La France, une dictature en marche
(Antipresse – le Drone n°22)

[Note de l’administrateur de ce blog : il y a quelques mois, je reprenais régulièrement des articles d’Antipresse, un repaire de mal-pensants cultivés répandant leur fiel numérique via une lettre d’informations hebdomadaire. Puis, le Drone est arrivé et avec lui l’accès payant, sauf pour le numéro zéro, à cette bouffée d’oxygène littéraire – mais pas que littéraire. L’esprit critique et la logique, donc les fondements même de l’activité scientifique qui est la mienne, y sont en effet constamment cultivés avec soin et brio.

J’ai déjà vanté cet hebdomadaire nécessaire, et je continuerai à le faire. J’encourage tous mes lecteurs à le soutenir – et surtout à se faire plaisir – en souscrivant un abonnement comme je l’ai fait ; espérons que le nombre d’abonnés finira par atteindre le seuil suffisant pour une diffusion de ce petit bijou sous une forme imprimée, à l’ancienne. Marre des écrans, fussent-ils à quinze trillions de couleurs et autant de mégapixels.

Aujourd’hui, ayant reçu ma livraison dominicale du Drone, je ne peux m’empêcher de vous en livrer un article tant il colle à ma pensée, et tant j’aurais aimé l’avoir écrit. Son auteur, Slobodan Despot, citoyen suisse d’importation serbe, est plus français que les meilleurs français comme tous ceux qui le sont par amour de cette langue. Il est donc d’autant plus révolté par la passivité des Français “de papier” – ceux qui n’ont rien fait pour l’être, à part naître – face à la dégringolade vertigineuse de leur pays dans le domaine qui jadis le caractérisa le mieux : la liberté.

Je ne peux que déplorer comme lui “l’infinie arrogance de la caste dirigeante française, de ces intellectuels de cour, de ces administrateurs de châteaux de cartes, de ces journalistes de succion, de toute cette basse-cour de pans sans queue et de crevettes vexées en tailleur qui continuent de parader comme s’ils avaient le monde à leurs pieds”. Et constater avec lui que “depuis le 11 septembre 2001 — et bien plus tôt dans ses sphères moins visibles — le monde atlantique est entré dans une spirale du mensonge.”

Moralité : soutenez cette parcelle de France réfugiée en Suisse, abonnez-vous !]


Une lettre ouverte à Georges Bernanos

«Le désir de l’ennemi est précisément que nous renoncions à comprendre.» (Bernanos)

Cher et vénéré Maître Georges,

I

Vous étiez au Brésil quand votre pays, la France, a été occupé par les nazis. C’est de là-bas que vous avez pris votre part à la Résistance, par l’arme privilégiée de l’homme de lettres, sa plume — qui chez vous, comme chez toutes les grandes âmes, écrit non avec de l’encre, mais avec votre propre sang. Vous avez dénoncé la lâcheté, la décrépitude et les compromissions des castes gouvernantes de votre pays, ne vous résignant pas à voir la patrie des libertés devenir une sociologie de servitudes. Vous avez vomi «les entremetteurs et les casuistes, les intellectuels pourris, les vieillards macérés dans l’impuissance et la rancune comme un cadavre dans les aromates».

A qui m’adresser aujourd’hui, sinon à vous qui avez pris le chemin de l’exil après Munich, cette trahison des élites françaises «économiquement et moralement asservies à un système et à un monde hostile»? A vous qui avez entretenu jusqu’au bout l’espérance en une France irréconciliable de par sa nature avec la civilisation androïde qui s’annonçait, en une France contre les robots ?

Cher et vénéré Maître Georges, vous qui avez noyé de lumière mystique mes grandes lectures d’été avec votre curé Donissan, votre Mouchette, vous qui avez osé regarder en face le crépuscule de la spiritualité française avec Monsieur Ouine, vous qui êtes un modèle de courage et de droiture parmi les rampants — revenez !

