Toxic Story

Le genre : thriller médical et récit d’un déniaisement.

Le professeur Romain Gherardi n’est pas n’importe qui : chef de service du centre expert en pathologie neuromusculaire de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil, ce médecin et chercheur (de 2000 à 2014, il dirige une équipe à l’Inserm) a publié plus de 350 articles scientifiques et participé à de nombreux ouvrages collectifs. C’est donc une “pointure” du monde médical. Pourtant, si l’ouvrage (qualifié de “document” sur la page de titre intérieure) est bien truffé de raisonnements, de schémas et tableaux en annexes, et de références bibliographiques comme il sied à toute démonstration à caractère scientifique, le prologue plante le décor d’une tout autre manière. En voici un extrait :

“C’est l’histoire d’une nouvelle pathologie, devenue peu à peu l’histoire d’une longue traque. Si le coupable court depuis 1926, la première scène de crime n’est photographiée qu’en 1993, et il faudra attendre encore cinq ans avant qu’il soit identifié. En 2016, il circule toujours sans être inquiété alors que la liste de ses victimes ne cesse de s’allonger. Chacun de ses procès, toujours dans l’ombre d’un huis clos, s’est soldé jusqu’à aujourd’hui par un non-lieu. “Faute de preuves”, disent les autorités compétentes. Faute, surtout, de moyens. Car l’État, sidéré par la complexité de l’affaire, demeure en retrait.”

Déflorons tout de suite l’intrigue : ce coupable qui court toujours, c’est l’aluminium vaccinal, un adjuvant utilisé – évidemment pas dans le but de nuire1 – pour augmenter l’efficacité des vaccins. En 2018, cela fait donc 20 ans2 que ce coupable a été identifié par des méthodes scientifiques rigoureuses, ce qui n’empêche pas les autorités sanitaires de continuer à mentir sur son innocuité. Pourquoi ? C’est la partie déniaisement de ce livre qui le relate, tout aussi passionnante – mais en plus, révoltante – que la partie proprement scientifique, toutes deux intimement mêlées. Car si le prologue, peut-être pour ne pas effrayer le lecteur dès les premières pages, parle seulement de “manque de moyens”, on pourrait aussi après avoir lu l’ouvrage renverser l’argument et parler plutôt d’excès de moyens… pour la partie adverse, des industriels richissimes du monde pharmaceutique dont la seule loi est celle du profit maximal, et qui par leur “réussite” ont provoqué une corruption généralisée du milieu médical et des instances de santé gouvernementales ou internationales (AFSSAPS, OMS…). Et des industriels qui, contrairement au professeur Gherardi, ne voient pas les malades comme des êtres humains en souffrance voire en totale détresse, mais comme une ligne de statistiques dans un tableau Excel®.

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American Holocaust :
un livre injustement méconnu dans la francophonie

Massacre de Sand Creek, 29 novembre 1864

Massacre de Sand Creek, 29 novembre 1864

En cette journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste – lequel ? ce n’est pas précisé – il est utile, voire nécessaire, d’aller un peu au-delà de la propagande officielle, désespérément sioniste donc nombrilo-centrée, pour remettre en perspective le génocide nazi – dont il est question – dans l’histoire humaine, qui en compta d’autres, et pas des moindres.

N’étant ni historien ni en passe de le devenir, je me bornerai ici à faire une petite traduction d’une fiche de lecture, initialement en anglais, d’un livre écrit dans la même langue par David Stannard, professeur d’études américaines à l’université de Hawaï et auteur d’un très remarqué American Holocaust paru en 1992 chez Oxford University Press. Il y met en perspective l’ampleur de ce massacre à l’échelle d’un continent et de quatre siècles et qui fit, d’après ses recherches, de l’ordre de 100 millions de victimes humaines.

Voici cette fiche de lecture, rédigée initialement en anglais par Guido G. B. Deimel :


Qui était Christophe Colomb ? Chaque écolier sait qu’il a découvert l’Amérique. Mais en réalité l’Amérique avait été découverte par les « Indiens » d’Amérique des millénaires auparavant. Qu’auraient dit les Espagnols du seizième siècle si des Indiens avaient accosté sur leur rivage et avaient proclamé avoir découvert l’Europe ?

