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Les mots creux du nouveau maccarthysme

épouvantail en Pologne

Bouh !

Complotiste, révisionniste, négationniste, antisémite, rouge-brun, homophobe, sexiste, réactionnaire, nauséabond voici quelques-uns des qualificatifs flatteurs qui s’abattent régulièrement, par media interposés, sur toute personne s’écartant un peu trop des voies bien tracées des idées dominantes. De véritables épouvantails de la pensée ayant pour fonction de diriger celle-ci, comme les oiseaux, hors de certaines zones (quitte à faire davantage de dégâts dans le terrain du voisin).

Passons ces qualificatifs en revue, en essayant de nous concentrer sur leur sémantique, aussi intéressante par ce qu’elle dit que par ce qu’elle oublie de dire.

Complotiste

Un “complotiste” (ou “conspirationniste”) est une personne voyant des complots là où il n’y a pas lieu d’en voir, et qui serait donc atteinte d’une forme de paranoïa. Par exemple – c’est le cas le plus fréquent – on traitera de “complotiste” quiconque rejette la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Or il ne fait aucun doute :

  • que des complots ont toujours existé, et existeront toujours ; dès lors, traiter quelqu’un de “complotiste” avec ce sens péjoratif revient à prétendre pouvoir distinguer à sa place entre vrais et faux complots. De quel droit, et sur la base de quelles compétences ?
  • que les attentats du 11 septembre 2001 ne sont pas un accident, mais bien le résultat d’un complot : dans ce cas précis, la question “complot ou pas complot” ne se pose pas, il s’agit seulement de savoir qui a réalisé le complot, comment et pourquoi ; les défenseurs de la version officielle sont aussi des “complotistes”. Et, de plus, parmi les moins crédibles.


une des nombreuses théories du complot sur le 11 septembre 2001

Il apparaît donc qu’à l’accusation de “complotisme”, on peut toujours répondre comme une personne rationnelle devrait toujours le faire : la présence ou l’absence d’un complot ne saurait en aucun cas être prise en considération pour valider ou infirmer une thèse, sachant que les deux sont en général possibles.

Révisionniste

Ce terme n’est pas à l’origine péjoratif, puisqu’il est revendiqué par des personnes qui se qualifient comme telles, mais il l’est devenu à force d’être associé à des adjectifs infamants, comme “antisémite”. L’adjectif “révisionniste” peut s’appliquer à des concepts très différents (et fut, à l’origine, employé pour désigner les partisans de la révision du procès d’Alfred Dreyfus) mais il est aujourd’hui principalement associé à une démarche historique critique recommandant de ne rien tenir pour acquis, et de toujours mettre en cause la version admise de l’Histoire, soit en réétudiant les documents connus avec un oeil neuf, soit en la confrontant à des documents nouvellement apparus.

un révisionniste célèbre

un révisionniste célèbre

Dans ce sens, assez neutre, il est difficile d’en faire un repoussoir efficace : en effet, il ne décrit que la démarche normale d’un travail scientifique, qui doit refuser tout dogme définitif et perpétuellement remettre en cause les connaissances acquises pour garder le statut de science. Tout le monde sait aujourd’hui que la Terre n’est pas plate ; mais ce n’est certainement pas en ayant empêché quiconque de le penser ou de le dire (par des voies légales, la pression financière ou la contrainte physique) que cet énoncé a acquis le statut de vérité scientifique : c’est au contraire parce qu’il est possible sans risque de prétendre la Terre plate que cette affirmation a perdu toute valeur. Comme d’affirmer que la Terre est le centre de l’Univers.

L’adjectif “révisionniste” n’étant péjoratif que par association avec d’autres, il a fallu en inventer un plus radical : “négationniste”.

Négationniste

Au sens strict, est “négationniste” quiconque nie quelque chose. En pratique, cet adjectif s’applique généralement aux personnes niant la réalité d’un fait précis : l’extermination planifiée des juifs d’Europe par le régime nazi durant la deuxième guerre mondiale, ou les modalités techniques de cette extermination (existence de chambres à gaz homicides).

