site : comment se fait-il que des hommes aussi nombreux et expérimentés aient mis autant de temps à maîtriser ces incendies ? On peut aussi regarder les images des premiers jours et semaines après les attentats et être très surpris de l’immense panache blanc qui s’élevait de Manhattan, comme le montre très bien l’image ci-dessous :

Cette photographie a été prise le 11 septembre 2001 à 10h35 d’après les données EXIF, c’est-à-dire 7 minutes après l’effondrement de la deuxième tour. Les incendies sont donc bien présents dans les ruines de Ground Zero (et la tour n°7 n’est pas encore tombée). Cependant, une observation attentive de l’image montre que ce ne sont pas des fumées d’incendie que l’on voit, mais en grande majorité de simples « nuages blancs » résultant de la condensation de vapeur d’eau. C’est particulièrement visible sur les bâtiments du bord de la zone (au centre, une fumée plus sombre signale bien la présence d’incendies) qui ne sont pas en feu, mais desquels semble s’échapper une traînée de condensation, exactement comme on peut en observer au-dessus d’une aile d’avion dans une atmosphère humide3.

Il s’agit du même phénomène : du côté des immeubles opposé au vent, une légère dépression fait condenser la vapeur d’eau d’une atmosphère saturée d’humidité. Même si les media de masse nous ont présenté cet immense panache comme la fumée des incendies, il faut en réalité le voir pour ce qu’il est : Manhattan est devenu après les attentats un immense générateur de vapeur, où la fumée des incendies n’occupe qu’une place mineure. La caldeira de Yellowstone en plein New-York…

Or, pour générer de telles quantités de vapeur, il est évident qu’il faut à la fois beaucoup d’eau et beaucoup de chaleur. Nous voici donc avec un phénomène dont l’ordre de grandeur sort totalement de l’ordinaire, et qu’il faut expliquer.

Trouver l’eau et la chaleur

L’origine de l’eau

Manhattan étant une presqu’île, l’eau n’est évidemment pas difficile à trouver à proximité ; mais pour autant, les New-Yorkais ne vivent pas en général les pieds dans la boue ou ne se déplacent pas en barque sur des marécages. Il faut donc comprendre pourquoi de grandes quantités d’eau se sont retrouvées là où d’ordinaire les pieds des New-Yorkais sont au sec. On pourrait penser qu’une énorme quantité d’eau a été déversée justement pour éteindre les incendies ; c’est vrai, mais constitue seulement une part mineure de l’eau qui a imprégné le World Trade Center avant de s’évaporer.

Selon un rapport du Lawrence Livermore National Laboratory publié le 1er octobre 2002, et consacré à l’étude des traces de tritium au World Trade Center4, on estime (grâce au volume pompé) à 3 millions de gallons (11 000 m^{3}) la quantité d’eau déversée par les pompiers entre le 11 et le 21 septembre, mais dans le même temps la pluie apportait 1 million de gallons supplémentaires et surtout, environ 26 millions de gallons (près de 100 000 m^{3}) s’infiltraient à cause des fuites dans la « baignoire » (bathtub) qui protégeait les sous-sols du World Trade Center des infiltrations d’eau souterraines (p. 9).

L’information est capitale : le mur souterrain (slurry wall) d’une hauteur de 7 étages qui maintenait le World Trade Center au sec, construit directement sur le socle rocheux comme les fondations des gratte-ciel, est endommagé et a même bougé selon ce rapport (« Other pumps were installed (after 9/21) along Liberty Street to stabilize the Slurry Wall, which had moved. »). Une infographie toujours en ligne du New York Times5 montre que les différents niveaux souterrains du World Trade Center sont, sous les Tours jumelles, « effondrés ou gravement endommagés » (ci-dessous le plus profond) :

On a du mal à comprendre comment l’effondrement de gratte-ciel, même très hauts, peut détruire des infrastructures souterraines profondes, faire bouger et créer des trous (on parle d’un trou de 90 pieds de large, soit 27 mètres, dans un article de NY1 News6) dans un mur souterrain d’étanchéité… à moins bien sûr que l’effondrement soit la conséquence de ces dégâts et non leur cause.

Lorsqu’on cherche des réponses, il est fréquent de se trouver confronté à de nouvelles questions. Laissons donc pour l’instant cette information de côté, même si elle est à l’évidence importante, et cherchons maintenant d’où venait la chaleur.

L’origine de la chaleur

Tout le monde a déjà fait l’expérience de se servir un café ou un thé et de le voir refroidir peu à peu dans la tasse. Un objet chaud placé dans un environnement plus froid transfère sa chaleur au milieu environnant jusqu’à se retrouver en équilibre thermique avec lui. C’est ce que les physiciens ont érigé en principe, le deuxième principe de la thermodynamique. Le premier principe est également très important : il stipule que l’énergie se conserve. En d’autres termes, si la tasse de thé se refroidit, c’est parce que la chaleur qu’elle contient initialement s’en va ailleurs, mais ne disparaît pas.

Un objet qui se refroidit le fait de trois manières : par conduction, par convection et par rayonnement. Lorsque nous touchons la paroi brûlante d’une casserole, la chaleur nous est transmise par conduction ; cela suppose le contact. Lorsque nous mettons notre main au-dessus de l’eau chaude de la casserole, nous sentons également de la chaleur mais moins violemment. Elle nous est apportée à la fois par les mouvements d’air chaud ascendants qui se produisent au-dessus de l’eau, c’est la convection ; et par le rayonnement (infrarouge, donc invisible) émis par l’eau et que notre main reçoit.

Vous ne savez pas quel cadeau faire à votre autruche pour Noël ? La thermographie infrarouge vous conseille de lui offrir
une écharpe (longue) !

Pour le physicien, le World Trade Center après les attentats n’est pas très différent d’une tasse de thé. Il a mis, lui aussi, un certain temps à refroidir, et par les trois moyens cités ci-dessus, dont les effets s’additionnent. Autrement dit, même si l’on n’en étudie qu’un seul, et qu’on est capable d’estimer quelle quantité de chaleur est relâchée dans l’environnement par ce moyen, on peut être sûr que la quantité totale de chaleur libérée était supérieure.

Le transfert de chaleur par convection est très couramment utilisé : par le radiateur du moteur d’une automobile (convection forcée), ou par nos radiateurs de chauffage central (convection naturelle). C’est donc un phénomène parfaitement connu des ingénieurs et architectes, qui doivent construire des moteurs fiables et des maisons confortables. Ils modélisent ce transfert de chaleur via un coefficient de transfert thermique, généralement noté h7, et dont les valeurs dépendent de considérations géométriques (surface horizontale ou verticale, surface chaude vers le bas ou vers le haut…). Connaissant ce coefficient, l’aire de la surface chaude et la différence de température avec l’air ambiant, on en déduit une puissance thermique. C’est ainsi qu’on dimensionne correctement un radiateur afin qu’il chauffe correctement (ni trop, ni trop peu) une pièce.

Ground Zero peut se voir comme une simple plaque de cuisson électrique : une surface chaude, à laquelle on peut associer une puissance en watts. Certes, la détermination précise de cette puissance (maximale au départ, puis décroissant au fil des mois jusqu’à devenir nulle) est quasiment impossible, mais une estimation est possible, si c’est l’ordre de grandeur qui nous intéresse : on retrouve là notre problème de Fermi.

Par chance, nous avons à notre disposition des relevés de température de Ground Zero dans les semaines qui ont suivi les attentats, grâce à de la thermographie infrarouge aérienne. Cette page par exemple (merci à Bertrand, un lecteur, qui me l’a signalée) regroupe de nombreuses sources de données sur le sujet. Le rayonnement émis par un objet chaud ayant un spectre dépendant fortement de sa température (loi de Planck), l’analyse spectrale de ce rayonnement permet en effet de mesurer des températures à distance comme on prend des photographies, ce qui permet par exemple de repérer rapidement les « fuites thermiques » de bâtiments (ou d’autruches) qu’on souhaite mieux isoler.

Imagerie thermique de Ground Zero réalisée le 7 octobre 2001 par EarthData.

Thermographie infrarouge de Ground Zero
réalisée le 7 octobre 2001 par EarthData.

