M. MAGA et la fin de la civilisation occidentale
(le saker francophone)

[Note de l’administrateur de ce blog : M. MAGA, c’est bien sûr M. Make America Great Again.

Le saker dresse une liste des monstruosités “occidentales” qui comporte de nombreux points communs avec celle que Francis Kalifat (non islamique) adressa au président de mon université pour tenter de démontrer que j’étais fou (ce à quoi je répondis ici). Serait-il lui aussi un “militant d’extrême-droite halluciné dont le cas ressort de la loi Gayssot, sinon de la psychiatrie” ?

Déjà, il nous rappelle que “le tristement célèbre Patriot Act a été écrit avant même le coup monté du 11 septembre”… serait-ce pour nous suggérer que les auteurs des deux ont quelques accointances ?]


On enseigne aux gens d’Occident que leur civilisation a ses racines dans la Rome et/ou la Grèce antique. Il s’agit plus d’un cas d’autosatisfaction que de recherches historiques sérieuses. S’il est vrai que la ville de Rome a été saccagée en 410 après JC, la civilisation romaine chrétienne s’est poursuivie en Orient pendant encore mille ans jusqu’en 1453.

Les véritables racines de ce que nous appelons aujourd’hui la civilisation occidentale remontent aux périodes suivantes :

  1. Origine : les racines les plus anciennes (théoriques) son ancrées dans le premier royaume franc-mérovingien (481–751) et dans l’empire carolingien (751–843).
  2. Racine formatrice : le prétendu « Saint empire romain » (800-1806) qui n’était « romain » que par son nom – ce terme n’apparaît qu’au XIIIe siècle ; en français, il est appelé plus exactement « Saint-empire romain germanique » mais il faut vraiment l’appeler « empire germanique », puisqu’il n’était ni « romain » ni « saint ».
  3. Racines modernes (idéologiques) : Renaissance ; Révolution française ; Première guerre mondiale ; Seconde guerre mondiale ; Guerre froide.

Mais dans la pratique, on peut dire que la civilisation occidentale est issue du Moyen Âge (Ve-XVe siècles) ou, mieux encore, de l’époque des Croisades (1095-1410). Loin d’être l’héritier de l’empire romain, l’empire anglosioniste actuel est un descendant direct des Francs et de la civilisation qu’ils ont bâtie à l’Ouest sur les ruines de l’empire romain chrétien. De nos jours, quand les musulmans parlent de « croisés occidentaux », ils font totalement mouche. La seule différence entre les premiers croisés et leurs descendants modernes est que les premiers prétendaient au moins être chrétiens. Ces derniers portent leur matérialisme grossier comme un titre honorifique.

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La France reprend des couleurs (Slobodan Despot)

[Note de l’administrateur de ce blog : une fois de plus, je fais une entorse aux règles du commerce en proposant gratuitement à mes lecteurs un article que je reçois moyennant paiement, via mon abonnement au Drone de l’Antipresse (mais c’est pour mieux les inciter à le soutenir financièrement, tout en se faisant plaisir tant sa lecture est revigorante).

Reçu ce matin, l’article a probablement été écrit entre les troisième et quatrième actes des Gilets jaunes, mais peu importe : ce qui se déroule sous nos yeux, avec l’apparence d’une éruption violente, est en réalité un changement profond et de long terme, l’effondrement d’une structure qui se croyait quasi-éternelle et qui ne repose en réalité que sur les maîtres du discours, débitant un récit de plus en plus faux et creux que la logique humaine finit par faire voler en éclats, catalysée par la souffrance et la colère des victimes de plus en plus nombreuses de cette imposture.

C’est aussi l’occasion de réfléchir sur la richesse que représente l’immigration pour la France : Slobodan Despot, qui est serbe de naissance et vit en Suisse en s’exprimant en français, est l’exemple vivant de l’importance de la francophonie et de la fécondité d’un apport culturel extérieur (mais que les Suisses nous ont chipé !). Pas sûr que l’exemple puisse se généraliser aux hordes de pseudo-réfugiés qui font la fortune des mafias de passeurs et la satisfaction des destructeurs de solidarités nationales.]


Les Gaulois, décidément, ne font rien comme les autres. Le printemps de la France, ils ont réussi à le coller en décembre. Je ne sais sur quoi il débouchera, je sais seulement que dans ce pays, l’on se sent moins seul. Voici donc en vrac quelques tableaux d’une révolution nationale qui n’ose pas encore afficher son nom.

« I was a free man in Paris,
I felt unfettered and alive
There was nobody calling me up for favors
And no one’s future to decide… » (Joni Mitchell)

En liberté dans Paris

Presque malgré moi, j’ai passé mon temps à humer l’air parisien en cette semaine de veillée d’armes. Mardi, j’avais manqué mon train du retour vers la Suisse. Plutôt que de prendre le suivant, j’ai étiré le séjour jusqu’au dernier moment possible, au vendredi. Il m’est arrivé trop souvent de manquer des événements historiques pour des futilités. Cette fois-ci, quelque chose me disait de rester là et d’écouter sans rien attendre.

