Télescopages

Parfois, l’histoire joue des tours… et ces tours deviennent particulièrement comiques (pour qui aime l’humour noir) à l’heure de twitter et du “déterrage” instantané d’anciennes informations. La preuve en images :

Et deux jours plus tard :

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Qu’est-il arrivé à l’Occident dans lequel je suis né ?
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : essayons de ne pas seulement “avoir très, très peur” comme le dit l’auteur de l’article, mais aussi et surtout d’avoir très, très envie de vivre, pour nous-mêmes comme pour nos descendants.

D’où l’importance du rire auquel je faisais allusion dans l’article précédent, qui permet à l’organisme en train de s’asphyxier de respirer à nouveau, mais aussi celle du retour à la nature… et de la déconnexion de toutes les sources “d’information” (en réalité, de mensonge et de propagande) aux mains des gouvernements ou des grandes puissances d’argent (ce qui revient le plus souvent au même). Personnellement, je n’ai pas la télévision, n’achète pas de journaux ni de magazines sauf occasion très spécifique, et n’écoute que très rarement la radio (généralement pour de la musique), et je m’en porte très bien.]


Franchement, je suis impressionné, étonné et même embarrassé. Je suis né en Suisse, j’y ai vécu la plus grande partie de ma vie, j’ai également parcouru la plus grande partie de l’Europe et j’ai vécu aux États-Unis pendant plus de 20 ans. Pourtant, dans mes pires cauchemars, je n’aurais jamais imaginé l’Occident sombrant aussi bas qu’aujourd’hui. Je veux dire que oui, je sais les faux drapeaux, la corruption, les guerres coloniales, les mensonges de l’OTAN, la soumission abjecte des Européens de l’Est, etc. J’ai écrit à propos de tout cela à de nombreuses reprises. Mais aussi imparfaits qu’ils aient été, et c’est un euphémisme, je me souviens de Helmut Schmidt, Maggie Thatcher, Reagan, Mitterrand, et même Chirac ! Et je me souviens de ce qu’était le Canard Enchaîné, ou même la BBC.  Pendant la Guerre froide, l’Occident n’était pas vraiment un chevalier en blanche armure, mais pourtant – la primauté du droit comptait, tout comme un certain degré de pensée critique.

Aujourd’hui, je suis profondément embarrassé par l’Occident. Et j’ai très, très peur.

Tout ce que je vois aujourd’hui, c’est un troupeau soumis conduit par de véritables psychopathes (au sens clinique du mot).

Et ce n’est pas le pire.

Le pire, c’est le silence assourdissant, la manière dont tout le monde regarde ailleurs, fait semblant que « ce n’est pas mon affaire » ou, pire encore, prend tout ce spectacle grotesque au sérieux. Qu’est-ce qui ne va pas chez vous, les gens ? Avez-vous tous été transformés en zombies ? RÉVEILLEZ-VOUS !!!

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Fake news : premières tranches de rire pour justifier
les attaques contre la liberté de la presse (Éric Verhaeghe)

Pravda[Note de l’administrateur de ce blog : la révolution par le rire (et par la raison, qui survit grâce à lui dans les moments les plus désespérés) est notre seul salut.

Du goudron et des plumes à volonté pour les menteurs professionnels qui voudraient nous donner des leçons de vertu.]


Le Sénat organisait mardi une table ronde sur les mesures à prendre pour lutter contre les « fake news ». Le débat, qui complète la proposition de loi de Richard Ferrand déposée à l’Assemblée Nationale, devrait donner lieu à de nombreuses considérations particulièrement drolatiques. Le Monde a ouvert le bal.

Donc, Le Monde a osé publier aujourd’hui une tribune donnant quelques recommandations pour lutter contre les fake news. Son titre : « appliquer au Web les bonnes pratiques éditoriales des journaux ». Le même jour, on apprenait que les Échos avaient renoncé à publier une interview d’Élisabeth Borne trop retravaillée par Matignon.

C’est donc ça les bonnes pratiques éditoriales des journaux qu’il faut appliquer au web : faire relire ses textes par des conseillers de cabinet ministériel avant publication ?

On adore le débat qui se met en place : tout irait tellement mieux si on rétablissait l’ORTF et le ministère de l’Information. Il n’y aurait plus de fake news, grâce à eux, et c’en serait fini de tous ces empêcheurs de tourner en rond qui ne respectent pas l’autorité de l’État.

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Reconnaître les armes de migration massive
ou légitimer Israël (Andrew Korybko)

Andrew Korybko

[Note de l’administrateur de ce blog : nous voilà au cœur du sujet, ou au pied du mur. Ce qui peut nous emmener très loin. On peut également faire un parallèle avec la création des États-Unis d’Amérique, cette nation artificielle née d’un génocide.]