Ces relevés nous donnent accès à la fois à l’étendue de la zone chaude et aux températures de certains points, comme une zone à environ 730°C (1000 K) le 16 septembre dans les décombres du WTC78. Ces températures sont par ailleurs confirmées par les témoignages de pompiers parlant d’un véritable « enfer sur Terre » et de semelles des bottes qui fondaient. Ils nous permettent donc d’accéder, au moins en ordre de grandeur, à la puissance thermique de notre « plaque chauffante », ou plus exactement de nos trois plaques chauffantes : les restes des WTC1, WTC2 et WTC7. Il est d’ailleurs significatif que la tour n°7, bien que n’ayant subi que de très faibles incendies comparés à ceux des Tours Jumelles, laisse des débris à peu près aussi chauds que les autres…

Ce n’est pas l’endroit ici pour détailler des calculs, mais chacun pourra s’entraîner à les faire à partir des références que j’indique : il s’agit d’un problème très classique de transfert thermique. Pour ma part, j’ai abouti à une puissance initiale de chauffe totale P_{0} ≈ 70 MW, chiffre très imprécis. On en retiendra donc seulement l’ordre de grandeur, et on rappellera qu’il ne constitue qu’une partie de la puissance totale (le rayonnement, surtout au début où les températures sont élevées, joue un rôle non négligeable). Revenons un instant à la tasse de thé : chacun pourra vérifier avec un thermomètre de cuisine que sa température décroît de façon approximativement exponentielle, c’est-à-dire de plus en plus lentement au fur et à mesure que sa température se rapproche de celle du salon. Mais même si l’équilibre complet est théoriquement atteint au bout d’un temps infini, une telle décroissance a un temps caractéristique (appelons-le \tau). Par exemple, pour la tasse de thé ce ne sera pas une minute, ni un jour, mais plutôt une heure. Les lois physiques étant universelles, il en est de même pour Ground Zero. Il suffit alors de connaître le temps caractéristique qui lui est associé pour connaître la chaleur totale libérée par le refroidissement complet (appelons-la Q): c’est le produit de ce temps par la puissance initiale, Q=P_{0}\, \tau.

Or, nous savons que les incendies ont duré 100 jours à Ground Zero, ce qui nous donne déjà une estimation de ce temps de refroidissement : plusieurs mois. Il y a même eu des relevés aériens de température le 12 février 2002, qui bien sûr ne montrent plus les températures extrêmes du début. Mais ils prouvent tout de même que 5 mois plus tard, persistait encore au niveau du WTC1 une zone suffisamment chaude pour qu’elle émerge de façon significative du « bruit de fond » des mesures. Il paraît donc raisonnable de prendre par exemple \tau =4 mois, ce qui donne une chaleur libérée par convection de 7\times10^{14} J9. Sachant que seul l’ordre de grandeur compte, et que nous n’avons tenu compte ni du rayonnement (à la contribution sans doute assez forte vu les très hautes températures initiales) ni de la conduction, ni même de la convection par l’eau souterraine (le calcul prend en compte uniquement l’air) ou de l’effet refroidissant supplémentaire des vents (le calcul suppose un vent nul) ou de la pluie, on peut considérer que l’ordre de grandeur de la chaleur dégagée par Ground Zero lors de son refroidissement était de 10^{15} J, ou encore 1 pétajoule (1 PJ).

C’est une quantité gigantesque, égale à la chaleur produite par la combustion d’environ 35 000 tonnes de charbon…

Retour aux fondamentaux

La puissance de la physique tient à son universalité : les lois du mouvement de Newton s’appliquent partout exactement de la même façon, la structure des atomes est partout exactement la même, etc. Mais en plus de ces universalités exactes il existe aussi des universalités approchées, très intéressantes quand il s’agit de comparer uniquement des ordres de grandeur. Et il y en a une qui simplifie grandement les problèmes dans le domaine de l’énergie.

Il existe différents types d’énergie que je ne détaillerai pas ici. Mais lorsqu’il s’agit d’énergie libérée par de la matière, nous n’en connaissons que 2 types : l’énergie chimique et l’énergie nucléaire. Plus exactement, les énergies chimiques et les énergies nucléaires, mais les différences entre les deux familles sont telles que nous pouvons les trier en deux groupes bien distincts. J’en avais déjà parlé ici, je vais en résumer ci-dessous l’essentiel.

L’énergie chimique

Les réactions chimiques consomment ou libèrent de l’énergie par modification des liaisons entre les atomes. Par exemple la combustion du carbone pur donne du CO_{2}, où le carbone se retrouve lié à deux atomes d’oxygène. Or, une liaison chimique n’est rien d’autre que la mise en commun d’électrons par deux ou plusieurs atomes, et ces électrons ont des « niveaux d’énergie » qui sont bien connus, de l’ordre de quelques électrons-volts10, qui représentent l’effort nécessaire pour les arracher des atomes. Quand une réaction chimique libère de l’énergie, cela signifie que les électrons se réorganisent entre les atomes en changeant de niveau d’énergie, et c’est la différence entre les niveaux d’énergie initial et final qu’on retrouve « à l’extérieur ». Rien ne se perd, rien ne se crée : le premier principe impose la conservation de l’énergie !

Mais puisque les niveaux d’énergie eux-mêmes sont au plus de quelques électrons-volts, leurs différences sont aussi au plus de l’ordre de l’électron-volt. Or, la matière est électriquement neutre : à chaque électron (négatif) correspond un proton (positif) dans le noyau, lequel comporte aussi des neutrons, généralement un peu plus que de neutrons11, mais qui eux sont neutres comme leur nom l’indique. Et la masse de la matière provient presque exclusivement des nucléons (protons + neutrons), car un proton ou un neutron pèsent environ 1800 fois plus qu’un électron.

Ces considérations très fondamentales permettent d’énoncer une règle simple : puisque c’est l’électron qui libère de l’énergie lors d’une réaction chimique, que la matière est neutre, qu’il y a donc autant de protons que d’électrons et que ce sont les nucléons qui portent la masse, l’énergie libérée par toute réaction chimique est de l’ordre, au plus, de 1 eV pour une masse d’un nucléon, qui est de 1,67\times10^{-27} kg.

Le calcul donne :

    \[ \frac{1,60\times10^{-19}\,\text{J}}{1,67\times10^{-27}\,\text{kg}}\approx10^{8}\,\text{J/kg} \]

ou en langage humain 100 mégajoules (MJ) par kilogramme. Il s’agit d’une valeur supérieure (car tous les électrons ne participent pas à la réaction chimique, sauf pour l’hydrogène qui n’en a qu’un !) et d’un ordre de grandeur, car le calcul est très approximatif. En pratique, une matière qui libère beaucoup d’énergie est à quelques dizaines de mégajoules (pétrole : 42 MJ/kg) et une qui libère une quantité plus modérée, comme un explosif qui n’utilise pas l’oxygène de l’air, est à quelques mégajoules (TNT : 4,18 MJ/kg)12. Le dihydrogène, le champion toutes catégories parce qu’il n’a pas de neutron « poids mort », libère 120 MJ/kg, soit l’ordre de grandeur calculé ci-dessus.

Pour des combustibles « moyens » il est donc raisonnable de prendre un ordre de grandeur de 10 MJ/kg. Une règle qui s’applique même à l’énergie libérée (à plus basse température !) par les aliments, qui est aussi de nature chimique : faites vous-même l’expérience de lire le nombre de kJ pour 100 g sur un emballage, vous verrez…

L’énergie nucléaire

Là on entre dans un tout autre domaine ; l’énergie libérée dans les réactions nucléaires (fission ou fusion) provient d’une modification des liaisons entre les éléments du noyau (les nucléons, qui comprennent les protons et les neutrons). Leur énergie est beaucoup plus grande que celle des liaisons chimiques : pour simplifier, environ un million de fois. Mais comme la masse provient toujours des nucléons, il en découle une autre règle très simple : pour une même masse, l’énergie nucléaire peut être jusqu’à un million de fois plus importante que l’énergie chimique. En pratique toutefois, ce chiffre théorique n’est pas atteint, tout dispositif pratique (réacteur ou bombe nucléaire) comportant une grande partie de matière qui ne libère pas d’énergie. Ainsi, en prenant les chiffres publics des masses et énergies libérées par des bombes nucléaires réelles, on arrive plutôt au moins13 à 10^{11} J/kg soit 10 000 fois plus que les 10^{7} J/kg du combustible « moyen ». Mais même si c’est 100 fois moins que la limite théorique, cela reste très supérieur aux possibilités de l’énergie chimique, et suffit à notre raisonnement.

Résultat du match

Notre estimation de la chaleur libérée par le méga-générateur de vapeur Ground Zero étant de 10^{15} J, avec les limites respectives des énergies chimique et nucléaire on peut estimer les masses nécessaires pour libérer cette énergie :

  • si c’est une combustion (énergie chimique), m\approx\frac{10^{15}}{10^{7}}\approx10^{8}\,\text{kg} \approx 100 000 tonnes
  • si la source d’énergie est nucléaire, m\approx\frac{10^{15}}{10^{11}}\approx10^{4}\,\text{kg} \approx 10 tonnes

Or, la masse d’acier de chacune des Tours Jumelles est, d’après le NIST, d’environ 100 000 tonnes…14 Il paraît donc assez évident, à moins de considérer que l’acier et le béton, qui étaient les composants majoritaires des gratte-ciel, étaient eux-mêmes des combustibles, qu’aucune forme d’énergie chimique ne peut expliquer l’énorme quantié de chaleur dégagée à Ground Zero. Un terme qui, écrit sans majuscule avant le 11 septembre 2001, était d’origine militaire et signifiait précisément : « le point à la surface du sol ou de l’eau situé à la verticale d’une explosion nucléaire »15.

