Jérôme Quirant et la pile d’assiettes :
1) la logique

la pile d'assiettes (Haute-Savoie)

la pile d’assiettes (Haute-Savoie)

Le 30 septembre 2015, Paris Match publiait une interview de Marc Trévidic, ancien juge d’instruction au pôle antiterrorisme du Tribunal de grande instance de Paris. Il y exprimait ses craintes pour la France, dans le collimateur selon lui de l’État Islamique, et envisageait la possibilité d’un “11 septembre français” en ces termes :

“Le terrorisme est une surenchère ; il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Et puis, il reste “le prix ­Goncourt du terrorisme” à atteindre, et je fais là référence aux attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Je n’imagine pas un instant qu’un homme tel qu’Abou Bakr ­al-Baghdadi et son armée vont se satisfaire longtemps d’opérations extérieures de peu d’envergure. Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone.”

C’est l’occasion de revenir sur un des aspects les plus spectaculaires et les plus étonnants du 11 septembre 2001 (que je ne qualifierai pas d’originel, puisqu’il y avait eu auparavant le 11 septembre 1973) : l’effondrement subit de trois bâtiments du World Trade Center, les fameuses tours jumelles mais aussi un bâtiment plus modeste (190 m de haut tout de même, presque la Tour Montparnasse), la tour n°7 de nom de code WTC7. Laissons de côté pour l’instant ce dernier phénomène, tout comme le NIST l’a fait en n’en parlant pas dans son rapport d’expertise intitulé pourtant “Rapport final sur l’effondrement des tours du World Trade Center” (Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers), et examinons l’explication officielle du mécanisme de l’effondrement des seules tours jumelles, qui n’a plus de secret pour l’expert tout-terrain médiatique Jérôme Quirant.

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Fabius, le golf et le badminton

shuttlecockMise à jour du 14 avril 2018 : je remets en première page cet article en raison de son actualité, à la suite des frappes contre la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril, et en l’enrichissant des commentaires de Xavier Moreau sur cette opération militaire.

Cela fait donc plusieurs années maintenant que nos gouvernants et à leur suite les “grands” media, ou media de grand chemin, mentent systématiquement sur la Syrie et son gouvernement en appliquant avec fort peu d’imagination le précepte : “qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.” Dépassant depuis longtemps les limites du ridicule, ils accusent à répétition le “régime de Bachar” de “gazer sa population” sans jamais avoir pu fournir le début de commencement d’une preuve de leurs accusations. En revanche, des journalistes et experts sérieux (il en existe), comme Seymour Hersh ou le duo d’experts militaires que je citais ci-dessous en janvier 2015, Richard Lloyd et Theodore A. Postol, ont apporté des preuves que le gaz neurotoxique dont on accuse le “boucher de Damas” d’avoir fait usage provenait selon toute vraisemblance des rangs des “rebelles modérés”1Xavier Moreau a forgé l’expression, que j’adore, de “coupeurs de têtes modérés”.[\note] financés et entraînés par l’Occident.

On assiste donc ici, comme l’explique Xavier Moreau, à un feu d’artifice final de la part d’une clique de va-t’en-guerre incapable de reconnaître ses erreurs – on le savait déjà – mais aussi, et c’est à la fois plus grave pour elle et mieux pour nous, incapable de reconnaître ses faiblesses ou d’éprouver le sentiment du ridicule.

Pour comprendre un des enjeux majeurs des agressions occidentales répétées contre la Syrie, voir aussi :


Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin (un puissant neurotoxique) fait des centaines de morts, dont beaucoup de civils, dans la banlieue de Damas en Syrie, dans la zone de la Ghouta (terme local signifiant oasis).

Très rapidement, les gouvernements américain, britannique, canadien, français, israélien, suédois, turc, et la Ligue des États arabes attribuent ces attaques au régime syrien, de même que l’Organisation Non Gouvernementale Human Rights Watch. La Russie et l’Iran accusent par contre l’opposition. En outre, la magistrate suisse Carla Del Ponte avait, le 6 mai 2013, accusé les rebelles syriens d’avoir fait usage de gaz sarin.

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