Un important clivage a vu le jour du fait de la scission opérée au sein de la communauté des résistants, et il porte sur la controverse autour de la pertinence du concept d’« armes de migration de masse » de Kelly M. Greenhill. Cette chercheuse de Harvard a démontré, dans son ouvrage datant de 2010 et qui a le nom de ce concept pour titre, l’existence d’au moins 56 cas d’États générant, provoquant et exploitant sciemment des vagues massives de migrations humaines afin de favoriser leurs politiques respectives. Des observateurs assidus ont d’ailleurs relevé le fait que la crise des migrants actuelle présente de manière flagrante des aspects structurels analogues à cette stratégie.

D’un autre côté, certains « gauchistes anti-impérialistes » autoproclamés ont jeté l’opprobre sur tous ceux qui se risquaient à esquisser un tel « blasphème idéologique » en les qualifiant de « racistes » de « fascistes » de « suprématistes blancs » déclenchant ainsi une infecte zizanie qui a sévèrement clivé un mouvement autrefois soudé. Que ce soit intentionnel ou non, cela se combine parfaitement avec la stratégie américaine de fragilisation des mouvements d’opposition à la politique US par la tactique consistant à en dresser les membres les uns contre les autres. Ce phénomène est illustré par la « chasse aux sorcières » paranoïaque à laquelle s’adonnent ces militants radicaux en « purgeant » leurs rangs des « fascistes » et en condamnant publiquement leur anciens « camarades » sur la toile.

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Et pour désamorcer ces armes sans violence mais par un recours à la raison, voir également : L’immigration et les bonbons.

Pourquoi il ne se passe rien (bis, Antipresse)

[Note de l’administrateur de ce blog : il serait difficile, ayant diffusé il y a une semaine “Pourquoi il ne se passe rien“, d’ignorer la suite qu’en donne aujourd’hui Slobodan Despot, sous forme d’un témoignage qui en outre corrobore de très près mon expérience personnelle (même si mon “éveil” est beaucoup plus tardif que le sien, et que je le dois à d’autres sujets), en particulier le dernier paragraphe. Je vous livre donc ici la suite (et fin) de l’histoire, et vous recommande une fois de plus la lecture du Drone, voire l’abonnement à cette petite revue si méritante qui, elle, ne reçoit aucune subvention.]


A la suite du documentaire d’Adam Curtis, Hypernormalisation (voir Antipresse 101), sur le remplacement de notre réalité contemporaine par un monde de synthèse, j’ai réinterprété certains événements cruciaux de ma propre vie, et qui ont déterminé mon destin.

Un témoignage personnel : Bosnie, 1992

«Nous les avons tous suivis, parce que la simplicité était rassurante.» (Hypernormalisation)

Quoique contestable sur bien des points, Hypernormalisation reste un remarquable exercice d’intelligence au sens premier : inter-lier des faits en apparence disparates. Il m’a aidé, entre autres choses, à comprendre ma propre trajectoire.

De manière significative, Curtis fait appel à des références littéraires (et non «scientifiques») pour une compréhension profonde des systèmes : le Pique-nique au bord du chemin des frères Strougatski pour l’URSS moribonde (roman qui servit de base au film Stalker de Tarkovski), et, pour l’Occident, la puissant univers romanesque de William Gibson qui forgea le concept de cyberspace. Cela ouvre une réflexion étourdissante sur le rapport entre la création littéraire et la compréhension concrète du monde où nous vivons. Mais revenons sur le cœur du sujet.

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Pourquoi il ne se passe rien (Antipresse)

[Note de l’administrateur de ce blog : Antipresse tape encore dans le mille, mais cette fois le billet de Slobodan Despot se contente de relater le contenu d’un documentaire produit par la BBC, Hypernormalisation, ce qui prouve que même les mass media arrivent à produire des œuvres audiovisuelles lucides sur la société qui les nourrit.

La dystopie dont il est question ici n’a rien d’imaginaire : parmi les institutions en faillite qui nous guident avec constance dans la “gestion de la perception” ou “l’entretien du simulacre”, figure en bonne place l’université dont la tête fait exactement l’inverse de ce qui justifie son existence : la transmission des connaissances, la pédagogie du raisonnement et la défense de l’esprit critique.