Conclusion

Il est temps de tirer une conclusion d’étape : sur la base de l’échelle extraordinaire des dégagements de chaleur s’étant produits à Ground Zero après les attentats du 11 septembre 2001, nous pouvons exclure toute forme d’énergie chimique (et donc toute combustion) comme origine unique de cette chaleur. Il est nécessaire de recourir à l’énergie nucléaire, car la chimie ne suffit pas. Les incendies n’étaient donc pas la cause de la chaleur mais leur conséquence, ce qui explique leur persistance elle aussi extraordinaire. Pour l’instant, nous ne savons rien du mode de libération d’énergie (progressif ou explosif), mais quelques lectures sur les caractéristiques et utilisations civiles des explosions nucléaires souterraines, très à la mode dans les années 1960, devraient rapidement nous permettre d’avancer.

C’est cependant bien assez pour une première étape, et il faut à ce stade ne pas faire dire à la physique ce qu’elle ne dit pas. Ne parlons donc pas d’armes nucléaires (une arme est faite pour tuer, or nous ne connaissons pas la fonction initiale d’un dispositif nucléaire, qui a pu être détourné) et ne prétendons pas non plus savoir qui a actionné ce dispositif et encore moins pourquoi. Ce sont des questions beaucoup plus complexes qui, au moins à première vue, ne sont pas du ressort de la physique.

 

NB : Ceux qui voudront lire une analyse beaucoup plus détaillée du problème pourront se reporter à cette pré-publication en anglais, destinée à un public averti :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02004696

  1. Pour les curieux, voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Estimation_de_Fermi
  2. https://911research.wtc7.net/cache/wtc/analysis/asse_groundzero1.htm
  3. On peut en voir quelques belles photos ici : https://aviation.stackexchange.com/questions/19241/why-does-condensation-form-on-the-wing-especially-during-take-off-and-landing
  4. https://e-reports-ext.llnl.gov/pdf/241096.pdf
  5. https://archive.nytimes.com/www.nytimes.com/library/national/index_WALL.html
  6. https://www.ny1.com/nyc/all-boroughs/archives/2002/03/21/workers-rush-to-repair-huge-hole-in-wtc-bathtub.NYC_20029
  7. Voir ici pour les détails : https://fr.wikipedia.org/wiki/Coefficient_de_transfert_thermique
  8. https://pubs.usgs.gov/of/2001/ofr-01-0429/thermal.r09.html
  9. Le joule, noté J, est l’unité d’énergie, et 10^{14} (10 puissance 14) est un 1 suivi de 14 zéros.
  10. L’électron-volt (eV) est une unité d’énergie très petite qui vaut environ 1,6\times10^{-19} J
  11. Sauf pour l’hydrogène, qui n’a qu’un proton.
  12. Il est habituel de mesurer la « puissance » des bombes nucléaires, qui est en fait une énergie, en kilotonnes de TNT (1 kt TNT =4,18\times10^{12} J).
  13. Les premières bombes nucléaires testées à Hiroshima et Nagasaki sont respectivement à 1,4\times10^{10} et 1,9\times10^{10} J/kg environ, mais cette technologie est obsolète dans les années 1960, la première bombe H américaine (Ivy Mike, testée en 1952) arrivant à 8\times10^{11} J/kg.
  14. https://ws680.nist.gov/publication/get_pdf.cfm?pub_id=101430
  15. Voir par exemple ici.

40 commentaires sur “Physique ordinaire de l’extraordinaire

  1. Si nous observons le problème par le bon bout de nos raisons, il devient possible d’affirmer que
    la capacité technologique de mise en œuvre d’un dispositif nucléaire classique ou détourné, à Ground Zéro le 11 Septembre 2001, en tant que technologie de démolition intentionnel des bâtiments …réduit assez fortement le nombre des suspects… de crime imprescriptible!

    1. Ce n’est pas si simple que cela… d’où ma prudence à la fin. Bien sûr, ceux qui ont pu “appuyer sur le bouton” d’un tel dispositif sont assez peu nombreux. Mais encore faut-il savoir pourquoi ils l’ont fait… et à ce stade on n’en sait rien.

      Si quelqu’un drogue une personne, ou parvient à la conditionner mentalement pour qu’elle devienne un assassin (voir du côté du programme MK-Ultra par exemple…), qui est le vrai coupable : la personne qui a tué ou celle qui l’a programmée pour tuer ?

      Le “savoir faire” des mafias consiste aussi à “tenir” des individus, voire des entreprises ou des gouvernements, en faisant commettre à des dirigeants des actes inavouables qu’ils menacent ensuite de révéler si l’on s’écarte de leurs instructions. Version soft : on saoule un peu un ministre et hop, on lui amène une jeune créature avenante qui, pas de chance, n’a pas encore 18 ans, voire beaucoup moins… et comble de malchance, un appareil photo traînait dans le coin.

      Mais ça peut aller beaucoup plus loin que ça. Il peut aussi y avoir des complots “emboîtés”, un “petit” complot se faisant détourner par un plus vaste qui pousse les auteurs du premier à commettre dans l’urgence des actes criminels qu’ils ne pourront ensuite pas révéler. L’avantage de ce schéma est qu’il explique aussi très bien l’étendue de l’omerta, qui va beaucoup plus loin que le cercle des organisateurs.

      Car une des objections (naïves) qu’on entend le plus souvent chez les gens qui refusent de croire à autre chose qu’au conte d’Oussama et des 19 pirates, c’est : “mais comment voulez-vous que personne n’ait vendu la mèche s’il y avait, par exemple, des membres du gouvernement US dans le coup ?” La meilleure réponse à leur faire est, à mon avis, en 2 points :

      1) Admettez la supériorité du certain sur le plausible. Donc, basez-vous sur la logique et les sciences “dures” : les lois de la physique sont difficilement violables.

      2) Admettez que votre imagination est limitée et que, si vous n’êtes pas vous-même un psychopathe, il vous manque peut-être une liberté de penser “sans limites” (morales) qui ferait de vous, certes un odieux criminel, mais aussi peut-être un criminel particulièrement “créatif” et “intelligent”.

      Il existe des scénarios où ceux qui ordonnent la destruction des 3 gratte-ciel ne sont pas les organisateurs des attentats. On peut en télécharger un ici :

      https://www.911thology.com/

      Mais il faut être patient, la totalité du document fait plus de 1000 pages (en anglais) ! L’auteur donne aussi un résumé de ce qu’il croit savoir de la démolition nucléaire ici :

      https://www.911thology.com/nexus1.html

      Mais là par contre il ne parle pas du “scénario” lui-même, juste des moyens techniques.

      Que ceci soit vrai ou faux, je n’en sais rien (c’est vraisemblablement partiellement vrai au moins), mais en tout cas c’est compatible avec la physique et la logique. C’est déjà un bon point.

      PS : Mes lecteurs auront peut-être fait le rapprochement avec un scénario de film dont j’ai déjà parlé ici… et où le président du CRIF en personne a lu que je parlais du 11 septembre, alors que l’article parle clairement d’une fiction. Serait-ce un indice sur les véritables coupables ?

  2. Il y a de nombreuses lectures possibles des mobiles du crime imprescriptible du 11 Septembre…

    Il y a évidemment le mobile de la cupidité infinie des banquiers internationaux …tous mouillés dans les délits d’initiés et manipulations boursières…. dont l’exploitation du bug UNIX du millenium est un autre indice solide…

    Il y a évidemment le mobile de ceux qui se partagent avec les banquiers les dividendes de la guerre, au premier rang desquels nous retrouvons la Coalition internationale des fabricants et marchands d’armes occidentaux et leurs alliés à géométrie variable …

    Il y a évidemment le mobile du remodelage du « grand moyen orient » … qui s’emboite parfaitement bien avec le projet de « grand israël »…remodeler pour mieux contrôler et exploiter in fine … territoires, ressources et populations.
    La doctrine géo stratégique du « Clean Break » rédigée par un panel de néos conservateurs rassemblés autour de richard perle à l’attention de netanyahou (le psychopathe)… est éclairante à ce sujet…

    Il y a les mobiles mystico religieux de ceux qui s’appliquent à faire coller les propheties de leurs textes sacrés avec les événements contemporains… ( gog et magog alias bush père et fils s’adressent à m. chirac…)

    Il y a les mobiles des psychopathes messianistes… qui semblent partager leur projet transgénérationnel avec des maçons pas très francs, qui vénèrent eux aussi le temple de Salomon … il y a évidemment les psychopathes juifs qui veulent reconstruire le temple en question … et affirment que persécuter leurs voisins hâtera l’arrivée de leur messie…

    Il semble exister au sommet de tous les ordres religieux monotheistes, des initiés kabalistes qui semblent également partager cette longue attente…

    Il y a évidemment dans cette affaire tous les complices de silence …qui n’ont pas osé dénoncer ce crime dont ils furent pourtant témoins… les rares qui osèrent en ont payés le prix de leur vie…ou de leur carrière …

    Et forcément tous les idiots utiles…qui auront fait leur part en toute innocence…

    Plus tous les crétins indispensables …partis en croisade contre les boucs émissaires arabes et musulmans… désignés coupables par les incessantes manipulations médiatiques répétées depuis …l’invention de la «guerre au terrorisme »!