Qui sait que Colomb, avant sa carrière de navigateur, avait pour profession marchand d’esclaves et deviendrait un croisé personnellement responsable du massacre d’un demi-million d’Indiens, et que c’était déjà lui qui introduisit ces mesures généralement attribuées à d’autres conquistadors plus tardifs, comme l’esclavage des Indiens ou la chasse aux Indiens avec des chiens ?

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La grande séparation

la grande séparationLe genre : le mondialisme expliqué aux naïfs.

Ayant lu ce livre en 2014 peu après sa sortie, j’ai longtemps retardé la rédaction d’une note de lecture le concernant. Non parce qu’il ne me semblait pas être un ouvrage prioritaire, mais au contraire parce que la variété des sujets abordés, que le titre laisse mal présager, et la justesse des analyses développées par Hervé Juvin, répondant parfaitement à de très nombreux questionnements de mes contemporains dans une époque troublée,  en font au contraire une œuvre majeure que l’on doit considérer avec grand respect, et à laquelle on a spontanément peur de ne pas rendre justice par un modeste article de blog. Mais l’époque étant ce qu’elle est, et les fous ayant déjà en main les clés de l’asile, j’ai enfin décidé de mettre un terme à cette procrastination.

 La couverture pourrait faire penser à un livre d’ethnologie traitant du nécessaire respect des “peuples primitifs”, requalifiés “peuples premiers” par la novlangue politiquement correcte. Il n’en est rien : si l’auteur illustre bien ses propos par quelques exemples tirés de sa connaissance de civilisations “exotiques”, c’est un peu à la manière des Lettres Persanes de Montesquieu (tiens, une des mascottes de ce blog…), afin de nous faire mieux percevoir le désastre évolutif de notre monde “civilisé”, disons “occidental” pour faire simple, et l’abîme nihiliste vers lequel il se précipite.

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La République des censeurs

La république des censeursLe genre : démonstration par l’absurde

Peut-être est-ce dû à sa qualité de physicien, signe d’une tournure d’esprit proche de la mienne, mais je dois reconnaître que j’apprécie particulièrement Jean Bricmont, toujours précis, rationnel et essayant de tirer la réflexion vers le haut dans les débats “sociétaux” en faisant preuve d’une grande rigueur argumentaire, là où tant d’autres versent dans l’hystérie émotionnelle ou les attaques ad hominem. C’est aussi, comme moi, un homme “de gauche”, mais du temps où la gauche visait à fournir aux pauvres des conditions de vie et de travail décentes, condamnait l’impérialisme au lieu de le justifier, en Libye, en Syrie ou en Ukraine, défendait la liberté d’expression au lieu de la museler, et condamnait vigoureusement l’apartheid au lieu de diaboliser et menacer de poursuites ceux qui luttent contre le dernier régime politique de ce type sur la planète. D’un temps où la gauche était donc à l’opposé du troupeau de lâches et de traîtres arrivistes qu’elle est devenue aujourd’hui. Cette fiche de lecture ne peut donc être parfaitement impartiale, vu l’admiration que je porte à l’auteur.

Une admiration qui n’est toutefois pas sans bornes, car je reproche à Bricmont de faire la “grève de la physique” lorsqu’il s’agit d’analyser rationnellement les événements du 11-Septembre, en se contentant d’aligner des arguments très faibles de type sciences humaines et sociales, là où une science inhumaine et asociale telle que la physique permet de procéder de façon sûre par élimination des scénarios les plus farfelus, car contraires aux lois de la nature – par exemple celles du mouvement établies par Newton à la fin du dix-septième siècle, ou encore les premier et deuxième principes de la thermodynamique, établis au dix-neuvième siècle. Abandonner ses armes méthodologiques les plus sûres sur le champ de bataille, M. Bricmont, c’est tout à fait regrettable, et c’est même une faute professionnelle ! Le principe des actions réciproques ou la conservation de l’énergie ont quand même une autre puissance et une autre autorité que ces ratiocinations de sciences très molles, voire carrément non scientifiques. Mais ce n’est pas le sujet de l’ouvrage dont il est maintenant question.