Quand un individu sans la moindre légitimité, ni académique, ni morale, ni politique, et encore moins nationale – puisqu’il œuvre ouvertement aux intérêts d’une puissance étrangère – se permet d’attaquer au bazooka un de ses membres dans une lettre qui mériterait d’être reprise verbatim dans un sketch de Dieudonné tant elle est grotesque, l’université non seulement ne remet pas à sa place l’auteur de la dénonciation calomnieuse, mais tente d’enfoncer davantage la victime au cours d’une procédure disciplinaire où le mensonge – direct ou par omission – tient lieu d’argument, où l’ignorance tient lieu de savoir et où toute discussion de fond est soigneusement évitée.

Les articles d’Antipresse sont désormais accessibles via Le Drone, dont c’est aujourd’hui le numéro zéro. Un bulletin fort agréable à lire qu’il est même possible de recevoir chez soi sur du véritable papier, moyennant abonnement bien sûr. Cependant, même si la mise en page du Drone est bien supérieure à celle de ce blog, je choisis de reproduire ici en entier l’article suivant, ce qui permettra à d’éventuels lecteurs non francophones d’avoir une vague idée de son contenu via la traduction automatique disponible à la fin du texte.]


Nous nous sentons dépossédés comme citoyens, trompés comme électeurs, exploités comme consommateurs, empoisonnés comme patients. Notre environnement est tissé de faux-semblants. Malgré les catastrophes qui menacent et les révélations fracassantes sur la corruption du système, rien ne change, personne ne bouge. Pourquoi ? Sommes-nous tous paranos, ou notre monde se serait-il mis à marcher selon d’autres règles ?

Voici un an déjà, un film documentaire essayait de donner un sens à cette suspicion que chacun rumine sans oser l’exprimer ouvertement. Hypernormalisation d’Adam Curtis est produit par la BBC et cela constitue un utile sauf-conduit. S’il provenait d’une petite production «alternative», il eût vraisemblablement fini au purgatoire du conspirationnisme.

Curtis est un reporter audiovisuel original, connu et primé. Souvent taxé de gauchisme, lui-même se reconnaît plutôt des penchants conservateurs-libertariens. Son dernier opus témoigne d’une ambition vertigineuse de compréhension du monde actuel, tant par sa thèse que par sa longueur (2h45). Il dépeint une «grande rupture» qui serait survenue, selon lui, à l’orée des années 1970, lorsque la société industrielle est devenue trop complexe et menaçait d’échapper à tout contrôle.

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L’aversion publique comme déification (Dmitry Orlov)

1984 – la minute de la haine

[Note de l’administrateur de ce blog : un bon exemple de la pensée implacablement logique et lucide de Dmitry Orlov, que certains qualifieront de froide et insensible, pour se rassurer et continuer à rêver en vain au lieu de progresser dans leur connaissance du monde.

On pourra voir ici un exemple de ce dont parle Dmitry. Mais quand la cible connaît les arts martiaux, l’énergie utilisée contre elle finit par lui être utile et utile à la paix.]


Avant de discuter des nombreuses façons dont les limitations de la linguistique, ses déficits et ses défauts mettent en danger notre capacité à penser et à communiquer nos pensées mais aussi obscurcit ce qui est tangible, expérimentalement réel, derrière un voile d’artifices et de bêtises, je veux me concentrer sur un phénomène qui est devenu particulièrement répandu ces derniers temps et qui a amené plusieurs d’entre nous à devenir par inadvertance des membres des Cultes de la haine politique.

Les cultes sont souvent des choses mauvaises qui subordonnent le libre arbitre de leurs adorateurs à toutes sortes de notions absurdes et scandaleuses. Ce sont les lieux de reproduction de l’extrémisme politique et religieux et de l’intolérance. Ils séparent les sociétés et retournent des parents, des amis et des voisins les uns contre les autres. Les gouvernements estiment périodiquement qu’il faut les supprimer, même en recourant à la violence – cela mène littéralement à la destruction par le feu, comme cela s’est passé avec les Davidians à Waco, au Texas, le 19 avril 1993. Les cultes qui combinent la politique avec la religion, comme le culte de l’État wahhabite en Arabie saoudite qui fait de l’élevage d’extrémistes dans le monde entier, sont particulièrement emblématiques.

Mais le type de culte dont je veux parler est tout à fait différent de ceux-ci.

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L’immigration et les bonbons (La Chaîne qui Dérange)

[Note de l’administrateur de ce blog : les lecteurs l’auront compris, en juillet-août c’est le service minimum ici. Reprenons doucement le rythme avec un peu d’arithmétique : lire, écrire, compter sont après tout les trois piliers d’une bonne instruction. Auxquels on peut rajouter le sens critique, qui s’appuie largement sur la perception des ordres de grandeur, illustrés ici de façon très pédagogique, histoire de bien faire comprendre comment une oligarchie prédatrice transnationale utilise la générosité et la solidarité populaires dans des buts totalement opposés à ceux qu’elle met en avant.