    Certes, les artistes de « gélatin » auteur du « balcony happening » sur la façade du WTC ne sont que des petits acteurs … idem pour les « 5 israëliens dansants »!

    Et bien entendu, tous les acteurs de cette folie ne portent pas la même « dose » de responsabilité.

    Pour ma part, je suis convaincu que les penseurs de ce crime sont au cœur des conseils d’administration des plus grosses puissances économiques et financières aujourd’hui coalisées, contrôlant des appareils d’états, et agissant en bandes mafieuses organisées.

  3. Bonjour,
    J’avoue ne pas trop avoir compris la démonstration, je n’ai pas le niveau. Je vous crois sur parole, mais je voudrais faire deux remarques :
    sur l’eau : ni les eaux de pluie, ni les eaux d’infiltration ne sont disponibles 7 mn après la démolition de la tour.
    Sur le combustible : les tours pouvaient bien contenir 100 000 tonnes de papier. Mais très peu ont brûlé.
    Enfin : les tours lors de leur effondrement ont libérées beaucoup de poussière comme si elles avaient été pulvérisées. N’est-ce pas la cause des fumées ?

    1. La démonstration n’est pas réellement faite ici (il faudrait détailler des calculs, ce n’est pas vraiment l’objet d’un blog) mais vous pouvez comprendre le principe si vous savez ce que tout lycéen doit normalement savoir : l’énergie nucléaire libère énormément plus d’énergie par unité de masse que l’énergie chimique sous n’importe quelle forme.

      Concrètement, c’est par exemple la différence entre le chargement en combustible d’une centrale électrique à charbon et celui d’une centrale nucléaire : pour la première, ce sont des trains entiers de charbon qui sont brûlés afin d’obtenir des puissances électriques conséquentes. J’ai par exemple fait calculer à mes étudiants qu’une tranche de 500 MW pouvait voir passer 415 wagons par semaine… alors que pour une tranche de centrale nucléaire (dont la puissance est généralement de l’ordre du GW soit 1000 MW) on recharge le “combustible” (terme impropre dans ce cas) au bout de plusieurs années ! Voir ici par exemple, où l’ASN parle de 3 à 4 ans :

      https://www.asn.fr/Informer/Dossiers-pedagogiques/La-surete-du-cycle-du-combustible/Les-etapes-du-cycle-du-combustible/Le-retraitement

      Pour votre remarque sur l’eau : mon raisonnement ne se limitait évidemment pas à l’illustration de l’article (puisque le grand panache blanc de Ground Zero a fait les titres de tous les journaux pendant des semaines) mais la photo date de 7 min après la deuxième démolition (celle du WTC1), donc 36 minutes après la première, ce qui laisse le temps aux eaux d’infiltration de bouger vu les énormes dégâts souterrains.

      Mais votre remarque est intéressante car je pense qu’en réalité pour être aussi présente sous forme de “nuages” l’eau a dû être expulsée du sous-sol, qui jouait alors le rôle d’éponge, sous l’action conjointe de la pression (énorme) produite par les explosions et de la chaleur. J’expliquerai un peu plus tard pourquoi j’ai choisi cette photo (qui c’est vrai mélange un peu diverses choses : fumées, poussières, “nuages”) ; je vous conseille de chercher par vous-même des images ou vidéos prises bien plus tard et vous serez frappés par l’impression d’être dans un parc de sources thermales très chaudes. Ici par exemple :

      https://triblive.com/news/healthnow/14049260-74/report-15-men-who-were-near-ground-zero-on-911-have-breast

      Notez aussi le nombre de cancers aujourd’hui très important parmi les sauveteurs ; on arrive maintenant à 10 000 :

      https://nypost.com/2018/08/11/nearly-10k-people-have-gotten-cancer-from-toxic-9-11-dust/

      Pour le papier contenu dans les tours, vous faites bien de remarquer que très peu a brûlé mais je ne vous suis pas sur les 100 000 tonnes : si c’est pour une seule tour, ça fait en gros 1000 tonnes par étage, c’est énorme ! La masse volumique du papier étant de l’ordre de 1000 kg/m3 (ça dépend du papier, ça peut flotter ou pas…) sur un étage ayant une superficie de plancher (à la louche) de 2800 m2 ça représente une épaisseur continue de papier empilé bien à plat de 35 cm… inconcevable ! Évidemment vous divisez par 2 si c’est pour 2 tours…

      Bonne observation également concernant l’énorme quantité de poussière dégagée, mais qui n’était pas que de béton ou de matériaux friables puisque le béton n’était utilisé que dans les planchers, en faible épaisseur (10 cm environ). Il faut justement expliquer l’origine de cette poussière si particulière, mais qui est retombée assez rapidement et qui n’explique pas du tout les images du site des semaines plus tard, que vous pouvez trouver facilement.

      * Rectificatif et précision *

      Après vérification sur une ramette de papier ordinaire (80g/m2) au format A4, celle-ci comporte 500 pages et mesure 5 cm d’épaisseur, soit 1 cm pour 100 pages ou 0,1 mm par page. Le format A4 nécessite 2^4 = 16 pages pour 1 m2, c’est-à-dire qu’ici 80 grammes sur 1 m2 de surface feront 0,1 mm d’épaisseur. La masse volumique du papier en ramette est donc 80.10^-3 / 0,1.10^-3 = 800 kg/m3. On retrouve bien l’ordre de grandeur cité “à la louche” plus haut mais j’ai pensé intéressant de dire comment on pouvait facilement le calculer chez soi.

      Ce qui fait passer l’épaisseur de papier bien empilé à 45 cm pour les 1000 tonnes (1250 m3) sur 2800 m2…

      1. 100 000 tonnes de papier c’est effectivement à la grosse louche et certainement très exagérer.
        En france la charge d’exploitation d’un immeuble de bureaux est de 250 kg/m2, soit pour les deux tours : 0.250*2800*100*2=140 000 tonnes. c’est un maximun. ça comprend aussi le petit personnel (qui doit mal bruler et fournir un peu de vapeur d’eau- humour noir-) et l’ameublement.
        Pour le reste, ce qui est frappant, c’est effectivement de voir la chaleur résiduelle pendant plusieurs mois sans que l’on sache vraiment d’où cela provenir. Les feux de bureaux ? Dérisoires.
        Est-ce que la chute elle-même de la tour peut produire de la chaleur ?
        Par ailleurs, peut-être est-ce vrai pour le noyau centrale dont on ne voit pas le comportement pendant la démolition, mais pour les façades, on voit bien qu’elles sont détruites de bas en haut.
        S’il y a explosion, c’est dans les étages que ça se passe et non dans le sous-sol. Sans doute est-ce les deux, puisque comme vous le faite remarquer, les dégâts y sont important. certain ont voulu voir dans les roches fondues découvertes en sous sol les traces d’une explosion nucléaire.
        https://forum.reopen911.info/t16036-roche-fondue.html
        Est-ce possible.
        Une autre question que je me pose : Quid du bruit ?

          1. Pour répondre brièvement à vos questions :

            – votre observation sur le caractère très surprenant de la chaleur résiduelle persistante (dans le cadre de l’explication “standard” par incendies) est des plus judicieuses. Si le dernier incendie a été éteint 100 jours après les attentats, qu’est-ce qui chauffe après ?

            – au sens strict, tout phénomène irréversible entraîne un dégagement de chaleur, donc oui la chute des tours peut en elle-même produire de la chaleur… mais en quantité dérisoire. C’est en réalité une version à grande échelle de l’expérience de Joule (voir également ici une simulation)… un effet qu’on peut également sentir lorsqu’on utilise un blender de cuisine très puissant, où après un broyage énergique de quelques minutes les aliments ressortent sensiblement plus chauds.

