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L’antisémite

Dieudonne-l-antisemite-shoahLors de sa sortie en 2012, le film “L’antisémite” de Dieudonné M’bala M’bala n’a fait l’objet, à ma connaissance, d’aucune critique honnête de la part des grands media dont c’est en principe le rôle : tous ont menti sur son contenu. Par critique honnête, je n’entends évidemment pas “critique favorable” : chacun sait qu’un même film peut être encensé par les uns et descendu par les autres, pour des raisons subjectives qui sont propres à toute oeuvre artistique. J’entends seulement, une critique qui ne dénature pas totalement le film, voire le fait passer pour l’exact opposé de ce qu’il est. Or, de cette mission dont normalement les critiques de cinéma professionnels doivent s’acquitter, seuls quelques blogs ont daigné s’occuper (certains en parlant aussi sans l’avoir vu, passant totalement à côté de la véritable nature du film). Pourquoi ? Je vais tenter par cet article de fournir quelques éléments de réponse.

ATTENTION ! Si vous avez l’intention de voir ce film (que personnellement je recommande, mais c’est le seul avis subjectif que je donnerai ici), il est vivement conseillé de ne pas poursuivre la lecture, qui vous dévoilera le scénario et diminuera donc votre plaisir de cinéphile.

Ce qui suit n’est pas une critique de cinéma, mais seulement un descriptif linéaire, repéré par des balises de temps, de l’action du film. Je n’émettrai donc aucune appréciation sur la qualité artistique de l’oeuvre mais donnerai des éléments utiles pour quiconque souhaite juger la présentation médiatique qui en a été faite, sans pour autant avoir vu le film. J’encourage bien sûr toute personne à vérifier par elle-même la réalité de ce qui suit, et du même coup à se faire une opinion sur les qualités du film.

Dans tout ce qui suit, les chiffres à gauche indiquent le début d’une séquence, en minutes et secondes par rapport aux premières images.

00:00

antisémite 0Le film débute par une séquence en noir et blanc à la façon des anciens films muets, commentée par une voix off volontairement ridicule dans le style des actualités cinématographiques d’avant la télévision. Il s’agit d’un reportage en mode burlesque sur la découverte du camp de concentration d’Auschwitz en 1945 par les militaires américains. Jacky Sigaux joue le rôle d’un prisonnier juif, Dieudonné celui d’un soldat américain. Visite d’une chambre à gaz et inspection de bidons de Zyklon B, présentés comme des pièces à conviction.

02:58

antisémite 1Passage à la couleur et au plein cadre : on rentre dans le film proprement dit, la séquence précédente étant un court-métrage visionné, et maintenant commenté de façon élogieuse, par un personnage interprété par Dieudonné. Celui-ci, habillé en officier SS, tient des propos fanatiquement antisémites, crie “Heil Hitler !” et désole sa femme Eva (jouée par Ophélie Montel) à cause de son obsession et de sa haine des juifs, qu’elle considère comme une maladie dont il devrait se faire soigner. Il est alcoolique et violent envers elle, et la frappe au point qu’elle s’évanouit. S’ensuit une dispute entre l’antisémite et sa femme.

08:40

antisémite 3Une sonnerie de téléphone portable retentit, on bascule alors en quelques secondes du côté de l’équipe technique qui tourne le film. L’image passe au noir et blanc plein cadre, avec les repères de cadrage et de temps d’une caméra numérique moderne, ce qui crée un effet de distanciation par rapport à la scène filmée. Le spectateur accède donc à un troisième niveau de fiction : après le court-métrage burlesque que regardait le personnage principal, il s’est retrouvé quelques minutes plongé dans le film lui-même, avant de partager la vie de l’équipe de tournage, qui n’est en réalité qu’une autre fiction. Entrée en scène du réalisateur (Francis, joué par Olivier Girard), caricature d’homosexuel à la façon de “la Cage aux folles” . Scène d’engueulade entre l’acteur qui joue l’antisémite (Dieudonné dans son propre rôle) et le perchiste qui a laissé sonner son téléphone portable.