On peut d’abord remarquer que la version admise (“non-négationniste”) des crimes nazis est celle issue du procès de Nuremberg, soit un tribunal militaire d’exception, organisé juste après la guerre pour accabler les vaincus et du même coup justifier les atrocités commises par les vainqueurs, comme le bombardement de Dresde par l’aviation américaine et britannique en février 1945. Or chacun sait qu’un tribunal militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique : au mieux sa caricature. Et lorsqu’il est organisé par les vainqueurs pour juger les vaincus, on s’écarte largement du mieux.

C’est ainsi que paradoxalement, on plaque un qualificatif qu’on voudrait infamant sur toute personne réticente à accepter un récit moralement et historiquement douteux par son origine même, quel qu’en soit le contenu. La rigueur intellectuelle et la droiture morale seraient-elles répréhensibles ? Et plus généralement, le droit de dire non n’est-il pas la condition nécessaire de la liberté – y compris la liberté de se tromper – et de l’exercice de la raison ?


apologie du négationnisme

Antisémite

À lui seul, cet adjectif à la mode, devenu en peu de temps une insulte à effet comique involontaire pour ultra-sioniste en panne d’argument, mériterait de longs développements. Essayons néanmoins de faire court. Paradoxalement, c’est probablement à un antisémite, qui considérait donc ce terme comme positif, qu’on doit le mot : le journaliste allemand Wilhelm Marr (1819-1904). L’époque était au racisme “scientifique”, et l’idée de Marr était de justifier la haine envers les juifs en les assimilant à une “race” étrangère à l’Europe, celle des peuples sémites qui habitent le Moyen-Orient, l’Afrique du nord et la corne de l’Afrique.

C’est donc une première surprise de voir un terme raciste employé par ceux qui disent lutter contre le racisme… mais ce n’est sans doute pas un hasard. En effet, la définition que se donnent eux-mêmes les juifs est partiellement de nature raciste, puisqu’est considérée juive, selon la Halakha, toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme. La transmission par le sang, qui fonde les théories racistes, se trouve donc liée par la culture juive elle-même à une religion, soit un ensemble d’idées que tout être humain peut accepter ou refuser. Ainsi l’accusation d’antisémitisme peut être un bouclier facile pour éviter tout débat sur la religion ou la culture juives, ou même tenter de soustraire des criminels juifs à la justice commune en taxant d’antisémitisme (assimilé à du racisme) quiconque veut les faire condamner.

C’est d’ailleurs à la suite d’une campagne médiatique destinée à sauver un criminel politique juif, Samuel Schwartzbard, que fut créée en 1928 en France la LICA, ancêtre de la LICRA actuelle. Laquelle porte dans son nom même une contradiction : si l’antisémitisme est un racisme (car s’attaquant à des personnes en raison de leur naissance), alors il n’y a pas lieu de le distinguer des autres formes de racisme ; si ce n’en est pas un (les juifs étant seulement définis par leur religion, ou à la rigueur leur culture), alors c’est une opinion comme une autre, contre laquelle il n’est pas interdit de lutter mais qu’on ne saurait en aucun cas criminaliser dans un pays laïc, sauf à vouloir instaurer une dictature de la pensée.

Karl Marx

juif antisémite

Il conviendrait donc avant toute chose de proposer une définition claire de l’antisémitisme, donc de l’identité juive : il est étrange qu’après les persécutions subies sous le régime nazi, qui les justifiait par une idéologie raciste, beaucoup de personnes continuent à se dire juives uniquement parce que nées de mère juive. Pour ma part, ne donnant pas le moindre crédit aux divisions raciales de l’humanité, je refuserai toujours d’accorder une quelconque importance au fait d’être le fils ou la fille de sa mère ; en conséquence, je refuse la majuscule à juif tout comme je la refuse à chrétien ou à musulman.

L’abus de l’adjectif “antisémite”, particulièrement depuis fin 2013 envers l’humoriste Dieudonné, qui n’est pas plus antisémite que je suis cosmonaute (tout comme son associé en persécutions, Alain Soral), conduit in fine à rendre les idées antisémites plus acceptables, puisqu’on finit par associer l’adjectif à des personnes de haute valeur intellectuelle et morale… dont certaines sont même juives. Ce fut déjà le cas, en 2002, du sociologue et philosophe français Edgar Morin, condamné par les associations France-Israël et Avocats sans Frontières pour “diffamation raciale” après avoir écrit un article dans Le Monde intitulé “Israël-Palestine : le cancer” . Même si cette condamnation fut cassée en 2006, l’honneur de ce grand homme, résistant (Morin est un pseudonyme datant de son engagement), universaliste et assurément hostile à toute forme de racisme, avait tout de même été souillé par des associations communautaires très procédurières et infiniment moins humanistes que lui. Un comble.