            Avant de parler de destruction “de bas en haut”, il faudra étudier soigneusement quels sont les effets produits par des explosions nucléaires souterraines. J’y reviendrai, patience… mais sachez qu’ils peuvent être surprenants, et que même un physicien comme moi les ignorait en grande partie avant d’avoir plongé la tête dans les articles. Mais une chose est sûre : il n’y a eu aucune explosion nucléaire “aérienne”, c’est-à-dire dans le bâtiment, qui serait immédiatement reconnaissable.

            Pour les roches “fondues” évoquées par certains comme preuves d’une explosion nucléaire, c’est une fausse piste : elles ne sont pas aux bons endroits ni à la bonne profondeur ! Ces cavités sont réellement d’origine glaciaire, et leur découverte n’a rien de mystérieux puisqu’elle a eu lieu là où un petit bâtiment (le WTC4 d’origine), nécessitant des fondations “standard”, a été remplacé par un beaucoup plus haut (WTC4 toujours, mais au format gratte-ciel) nécessitant un ancrage dans le socle rocheux, bien plus profond. J’ai par ailleurs correspondu avec les deux auteurs d’un article de géologie qui analysent l’origine glaciaire de ces cavités, et n’ai aucune raison de remettre en cause leur honnêteté.

            Le bruit des explosions a certainement été perçu, mais cela concorde assez bien avec des témoignages parlant d’explosions dans le sous-sol avant la chute. Et bien sûr une bombe profondément enfouie ne fait pas du tout le même bruit qu’une bombe en surface.

            Quant à la radioactivité, je dirais que les conséquences sanitaires des opérations de secours correspondent hélas assez bien aux rejets d’explosifs nucléaires enfouis, et par ailleurs des efforts ont été faits (discrètement) pour limiter les dégâts, notamment par l’intervention de la NNSA sur place. Puisque vous aimez l’humour noir, je terminerai là-dessus (en anglais désolé) :

            Ground Zero & NNSA

          2. Bonjour,
            J’avoue que je suis bien impatient de voir vos explication parce que cette idée qu’il puisse y avoir eu une bombe au sous sol qui produit les résultats que l’on observe en haut , est une idée qui ne tombe pas sous le sens. Je l’ai vu formulé d’autre fois mais n’y ai jamais adhéré.
            Pour en revenir à nos histoire d’eau chaude et de baignoire qui fuit (par parenthèse, le terme que vous utilisez bathub traduit par baignoire devrait l’être en Français par “cuvelage”), c’est sans doute une idée qui ne mène nulle par mais peut-être est-il possible d’estimer le volume d’eau nécessaire à l’apparition du phénomène, au moins son ordre de grandeur ?

          3. Merci pour la correction de “cuvelage”, même si je continuerai sans doute à utiliser “baignoire” afin d’être compris par le plus grand nombre. Mais pour la fuite, c’est une fuite de l’extérieur vers l’intérieur !

            Je ne suis pas certain de comprendre votre dernière question : de quel phénomène parlez-vous ?

          4. Bonjour, le mot cuvelage est le terme technique. Il est par exemple nécessaire d’ajouter du poids ou des ancrage pour éviter que le bâtiment se soulève sous la pression de l’eau.
            La question que je posait était à propos des nuées que l’on voit. Sont-elle quantifiable en terme de puissance et de volume ?

          5. Oui, merci, les ancrages existent bien dans le “slurry wall” qui constitue le pourtour du “bathtub” comme vous pouvez le constater sur de nombreuses photos ou vidéos :

            https://www.youtube.com/watch?v=I9NIxSjTy8I

            Il est difficile de quantifier les “nuées” en elles-mêmes, puisqu’il s’agit de vapeur d’eau qui se condense et que cette condensation dépend de différents facteurs comme la température, l’humidité ambiante etc. La seule chose réellement quantifiable (grossièrement) est la chaleur dégagée, via la connaissance des températures du sol, d’où mon raisonnement. Il est néanmoins clair que le “paysage urbain” qu’on peut voir sur de nombreuses photos ou vidéos peu de temps après le 11 septembre est tout à fait singulier par l’importance de ces nuées, et que leur formation ne peut en aucun cas résulter de simples incendies. Voir par exemple le documentaire “WTC: The First 24 Hours” d’Étienne Sauret dont vous pouvez trouver de larges extraits ici :

            https://www.youtube.com/watch?v=UWc2aaLq8PM

            Mais c’est sans doute encore plus net dans les images prises des semaines plus tard, où la poussière est retombée et où il y a moins de fumées, comme dans cette source que j’ai déjà citée :

            https://triblive.com/news/healthnow/14049260-74/report-15-men-who-were-near-ground-zero-on-911-have-breast

  4. Bonjour,
    merci pour cet excellent article. Vous avez aussi publié en anglais sur HAL un article beaucoup plus vaste sur le même jujet, allez-vous en donner une traduction française ?
    Bien à vous

    1. Merci pour le compliment ! Et pour vous être intéressé à l’article publié sur HAL, que les curieux pourront trouver ici :

      https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02004696

      Je ne sais pas si j’en ferai à proprement parler une traduction française, car comme il s’agit d’un article purement scientifique et que tous ceux susceptibles de le lire et de le comprendre maîtrisent aussi l’anglais scientifique, ce serait peut-être un travail relativement inutile.

      Par contre je pense qu’il serait utile d’en faire une version française vulgarisée, ça oui j’y pense…

      PS : l’article devait paraître aussi sur arXiv.org mais une raison technique fait que cela attendra encore quelques semaines. Quant à la version de HAL, elle est encore susceptible d’évolution, et doit bien comporter encore quelques erreurs de détail que j’essaierai de corriger progressivement. Il s’agissait avant tout de mettre cette réflexion dans le domaine public, même avec ses imperfections.

      1. En fait, si je ne me trompe, votre présent article est une version vulgarisée et résumée de votre long article scientifique. Donc, il ne sert de rien d’en refaire une seconde version vulgarisée plus longue. Aussi étrange que cela puisse paraître, il existe beaucoup de gens, encore mathématiciens ou physiciens, mais qui ont fui le milieu académique, et par conséquent oublié l’anglais pour le moins, en fait ils le détestent. Votre article scientifique mérite d’être publié in-extenso traduit en français sur votre blog ; mais enfin, c’est juste mon avis, et c’est à vous de voir, enfin, merci pour votre réponse.
        Bien à vous

        1. C’est presque cela. En réalité, cet article m’a été demandé fin 2018 pour un site d’information allemand, par l’intermédiaire d’une personne qui l’a traduit du français en allemand. Pour une raison que lui comme moi ignorons, il n’a pas été encore publié et nous ignorons quand il le sera (ni même si il le sera, car le site en question publie beaucoup et informe très peu les auteurs de ses décisions éditoriales). J’ai donc décidé d’en faire profiter pour l’instant mes lecteurs français ou francophones.

          Sa fin un peu abrupte tient aussi à la limite de longueur qui m’avait été imposée, comme à la quasi-assurance qu’il y aurait la possibilité de faire plusieurs “épisodes”. Mais le premier n’étant pas encore sorti…

          Pour l’immédiat, ma priorité est la publication toujours en anglais, mais sur arXiv.org qui est plus connu que HAL. J’espère que ça passera prochainement…

  5. Bonsoir Francois;
    Je vous presente mes plus grands respects pour votre travail remarquable. Kudos, comme on dit en anglais.
    J’ai lu avec avidite votre article complet sur Hal; c’est tellement bien ecrit, bien structure et pedagogique. Mais surtout, il faut avoir un courage et un sens de l’ethique exceptionnels pour enoncer des verites pareilles. Ce sont des gens comme vous qui devraient avoir le prix Nobel de la Paix.

    J’ai mentionne votre article dans un forum de discussion americain. Je n’ai pas d’illusions sur ce type de media, mais des gens tres bien, comme Laurent Guyenot par exemple, y publient leur travail.
    L’article en question etait redige par un auteur qui anime des emissions de radio sur le Onze Septembre; j’ai pense qu’il fallait faire connaitre votre travail.
    https://www.unz.com/kbarrett/alan-israel-did-9-11-sabrosky-most-censored-man-in-america/

    J’ai essaye de faire des petites syntheses abordables (je suis ingenieur de formation), et l’un des “contradicteurs professionels” a objecte en faisant une remarque pas si idiote qu’elle ne parait. Il a conclu que les charges nucleaires n’ayant pu etre laissees dans la chambre d’explosion qu’au moment de la construction des tours, sans maintenance, votre hypothese ne pouvait etre vraie. Mon avis est qu’il etait tout a fait facile de realiser une cheminee de descente dans la roche, qui au lieu d’etre utilisee pour l’ancrage du radier, aurait ete surmontee d’un coffrage prisonnier qui en aurait preserve l’acces. C’est facile et bien trop petit pour compromettre le radier.
    Ca m’a paru evident, mais j’aimerai bien avoir votre avis. Tres cordiales salutations.