Continuer la lecture

Les racines du sionisme chrétien américain 2/2
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : seconde partie de l’excellent article de Christopher Pisarenko sur les convergences idéologiques entre les États-Unis et Israël, deux puissances qui, rappelons cette évidence, se sont construites sur la négation des droits, voire de l’existence, de peuples autochtones. Le fanatisme religieux n’en finit pas de faire des victimes, même et surtout à l’ère de la high-tech. On retiendra notamment ce passage :

“Lorsque, au début du XXe siècle, les États-Unis assistèrent à la formation politique de l’État juif naissant par la déclaration Balfour de 1917, une philosophie millénariste distincte se manifesta de nouveau. Les dirigeants évangéliques sont devenus de plus en plus fermes dans leur soutien au peuple juif pour conquérir la Palestine et pour déposséder et même exterminer tous les musulmans parce que, selon eux, les juifs sont le « peuple élu » de Dieu. Les comparaisons ont été facilement faites (alors que de plus en plus de « colons » juifs ont immigré en Palestine) entre ce que les juifs faisaient aux Arabes et ce que les colons américains avaient déjà fait à la population indigène de l’Amérique du Nord.”

Comme le remarque l’auteur, le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël ne s’explique pas par un “piratage” total de ses institutions par le lobby juif sioniste américain, et notamment l’AIPAC, même si comme je l’ai déjà signalé certains juifs se vantent d’un tel contrôle – mais il existe des vantards dans tous les groupes humains. La puissance et la nocivité d’un tel lobby existent bel et bien en France – j’en sais quelque chose – où elles heurtent de front les valeurs affichées de la République Française, sa devise et sa laïcité ; mais en comparaison, on peut dire que le “cas américain” est davantage un exemple de synergie qu’un exemple de piratage. Et, selon l’auteur, c’est pire : alors que des juifs antisionistes comme Norman Finkelstein anticipent – et souhaitent – la fin du soutien américain à Israël au fur et à mesure que les atrocités commises par Israël se répandront dans les media, Christopher Pisarenko affirme que le soutien américain à Israël ne prendra jamais fin, et ceci pour des raisons profondément religieuses, qui constituent également la base idéologique de l’attitude impérialiste américaine.

On pourrait peut-être ajouter, l’éternité n’étant jamais un concept pertinent en politique – qu’on songe à ce qu’il advint du “Reich de mille ans” – que ce soutien prendra fin par effondrement de l’un ou de l’autre, ou des deux. Ce qui semble déjà bien entamé, économiquement pour l’un, idéologiquement pour l’autre.

Terminons cette introduction par une anecdote : j’eus un jour affaire à un mormon américain, d’abord sans le savoir. Un ingénieur sorti de la Brigham Young University qui hantait, comme moi, des forums consacrés aux automobiles hybrides et électriques, au tout début des années 2000. Ayant repéré parmi les intervenants ceux dont les connaissances techniques semblaient solides – dont moi-même – il constitua une liste de diffusion restreinte et entreprit de nous faire participer à un projet grandiose qui règlerait les problèmes énergétiques de l’humanité. Naturellement circonspect – je ne vois aucune raison à ce jour de remettre en cause les premier et deuxième principes de la thermodynamique, et toute source d’énergie “miraculeuse” me fait froncer les sourcils – je finis à force de questions par en savoir un peu plus sur l’état de ses “recherches”. Bien entendu, cela ne fonctionnait pas encore tout à fait, mais il s’agissait d’une source d’énergie électrique gratuite et inépuisable. Et dont la première application serait démontrée dans le cadre de son activité professionnelle : fournir les quelques mégawatts nécessaires aux congélateurs à poulets géants d’une chaîne de fast food. Cette association baroque entre technique “de pointe” (voire de science-fiction), religion sectaire et l’une des armes de destruction massive de la santé les plus abouties de la société américaine m’avait, je dois dire, autant amusé qu’inquiété.]