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Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine
(Carroll Quigley – Pierre Hillard)

[Note de l’administrateur de ce blog : au moment où d’importants bouleversements sont en cours au sommet de la première puissance mondiale (sur le plan militaire au moins), il est intéressant d’écouter Pierre Hillard présenter le livre de l’historien américain Carroll Quigley, Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine, paru aux États-Unis dans sa version originale en 1981. Un livre, posthume à la demande de l’auteur, qui éclaire particulièrement les liens profonds et anciens de cette oligarchie avec le monde juif, donc avec le sionisme et aujourd’hui l’État d’Israël, ainsi que l’importance chez elle de l’idéologie mondialiste, qui vient semble-t-il de prendre du plomb dans l’aile avec l’élection de Donald Trump.

Cette vidéo a été enregistrée en juin 2015 ; elle ne manquera pas de faire réagir les habituels mougeons qui la trouveront sans doute complotiste®, antisémite®, réactionnaire® et nauséabonde®. Manque de bol, Pierre Hillard ne parle ici, via Carroll Quigley mais aussi via des historiens juifs faisant autorité en leur domaine comme Gershom Scholem ou Cecil Roth, que des connaissances les mieux établies en la matière.]

Le nouveau capitalisme criminel

nouveau-capitalisme-criminelLe genre : coup de poing dans la gueule.

On trouve principalement aux éditions Odile Jacob des essais à caractère scientifique écrits par des “pointures” ayant quelque surface médiatique, et traitant de sujets plutôt ardus pas forcément faciles à lire pour les non-scientifiques. Quelques exemples issus de ma bibliothèque personnelle : L’erreur de Descartes de Antonio R. Damasio, La fin des certitudes de Ilya Prigogine, ou encore Hasard et chaos de David Ruelle. Pas de romans policiers, ni de romans d’horreur. Pourtant, l’ouvrage de Jean-François Gayraud, qui n’est pas un scientifique mais un haut fonctionnaire de la police nationale, relève à la fois de ces deux dernières catégories, tout en consacrant une large part (4 chapitres sur 7) à un développement extrêmement technique de la finance contemporaine (le “trading haute fréquence”) qui lui donne une parenté certaine avec les essais scientifiques.

Mais surtout, le lecteur qui suivra avec attention les démonstrations de l’auteur, en en mesurant bien les conséquences sur la marche du monde, ne pourra refermer le livre qu’avec un sentiment d’indignation, de rage ou d’effroi – et sans doute un peu des trois à la fois. Mais comme le but de cet article n’est pas de vous dissuader de lire l’essai (bien au contraire !), précisons aussi qu’il en tirera une compréhension aiguë des dysfonctionnements de ce monde, donc se portera mieux, car il est toujours préférable de comprendre pourquoi cela ne va pas même si c’est encore pire que ce que l’on pensait, que de constater que rien ne va sans avoir une idée cohérente des raisons du désastre.

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Comment ne pas lire Dialogues désaccordés ?

dialogue[Mise à jour 11 mars 2016 : depuis ce jour, en France zone occupée, ce livre est interdit à la vente. Raison de plus pour courir acheter et lire d’autres ouvrages d’Alain Soral, comme bien sûr Comprendre l’Empire mais aussi Vers la féminisation ? ou Chroniques d’avant-guerre, pour comprendre à la fois ce que cet écrivain a de visionnaire et combien la cabale qu’il subit est digne d’un État totalitaire.]

La “justice française”, qui ne mérite plus ni ce substantif ni ce qualificatif, puisqu’elle sert aujourd’hui de police politique pour des lobbies et des intérêts de puissances étrangères, a interdit la vente du livre d’Éric Naulleau et Alain Soral, Dialogues désaccordés, par une décision du 11 février 2016. Ayant acheté et lu ce livre par le passé, je peux confirmer que cette censure, digne de la Roumanie sous Ceaușescu et sollicitée par Pierre Bergé, ne repose sur absolument rien de recevable. Pour autant, et même si je peux considérer qu’acheter le livre avant sa date de retrait (10 mars 2016, minuit) constitue un acte de résistance civique tout à fait sain, je conseillerais plutôt à mes lecteurs qui ne l’ont pas encore lu d’économiser les 16 euros qu’il coûte pour les consacrer à un autre ouvrage, comme par exemple le remarquable Comprendre l’Empire, ce qui leur permettra même d’économiser 50 centimes.

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Climat investigation

climat investigation 300Le genre : scandaleuse insignifiance.