    1. Merci beaucoup pour cet élogieux commentaire. Quant au prix Nobel de la paix… je pense n’être à la hauteur, ni des héros qui l’ont mérité (Martin Luther King, Sakharov…), ni des infâmes crapules ou organisations fort peu pacifiques (Kissinger, Union Européenne…) qui l’ont reçu également ! Autant dire que je n’accorde vraiment aucun crédit à ce genre de distinction, surtout maintenant.

      Merci beaucoup également pour la diffusion de mon article sur The Unz Review, dont je suis moi-même lecteur occasionnel. Un espace de liberté que les francophones peuvent envier aux anglophones !

      Pour répondre à votre question sur la mise en place des charges nucléaires, je voudrais d’abord faire une remarque d’ordre général. Mes arguments sont, vous l’avez compris, d’ordre fondamental (limites d’énergie massique, premier et deuxième principes de la thermodynamique…) tandis que celui du contradicteur est d’ordre technique. A priori, sans même chercher à répondre à son objection, on doit souligner que le fondamental l’emporte sur le technique, et par conséquent que la démonstration est valide même sans réponse satisfaisante à l’objection technique.

      Je vais prendre un exemple. J’ai un jour assisté à une conférence d’un ingénieur qui entendait démontrer l’impossibilité de la démolition contrôlée des deux tours (il ne parlait même pas du troisième bâtiment…) sur la base de ses connaissances en démolition contrôlée, dont il était un expert. Il avait évidemment… raison, mais sur la base de ses connaissances en démolition contrôlée, qui n’incluaient pas, vous vous en doutez, la technologie nucléaire.

      Autrement dit, tout argument technique est basé sur une connaissance limitée des moyens disponibles à un moment donné, mais on n’est jamais certain d’avoir épuisé toutes les possibilités. En toute rigueur, c’est vrai également pour l’argument basé sur des connaissances fondamentales (la science évolue…) mais le niveau de généralité et la date de péremption de la démonstration ne sont quand même pas comparables…

      Maintenant, pour répondre quand même à cette objection, non, ma démonstration n’implique pas que les charges explosives aient été présentes dès le début. Comme vous le savez si vous avez lu l’article jusqu’aux remerciements, mon intérêt pour cette hypothèse nucléaire a été initié par la lecture du pavé de Dimitri Khalezov qui fournit des explications détaillées (et comporte aussi des erreurs, comme les cavités glaciaires qu’il attribue à tort aux explosions souterraines).

      Khalezov propose le scénario suivant, que je ne peux ni confirmer ni infirmer mais qui me paraît fort logique, surtout pour expliquer l’effondrement suspect du WTC7. Selon lui, c’est de ce bâtiment que partaient des tunnels permettant de placer les explosifs sous le WTC1 et le WTC2, ce qui explique qu’il se soit “mystérieusement” effondré, en chute libre au moins les premières secondes, car il fallait effacer les traces du crime.

      La tour sud étant la plus éloignée, il était nécessaire de la détruire en premier (même si c’était “illogique” du point de vue de l’explication officielle de l’affaiblissement par les incendies, puisqu’elle avait brûlé bien moins longtemps) car une fois l’explosion souterraine réalisée sous la tour nord, il y avait de grandes chances pour que le tunnel d’amenée vers la tour sud en provenance du WTC7 soit partiellement détruit ou au moins suffisamment déformé pour rendre la seconde opération impossible.

      Je pense donc, comme Khalezov (mais là on quitte bien évidemment le domaine scientifique, je suis incapable de le démontrer) que les explosifs ont été placés au dernier moment et depuis le WTC7. Ce bâtiment ayant abrité des tas d’organisations “sensibles”, on peut de plus comprendre assez aisément que les architectes chargés de sa construction aient dû respecter de nombreuses chartes de confidentialité voire de “secret défense”, et que les ouvriers chargés de la réalisation des tunnels aient eux aussi travaillé dans le plus grand secret, ce qui aurait été bien plus difficile à partir des fondations des tours jumelles.

      Et permettez-moi pour terminer de citer Hannah Arendt (non pour vous faire croire que je l’ai lue, mais parce que cette citation me semble particulièrement d’actualité) :

      “The ideal subject of totalitarian rule is not the convinced Nazi or the convinced Communist, but people for whom the distinction between fact and fiction (i.e., the reality of experience) and the distinction between true and false (i.e., the standards of thought) no longer exist.”

      The Origins of Totalitarianism, chap.13, Ideology and Terror:A Novel Form of Government (p. 474, Meridian Books, 1958)

  6. Bonjour,
    votre article est intéressant. Dimitri Kalezov avait, je crois, longuement parlé de la possibilité d’une explosion nucléaire souterraine. Cela dit, on n’a pas relevé de taux de radio-activité anormal à Ground Zero. Comment expliquez vous ce fait ? Je sais que Niels Harrit pense que de la nano thermite a été utilisée, il a des preuves convaincantes mais j’ai dû mal à croire que la nano thermite ait réagi pendant plus de cent jours..
    Comment expliquez vous que le contenu des tours ait été pulvérisé en fine poussière? Est ce expliquable par une explosition nucléaire souterraine ou a t on utilisé des explosifs high-tech inconnus du grand public ?
    Merci
    Bien à vous.

    1. Bonjour,

      C’est bien Dimitri Khalezov qui m’a amené à m’intéresser à cette piste, à laquelle je n’aurais pas pensé moi-même. Par contre, dire qu’on n’a pas relevé de taux de radioactivité anormal à Ground Zero revient à croire sur parole les autorités, ce qui est un peu naïf ! Ce qui est certain par contre c’est que :

      – une explosion nucléaire souterraine à profondeur suffisante ne produit qu’une pollution radioactive assez faible (l’essentiel étant emprisonné dans la roche), voir les nombreux travaux des années 60 visant à promouvoir l’utilisation des explosifs nucléaires en génie civil (aux USA : projet Plowshare, comme en URSS : le “Programme 7“)

      – il y a eu une véritable épidémie de cancers parmi les personnes ayant travaillé à Ground Zero juste après les attentats. En août 2018, le New York Post parlait de 10 000 cas.

      Effectivement la “nano thermite” (ou toute autre substance chimique) ne peut expliquer ni la quantité de chaleur totale ni le lent refroidissement de Ground Zero.

      Quant à la poussière, on peut justement noter que les explosions nucléaires produisent une onde de choc dont les caractéristiques de pression et de fréquence sont très différentes de celles des explosifs chimiques, et permettent de réduire en poussière à peu près n’importe quoi…

      Pour plus de précisions (mais là ça dépasse largement le niveau d’un blog), voir ici : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02004696v3.

      Merci pour votre contribution.

  7. Merci François pour votre réponse, je vais regarder votre article.
    Il y a quand même un fait qui semble difficilement explicable par
    une explosion nucléaire souterraine. Quand l’effondrement de WTC 1 ou 2 commence,
    la désintégration des tours commence progressivement, de manière structurée, en
    commençant par la zone située juste au dessous du point d’impact et en descendant vers le bas.
    Les premiers étages de WTC ne sont détruits (semble t il) qu’en dernier et la partie située au dessus du point
    d’impact se désintègre lors de la chute libre.
    Qu’en pensez vous ?
    Maintenant, effectivement, seule une réaction nucléaire peut expliquer un tel dégagement de chaleur dans ground zero
    pendant 100 jours..
    Cela dit, pour moi cette video montre une réaction de (nano ?)thermite.
    https://www.youtube.com/watch?v=OmuzyWC60eE
    Merci
    Bien à vous.

    1. Je ne prétends pas expliquer dans le détail le mécanisme d’effondrement des 3 tours du WTC, seulement prouver par des considérations énergétiques que seule l’énergie nucléaire (et, à l’évidence, sous forme d’explosif) permet de l’expliquer.

      Mais beaucoup de monde a une observation superficielle des événements survenus et ne cherche pas à savoir quels sont les effets – connus – d’une explosion nucléaire souterraine avant de les comparer avec ce que nous avons constaté. Il existe pourtant des articles abordables, et disponibles en ligne, tel que celui-ci, en français, du CEA et qui date de 1969 :

      https://inis.iaea.org/collection/NCLCollectionStore/_Public/35/095/35095014.pdf

      Il est essentiel de comprendre qu’il y a plusieurs échelles de temps dans les effets de l’explosion, de la très courte (libération d’énergie par réaction nucléaire à l’ordre de la microseconde) à la très longue (diffusion de la chaleur dans la roche pendant des mois). Si l’on admet l’utilisation d’un explosif nucléaire souterrain pour détruire un bâtiment, alors cette destruction ne doit pas se produire immédiatement au moment de l’explosion mais bien au moment de l’effondrement de la cheminée qui se trouve au-dessus de la cavité, ce qui d’après les publications peut se produire avec un délai très variable : de quelques secondes à plusieurs heures.