Au cours du dix-neuvième siècle, deux mouvements religieux typiquement américains ont vu le jour : le mormonisme et l’adventisme du septième jour (c’est-à-dire le millénarisme). Une des choses qui ressort vraiment du mormonisme, en particulier dans le contexte de l’interprétation de la prophétie judéo-centrique, est que les premiers mormons (Joseph Smith, Orson Hyde et autres) croyaient fermement qu’il y avait deux « peuples élus » : les juifs et les Américains (ou les « Seconds Israélites »). De même, selon le fondateur du mormonisme, Joseph Smith (1805-1844), il y a deux Jérusalem : la Jérusalem biblique originale située en Palestine, et une Nouvelle Jérusalem qui serait un jour établie en Amérique du Nord. Selon Smith, chaque ville abriterait l’un des deux peuples élus de Dieu ; les Juifs recevraient la vieille Jérusalem et les Américains hériteraient de la nouvelle. Les juifs recevraient le royaume terrestre de Dieu en Palestine, et les chrétiens (c’est-à-dire les protestants, et plus spécifiquement les mormons) hériteraient du royaume spirituel. C’est ainsi que les mormons et leur marque distincte de théologie protestante ont réellement commencé à développer une division théologique bien articulée entre juifs et Américains, contrairement à la division millénariste antérieure entre juifs et chrétiens.

Comme mentionné ci-dessus, l’autre mouvement religieux « américain » par excellence est l’adventisme du septième jour fondé par William Miller (1782-1849). Miller était quelqu’un qui s’intéressait énormément à l’interprétation de la prophétie judéo-centrique, et il a en fait « emprunté » le travail de plusieurs écrivains anglais – et même le système de calendrier des juifs karaïstes – afin de faire avancer ses opinions religieuses et, en particulier, de déterminer la date précise de la Seconde Venue qui devait alors inaugurer le règne millénaire du Christ sur terre. Il a particulièrement incorporé plusieurs des écrits du célèbre « Père de la physique classique », Sir Isaac Newton, qui a lui-même dépensé une quantité prodigieuse d’énergie intellectuelle pour examiner et interpréter les prophéties bibliques afin de déterminer la date exacte de la « fin du monde ».

Continuer la lecture sur le saker francophone →

Les racines du sionisme chrétien américain 1/2
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : si certains juifs américains prétendent contrôler totalement les États-Unis, et si certains lobbies juifs comme l’AIPAC sont incontestablement puissants aux USA – comme le CRIF en France – il ne faut pas pour autant conclure à un “piratage” pur et simple d’un pays entier, qui est même la plus grande puissance militaire du monde, par une fraction ultra-minoritaire de l’humanité ayant récemment colonisé un petit territoire au Moyen-Orient. Adhérer à cette vision d’un “complot juif” revient à donner aux juifs – et même aux seuls juifs sionistes – un pouvoir qu’ils n’ont pas par eux-mêmes.

Thierry Meyssan a déjà rappelé que le sionisme n’est pas seulement une spécialité juive, mais qu’il trouve aussi de fervents défenseurs chez les chrétiens évangéliques, qu’on trouve en grand nombre aux États-Unis. Ici Christopher Pisarenko complète ce point de vue par une analyse plus approfondie des similitudes entre des idéologies qui partagent une vision littérale de la Bible et le sentiment d’être un “peuple élu” ayant une mission divine d’envergure planétaire.

Il est assez amusant de voir des mouvements prétendant défendre la laïcité et les valeurs républicaines, et s’inquiéter des progrès du “modèle anglo-saxon” et du “libéralisme”, tomber en pâmoison devant la ferveur sioniste ou oser parler de la “retenue” d’Israël vis-à-vis des Palestiniens le 17 mai 2018 – mais il est vrai que le site de Riposte Laïque (dont le directeur de publication, Guy Sebag, vit en Israël) est hébergé aux États-Unis et que celui de Résistance Républicaine, très islamo-centré, est dans la droite ligne du “choc des civilisations” cher à Samuel Huntington.

Ce qui confirme que pour manipuler efficacement des populations, il est essentiel d’organiser préalablement leur ignorance et de maintenir leur esprit critique à un niveau aussi proche que possible du zéro absolu. Alors seulement peut-on faire la guerre au nom des droits de l’homme et asservir les peuples au nom de la liberté. Ou défendre le pire des obscurantismes religieux au nom des Lumières et de la laïcité républicaine.]


