Trump : et maintenant ?

Au moment où Donald Trump prête serment, il me paraît utile de lire des auteurs qui ne versent ni dans l’hystérie anti-Trump que nous ont servie la quasi-totalité des “grands” media, ni dans la Trumpolâtrie qui semble affecter bon nombre de ceux se prétendant “anti-système” mais qui ne voient plus les ficelles dès lors que la marionnette leur dit ce qu’ils ont envie d’entendre.

Même si je suis personnellement satisfait de la défaite du petit corps malade Hillary Clinton (pour deux raisons principales : 1 – l’arrêt de la propagande hystérique anti-russe et 2 – la contribution à l’effondrement de la crédibilité des media de masse), je n’irai pas jusqu’à croire que Trump est parvenu “tout seul” à la présidence des USA ni qu’il va réellement faire tout ce qu’il a dit. Pour cette raison, je vous invite à réfléchir à partir de deux articles parus en novembre 2016, l’un de William Engdahl (dont le livre Pétrole, une guerre d’un siècle est à connaître absolument), et l’autre du traducteur français de cet article, Jean-Maxime Corneille. Les deux articles sont parus sur Le Saker francophone, où je vous invite à les lire, même si le second est initialement sorti des serveurs des Chroniques de la Vieille République.

Les voici donc :

Bonne lecture !

Voir également, sur ce blog : Les loups entre eux.

Réalisé sans trucage (bis)

Tweet publié par le Huffington Post le 7 novembre 2016, soit la veille de l’élection de Donald Trump, qui à partir de sondages donnait à Hillary Clinton 98,1% de chances (notez la précision) de devenir présidente :

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ROTFLOL, comme on dit là-bas.

Et merci à Jean pour m’avoir signalé ce grand moment de journalisme.

 

Dans la future administration Trump, un ancien de Goldman Sachs au Trésor, un pétrolier à l’Énergie et un lobbyiste climato-sceptique à l’Environnement ? (Observatoire des multinationales)

arton975-fbbae[Note de l’administrateur de ce blog : si la raison impose de ne pas se joindre au concert de lamentations au sujet de l’élection de Trump, et même de se réjouir qu’une vieille folle bourrée de médicaments et marionnette du lobby militaro-industriel américain ne soit pas devenue présidente de la première puissance nucléaire mondiale, il serait très peu raisonnable de penser que Donald Trump, tout milliardaire qu’il soit, ait pu parvenir tout seul à la plus haute fonction des États-Unis d’Amérique. Certes, ses discours de campagne étaient ouvertement anti-establishment – et faisaient beaucoup de constats plutôt justes, d’où leur succès. Mais après tout, on a déjà connu un futur président en campagne assurer que “[son] adversaire, c'[était] la finance”.]

par Olivier Petitjean

Donald Trump a construit une grande partie de sa victoire surprise à l’élection présidentielle américaine sur un discours de rejet des élites de Washington et de Wall Street. Une stratégie gagnante qui lui a permis d’attirer une grande partie des classes populaires blanches, au détriment des Démocrates. Mais ceux qui ont pris au sérieux sa rhétorique anti-libérale, et sa dénonciation du libre-échange, des délocalisations et des excès de la finance, risquent fort de déchanter. Donald Trump se prépare en effet à nommer une équipe qui accordera une large place aux intérêts économiques. Avec notamment un ancien dirigeant de Goldman Sachs au Trésor et le patron d’une firme pétrolière au Secrétariat à l’Énergie.

Une partie des postes ministériels de la future administration Trump sera sans doute réservée aux membres du parti républicain qui se sont rangés derrière lui – comme l’ancien maire de New York Rudy Giuliani ou l’ex gouverneur du New Jersey Chris Christie – mais, pour le reste, la consigne est de trouver des personnalités du monde de l’entreprise. Outre Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs, patron de la firme d’investissement Dune Capital Management et principal conseiller économique de Trump, favori pour la position de Secrétaire au Trésor, deux patrons de firmes pétrolières pourraient être nommés à l’Intérieur et à l’Énergie (Forrest Lucas de Lucas Oil et Harold Hamm de Continental Resources respectivement). Selon le site Politico, d’autres hommes d’affaires ou ancien dirigeants d’entreprises pourraient hériter, notamment, des Secrétariats d’État au Commerce et au Travail. Sans oublier le poste de Secrétaire à l’Agriculture, où plusieurs représentants de agrobusiness sont pressentis. La direction de l’Agence fédérale de l’environnement pourrait, elle, se voir confier à Myron Ebell, dirigeant de lobbys climato-sceptiques.