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L’Amérique est battue, à terre pour le compte, et tout le monde le sait (Gordon Duff)

[Note de l’administrateur de ce blog : l’article suivant est paru sur New Eastern Outlook le 27 novembre 2017 en anglais, et le saker francophone en donne aujourd’hui une traduction française que je vous invite donc à lire sur ce site. L’auteur, Gordon Duff, est un vétéran de guerre américain, qui a combattu au Việt Nam et qui fait partie de l’équipe dirigeante de Veterans Today, un magazine de vétérans de guerre américains.

Comme tous ceux qui ont risqué leur vie et abandonné une partie de leur santé – et de leurs amis – dans des guerres, il ne s’embarrasse pas de précautions oratoires et vomit le politiquement correct. Il a appris a penser vite et à distinguer l’essentiel du superflu pour pouvoir sauver sa peau.]


Le monde sait que l’Amérique est finie.

Trump ne rend pas l’Amérique plus grande, il danse sur le cadavre. Nous pourrions donner des dates, le 9/11, ou 1913 quand l’Amérique a accepté une banque centrale Rothschild illégale. Peut-être que c’est vraiment en 1913 que l’hémorragie a commencé pour en terminer avec l’Amérique d’aujourd’hui.

C’est toujours une question de dette. Lorsque les nations acceptent une banque centrale – et toutes les banques centrales sont sous contrôle étranger, celui de la famille Rothschild – leurs institutions s’effondrent, la famille, la religion, leur gouvernement, les tribunaux, leurs médias. Tout y passe.

Nous avons vu cela encore et encore. La raison pour laquelle le 9/11 est critique n’a rien à voir avec la guerre interminable qui a balayé le monde, les armées par procuration, les groupes terroristes bidons et les millions de réfugiés.

Pour l’Amérique, il a annoncé le plus grand cambriolage de l’histoire, 10 000 milliards de dollars d’actifs, assez pour acheter toute l’Europe, ont simplement « disparu ». Quelques jours avant le 9/11, on apprenait que 2 400 milliards de dollars manquaient au budget militaire, selon le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Ce que peu de gens savent, c’est que le groupe qui a enquêté sur cette affaire a été tué, dans son intégralité, le 9/11 lors de l’incident au Pentagone.

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Sur le 11-Septembre, sur la criminalité financière, sur le mélange des deux, et sur la duplicité de Donald Trump, voir aussi sur ce blog :

Chișinău – Comment sortir du crépuscule ?
(Slobodan Despot)

[Note de l’administrateur de ce blog : comme d’habitude avec Slobodan Despot, parlant ici lors d’un colloque à Chișinău en Moldavie, on prend de la hauteur et du recul.

Alors que d’autres en sont encore aux affrontements gauche-droite factices, que certains pétitionnent contre la guerre, pour la paix, contre les méchants et pour les bisous, que d’autres cherchent à Trump toutes les ressemblances possibles avec un Hitler qu’ils ne connaissent que de leurs manuels de lycée, et sans s’apercevoir que sa concurrente était pire, l’écrivain suisse nous parle d’effondrement de civilisation et de fin de cycle pluriséculaire.

Et c’est par là qu’il faut commencer : on n’est pas certain de guérir une fois posé le bon diagnostic, mais si on fait le mauvais, c’est encore plus improbable. Il n’y a donc pas d’autre solution que de s’attaquer aux fondations de l’édifice pour en construire un autre, patiemment. Mais la démolition elle-même pourra être rapide, même si le concept a généralement plus d’inertie que la matière, étant à support humain.]


Nous sommes tous réunis ici par un diagnostic commun. Le modèle économique, social et politique imposé ces deux ou trois derniers siècles par la civilisation d’Europe occidentale est en train de s’épuiser. Comme un animal aux abois, il s’enfonce de plus en plus dans l’agressivité. Et comme le scorpion de la fable, il semble avoir retourné son dard empoisonné contre lui-même.

Ceci est un truisme pour tous ceux qui sont réunis ici. Nous ne serions probablement pas venus d’horizons aussi différents pour nous retrouver ici si nous ne partagions pas ce credo de base. Pourtant, il serait utile de nous interroger sur ce que recouvre exactement cette conviction.

Lorsqu’on parle de capitalisme financier, on pourrait tout aussi bien parler du monde moderne. Et même de la civilisation où nous vivons en soi, autrement dit de la civilisation tout court. En effet, il n’existe plus nulle part au monde de modèle alternatif à celui où nous vivons. Tout au plus voit-on çà et là des curiosités telles que les survivances locales de coutumes anciennes ou d’infimes esquisses d’organisations sociales fondées sur des utopies : phalanstères, coopératives, zones autonomes, etc.