Car s’il existe des pauvres, voire des très pauvres, ce peut être pour deux raisons (éventuellement cumulables) : soit la mesure de la richesse n’est pas adaptée, et nous fait classer comme pauvres des gens qui n’ont simplement pas choisi un mode de vie basé sur l’abondance de biens matériels, mais peuvent être riches d’une façon qui nous échappe ; soit ces personnes sont réellement spoliées de leurs richesses (matières premières, énergie, culture…) par cette même oligarchie transnationale qui prétend leur venir en aide. Avec deux outils essentiels : la banque, via la dette (qui maintient en esclavage des pays entiers sous prétexte de les aider) et les media (qui justifient auprès des “riches” crédules toutes les manœuvres visant à conforter le pouvoir oligarchique : guerres, traités commerciaux de “libre-échange”, etc.).

Et que mes lecteurs se rassurent : des articles “maison” reviendront bientôt, sur des sujets divers. En préparation : des réflexions sur la vaste arnaque du bonus/malus “écologique”, quelques considérations sur les origines du pétrole, ou encore sur la production des images, du sténopé à l’hologramme.]


Le conférencier ci-dessus est Roy Beck, ancien journaliste et président-fondateur de NumbersUSA, une association promouvant une baisse de l’immigration aux USA. Bien qu’il ait été souvent présenté comme “xénophobe” ou “raciste” par les media mainstream (aux mains de l’oligarchie transnationale prédatrice…), il met en garde très explicitement contre toute hostilité envers les immigrants, qui sont des victimes, et désigne comme véritables responsables et coupables les décideurs mettant en œuvre des politiques d’immigration à grande échelle, nocives pour les pauvres, qu’ils soient migrants ou autochtones.

Des media qui savent très bien à la fois produire de la propagande pro-immigration massive (sous couvert d’antiracisme) et susciter la haine entre communautés ethniques, comme cette Américaine l’analyse de façon très lucide suite aux événements de Charlottesville. Les injonctions contradictoires produisant à la longue un chaos social très utile aux dominants pour contrôler les dominés : quand on crée un problème, il est assez facile d’y apporter une “solution” et d’apparaître ainsi comme le recours nécessaire et légitime. Du moins, tant qu’on n’est pas identifié comme l’auteur du problème…

Qu’est-ce que l’antisémitisme aujourd’hui en France ?
(Jean Bricmont)

[Note de l’administrateur de ce blog : pas mieux – pour l’instant. Mais avec un ami juif, on vous prépare d’ici quelques temps (disons après la rentrée universitaire) des témoignages croustillants sur la pseudo-lutte contre l’antisémitisme du très influent et très arrogant lobby-qui-n’existe-pas.]


Source : page facebook de Jean Bricmont

Au lieu de répéter pour la n-ième fois, suite aux déclarations de Macron, que l’anti-sionisme n’est pas de l’antisémitisme, les «pro-palestiniens » feraient bien de se demander ce que veut dire antisémitisme aujourd’hui en France :

  • est-ce vouloir faire du tort aux juifs en tant que tels ?
  • est-ce considérer que si les juifs ont le droit de « retourner » en Palestine après seulement 2000 ans d’absence, les Palestiniens qui en ont été chassés en 48 ou leur descendants devraient aussi avoir ce droit ?

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Macron, Israël et les réfugiés : une provocation
(Éric Verhaeghe)

Réfugiés palestiniens, 1948 (UNRWA)

[Note de l’administrateur de ce blog : il est toujours possible de faire plus absurde, plus mensonger et plus gros dans la propagande sioniste. Et d’être encore plus soumis à son lobby. La preuve.

Que ceux qui n’ont pas encore compris que la France n’est plus gouvernée dans l’intérêt de son peuple mais dans celui de puissances étrangères (et transnationales) se réveillent.]


Lutter contre l’antisémitisme, est-ce bien accueillir les réfugiés ? C’est ce qu’Emmanuel Macron vient de dire à l’occasion de la commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv’, en présence de Benjamin Nétanyahou. Et là, on s’est pincé parce qu’on n’y croyait pas.

La photo ci-dessus vient de l’UNRWA (office des Nations Unies pour la Palestine). Elle montre des réfugiés palestiniens en 1948, qui ont fui les exactions massives commises par l’armée israélienne à l’occasion de la guerre d’indépendance pour créer une homogénéité ethnique dans le pays. Depuis 1948, Israël refuse systématiquement le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Inviter Netanyahou à célébrer l’accueil des réfugiés comme forme de lutte contre l’antisémistisme constitue une sublime provocation de notre Président de la République.

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