10:20

antisémite 4D’autres personnages de l’équipe entrent en scène, toujours en image noir et blanc : scène de drague entre un acteur très sûr de lui, Olivier (interprété par Olivier Sauton) qui va jouer un cancérologue (le professeur Goldstein), et une actrice (interprétée par Hélène Clerc) qui révise son rôle, celui de l’assistante du cancérologue. Olivier se vante de ses conquêtes féminines, et recommande au caméraman (qu’est censé être le spectateur à cet instant) de le suivre s’il “veut de la baise” . Olivier est également un fan (assez primaire) du comique Dieudonné, et le spectateur comprend alors que dans tout le film, Dieudonné joue à la fois le rôle de l’antisémite fanatique et celui de l’acteur Dieudonné jouant le rôle de l’antisémite, les deux rôles étant des fictions.

13:16

Retour à l’image couleur, donc à la “fiction centrale” du film, qui alternera constamment entre l’histoire de L’antisémite et la fiction de son tournage. Le personnage joué par Dieudonné annonce : “Les juifs contrôlent tout, les media, la finance, la politique… nous n’avons plus le choix. Nous devons… les exterminer” , juste avant le “coupez !” du réalisateur qui semble très satisfait de la scène.

15:26

Quatrième niveau de réalité, cette fois sous forme de documentaire. Un texte apparaît à l’écran, tapé par une machine à écrire :

antisémite 3,5

15:43

L’image couleur revient, mais on n’est plus dans le film : on est toujours sur le plateau de tournage, derrière une caméra grand-angle effectuant un travelling surplombant entre différentes pièces, comme un oeil indiscret de drone qui voit tout sans être remarqué.

16:08

Retour au film proprement dit : Eva, la femme de l’antisémite, un pansement sur la tête, est au bord de faire un malaise dans l’école où elle est institutrice. Puis, avec l’intervention violente du réalisateur, mécontent de la scène, retour au noir et blanc et à la fiction du tournage. Le réalisateur se montre violent avec les actrices, et exige des maquillages improbables (la femme de l’antisémite, qui ne peut être par contagion qu’un personnage répugnant, doit avoir le visage enduit d’excréments). Nombreux dialogues entre les acteurs qui affinent les personnages.

22:17

antisémite 5Eva téléphone en cachette à un psychanalyste (le docteur Goldstein) pour lui demander de guérir son mari, “antisémite à un stade très avancé” . Allers-retours entre l’image couleur du film et le noir et blanc du tournage, où Dieudonné, l’acteur jouant l’antisémite, discute avec Bernard, l’acteur jouant le Dr. Goldstein (interprété par Jacky Sigaux), le psychanalyste juif. Tension palpable entre les deux acteurs, qui se lancent des regards noirs. Eva annonce au psychanalyste qu’elle est en pleine chimiothérapie et que sa dernière volonté serait que son mari guérisse. Scène qui se termine par un “Coupez !” du réalisateur, cette fois pleinement satisfait.

24:40

Un deuxième commentaire écrit apparaît à l’écran :

antisémite 7

S’ensuit une scène où le docteur Goldstein, une kippa sur la tête, poussant un chariot au supermarché en compagnie de sa femme Esther (une jeune blonde plus grande que lui, interprétée par Juliette Montel) discute avec elle de la possibilité pour lui d’accepter de soigner un antisémite. Décors en carton bâclés, acteurs qui font semblant de pousser un chariot mais font en réalité du sur-place, soulignent de façon burlesque les restrictions budgétaires. Esther apparaît comme une juive pro-israélienne raciste et agressive envers les Arabes, tandis que son mari lui explique qu’il ne peut pas en tant que médecin refuser de soigner qui que ce soit.

28:34

antisémite 8Scène d’interview où une journaliste libanaise, voilée, interroge au sujet de la comédie “L’antisémite” les deux comédiens principaux du film, l’actrice jouant Eva (elle-même libanaise) et Dieudonné jouant l’antisémite. Celui-ci est habillé comme un boxeur à l’entraînement (survêtement, protège-dents, protège-tête) ; des bandeaux d’actualités parodiques défilent comme lors d’un journal télévisé (“Nouvelle agression de l’État hébreu : Patrick Bruel chante à Jérusalem” – “Bombardement de l’OTAN pour la paix sur les mines de diamants au sud Congo. Mise en place d’un couloir humanitaire Brazzaville – Anvers – Tel Aviv.” … ). L’actrice jouant Esther intervient de façon provocante, en peignoir entr’ouvert et une cigarette à la main, au milieu de l’interview. La journaliste libanaise est visiblement gênée par sa tenue. Suite aux remarques de Dieudonné sur son habillement indécent, celle-ci ouvre son peignoir et exhibe son buste nu où on peut lire “I ♥ Israël” , puis s’en va en laissant un drapeau israélien sur la tête de la journaliste libanaise pétrifiée.