Rouge-brun

le-rouge-et-le-noir

oeuvre rouge-brune

L’extrême-gauche, c’est mal ; l’extrême-droite, c’est mal aussi : l’association des deux, c’est donc encore plus mal. Je ne pense pas qu’il faille chercher beaucoup plus loin pour comprendre l’émergence récente de cet adjectif coloré : forgé pour faire peur à ceux qui sont de tempérament centriste et modéré, il vise à réunir le pire des deux mondes pour être bien sûr de provoquer un rejet total. Mais la rhétorique la plus simpliste est aussi souvent la plus simple à contrer : si des personnes de sensibilités politiques très différentes s’accordent sur un même sujet (par exemple, la nocivité de l’Union Européenne pour les peuples qui la composent), cela peut être aussi parce que la réalité du problème fait consensus pour toute personne sensée, de la même façon que tout le monde s’accordera pour dire que la Corse est une île. À trop insister sur des convergences idéologiques a priori surprenantes, on risque donc de montrer du doigt les véritables problèmes de notre société, voire de faire comprendre au plus grand nombre ce qu’une association de banquiers américains écrivait en 1924 :

“En divisant les votants grâce au système de partis politiques, nous les manipulons pour qu’ils dépensent toute leur énergie pour des problèmes n’ayant aucune importance. C’est donc grâce à une action discrète que nous garantirons la pérennité de ce que nous avons si bien planifié et accompli.”

 

Homophobe

La chasse au pédé ayant été (et restant encore, dans certains pays) un des sports favoris des régimes autoritaires, il semble aujourd’hui que la non-adoration des homosexuel(le)s, et surtout des lobbies qui parlent en leur nom, puisse être considérée chez nous comme un crime intellectuel rappelant lézeurléplussombres de notre histoire. Et constituer une arme de propagande massive, comme – au hasard – lorsqu’il s’agit de dire du mal de Poutine, coupable d’avoir fait voter, dit-on, des “lois homophobes”. Lois qui interdisent la propagande homosexuelle à destination des mineurs, c’est-à-dire par exemple des manifestations publiques telles que la Gay Pride, mais ne criminalisent absolument pas des pratiques sexuelles qui doivent rester, comme toutes les pratiques sexuelles, du domaine privé.

Gay_Pride_Madrid_2013

lutte contre l’homophobie ou entretien de l’homophobie ? (Gay Pride, Madrid, 2013)

Faut-il rappeler que certains États des USA, cette grande “démocratie occidentale”, pouvaient condamner des individus pour sodomie jusqu’en 2003, alors qu’en Russie l’homosexualité, dépénalisée dès la révolution de 1917 puis interdite à nouveau par Staline en 1930, est parfaitement légale depuis 1993 ?

Faut-il rappeler que parmi les pays les plus durs envers l’homosexualité, figurent l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, pour lesquels nos media, d’ordinaire si prompts à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme, sont curieusement d’une grande discrétion ?

Faut-il rappeler que tous les bébés naissant, jusqu’à preuve du contraire, de l’union d’un homme et d’une femme, l’homosexualité ne saurait en aucun cas acquérir le même statut de “normalité” que l’hétérosexualité pour la construction des familles et de la parentalité ?

Comme le dit fort bien Jean-Claude Michéa dans L’enseignement de l’ignorance :

Dans la culture de gauche (ou encore progressiste, ou encore moderniste) toute porte fermée constitue, par définition, une provocation intolérable et un crime contre l’esprit humain. C’est donc, de ce point de vue, un impératif catégorique que d’ouvrir, et de laisser ouvertes, toutes les portes existantes (même si elles donnent sur la voie et que le train est en marche).

 

Ou encore, comme le résume de son style lapidaire Alain Soral dans Abécédaire de la bêtise ambiante :

Qu’il soit réactionnaire de persécuter les pédés n’implique pas qu’il est progressiste de se faire enculer.