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Ce que Trump signifie (Gilad Atzmon)

05 Jan 2016, Claremont, New Hampshire, USA --- Republican Presidential candidate Donald Trump appears at a rally in Claremont, NH --- Image by © Brooks Kraft/Corbis

5 janvier 2016, Claremont, New Hampshire, USA
le candidat républicain Donald Trump
lors d’un rassemblement à Claremont, NH
Image : © Brooks Kraft/Corbis

[Note de l’administrateur de ce blog : je publie là une traduction d’un texte de Gilad Atzmon qui date du 21 octobre 2016, soit il y a trois semaines, bien avant l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique.

Parce que Gilad Atzmon, musicien de jazz, est en même temps un véritable philosophe – ce qui le distingue notablement de philosophes de fonction qui ne sont que de pitoyables sophistes – sa hauteur de vue et sa profondeur d’analyse sont toujours bienvenues sur les problèmes difficiles. Sur le cas Trump, il ne déroge pas à la règle, en évitant le discours militant pour rester dans une vision historique à long terme.]

———————————  Début de la traduction  ———————————

La question de la signification de Trump est différente de questions concernant la personne de Trump ou ce que le candidat républicain représente.

Ce que signifie Trump, c’est à peu près que la moitié des Américains disent que trop c’est trop. La moitié des Américains sont en train d’exprimer une lassitude totale du système et de leur élite dirigeante.

Dans les dernières semaines nous avons appris que Trump avait offensé un grand nombre de femmes. Il était, dit-on, irrespectueux et se comportait grossièrement mal. Cela peut nous apprendre quelque chose sur qui est Trump ; mais le fait que toutes ces révélations embarrassantes aient eu zéro impact sur la popularité de Trump suggère que nous sommes confrontés à une force de la nature. Personne d’autre dans la politique moderne n’aurait survécu à une fraction d’une telle mauvaise publicité. Trump peut bien être un être humain ignoble et irrespectueux, mais pourtant, il paraît invincible.

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Réalisé sans trucage

Ces étudiants privilégiés (et leurs professeurs) se rendent-ils compte de l’effet comique produit, pour des personnes censées être plus aptes que les autres à comprendre les sociétés et les mouvements politiques qui les animent ?

Voir également, sur les réactions à l’unisson d’une pseudo-élite enfermée dans un monde parallèle, cet article d’Éric Verhaeghe.

Entretien d’actualité n°35 du 01/11/2016 (UPR)

[Note de l’administrateur de ce blog : au moment où Donald Trump est élu président des États-Unis d’Amérique et où les “journalistes” occidentaux mangent tous ensemble leur collection de chapeaux, il est assez jouissif d’écouter l’analyse des élections américaines que faisait François Asselineau le premier novembre dernier. Histoire d’imaginer ce que pourrait être une classe politico-médiatique où la raison aurait remplacé l’hystérie et la propagande.]

Le sommaire de l’émission pourra être consulté sur cette page.

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Les USA, le Clown et la Furie (Bruno Guigue)

clinton-trump[Note de l’administrateur de ce blog : l’excellent Bruno Guigue est “légèrement” en-dessous de la vérité en ce qui concerne le 11-Septembre, la responsabilité des “néocons”, des grands media et de la finance dans sa réalisation. Tout le monde ne peut pas faire de la physique.]

Le milliardaire échevelé contre la coqueluche de Wall Street, le clown xénophobe contre l’égérie des néo-cons, le pourfendeur de Latinos contre l’exécutrice hilare de chefs d’Etat : l’alternative est désespérante.

La politique américaine a beau se caricaturer elle-même, elle continue de fonctionner à merveille, comme si de rien n’était. La campagne électorale égrène les poncifs, elle multiplie les coups en dessous de la ceinture, la bêtise et l’injure tiennent lieu d’arguments, mais rien n’arrête cette machine à décerveler le bon peuple. Résignés, les citoyens ingurgitent cette potion débilitante à haute dose, ils la digèrent jour après jour. Et le 8 novembre, une majorité finira bien par se rendre aux urnes, suffisante en tout cas pour accréditer le mythe de la démocratie au royaume des multinationales.

Le milliardaire échevelé contre la coqueluche de Wall Street, le clown xénophobe contre l’égérie des néo-cons, le pourfendeur de Latinos contre l’exécutrice hilare de chefs d’Etat : l’alternative est désespérante. Il est frappant, pourtant, que les médias dominants diabolisent exclusivement Donald Trump. En France, on peut lire un panégyrique à la gloire d’Hillary Clinton dans “L’Obs”, mais on trouvera difficilement l’équivalent en faveur de son adversaire. Pour le système, la messe est dite. Trump, c’est le vilain, le macho, le raciste. Hillary, c’est la femme à poigne, passionnée, un tantinet belliqueuse certes, mais tellement attentionnée à l’égard des minorités, et puis “elle est démocrate quand même”.

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