Bien avant que John Locke ne commence à écrire ses œuvres à la fin du XVIIe siècle qui ont jeté les bases du libéralisme politique dans le monde anglo-saxon (et l’Occident), il existait déjà les opinions religieuses profondément enracinées de Martin Luther et Jean Calvin. Les œuvres de ces deux pères fondateurs du protestantisme ont beaucoup influencé la Weltanschauung spirituelle, culturelle, politique, sociale et économique des Américains, beaucoup plus que tout écrit de Locke ou de l’un des autres philosophes du contrat social des Lumières (par exemple Hobbes, Rousseau, Kant, etc). Cette vision américaine unique du monde, ou plus spécifiquement de sa culture-âme, apparue sur les côtes rocheuses de la Nouvelle Angleterre durant la première moitié du XVIIe siècle, peut en effet être qualifiée de « calviniste » car elle présente de nombreux traits calvinistes tels que l’Éthique protestante, l’individualisme acharné, une obsession pour le concept du peuple élu de Dieu, la croyance en l’exceptionnalisme, une mission mondiale universelle, etc.

Cependant, il existe un catalyseur idéologique spécifique au sein du calvinisme, qui a jeté les bases de la tradition du sionisme chrétien − une tradition qui a fleuri en Amérique du Nord pendant les 400 dernières années et qui prospère aujourd’hui comme jamais auparavant parmi les chrétiens évangéliques, les néoconservateurs et une variété d’autres groupes. Le catalyseur idéologique auquel il est fait allusion est l’interprétation de la prophétie judéo-centrique. Sans ce catalyseur idéologique fondamental fermement implanté (tel qu’il l’était dans la théologie protestante primitive), il est hautement douteux que la doctrine subséquente du sionisme chrétien soit jamais apparue − une doctrine qui a eu une énorme influence non seulement sur la religion et la politique mais aussi sur la culture et l’identité américaines.

Continuer la lecture sur le saker francophone →

Syrie (7 avril 2018) – Gaza (14 et 15 mai 2018) :
le scandaleux “2 poids 2 mesures” de la diplomatie française et européenne (UPR)

Syrie - Gaza - 2 poids 2 mesures (UPR)[Note de l’administrateur de ce blog : si la France avait encore une classe politique digne de ce nom, voilà à quoi ressemblerait l’analyse des conflits au Moyen-Orient. Ce n’est hélas plus le cas depuis longtemps.]


À un mois d’intervalle, deux crises au Moyen-Orient, l’une en Syrie et l’autre à Gaza, viennent d’illustrer le scandaleux « 2 poids 2 mesures » de la diplomatie française. Une différence de traitement tellement indécente qu’elle explique la dégradation de l’image de la France dans tout le Moyen-Orient. Notre pays apparaît désormais comme tellement de parti pris que cela ne peut avoir pour conséquence que d’accroître le risque d’actes terroristes désespérés sur le sol national.

SYRIE, 7 avril 2018

Dans la nuit du 7 au 8 avril 2018, une attaque chimique présumée aurait été perpétrée dans la ville syrienne de Douma (Ghouta orientale) et y aurait provoqué entre 40 et 100, ou 150 morts (source ici).

Bien qu’aucune enquête indépendante n’ait eu le temps d’être conduite pour témoigner de la réalité même de l’attaque, et bien que ni l’identité ni les photographies d’aucune victime n’aient même été présentées à la presse mondiale, les gouvernements de Washington, Londres et Paris ont aussitôt accusé les forces régulières syriennes et le président Bachar el-Assad d’être les auteurs de cette tuerie, malgré les dénégations formelles de ce dernier, dénégations reprises par les autorités russes.

Moins d’une semaine après, dans la nuit du 13 au 14 avril, les trois mêmes gouvernements occidentaux ont tiré des missiles contre la Syrie, en violation expresse du droit international, et alors même que plusieurs pays occidentaux, dont l’Allemagne, refusaient d’intervenir militairement faute de preuves.

Un mois après, en ce 15 mai 2018, les tenants et aboutissants exacts de cette attaque chimique présumée n’ont toujours pas été élucidés.

