Chișinău – Comment sortir du crépuscule ?
(Slobodan Despot)

[Note de l’administrateur de ce blog : comme d’habitude avec Slobodan Despot, parlant ici lors d’un colloque à Chișinău en Moldavie, on prend de la hauteur et du recul.

Alors que d’autres en sont encore aux affrontements gauche-droite factices, que certains pétitionnent contre la guerre, pour la paix, contre les méchants et pour les bisous, que d’autres cherchent à Trump toutes les ressemblances possibles avec un Hitler qu’ils ne connaissent que de leurs manuels de lycée, et sans s’apercevoir que sa concurrente était pire, l’écrivain suisse nous parle d’effondrement de civilisation et de fin de cycle pluriséculaire.

Et c’est par là qu’il faut commencer : on n’est pas certain de guérir une fois posé le bon diagnostic, mais si on fait le mauvais, c’est encore plus improbable. Il n’y a donc pas d’autre solution que de s’attaquer aux fondations de l’édifice pour en construire un autre, patiemment. Mais la démolition elle-même pourra être rapide, même si le concept a généralement plus d’inertie que la matière, étant à support humain.]


Nous sommes tous réunis ici par un diagnostic commun. Le modèle économique, social et politique imposé ces deux ou trois derniers siècles par la civilisation d’Europe occidentale est en train de s’épuiser. Comme un animal aux abois, il s’enfonce de plus en plus dans l’agressivité. Et comme le scorpion de la fable, il semble avoir retourné son dard empoisonné contre lui-même.

Ceci est un truisme pour tous ceux qui sont réunis ici. Nous ne serions probablement pas venus d’horizons aussi différents pour nous retrouver ici si nous ne partagions pas ce credo de base. Pourtant, il serait utile de nous interroger sur ce que recouvre exactement cette conviction.

Lorsqu’on parle de capitalisme financier, on pourrait tout aussi bien parler du monde moderne. Et même de la civilisation où nous vivons en soi, autrement dit de la civilisation tout court. En effet, il n’existe plus nulle part au monde de modèle alternatif à celui où nous vivons. Tout au plus voit-on çà et là des curiosités telles que les survivances locales de coutumes anciennes ou d’infimes esquisses d’organisations sociales fondées sur des utopies : phalanstères, coopératives, zones autonomes, etc.

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Quelques suggestions de lecture pour s’élever au-dessus du bordel ambiant, sur ce blog :

Le choix de civilisation de la Russie (le saker francophone)

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La mosquée-cathédrale de Moscou

Cette semaine, Vladimir Poutine et un grand nombre de dignitaires et d’invités russes et étrangers ont inauguré la plus grande mosquée en Europe : la nouvelle mosquée-cathédrale de Moscou. Ce fut un grand événement, très attendu par les plusieurs dizaines de milliers de musulmans russes qui vivent dans la capitale et qui, par le passé, devaient prier dans les rues en raison de l’absence d’une mosquée assez grande pour les accueillir tous.

La signification de cet événement, toutefois, dépasse largement le manque local d’espace. La vérité est que la plupart des musulmans qui priaient dans le centre de la ville de Moscou voulaient davantage que seulement un bâtiment plus grand – ils voulaient une reconnaissance officielle de leur existence et de leur importance pour la Russie. Maintenant, cette reconnaissance très attendue est finalement venue et le célèbre centre de Moscou présentera des minarets dorés hauts de 240 pieds [un peu plus de 73 m, NdT] qui viendront compléter avec élégance les coupoles orthodoxes traditionnelles. Mais je ferais remarquer que cet événement est même plus grand que la seule reconnaissance du rôle que l’islam joue dans la Russie moderne – je crois qu’il est l’expression d’un choix civilisationnel profond.

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Et pour un exemple opposé de mépris de l’islam via la promotion médiatico-politique d’un crétin analphabète par le lobby sioniste français, voir le cas Chalghoumi.

Thermodynamique de l’évolution

thermodynamique-evolutionLe genre : grande théorie unifiée de tout (mais modeste)

Voilà un ouvrage qui pourrait passer inaperçu, venant d’un petit éditeur (éditions parole) ne bénéficiant pas de tous les copinages du monde littéraire, et dont le titre comporte un de ces mots barbares, thermodynamique, qui font fuir les non-scientifiques (avez-vous remarqué comme il est de bon ton de se dire nul en sciences dans les salons où on croit causer intelligemment ?).

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