La géopolitique c’est simple comme un deal de rue (E&R)

Donald & Daisy arrivent chez les rois du pétrole (et de la pétoche)

[Note de l’administrateur de ce blog : pour ceux qui n’auraient pas encore compris que tout ce qui tourne autour du pétrole est vicié, je conseille l’excellent livre de William Engdahl “Pétrole, une guerre d’un siècle” dont j’ai déjà parlé sur ce blog.]


D’accord, les échelles et la complexité diffèrent, mais dans leurs principes, grand jeu géopolitique et business de rue sont identiques. Démonstration avec la tournée de Donald Trump au Moyen-Orient. N’oublions jamais que Donald est un businessman avant d’être un politique…

Dans sa première tournée mondiale, Donald va visiter trois pays, ou trois pseudo-pays : l’Arabie saoudite, Israël et le Vatican. Il a commencé par Ryad, poursuivi par Jérusalem, la capitale de la Palestine en voie d’être volée par l’occupant, et finira par le Vatican, où ce chrétien rencontrera le pape.

Toutes les caméras épient le moindre geste du président, et déjà, le refus de Melania de toucher sa main a fait le tour du monde. Du genre y a du rififi dans le couple présidentiel. Les journaux sérieux ont eux titré sur l’énorme contrat d’armement signé avec l’Arabie, qui porte sur 98 milliards d’euros de matos militaire, soit 110 milliards de dollars. En tout, le contrat porte sur 10 ans et 380 milliards de dollars.

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Sujet d’examen (extrait, corrigé)

Je dois présenter à mes lecteurs mes plus plates excuses pour avoir oublié d’honorer un rendez-vous donné : le 10 décembre dernier, je proposais un extrait de sujet d’examen portant sur une des causes principales de la guerre en Syrie : le plus grand gisement de gaz naturel du monde, situé entre le Qatar et l’Iran, et les projets de gazoducs concurrents qui visent à lui assurer des débouchés commerciaux vers l’ouest. J’annonçais par la même occasion la publication de la correction une semaine plus tard… et j’ai totalement oublié de la donner, alors qu’elle était prête, comme il se doit, en même temps que le sujet. Je n’ai bien évidemment aucune bonne excuse à avancer, si ce n’est la préparation des fêtes de Noël et la précipitation qui va avec !

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Sujet d’examen (extrait)

Infrastructure pétrolière et gazière au Moyen-Orient.
(source : Wikipédia, couleurs modifiées)

Au moment où les coupeurs de tête modérés sont chassés d’Alep et où les “journalistes” et “experts” français continuent désespérément à répandre leur charlatanisme en faisant comme si on pouvait encore y croire, il est bon de rappeler que la mission d’un enseignant n’est pas seulement de gaver ses étudiants avec des connaissances, mais aussi de développer leur esprit critique.

Cet entraînement peut avoir lieu à tout moment, sur tous les sujets (en rapport avec le cours ! pour ce qui me concerne, ce peut être par exemple la mécanique des fluides…) car il n’y a en sciences ni dogmes ni tabous. Tous ceux qui écartent un thème de la discussion scientifique au motif qu’il serait trop “polémique” ne sont pas, en réalité, des scientifiques mais de médiocres intellectuels qui n’ont de la science que le vernis du jargon et des outils mathématiques.

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Dans la future administration Trump, un ancien de Goldman Sachs au Trésor, un pétrolier à l’Énergie et un lobbyiste climato-sceptique à l’Environnement ? (Observatoire des multinationales)

arton975-fbbae[Note de l’administrateur de ce blog : si la raison impose de ne pas se joindre au concert de lamentations au sujet de l’élection de Trump, et même de se réjouir qu’une vieille folle bourrée de médicaments et marionnette du lobby militaro-industriel américain ne soit pas devenue présidente de la première puissance nucléaire mondiale, il serait très peu raisonnable de penser que Donald Trump, tout milliardaire qu’il soit, ait pu parvenir tout seul à la plus haute fonction des États-Unis d’Amérique. Certes, ses discours de campagne étaient ouvertement anti-establishment – et faisaient beaucoup de constats plutôt justes, d’où leur succès. Mais après tout, on a déjà connu un futur président en campagne assurer que “[son] adversaire, c'[était] la finance”.]

par Olivier Petitjean

Donald Trump a construit une grande partie de sa victoire surprise à l’élection présidentielle américaine sur un discours de rejet des élites de Washington et de Wall Street. Une stratégie gagnante qui lui a permis d’attirer une grande partie des classes populaires blanches, au détriment des Démocrates. Mais ceux qui ont pris au sérieux sa rhétorique anti-libérale, et sa dénonciation du libre-échange, des délocalisations et des excès de la finance, risquent fort de déchanter. Donald Trump se prépare en effet à nommer une équipe qui accordera une large place aux intérêts économiques. Avec notamment un ancien dirigeant de Goldman Sachs au Trésor et le patron d’une firme pétrolière au Secrétariat à l’Énergie.