Plus grave même, il existe un soupçon que l’ensemble de cette affaire n’aurait été qu’un montage :

  • le 13 avril, le ministre des Affaires étrangères russe a affirmé qu’il détenait les « preuves irréfutables » que les services spéciaux d’un État «en première ligne dans la campagne russophobe» étaient impliqués dans la « mise en scène de l’attaque chimique » présumée ;
  • le 19 avril, la télévision russe RT a ensuite  diffusé une vidéo où un garçonnet syrien – Hassan Diab -, qui avait été présenté par les médias occidentaux en train d’être aspergé à grande eau par les Casques blancs, ce qui aurait constitué une « preuve » de l’attaque – témoigne avec son père qu’il ne se serait agi que d’une mascarade organisée par les « Casque blancs ».

Continuer la lecture sur le site de l’UPR →

Le psychopathe des nations (E&R – le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : en ce soixante-dixième anniversaire de la proclamation d’indépendance de “l’État” d’Israël, je vous conseille la lecture de deux articles, un premier de Laurent Guyénot (dont j’ai repris le titre) et un second de Dmitry Orlov. Chacun a ses mérites : celui de Laurent Guyénot est “sérieux” et plein de références bibliques alors que celui de Dmitry Orlov verse volontiers, comme à son habitude, dans une ironie mordante envers les religions en général, ce qui correspond sans doute davantage à ma vision de celles-ci et de tous les discours dogmatiques.

Mais l’un comme l’autre sont des réquisitoires contre l’immodestie, voire l’hubris délirante d’hommes qui se croient grands et qui ne sont en définitive qu’enchaînés à leurs pulsions destructrices, au lieu d’être tournés vers une quête spirituelle et de paix. Ils sont certes coupables de leurs actions, mais ne sont pas les seuls : ceux qui les regardent sans rien faire ou pire, s’inventent des raisons absurdes de les soutenir (comme l’idée qu’un vieux texte religieux puisse servir de titre de propriété foncière), ne valent pas mieux. Einstein le résumait fort bien :

“Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire”


Le psychopathe des nations

par Laurent Guyénot

Israël est aujourd’hui sur la scène internationale l’équivalent de ce qu’est un psychopathe dans la communauté des hommes. Après soixante-dix ans d’existence, les effets dévastateurs de son narcissisme pathologique et de sa mégalomanie paranoïaque, encore récemment illustrées par l’inversion accusatoire histrionique de Netanyahou contre le programme nucléaire iranien, se font sentir dans la planète toute entière. Son talent de manipulation est stupéfiant, en particulier sa capacité de diriger la politique étrangère et militaire de la plus grande puissance mondiale, en lui faisant croire qu’elle agit dans son intérêt quand elle n’agit en réalité que pour le bien d’Israël et creuse sa propre tombe. Car tout l’art de la manipulation est de faire croire au manipulé qu’il pense et qu’il décide, quand c’est vous qui pensez et décidez à travers lui : c’est bien ce que fait Israël avec les États-Unis en les entraînant à détruire tous les ennemis d’Israël au Proche et Moyen-Orient.

Le psychopathe ne change pas. Rien n’arrêtera Israël. Son destin est écrit dans la Torah : c’est la soumission de toutes les nations à un nouvel ordre mondial centré à Jérusalem, prophétisée par Isaïe, et à nouveau par Ben Gourion en 1962 [1]. Les nations insoumises seront détruites ; ce sont les « sept nations » de la Bible (Deutéronome 7,1-2 et Josué 24,11), dont a parlé sans en avoir l’air le général Wesley Clark, fils du rabbin Benjamin Jacob Kanne [2]. C’est aujourd’hui le tour de la Syrie : « Oracle sur Damas. Voici Damas qui cesse d’être une ville, elle va devenir un tas de décombres » (Isaïe 17,1-2).

Ce qui finit par perdre le psychopathe, c’est qu’il en fait trop. Parce que rien n’étanche sa soif de pouvoir, parce que la naïveté de ses victimes lui paraît sans limite, et parce que l’expérience lui démontre que les mensonges les plus gros sont ceux qui passent le mieux [3], il va toujours trop loin. Son impulsivité, son incapacité à gérer la frustration et l’humiliation, le poussent parfois à des actions dont les conséquences échappent à son contrôle. Un jour ou l’autre, le masque se fissure. Même ses larmes deviennent suspectes. Mais il est généralement trop tard : il ne laisse derrière lui que ruine et désolation.