 

Sexiste

Poursuivons notre quête des portes à ouvrir sous peine de retour à l’obscurantisme. Le combat pour l’égalité des droits entre hommes et femmes ne suffisant plus (puisque grosso modo achevé, au moins théoriquement, en France), il faut aujourd’hui affirmer qu’hommes et femmes ne sont pas seulement égaux en droit, mais égaux en tout. Voire constituent deux catégories arbitraires imposées par des millénaires d’oppression cléricale et de chasse au mammouth. Ainsi toute tentative d’étudier scientifiquement (donc sans a priori) les différences entre hommes et femmes, et en particulier les différences cognitives, se heurte immédiatement à l’accusation de sexisme et même, pour bien enfoncer le clou dans la chair faible de la science rénégate, de neuro-sexisme.

Qu’on se le dise : toute étude scientifique qui ne partirait pas de la conclusion à laquelle elle doit aboutir, à savoir l’identité parfaite entre cerveau masculin et cerveau féminin, ne peut que conduire aux pires dérives autoritaires des sociétés patriarcales, à l’autorisation de la polygamie et au retour du droit de cuissage. Admettre des différences physiques, à la rigueur (encore que, il semble très tendance pour certaines femmes de porter la moustache), mais des différences psychiques, même pas en rêve. Et peu importe si l’imagerie cérébrale vient fournir des données statistiques (n’ayant de sens que sur des grands nombres, mais pas individuellement déterminantes), ou si certains troubles psychiques comme l’autisme sont massivement liés au sexe : les données importent peu, quand la marche glorieuse de la révolution progressiste montre la voie.

catherine-vidal

Ne pensez plus, je le veux.

Cette confusion entre égalité de droit (identité des droits pour des personnes différentes) et identité (au sens de l’identité mathématique, traduite par le signe =) masque difficilement une aversion profonde pour la différence, caractéristique des pensées totalitaires, une incapacité à reconnaître la complémentarité des sexes comme un élément fondateur de nos sociétés, et même bien au-delà puisqu’elle concerne aussi les règnes animal et végétal. Heureusement, il existe encore des gens capables de raisonner… mais ce ne sont pas forcément ceux (ou celles) donc ce devrait être le métier. Et c’est bien là le problème : si l’université enseigne l’ignorance, où peut-on acquérir la connaissance ?

Réactionnaire

Toute action implique une réaction égale et opposée, imposa en son temps par la raison un britannique excentrique. Sans aller jusqu’à l’impitoyable équilibre des lois de la physique, les lois humaines et sociologiques montrent que tout pouvoir nécessite un contre-pouvoir sous peine de devenir tyrannie, et plus banalement que tout ce qui est nouveau n’est pas forcément plus beau, contrairement à ce que martèle le discours publicitaire.

plug anal

art progressiste (Paul McCarthy)

Il devrait donc être permis, dans le pays qui revendique l’émancipation des esprits par les Lumières, de contester tout pouvoir excessif comme celui de l’argent ou des media, de déplorer la dictature de la consommation et la religion de la croissance, sans être traité d’obscurantiste ou de passéiste. Mais les lois de l’inconscient conduisent automatiquement ceux qui font profession d’ouvrir toutes les portes même celles débouchant sur le vide, à en interdire rigoureusement le franchissement dans le “mauvais” sens. Les portes n’étaient en réalité que des valves (d’où la vénération pour l’art pneumatique et baudruchoïde). Puisqu’on a éradiqué la famine, il est de mauvais goût de s’inquiéter de l’épidémie d’obésité dans les sociétés “avancées”. Puisqu’on a inventé le dodécaphonisme, il est arriéré de préférer la musique tonale. Puisque la femme a été “libérée”, il est rétrograde de s’offusquer de la mise en vente de strings pour fillettes de huit ans. Puisque le pouvoir politique s’est autrefois appuyé sur l’Église, il est réactionnaire de déplorer dans la République Française contemporaine l’absence de valeurs morales et spirituelles qui permet à une “élite”, uniquement préoccupée par sa propre préservation, de se maintenir par le mensonge et le trafic d’influence.


musique réactionnaire

Or la réaction, lorsque l’action de l’élite auto-proclamée mène au chaos, est la condition nécessaire de l’existence libre, avant même d’être celle de la paix et de la prospérité.