J’ai déjà eu l’occasion de démonter certains arguments foireux de “climatosceptiques” (mot idiot mais commode en première approche), notamment en disséquant une conférence de Vincent Courtillot, scientifique bien plus gradé que moi mais tellement obsédé par l’idée de démontrer l’influence prépondérante du Soleil sur le climat (pour prouver l’influence minime de l’homme) qu’il est devenu célèbre malgré lui par un article intitulé “Are there connections between the Earth’s magnetic field and climate?” où il fit avec ses coauteurs un calcul supposant implicitement que la Terre était un disque noir orienté vers le Soleil. Gênant pour le directeur de l’Institut de Physique du Globe, ainsi que pour le comité de lecture de la revue Earth and Planetary Science Letters qui laissa passer une telle boulette ; cette mésaventure lui valut d’ailleurs l’affectueux sobriquet de Chevalier de l’Ordre de la Terre Plate.

Logiquement, j’ai donc eu du mal à ne pas m’intéresser au “sulfureux” ouvrage (comme disent les journalistes obéissants, courbant préventivement la nuque au cas où) de Philippe Verdier, ex-Monsieur Météo de France 2 et viré de cette même chaîne en raison précisément de ces écrits jugés “climatosceptiques”. Même si, bien entendu, je ne m’attendais pas à devoir fournir les mêmes efforts intellectuels que ceux nécessaires pour montrer que Vincent Courtillot ne captait strictement rien aux articles de dendroclimatologie utilisés pour appuyer sa thèse. Eh oui, un article scientifique, c’est beaucoup de travail pour son auteur, mais aussi un travail conséquent pour les lecteurs, surtout lorsqu’ils ne sont pas familiers du champ de recherche concerné – ce qui était mon cas.

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Bougies contre Kalachnikovs ?…

… Ou saut qualitatif dans la conscience politique et historique ?

 

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME - Lyon, le 14 novembre 2015 - Rassemblement et recueillement a Lyon apres les attentats de Paris. Rassemblement spontane place des Terreaux. Les badauds deposent aussi des bougies sur les marches de l hotel de ville. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree878192.jpg) [Photo via MaxPPP]

©PHOTOPQR/LE PROGRES/JEGAT MAXIME – Lyon, le 14 novembre 2015 – Rassemblement et recueillement a Lyon après les attentats de Paris.

Dans un élan louable de caricature d’eux-mêmes, les bobos de Paris et d’ailleurs ont sorti les bougies et entonné les chansons (de joie, même) pour lutter contre la barbarie. Ils précipitent ainsi un peu plus leur extinction idéologique, même si le ridicule ne tue pas (BHL en sait quelque chose).

C’est une bonne nouvelle, car face à un ennemi sans éthique (que l’on parle ici des exécutants, accessoires et jetables, ou de leurs commanditaires, bien plus dangereux), il est peu probable que les bons sentiments soient l’arme la plus efficace. L’éducation, par contre – la vraie, pas celle prônée par notre ministre de l’ignorance – a toujours été l’arme ultime pour dépasser la haine et apaiser les conflits qui, disait Whitehead, sont “le signe qu’il existe des vérités plus amples et des perspectives plus belles”.

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La bataille du discours

Shamir Bataille du discoursLe genre : Le Petit Prince du 21ème siècle

Le 14 juillet, anniversaire d’un mensonge historique à succès que les Daech – ISIL – EIIL de l’époque ont réussi à transformer en fête nationale, m’a paru un jour tout indiqué pour vous parler de La Bataille du Discours, d’Israël Adam Shamir, ouvrage fort peu promu par nos “grands” media pour la bonne raison que sa lecture les réduit définitivement en pièces.

Déjà, le titre est génial de simplicité et de justesse ; nous sommes en effet au coeur d’une bataille, responsable de millions de morts, de blessés, de déportés et d’affamés dans le monde entier, mais les armes les plus dangereuses de toutes, celles qu’il faut faire taire de toute urgence, ne sont pas faites d’acier et de munitions : ce sont les armes des Maîtres du Discours, c’est-à-dire les media de masse qui tous sont la propriété de grands groupes industriels ou bancaires, et qui ont intérêt – pour le petit nombre de psychopathes ivres de pouvoir et insensibles au bien commun qui les dirige – à provoquer des guerres, à entretenir le terrorisme et à “reconstruire” sur la base du chaos le plus total.

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