Continuer la lecture sur Égalité & Réconciliation →


Le monde peut prendre fin pour la plus stupide des raisons

par Dmitry Orlov

Nous, les humains, aimons croire que les choses arrivent pour une raison et nous détestons penser que quelque chose de très important, comme la fin du monde, pourrait arriver sans aucune raison. Et ce que nous devrions le plus détester, c’est l’idée que le monde pourrait prendre fin pour une raison vraiment stupide, tellement stupide qu’on a envie d’en pleurer. Et pourtant c’est exactement ce qui pourrait se passer. C’est une longue histoire, alors commençons.

Il était une fois une tribu nomade appelée les Hébreux qui était très avancée pour son temps. Ils ont mis au point une première version de l’alphabet, la plupart du temps à partir de l’alphabet phénicien, et ils l’ont utilisé pour écrire toutes sortes de choses qu’ils avaient entendues, racontées par d’autres tribus ou venant de leur propre histoire. Les mythes, les chroniques, la poésie, les déclamations hallucinatoires, des bouts de législation et des diatribes politiques ont tous été rassemblés en un seul recueil trompeusement appelé “Le Livre”. En tant qu’œuvre littéraire, elle est assez inégale et généralement assez ennuyeuse, bien que certaines parties en valent vraiment la peine.

Étant plutôt dominés par leur hubris, les Hébreux se sont proclamés “peuple élu de Dieu” et ont organisé un culte centré sur ce “Livre” comme texte sacré. À plusieurs reprises, ils ont réussi à organiser un morceau d’empire local, centré sur Jérusalem en Palestine, qu’ils ont appelé Israël, mais son indépendance politique s’est définitivement terminée vers 930 av. J.-C. Puis, au milieu du premier siècle, les Hébreux ont été forcés de se disperser et de revenir au nomadisme. Les Romains avaient détruit leur temple à Jérusalem qui était le point focal de leur culte suprématiste, et bien que des parties de celui-ci aient persisté, leur nation, elle, n’a pas survécu.

Continuer la lecture sur le saker francophone →

L’appel à expurger la Torah de ses versets meurtriers
et racistes (E&R)

[Note de l’administrateur de ce blog : avec une obstination qui confine à l’inconscience voire au penchant suicidaire, des autorités “juives” (ou se prétendant telles) tentent de museler l’intelligence et d’anéantir l’esprit critique de tous ceux qui se mettent en travers de leurs ambitions hégémoniques ; elles refusent à l’histoire le statut de science, de peur sans doute que l’on découvre des compromissions trop gênantes avec des idéologies politiques servant aujourd’hui à diaboliser leurs adversaires, elles crient au complotisme dès que l’on suit sa raison plutôt que la propagande pour semi-débiles racontant les événements du 11-Septembre, et bien sûr hurlent à l’antisémitisme dès que l’on critique ce faux État, ayant réussi la prouesse d’apparaître comme un refuge pour les juifs en cas d’un retour d’animosité envers eux, alors qu’il est le plus sûr moyen de hâter ce retour : Israël.

Ainsi, on peut voir un ancien réparateur de chaussures, à qui on aura bien du mal à trouver une quelconque légitimité scientifique ou républicaine, oser écrire au président d’une université française une lettre de dénonciation calomnieuse pour lui demander rien de moins que de se débarrasser d’un “élément gênant” parmi ses rangs. Le ridicule ne tue pas, on le sait depuis longtemps (avant même les premières apparitions médiatiques de Bernard-Henri Lévy).

Mais les idéologies suprémacistes, qui considèrent qu’un groupe humain est supérieur aux autres et à ce titre, a tous les droits sur eux y compris le droit de mise en esclavage voire de génocide, tuent bel et bien : on l’a déjà vu avec le nazisme. Il est donc temps de dénoncer leurs promoteurs et de les mettre hors d’état de nuire, pacifiquement mais fermement.]


Tout a commencé par cette accusation dans le manifeste des 250 contre l’ansémitisme :

« Nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques »

En retour nous demandons que les versets de la Torah appelant à la soumission des nations et au meurtre des goyim soient frappés d’obsolescence théologique.