Nauséabond

Paul McCarthy

art progressiste nauséabond (du même artiste)

Là au moins, c’est clair : quand ça pue (le gaz, la charogne…), c’est qu’on est en danger et qu’il faut fuir de toute urgence. En se plaçant sur le registre des peurs primaires, de l’instinct de survie, l’argumentaire avoue son impuissance intellectuelle, reconnaît qu’il tire ses dernières cartouches. Il est donc plutôt bon signe de voir fleurir ce qualificatif depuis peu comme des jonquilles au printemps. Susciter le dégoût viscéral ou au contraire jouer sur la pulsion sexuelle primaire pour vendre de tout, telle est la technique très calculée du capitalisme en phase terminale. S’adresser au cerveau reptilien, pas au néocortex, trop subtil, trop rationnel, trop capable d’empathie aussi. Face à la pestilence, l’animal s’enfuit, il ne connaît même plus son groupe, sa tribu, sa famille ; tout juste songera-t-il à emmener avec lui ses petits, s’ils sont sans défense.

Faillite morale, imposture intellectuelle, impasse logique

Faillite morale

Le nouveau maccarthysme ne peut pas se contenter de ne pas penser, il doit empêcher que se répande l’enseignement des véritables penseurs, ceux qui pensent pour libérer la pensée des autres et non pour imposer la leur. Pour ce faire il applique une vieille recette : si l’on veut étouffer le message, il faut diaboliser le messager. Y compris lorsque le messager est un saint laïc, d’une droiture morale irréprochable. Un exemple :

Notre livre n’a d’autre objet que de dénoncer ce camouflage idéologique d’une politique, pour empêcher qu’on la confonde avec la grande tradition des prophètes d’Israël. Avec mon ami Bernard Lecache, fondateur de la L.I.C.A. (devenue la L.I.CR.A.) déporté dans le même camp de concentration que moi, nous apprenions, en des cours du soir, à nos compagnons, la grandeur, l’universalisme, et la puissance libératrice de ces prophètes juifs.

A ce message prophétique, je n’ai jamais cessé d’être fidèle, même lorsqu’après 35 ans de militantisme au Parti communiste, et membre de son Bureau politique, j’en étais exclu, en 1970, pour avoir dit, dés 1968 : “L’Union soviétique n’est pas un pays socialiste”. Comme je dis aujourd’hui : La théologie de la domination de la Curie romaine n’est pas fidèle au Christ, l’Islamisme trahit l’Islam, et le sionisme politique est aux antipodes du grand prophétisme juif.

 

La citation qui précède provient des Mythes fondateurs de la politique israélienne, que certains osent encore assimiler à de l’antisémitisme ou à de l’incitation à la haine raciale afin d’en empêcher la lecture. Et d’étouffer la parole de son auteur Roger Garaudy, qui fut tout au long de sa vie un infatigable militant anti-fasciste, anti-impérialiste, anti-intégriste, anti-raciste, et n’a jamais voulu admettre qu’il puisse exister des humains “plus égaux que d’autres”. Roger Garaudy qui dès la première page (“Pourquoi ce livre ?”) résume parfaitement l’état d’esprit qui l’anime :

Les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps.

Ce livre fait partie d’une trilogie que j’ai consacrée à les combattre :

Grandeur et décadence de l’Islam, dans lequel je dénonce l’épicentre de l’intégrisme musulman : l’Arabie Saoudite. J’y ai désigné le Roi Fahd, complice de l’invasion américaine au Moyen-Orient, comme “prostituée politique”, qui fait de l’islamisme une maladie de l’Islam.

Deux ouvrages consacrés à l’intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant “défendre la vie”, disserte sur l’embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d’enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim, victimes du “monothéisme du marché” imposé par la domination américaine. Ces ouvrages s’intitulent : Avons- nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? (contre le monothéisme du marché).

Le troisième volet du triptyque: Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l’hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d’Israël l’Etat d’Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des provisoires maîtres du monde: Les Etats-Unis, qui entendent s’approprier les pétroles du Moyen-Orient, nerf de la croissance à l’occidentale. (Modèle de “croissance” qui, par le truchement du F.M.I., coûte au Tiers Monde l’équivalent en morts d’un Hiroshima tous les deux jours).

 

démence sénile

démence sénile

Qui sont les salauds ? Des hommes comme Garaudy ou ceux qui l’ont traîné dans la boue et continuent encore à le faire ?