      L’explosion en elle-même ne produit immédiatement (ou presque) qu’une onde de choc très puissante qui fragilise la structure, jusqu’à une certaine hauteur. Une structure qui, rappelons-le, est double : un noyau central et des façades portantes, qui prennent en statique chacun à peu près la moitié de la charge. C’est au moment où la cheminée d’effondrement se forme que la structure centrale perd tout appui et que le bâtiment s’effondre, les façades devenant incapables de soutenir le bâtiment à elles seules (et devant probablement tomber aussi un peu dans la dépression créée, voir notamment la figure 20 de mon article avec des relevés LIDAR assez… étonnants).

      Par ailleurs le WTC7, qui était nettement moins haut (à peu près autant que la Tour Montparnasse, quand même…) a été démoli bien plus “proprement” en raison justement de sa hauteur (l’onde de choc pouvait l’atteindre sur toute la hauteur) et aussi de sa structure différente.

      Quant à votre vidéo qui montre un métal fondu et incandescent qui dégringole d’une des tours avant l’effondrement, c’est bien évidemment la preuve qu’autre chose que de simples incendies s’est passé, mais cela n’est pas forcément lié à la destruction finale. Personnellement, je n’aborde pas ce problème.

      N.B. : Je suis en désaccord avec Dimitri Khalezov sur l’interprétation des cavités glaciaires retrouvées au cours des travaux de reconstruction du WTC : pour moi, ce sont bien de véritables cavités glaciaires, et non celles résultant des explosions, qui sont beaucoup plus profondes et n’avaient aucune chance d’être découvertes lors des travaux.

      Merci pour votre contribution.

  8. Ce calcul est intéressant; mais il part du principe que l’énergie a été presque instantanément libérée, pour ensuite se dissiper pendant des mois. Avec ce type de raisonnement, n’importe quel feu de cheminée est nucléaire… De plus, un tel dégagement d’énergie en aussi peu de temps aurait laissé un cratère à la place de Manhattan. Pourtant, aucun autre bâtiment n’a subi de dégâts structurels majeurs.

    Il y a une autre hypothèse: la chaleur aurait été produite en continue pendant des mois, jusqu’à épuisement de la source. Pour faire s’effondrer une tour, une bombe est inutile: il faut affaiblir la structure sur toute sa hauteur. Les deux tours WTC1 et 2 étaient basiquement deux barreaux métalliques (un peu creux tout de même, avec des ascenseurs et tout) haubanés sur leur pourtour. Pour faire lâcher ce type de structure sur toute sa hauteur, la solution est simple: il faut cisailler et ramollir ces barreaux métalliques, donc les gaver de thermite et autres combustibles produisant beaucoup de chaleur.

    Autrement dit, si on remplit le cœur des tours de suffisamment de combustible pour liquéfier tout ce qu’il y a de métallique dedans (pour être sûr), et que tout l’imbrûlé se retrouve concentré dans une cuvette humide et moyennement aérées, les cadavres des tours ne deviendraient-ils pas des sortes de bûches géantes cramant comme dans un foyer de cheminée ? On passerait alors d’une exponentielle à quelque chose de linéaire en fonction du temps.

    J’ai l’impression que la réponse à l’énigme de la chaleur produite n’est pas le nucléaire ou des armes à anti-matière expérimentales, mais plutôt la lente combustion des produits chimiques de destruction, dont la quantité aurait été surdimensionnée pour être sûr que tout s’écroule sans faire d’ennui.

    1. Vous n’avez pas compris le cœur du raisonnement, qui repose sur la notion d’énergie massique et rien d’autre (il ne part pas du principe que l’énergie a été presque instantanément libérée). Quant à écrire “un tel dégagement d’énergie en aussi peu de temps aurait laissé un cratère à la place de Manhattan“, c’est méconnaître totalement les effets des explosions nucléaires souterraines. Sans aller jusqu’à des “bibles” sur le sujet comme l’excellent “The Constructive Uses of Nuclear Explosives“, dont je me suis beaucoup servi, vous avez en libre accès sur Internet de nombreux documents sur le sujet :

      http://nuclearweaponarchive.org/Library/Effects/UndergroundEffects.html

      https://www.fourmilab.ch/etexts/www/effects/

      et quelques vidéos de la chaîne YouTube “Atomcentral” devraient vous ramener vers la réalité, comme celle-ci :

      https://www.youtube.com/watch?v=u1Xe1TUQrpY

      Il ne s’agit pas d’avoir des impressions mais des certitudes. La nature uniquement explosive de la destruction peut faire débat (certains comme Heinz Pommer avancent une explication différente, mais toujours nucléaire et souterraine) mais pas sa nature nucléaire, en raison de la quantité de chaleur dégagée.

      1. Vous écrivez que je n’ai pas compris et moi je vous réponds que si. On ne va pas aller loin comme ça… Si vous jugez que l’un de mes arguments est faux, vous l’identifiez puis vous montrer en quoi il déroge à un principe que nous deux acceptons. Je ne vais tout de même pas vous expliquer les bases de la réfutation !

        Il se trouve que le premier lien que vous citez va dans mon sens: une explosion nucléaire, même et surtout souterraine, produit un cratère, dans ce cas par compression puis affaissement. Le second lien est un bouquin entier ! Je ne vais pas me le farcir juste pour apprendre ce que je connais déjà. Votre troisième lien illustre… la formation d’un cratère ! Vous prouvez que j’ai faux en apportant des preuves que j’ai raison: quelle est donc cette rhétorique tordue ?

        Pour l’instant, mon hypothèse étant non-réfutée, contrairement à la vôtre, je la considère comme bonne. Votre hypothèse nucléaire souffre de trois problèmes majeurs:

        – pour que Groud Zero soit modélisée par une «tasse de thé [qui] se refroidit», il faut que la totalité de l’énergie dissipée pendant des mois soit produite pendant les quelques secondes de l’effondrement: cela nécessite une explosion et une dépression du sol, que personne n’a observées;

        – une explosion souterraine est parfaitement inutile dans la destruction contrôlée d’un immeuble.

        – on n’a retrouvé aucune trace de radioactivité sortant de l’ordinaire sur les lieux, sachant qu’une source nucléaire en laisse à moins d’avoir recours à de l’anti-matière que personne ne sais produire en quantités supérieures à quelques atomes et que personne ne sait stocker.

        En sciences, les conséquences sont fonctions des hypothèses: «garbage in, garbage out». Le modèle est faux, la méthode incongrue et les faits discordants. Bref, ça ne tient pas. Ça n’est pas comme si on était à court d’explications…

        1. Visiblement, vous faites partie des personnes d’autant plus sûres d’elles-mêmes qu’elles ne connaissent pas le sujet dont elles parlent. J’en rencontre des tas à l’université !

          Il se trouve que le premier lien que vous citez va dans mon sens: une explosion nucléaire, même et surtout souterraine, produit un cratère, dans ce cas par compression puis affaissement.

          C’est faux, vous ne savez pas lire les figures. Commencez par un minimum de bibliographie. Mais ne comptez pas sur moi pour corriger toutes vos erreurs !

          1. Je constate que vous continuez à faire l’âne pour avoir du son. Je vais finir par penser que vous méritez votre sanction du CNESER. Mis je suis sympathique alors je vais une dernière fois vous montrer par l’exemple ce qu’est une réfutation.

            Je prends pour base l’article cité (http://nuclearweaponarchive.org/Library/Effects/UndergroundEffects.html).

            Puis je le cite:

            1) «A nuclear explosion at a height well above the ground, but within the fireball radius, forms a very shallow crater largely by vaporizing the surface soil.»

            Quand une charge nucléaire explose en altitude, il n’y a quasiment pas de cratère formé.

            2) «Bursts either on the surface of the Earth (Fig. 1-a, Fig. 2-b), or slightly above it (Fig. 2-a), produce a shallow depression principally by compacting the soil beneath.»

            Quand une charge nucléaire explose en surface ou légèrement au dessus, une dépression peu profonde est créée par compactage du sol en dessous.

            3) «Both scenarios are inefficient ways to form a crater since most the kinetic energy from the explosion dissipates in the atmosphere»

            Une explosion en altitude ou en surface sont deux manière très inefficaces de creuser un cratère.

            4) «If the nuclear explosive is shallowly buried (Fig. 1-b, Fig. 2-c, Fig. 3 at >100 ft) a deeper and more voluminous crater is formed.»