Dans les Nombres :

Moïse leur dit :

« Quoi ! Vous avez laissé vivre toutes les femmes ? (…)
Et maintenant tuez tous les enfants mâles et toute femme qui a connu l’homme par cohabitation »
(No XXXI.15-18).

Et dans le Deutéronome, premier livre apologiste de l’idée génocidaire :

« Tu anéantiras donc tous les peuples que te livre l’Éternel, ton Dieu, sans laisser ton œil s’attendrir sur eux »
(De VII.16).

Continuer la lecture sur Égalité & Réconciliation →

Une interprétation de la situation et des combats actuels. Trump est-il un traître de classe ? (Bruno Bertez)

[Note de l’administrateur de ce blog : datant du 11 avril, ce billet est antérieur à l’attaque contre la Syrie des USA, de l’Angleterre et de la France. Son auteur a également réagi à cette attaque dans un autre article que je vous conseille de lire, mais celui-ci, analysant les choses avec une certaine distance, me paraît particulièrement intéressant.]


Résumé: il est soutenu dans ce texte très audacieux mais fondé sur un examen serré des données que les puissances occidentales font un amalgame entre leur ennemi de l’intérieur, les populistes et leur ennemi de l’extérieur les Russes.

Un peu comme cela s’est opéré lors de la guerre froide ou il s’agissait de lutter contre la menace communiste à l’intérieur et la menace soviétique à l’extérieur.

La crise et l’affaiblissement des pays occidentaux  par la dislocation sociale en cours, les conduit à prendre très au sérieux cette similitude historique.

Les occidentaux croient qu’il y a un créneau pour neutraliser les Russes et leur refus de l’unilatéralisme, leur refus de l’ordre impérial actuel. Ils pensent qu’il faut le faire car le populisme progresse et il progressera encore plus lors du prochain retournement conjoncturel avec la remontée du chômage.

Je soutiens , je sais c’est audacieux , qu’en affrontant  les Russes les élites occidentales ne cherchent rien d’autre qu’à pérenniser leur ordre social. 

En fait ils combattent leur propre peuple et en tous cas la partie de leur peuple qui refuse l’ordre inique et scandaleux actuel.

Ils veulent lui donner une leçon. 

Continuer la lecture sur brunobertez.com →

Syrie : festival de fake news sur les media de grand chemin

[Note de l’administrateur de ce blog : on pardonnera à l’auteur de la vidéo quelques fautes d’orthographe dans les sous-titres, et on le remerciera chaleureusement pour cette petite séquence fort pédagogique. Mais sans vouloir me vanter, si tout ce que je devais expliquer à mes étudiants était d’une aussi éclatante limpidité, mon métier serait vraiment du gâteau.

De cette compilation d’intervention de “journalistes” on retiendra donc ceci : soit ce sont tous des quiches de niveau olympique, avec un QI de moule sous Prozac® ne leur permettant pas de vérifier la source d’une information que même un enfant de 10 ans peut retrouver en moins de 5 minutes sur son smartphone, soit ils sont payés pour mentir et tremblent comme des feuilles à le seule idée de dire la vérité – et de perdre ainsi leur emploi.]


On retiendra aussi cette information sur l’affaire Skripal : selon des experts suisses indépendants du Laboratoire Spiez travaillant à la demande de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, en abrégé OIAC (hein M. Bourdin…), l’agent toxique BZ, faisant partie de l’arsenal des USA et du Royaume-Uni mais n’ayant jamais été produit en Russie ou en URSS, aurait été utilisé contre les Skripal.

Après cela, ceux qui s’imagineront que les frappes contre la Syrie ont été décidées précisément pour détruire les preuves de l’attaque chimique présumée et surtout les indices matériels permettant de remonter à ses véritables auteurs seront évidemment taxés de dangereux complotistes, et plus si affinités.

Télescopages

Parfois, l’histoire joue des tours… et ces tours deviennent particulièrement comiques (pour qui aime l’humour noir) à l’heure de twitter et du “déterrage” instantané d’anciennes informations. La preuve en images :

Et deux jours plus tard :

Continuer la lecture

1 2 3 4 50