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Quelques suggestions de lecture pour s’élever au-dessus du bordel ambiant, sur ce blog :

Pourquoi il ne se passe rien (bis, Antipresse)

[Note de l’administrateur de ce blog : il serait difficile, ayant diffusé il y a une semaine “Pourquoi il ne se passe rien“, d’ignorer la suite qu’en donne aujourd’hui Slobodan Despot, sous forme d’un témoignage qui en outre corrobore de très près mon expérience personnelle (même si mon “éveil” est beaucoup plus tardif que le sien, et que je le dois à d’autres sujets), en particulier le dernier paragraphe. Je vous livre donc ici la suite (et fin) de l’histoire, et vous recommande une fois de plus la lecture du Drone, voire l’abonnement à cette petite revue si méritante qui, elle, ne reçoit aucune subvention.]


A la suite du documentaire d’Adam Curtis, Hypernormalisation (voir Antipresse 101), sur le remplacement de notre réalité contemporaine par un monde de synthèse, j’ai réinterprété certains événements cruciaux de ma propre vie, et qui ont déterminé mon destin.

Un témoignage personnel : Bosnie, 1992

«Nous les avons tous suivis, parce que la simplicité était rassurante.» (Hypernormalisation)

Quoique contestable sur bien des points, Hypernormalisation reste un remarquable exercice d’intelligence au sens premier : inter-lier des faits en apparence disparates. Il m’a aidé, entre autres choses, à comprendre ma propre trajectoire.

De manière significative, Curtis fait appel à des références littéraires (et non «scientifiques») pour une compréhension profonde des systèmes : le Pique-nique au bord du chemin des frères Strougatski pour l’URSS moribonde (roman qui servit de base au film Stalker de Tarkovski), et, pour l’Occident, la puissant univers romanesque de William Gibson qui forgea le concept de cyberspace. Cela ouvre une réflexion étourdissante sur le rapport entre la création littéraire et la compréhension concrète du monde où nous vivons. Mais revenons sur le cœur du sujet.

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Pourquoi il ne se passe rien (Antipresse)

[Note de l’administrateur de ce blog : Antipresse tape encore dans le mille, mais cette fois le billet de Slobodan Despot se contente de relater le contenu d’un documentaire produit par la BBC, Hypernormalisation, ce qui prouve que même les mass media arrivent à produire des œuvres audiovisuelles lucides sur la société qui les nourrit.

La dystopie dont il est question ici n’a rien d’imaginaire : parmi les institutions en faillite qui nous guident avec constance dans la “gestion de la perception” ou “l’entretien du simulacre”, figure en bonne place l’université dont la tête fait exactement l’inverse de ce qui justifie son existence : la transmission des connaissances, la pédagogie du raisonnement et la défense de l’esprit critique.

Quand un individu sans la moindre légitimité, ni académique, ni morale, ni politique, et encore moins nationale – puisqu’il œuvre ouvertement aux intérêts d’une puissance étrangère – se permet d’attaquer au bazooka un de ses membres dans une lettre qui mériterait d’être reprise verbatim dans un sketch de Dieudonné tant elle est grotesque, l’université non seulement ne remet pas à sa place l’auteur de la dénonciation calomnieuse, mais tente d’enfoncer davantage la victime au cours d’une procédure disciplinaire où le mensonge – direct ou par omission – tient lieu d’argument, où l’ignorance tient lieu de savoir et où toute discussion de fond est soigneusement évitée.

Les articles d’Antipresse sont désormais accessibles via Le Drone, dont c’est aujourd’hui le numéro zéro. Un bulletin fort agréable à lire qu’il est même possible de recevoir chez soi sur du véritable papier, moyennant abonnement bien sûr. Cependant, même si la mise en page du Drone est bien supérieure à celle de ce blog, je choisis de reproduire ici en entier l’article suivant, ce qui permettra à d’éventuels lecteurs non francophones d’avoir une vague idée de son contenu via la traduction automatique disponible à la fin du texte.]


Nous nous sentons dépossédés comme citoyens, trompés comme électeurs, exploités comme consommateurs, empoisonnés comme patients. Notre environnement est tissé de faux-semblants. Malgré les catastrophes qui menacent et les révélations fracassantes sur la corruption du système, rien ne change, personne ne bouge. Pourquoi ? Sommes-nous tous paranos, ou notre monde se serait-il mis à marcher selon d’autres règles ?

Voici un an déjà, un film documentaire essayait de donner un sens à cette suspicion que chacun rumine sans oser l’exprimer ouvertement. Hypernormalisation d’Adam Curtis est produit par la BBC et cela constitue un utile sauf-conduit. S’il provenait d’une petite production «alternative», il eût vraisemblablement fini au purgatoire du conspirationnisme.

Curtis est un reporter audiovisuel original, connu et primé. Souvent taxé de gauchisme, lui-même se reconnaît plutôt des penchants conservateurs-libertariens. Son dernier opus témoigne d’une ambition vertigineuse de compréhension du monde actuel, tant par sa thèse que par sa longueur (2h45). Il dépeint une «grande rupture» qui serait survenue, selon lui, à l’orée des années 1970, lorsque la société industrielle est devenue trop complexe et menaçait d’échapper à tout contrôle.

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