Ce qui se cache derrière le projet des “euro-nukes”
(Vincent Brousseau – UPR)

[Note de l’administrateur de ce blog : voilà un article de l’UPR qui rentre dans le dur du dur, à savoir les risques pour la France d’être définitivement rayée de la liste des puissances qui comptent dans le monde. Bien sûr, les mous du bulbe qui ont voté Macron en pensant printemps seront totalement incapables d’en saisir la portée, et sans doute incapables même de le lire, car il est long – on n’a rien sans rien, gober un spot de pub ou assimiler une information capitale correctement exposée et sourcée ne demandent pas le même temps de cerveau.

Je ne reprends pas ci-dessous la longue introduction de l’article que fait François Asselineau (“La tentation doublement suicidaire de la France”), non qu’elle soit inintéressante mais parce que mes lecteurs pourront de toute façon la lire sur le site de l’UPR, comme la fin de l’article.]


Qu’est-ce que le traité de Moscou ?

Voici quelques mois, une dépêche (de la mi-novembre 2016) de l’agence de presse Reuters rappelait incidemment qu’aucun traité de paix n’a été signé entre le Japon et la Russie à l’issue de la Deuxième guerre mondiale. Ces deux États sont donc, du point de vue juridique, toujours en guerre depuis 1945.

La principale pomme de discorde qui subsiste entre Tokyo et Moscou et qui empêche que ce traité de paix se concrétise reste la question des îles Kouriles du sud, autrefois japonaises, que Staline captura en 1945 et que l’URSS puis la Russie ont toujours refusé de restituer.

La nouvelle de la fin de l’an dernier, au ton optimiste, promettait cependant que des progrès étaient en cours en direction d’un tel traité de paix. Il va de soi que, d’un point de vue pratique, la paix règne depuis plusieurs décennies entre ces deux pays, mais c’est le cas de remarquer que la conclusion de tels traités peut se faire attendre longtemps.

Alliée du Japon pendant la Deuxième guerre mondiale, l’Allemagne a connu la même situation de 1945 à 1990. C’est un traité datant de 1990 qui a mis formellement fin aux hostilités, 45 ans après la capitulation du Reich. Ce traité, dont l’intitulé officiel est « Traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne », est couramment appelé « Traité de Moscou ». Il est aussi appelé « Traité 4 +2″ ou « Traité 2 + 4 » car il fut signé et ratifié entre :

  • les représentants des deux Allemagnes de l’époque (Allemagne de l’Ouest dite « République fédérale d’Allemagne » ou RFA » et Allemagne de l’Est dite « République démocratique allemande » ou « RDA » ),
  • les représentants des quatre puissances alliées de la Seconde Guerre mondiale : la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS.

La signature de ce traité, le 12 septembre 1990 à Moscou, ouvrit la voie de la réunification allemande.

Très court, ce traité, qui se compose d’un préambule et de dix articles, fixe avec précision le statut international de l’Allemagne unie au cœur de l’Europe, avec le consensus tacite de tous ses voisins. Le traité réglemente de nombreuses questions liées aux Affaires étrangères des deux États allemands, telles que le tracé des frontières extérieures, les appartenances aux alliances, et les forces militaires. Avec ce traité, l’Allemagne est censée avoir retrouvé sa souveraineté pleine et entière et être redevenue un État comme les autres.

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Pour l’amiral Debray, si des accords stratégiques sont possibles, l’OTAN est une force d’occupation (RT français)

Debray[Note de l’administrateur de ce blog : l’amiral Debray est aussi membre, depuis 2012, de l’Union Populaire Républicaine, le seul parti politique français dont le programme repose sur la sortie de la France de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN.]

Info – Michel Debray a commandé les porte-avions Foch et Clemenceau. Il a présidé la Fondation Charles-de-Gaulle de 1998 à 1999. En 1997, il a participé à la fondation de l’Alliance pour la souveraineté de la France. Il a ensuite été membre du haut conseil du Forum pour la France de Pierre Marie Gallois.

Le Brexit, s’il est respecté, pourrait aussi bouleverser l’UE en termes militaires, explique l’amiral Debray à RT France, confiant sa vision de la sécurité en Europe, l’hégémonie américaine et l’impératif, pour un pays, d’être maître de sa défense.

Pour l’amiral Debray, le Brexit aura bien évidemment des conséquences militaires, même si le Royaume-uni est dans l’OTAN et que tous les tenants de l’UE font semblant de ne pas savoir que leur défense dépend de cette dernière.

Face au Brexit, selon lui, «il faudra revoir la façon dont les membres de l’Union européenne considèrent leur Défense». Si l’on en croit sa vision, une telle remise en question est plus que nécessaire.

Le choix britannique sera-t-il respecté ?

Néanmoins, établissant un parallèle entre le référendum sur le Brexit et celui sur la constitution européenne de 2005 lors duquel la France et les Pays-Bas avaient voté contre mais avaient été ignorés par l’Union européenne, l’amiral se veut réaliste :

«Le choix des Français et des Néerlandais a été complètement contourné par la suite et aujourd’hui, il n’en reste absolument rien. Le traité de Lisbonne a obligé la France à admettre tout ce que le peuple français avait refusé.

On peut alors imaginer que le vote [du jeudi 23 juin] n’aura pas de grandes conséquences. Je souhaite que les Britanniques ne soient pas floués par leurs dirigeants, comme les Français l’ont été par les leurs.»

L’ombre américaine

Dans une vision très gaullienne, l’amiral lie intimement la question de la relation du Royaume-Uni à l’UE à celle de son appartenance à l’OTAN :

«Depuis les origines de la construction européenne, les Etats-Unis ont tout fait pour faire [de l’Europe] un fournisseur de supplétifs, pour que les Etats-Unis fassent la politique de Défense et que les pays européens fournissent les contingents de tirailleurs qui iraient à la boucherie s’il le faut.»

«Se laisser occuper par des forces armées étrangères en temps de paix n’est pas excusable.»

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Les dangers du très discret projet de protocole de M. Duff (Vincent Brousseau – UPR)

J'ai l'air sympa, non ?

J’ai l’air sympa, non ?

[Note de l’auteur de ce blog : pour qui ne connaît pas le très discret et très rigoureux Vincent Brousseau, ancien cadre à la BCE, un bref autoportrait de lui ici, ou encore un entretien vidéo avec lui là.]

L’étape suivante du processus de la construction européenne est annoncée. Il s’agit de rien moins que de la confiscation de la souveraineté budgétaire de la nation. Un projet de « Protocole additionnel » aux Traités européens, rédigé par un européiste de carrière, donne une vision glaçante de la façon dont les choses vont se passer, fort vraisemblablement à brève échéance.

La méthode Monnet

La méthode dite « des petits pas », encore appelée « méthode Monnet », attribuée à Jean Monnet-Schuman, a été la stratégie de base de la construction européenne. Souvent décrite comme le système de l’engrenage ou la méthode du cliquet, elle est d’une grande simplicité. Elle consiste à utiliser les acquis de cette « construction » européenne comme des prétextes, des excuses, des justifications pour demander de nouvelles avancées. Ces nouvelles avancées, une fois obtenues, sont à leur tour réutilisées de la même façon, et le processus est indéfiniment réitéré.

On rit souvent de l’argument européiste qui dit que, puisque l’Europe crée des problèmes, il faut plus d’Europe. C’est un argument que nous avons tous entendu ad nauseam. Eh bien, il n’y a pas de quoi rire. Tout ce qui s’est construit l’a été sur la base de cet argument d’apparence si stupide. Il constitue l’essence de la méthode des petits pas.

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