Une partie des postes ministériels de la future administration Trump sera sans doute réservée aux membres du parti républicain qui se sont rangés derrière lui – comme l’ancien maire de New York Rudy Giuliani ou l’ex gouverneur du New Jersey Chris Christie – mais, pour le reste, la consigne est de trouver des personnalités du monde de l’entreprise. Outre Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs, patron de la firme d’investissement Dune Capital Management et principal conseiller économique de Trump, favori pour la position de Secrétaire au Trésor, deux patrons de firmes pétrolières pourraient être nommés à l’Intérieur et à l’Énergie (Forrest Lucas de Lucas Oil et Harold Hamm de Continental Resources respectivement). Selon le site Politico, d’autres hommes d’affaires ou ancien dirigeants d’entreprises pourraient hériter, notamment, des Secrétariats d’État au Commerce et au Travail. Sans oublier le poste de Secrétaire à l’Agriculture, où plusieurs représentants de agrobusiness sont pressentis. La direction de l’Agence fédérale de l’environnement pourrait, elle, se voir confier à Myron Ebell, dirigeant de lobbys climato-sceptiques.

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Le silence des agneaux (William Engdahl)

le-silence-des-agneaux[Note de l’administrateur de ce blog : excellent article de William Engdahl, qui en connaît un rayon en matière de pétrole et de gaz, et qui nous montre ici que le chaos du Moyen-Orient, s’étendant à l’Europe en Ukraine d’abord, puis aujourd’hui dans tous les autres pays via la crise des migrants, n’a rien d’un hasard et fut programmé de longue date par des “stratèges” américains d’une cupidité sans borne. Que nos “dirigeants” (ou dirigés ?) n’en pipent mot ne les rend que plus criminels encore.]


Un rappel des causes de la situation syrienne et de la vague d’immigrants vers l’Union Européenne.

Par F. William Engdahl – Le 10 octobre 2016 – Source New Eastern Outlook

Un des phénomènes les plus bizarres, dans la situation très bizarre de ces dernières années, est le refus des politiciens de premier plan de l’Union européenne de discuter ouvertement de la réalité derrière la perturbation sociale catastrophique causée par l’afflux en Europe de plus d’un million de réfugiés de guerre, en provenance de Syrie et d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ravagés par la guerre. Le débat européen sur les réfugiés, à cause de ce silence, ou du refus de parler des causes réelles et des remèdes possibles, conduit à des déclarations complètement absurdes de la part d’anciens combattants politiques qui devraient beaucoup mieux s’y prendre.

Les réfugiés sont une conséquence de la guerre. La guerre est une conséquence de la décision prise par certains intérêts pétroliers et militaires de l’OTAN pour reprendre ou prendre le contrôle des nouveaux marchés mondiaux de l’énergie dans le pétrole et, maintenant, le gaz naturel. En outre, la guerre est une conséquence des réactions des autres nations, y compris la Chine, la Russie et l’Iran, à la tentative des États-Unis et d’autres pays occidentaux de contrôler les flux mondiaux de l’énergie. En outre et de manière connexe, il y a la réaction des éléments néo-nazis extrémistes en Ukraine, à la suite d’un coup d’État soutenu par les USA en 2014, à se joindre à cette guerre de l’énergie avec le soutien de l’UE, pour des raisons complètement montées de toutes pièces.

En conséquence du silence des dirigeants de l’UE, un drame tragique se déroule qui fait écho au roman de Thomas Harris, Le silence des agneaux.

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Voir aussi sur ce blog, de William Engdahl :

Un terroriste fait prisonnier admet que les camions de pétrole de l’É.I. traversent la frontière vers la Turquie tous les jours

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Photomontage inspiré de faits réels.

[Note de l’auteur de ce blog : je vous propose ici la traduction d’un article de Russia Today en anglais paru le 2 janvier 2016 (et pour l’instant indisponible dans l’édition française). Il enfonce un peu plus le clou de la décadence occidentale, politique et médiatique, et de l’origine étatique du terrorisme.