Qui sont les assassins de la mémoire ? Ceux qui veulent imposer de force la Shoah comme dogme d’une nouvelle religion planétaire, reléguant ainsi le drame des juifs européens au rang de mythe réservé aux seuls croyants, ou ceux qui luttent pour que la raison n’épargne pas cette période de l’histoire, afin qu’elle reste une leçon pour tous les êtres humains sans exception ?

Imposture intellectuelle

Manipulant l’opinion par la peur et le sentiment de culpabilité, le néo-maccarthysme tente de détourner les esprits de certains travaux historiques au motif qu’ils seraient l’oeuvre de sympathisants “d’extrême-droite”, voire de “néo-nazis” (sans doute bien plus dangereux que ceux actuellement au pouvoir en Ukraine, pour lesquels il reste discret). Mais le propre d’un travail scientifique n’est-il pas justement d’avoir une validité indépendante de l’idéologie de celui ou celle qui le produit ? Dois-je cesser immédiatement d’enseigner le principe d’incertitude de Heisenberg au motif qu’il est issu de l’intelligence d’un physicien ayant collaboré au programme atomique nazi ? Voire, dans un domaine non scientifique mais où la rigueur est essentielle, cesser d’écouter tous les enregistrements de Herbert Von Karajan au motif que cet immense chef d’orchestre avait adhéré au parti nazi ?

Lyssenko

Vous en reprendrez bien un peu ?

Quel rapport entre un Roger Garaudy et un Vincent Reynouard, militant nazi assumé et emprisonné en raison de ses idées, non de ses actes ? Quel rapport sinon, peut-être, que si la Corse est une île, alors tout être humain doué de raison doit l’admettre, indépendamment de ses opinions politiques ? Et quelle logique y a-t-il à condamner cet individu à de la prison (vingt-quatre mois, dont six fermes) pour “apologie de crime de guerre”, alors qu’il prétend démontrer précisément l’absence de crime de guerre dans le massacre d’Oradour-sur-Glane, selon lui une opération de police ayant mal tourné en raison de l’explosion d’un dépôt de munitions dans l’église ? Un militant nazi qui cherche à innocenter les nazis de leurs crimes, mais n’appelle jamais à en commettre, est-il plus dangereux qu’un homme de radio appelant explicitement à la vengeance envers un individu et même à son exécution, comme le firent les nazis envers les juifs ?

Impasse logique

Nous voilà sommés de croire que 2+2 = 5 ou que 10 > 1000. J’exagère ? Non, nous y sommes déjà, la preuve. Les imposteurs dont je viens de passer en revue le vocabulaire sont en général assez prompts à établir des liens entre tous ces adjectifs, et accusent souvent les “complotistes” et les “négationnistes” d’être issus des mêmes milieux, par exemple. Ils n’ont pas forcément tort, mais se font du même coup hara-kiri.

Car si le meurtre de quelques innocents (affaire Merah, musée juif de Bruxelles), de quelques dizaines d’innocents (Charlie Hebdo et Hyper Cacher), de quelques centaines d’innocents (vols MH370 et MH17 de la Malaysia Airlines) voire de quelques milliers d’innocents (11 septembre 2001) par des services spéciaux entraînés aux ordres de castes gouvernantes mafieuses, pour quelque raison d’État obscure ou pour contrôler par le traumatisme une opinion publique théoriquement libre, si cette hypothèse relève du délire paranoïaque, alors que dire de la planification industrielle du meurtre de millions d’innocents par l’appareil étatique nazi (deux mille fois le 11 septembre, selon le décompte canonique) ?

Que dire également d’un “droit au retour” pour d’hypothétiques descendants de tribus juives antiques sur une terre que celles-ci auraient quittée il y a deux millénaires, quand on le refuse à ceux qui ont été chassés par la violence et la terreur depuis quelques décennies ?

Plus que jamais, l’inversion de paradigme est nécessaire.

Pour tester votre capacité à raisonner par vous-même, prenez maintenant le temps d’écouter deux pestiférés de la pensée dominante, un juif “antisémite” issu d’une famille ultra-sioniste, et un “négationniste” s’étant réjoui de la déroute des nazis, se disant politiquement centriste (prouvant au passage l’extrême fausseté de Wikipédia sur certains sujets) et qui fut réprimandé dans sa jeunesse pour avoir gravé à 13 ans “Mort à Laval” sur son pupitre de collégien. À vous de voir s’ils “incitent à la haine” ou à autre chose.


Gilad & Robert : deux hommes

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