            Quand une charge nucléaire explose sous-terre à une faible profondeur, un cratère plus volumineux et plus profond se forme.

            5) «At some particular depth the increasing amount of material thrown upward is exactly balanced by the decreasing fraction escaping the crater, the crater volume reaches a maximum.»

            Plus on fait exploser une charge profondément, plus le cratère est important, jusqu’à atteindre une profondeur optimale après laquelle le cratère devient de moins en moins important.

            Je constate donc, comme tous les lecteurs attentifs que VOUS AFFIRMEZ EXACTEMENT L’INVERSE DE CE QUE DÉMONTRE VOTRE SOURCE !

            Je n’ai pas de temps à perdre. Le sort de ce commentaire me renseignera sur votre véritable nature. Quoi qu’il en soit, j’en ai fini avec vous.

          2. Tant mieux ! Répondre aux affirmations péremptoires de ceux qui ne travaillent pas un minimum le sujet mais savent déjà tout m’agace et me fait perdre mon temps.

            Résumons quand même pour les lecteurs : vous commencez par affirmer “un tel dégagement d’énergie en aussi peu de temps aurait laissé un cratère à la place de Manhattan. Pourtant, aucun autre bâtiment n’a subi de dégâts structurels majeurs.“, ce qui comporte 2 énormes erreurs et prouve que vous n’avez pas fait un effort minimum de documentation.

            D’abord, l’argument selon lequel toute explosion nucléaire (souterraine, cela va de soi) anéantirait Manhattan n’a aucun sens : si on fait des essais nucléaires souterrains, c’est justement parce qu’ils passent incognito (ou presque). Ensuite, faites le compte des bâtiments qui ont dû être entièrement détruits dans le voisinage des tours jumelles : j’espère que vous n’oserez plus écrire “aucun autre bâtiment n’a subi de dégâts structurels majeurs“. Et ne parlons pas des dommages structurels majeurs souterrains, qui vous ont sans doute échappé bien que clairement décrits dans cet article…

            Bref, face à ces énormités je vous invite à lire un de mes liens et vous maintenez que vous aviez raison d’affirmer “Il se trouve que le premier lien que vous citez va dans mon sens: une explosion nucléaire, même et surtout souterraine, produit un cratère, dans ce cas par compression puis affaissement.”, même et surtout en fonction du lien que je vous ai donné.

            Vous commencez par traduire ce qui concerne les explosions aériennes (on se demande pourquoi, puisqu’il est évident que cela ne concerne pas notre cas) puis une partie concernant les explosions souterraines dans un but d’excavation, et là bien évidemment on parle de cratère puisque c’est le but… il n’empêche que ce n’est pas le cas général comme le montre la figure 5 (Sulky shot retarc) du même lien…

            Mais le plus rigolo c’est que de toute façon dans le cas du WTC il y a bien eu formation de cratères d’effondrement : je n’ai jamais dit le contraire, c’est même comme cela que l’on peut comprendre la destruction des 3 tours. Et ces cratères sont d’ailleurs visibles (partiellement, car obstrués par les restes des bâtiments) sur les relevés LIDAR du WTC, comme je le suggère à la page 40 (figure 20) de ce preprint :

            https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02004696v3/document

  9. Réfléchissez-donc un peu: 10^15 Joules, c’est 2.4 mégatonnes.

    C’est presque 200 fois Hiroshima !

    Et pourquoi faire ? Pourquoi ? Quelle est la fonction d’une telle gabegie d’énergie ? Prenez-vous les ingénieurs en démolition pour des imbéciles ?

    Je note que vous vous entêtez sans répondre à une seule des objections qui vous sont faites. Vous racontez tout et son contraire. Un coup il y a un cratère, un coup il n’y en a pas; un coup l’effondrement dissipe 2.4 mégatonnes et un autre coup 2.4 mégatonnes provoquent un vague pet de fourmi; un coup le peuple a besoin de science pour s’éclairer, un coup il se débrouille très bien tout seul. Etc, etc. Je passe sur le reste, comme de comparer Soral et Dirac…

    Le commentaire à accompli son œuvre édificatrice. C’était la session de rattrapage et vous avez raté l’examen. Soit vous êtes un idiot utile, soit vous êtes un idiot aux ordres, dont la mission serait de décrédibiliser l’opposition au régime. Qui vous finance ? Le CRIF qui vous «harcèle» ? Ou bien Soral, qui vous subjugue ?

    Dans les deux cas, vous ne méritez pas mon attention, ni celle de qui que ce soit.

    1. Définition de l’équivalent TNT d’un explosif.

      1 tonne de TNT = 4,18 GJ
      1 kilotonne = 4,18 TJ (4,18.10^12 J)
      1 mégatonne = 4,18 EJ (4,18.10^15 J)

      Donc 10^15 J = 240 kt environ (3 x 80 kt). Chaque explosion était de l’ordre de 80/15 = 5 fois la bombe d’Hiroshima.

      Je laisse pour l’exemple (et pour montrer ce que peut être une forme de complotisme imbécile, même si je n’aime pas le mot) ce dernier commentaire de votre part. Pour d’éventuels suivants, n’y comptez pas… je n’ai pas que ça à faire.

  10. L’idee derriere mon commentaire c’est de dire a ce Mr que cette partie de son commentaire “ni celle de qui que ce soit” il aurait du se la garder
    je n’ai pas besoin de lui pour m’eclairer et que si il penses que qqun a besoin de ses lumieres il se trompe parce que c’est un ane qui n’a meme pas été foutu de comprendre le principe le plus élémentaire de la démonstration.
    Je me suis par ailleurs autocensuré parce que mon commentaire était a l’origine bcp plus violent mais j’ai fais le choix de rester correct.
    Et je m’en tiendrais dorénavant a votre demande.

    Et puisque j’ai remis un commentaire, je vais en profiter pour vous faire une remarque.
    Q = P_0 tau
    J’ai un probleme avec ce calcul car il est evident que la puissance decroit au fur et a mesure que la température diminue. Et comme vous ne donnez pas de détail sur cette duree, j’en ai conclu que vous preniez tfinal=instant ou la température est revenue a l’equilibre compte tenu de ce que vous dites sur la tasse de café.
    Je supposes que ce n’est pas le cas et que vous n’avez pas fait cette erreur puisque vous expliquez vous meme dans l’article que la puissance diminue au fur et a mesure, mais comme rien dans l’article ne permet de trancher, je penses que ca aurait été utile d’ajouter une précision, expliquant que ce tau n’est pas la duree totale du refroidissement.

    Et si ce tau est la duree totale, alors il faut prendre la puissance moyenne dégagée et pas la puissance initiale.

    1. Merci pour ces précisions. En effet le commentaire d’Adrien Bonnet s’adressait d’une certaine façon à vous en s’érigeant en censeur, je comprends mieux votre énervement.

      Pour la formule qui donne la quantité de chaleur totale comme le produit d’une puissance initiale et d’un temps caractéristique de refroidissement, il est vrai que je n’ai pas voulu effrayer les lecteurs non scientifiques en parlant de l’intégrale d’une exponentielle décroissante, mais peut-être aurais-je dû pour clarifier les choses.

      En toute rigueur, dans un processus de refroidissement gouverné par des équations de transfert de chaleur linéaires, la température ne revient à l’équilibre qu’au bout d’un temps… infini : mathématiquement, on dit qu’elle tend asymptotiquement vers l’équilibre. En termes plus courants, le refroidissement est de plus en plus lent au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’équilibre. Le temps tau est le temps caractéristique de la fonction qui représente l’évolution de la puissance au cours du temps, une exponentielle décroissante, c’est-à-dire non le temps de refroidissement total (théoriquement infini…) mais celui au bout duquel la puissance initiale est divisée par environ 2,71828.

      Bref, si j’avais voulu justifier réellement le résultat j’aurais dû écrire (le module LaTeX ne fonctionnant pas dans les commentaires, je suis obligé d’écrire “en français”) :

      Q = intégrale de 0 à l’infini de {P_0 fois e^(-t/tau)} = P_0 fois tau

      car c’est une propriété de la fonction exponentielle décroissante que j’ai utilisée, à savoir que son intégrale jusqu’à l’infini (qui représente ici la chaleur totale) est égale à sa valeur initiale (ici la puissance thermique initiale) multipliée par son temps caractéristique.

      La vulgarisation est un art souvent difficile où l’équilibre entre simplification et profondeur de la démonstration est parfois difficile à trouver…

  11. Merci pour vos precisions et pour cet article que j’ai trouvé particulierement eclairant sur notamment le temoignage du gardien du WTC qui rapportait “a huge explosion” dans le sous-sol.
    Se pourrait-il que le metal en fusion soit le fameux stock d’or qui a disparu du WTC? (Ceci est une blague)

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