L’or noir permet comme son nom l’indique de s’enrichir rapidement, pour ceux qui disposent de gisements où le coût d’exploitation est très faible comme c’est le cas dans les zones contrôlées par l’État Islamique.

Mais le pétrole a un inconvénient : c’est une ressource éminemment matérielle, avec un volume et une masse. L’enrichissement rapide qu’il permet n’est donc possible que par un transfert en quantités industrielles de ce liquide auprès d’acheteurs : rien à voir avec les fortunes accumulées au moyen de purs transferts virtuels d’argent par la haute finance internationale, par exemple via le trading haute fréquence.

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Pétrole volé par Daech: plusieurs sociétés européennes pourraient être impliquées (Arrêt sur Info)

syrie-petrole[Remarque de l’auteur de ce blog : il est illusoire de nier l’implication de grandes sociétés industrielles, et de pays comme la Turquie et Israël, dans le trafic de pétrole de l’État “Islamique”, vu qu’il est strictement impossible de faire passer incognito des quantités industrielles de ce liquide : ce n’est pas l’économie dématérialisée de la spéculation financière. Mais certains persistent encore à ne pas vouloir le savoir.]

Alors que le président russe Vladimir Poutine vient d’impliquer la Turquie et le clan Erdogan dans le trafic de pétrole de l’Etat Islamique, des compagnies maritimes grecques et russes pourraient participer au commerce illégal de la production de brut de l’organisation terroriste entre le port  turc de Ceyhan et celui d’Ashdod en Israël.

Selon différentes enquêtes réalisées par le journal al-Monitor et al-Araby, le brut exploité par Daech sur les territoires qu’elle contrôle en Syrie et en Irak serait expédié par camions en Turquie où il serait ensuite camouflé dans la production illégale provenant du Kurdistan irakien, au niveau du hub pétrolier de Ceyhan. Le président russe Vladimir Poutine a confirmé dans une conférence de presse en marge de la COP21 ces informations, affirmant disposer de photos et vidéos tournées par l’aviation russe et montrant des « livraisons pétrolières en quantités industrielles à partir des territoires syriens usurpés par les terroristes. Il s’agit précisément de ces territoires, et pas d’autres. Nous voyons à partir des airs où vont ces véhicules. Jour et nuit, ils vont en Turquie »

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En matière de pétrole, le pire est généralement la règle :

Pétrole, une guerre d'un siècle

Poutine : le SU-24 russe a été abattu pour sécuriser les livraisons de pétrole de Daesh (RT)

ISIS_oil_Turkey_aLors d’une conférence de presse donnée à Paris dans le cadre de la COP21, Vladimir Poutine a évoqué les problèmes du climat, mais surtout, le soutien turc aux terroristes et la coalition contre Daesh après qu’Ankara a abattu l’un de ses bombardiers.

Le président russe a expliqué que selon les autorités turques, ce n’est pas le président Erdogan mais d’autres personnes qui ont donné l’ordre d’abattre le bombardier russe SU-24. Cependant, la Russie ne se soucie pas de savoir si c’est le président ou quelqu’un d’autre qui ordonné d’abattre l’appareil car c’est, de toutes les manières, aux yeux du président russe «une énorme erreur». Deux militaires russes sont décédés suite à «cette action criminelles». «Pourquoi ils l’ont fait ? Il faut le leur demander», a souligné le chef de l’Etat russe.

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Sagesse populaire (Hatem Chaieb)

“La science est la croyance en l’ignorance des experts”, disait Richard Feynman. La conscience politique est la croyance en la fausseté des expertises médiatiques, pourrait-on ajouter. Vu que politique et media, dans l’Occident faussement démocratique, ne sont que les deux faces d’une même médaille de mensonges et manipulations.

Et lorsqu’on pousse le bouchon un peu loin dans la tartufferie, dans l’exploitation sans vergogne de l’émotion à des fins criminelles, l’esprit critique, qui n’a besoin ni de diplômes ni de connaissances encyclopédiques, mais plutôt de logique et d’éthique, se réveille dans toutes les couches de la population.

L’oligarchie est inquiète ? Elle a raison.

Réfugiés : l’amusante « soumission » des universités au Qatar (Eric Verhaeghe)

Qatar-Paris1_flat_600x300Chacun a en tête le dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui raconte comment des universitaires parisiens de gauche en arrivent à accepter l’islamisation de leur université pour conserver leur confort et améliorer leur salaire. Ceux qui ont lu le communiqué du président de l’université Paris-I qui suit :

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