31:45

La journaliste libanaise demande si le titre de la comédie, “L’antisémite”, est une provocation. L’acteur Dieudonné répond que oui, et que ça n’a pas de sens de considérer que les juifs seraient aujourd’hui particulièrement persécutés en France ou dans le monde alors que c’est l’inverse. Selon lui, “l’antisémitisme est un argument politique qui sert les intérêts d’un petit groupe d’individus pour culpabiliser les autres” . La journaliste libanaise demande : “Mais rassurez-moi, ce film n’est pas un encouragement à l’antisémitisme ?” Les deux acteurs éclatent alors de rire, lui font remarquer que l’antisémitisme n’existe pas au Liban, et que sur le plateau c’est la même chose. “Ce film est un plaidoyer pour l’amour entre les peuples” , conclut l’actrice jouant Eva.

33:47

Troisième commentaire écrit apparaissant à l’écran :

antisémite 10

S’ensuit une scène de nuit où l’antisémite, en compagnie de Robert Faurisson qui joue son propre rôle, conduit un camion de transport de fonds. Scène rapidement interrompue par le réalisateur qui trouve Robert Faurisson d’apparence trop sympathique, ressemblant à un “grand-père idéal” alors qu’il doit incarner un “antisémite hystérique” . Le tournage reprend avec un maquillage de bave au coin des lèvres pour Robert Faurisson. Une lumière apparaît dans le ciel, d’abord attribuée à des extra-terrestres. C’est en réalité la Sainte Shoah, venue braquer l’argent, qui réussit presque à envoûter Dieudonné avant que Robert Faurisson n’arrive à le convaincre qu’elle n’est qu’une prostituée qui l’hypnotise.

38:20

Une scène de circoncision est annoncée par ce texte à l’écran, accompagné d’une musique angoissante :

Nous tenons à informer les spectateurs que la scène que vous allez voir, appelée “scène de la circoncision”, est déconseillée aux personnes sensibles.

La production tient également à préciser que les mutilations religieuses, pratiquées sur les enfants, appartiennent au choix de chacun.

Libre à vous d’exciser, de circoncire ou même de défenestrer vos enfants, dans le respect des lois républicaines.

 

antisémite 11C’est Esther qui supervise la cérémonie de circoncision de son petit Salomon, en expliquant qu’elle est ravie qu’il souffre et qu’il apprenne à pleurer, comme tout bon juif. Elle discute en même temps au téléphone avec son neveu pour lui exprimer sa colère de voir son mari psychanalyser “un singe antisémite” , ce qui la conduit à évoquer les “six millions de morts” de la Shoah.

En arrière-plan de la scène, dans l’équipe du film, Bernard et Dieudonné reprennent ce chiffre pour s’en étonner. Leur dialogue est apaisé, l’agressivité des premiers contacts a disparu ; Dieudonné est maintenant vêtu d’un kimono de judoka. Bernard fait remarquer à Dieudonné que “6 millions de morts, c’est le chiffre officiel… il en faut un” . Il rajoute : “Ça peut paraître étrange, mais c’est la loi. On n’a pas à expliquer l’inexplicable.”

44:10

Quatrième commentaire écrit apparaissant à l’écran :

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44:55

antisémite 14Scène de psychanalyse entre l’antisémite (toujours habillé en judoka) et son psychanalyste juif le Dr. Goldstein. L’antisémite ironise sur le prix des consultations qui explique le train de vie aisé du Dr. Goldstein. Il lui annonce qu’il n’est là que pour exaucer le voeu de sa femme, condamnée à court terme par son cancer. S’énervant rapidement en raison du mutisme du docteur, l’antisémite en vient à lui cracher dessus, puis à le prendre comme objet d’entraînement en réalisant sur lui différentes prises de judo. Celui-ci n’oppose aucune résistance physique mais se met à lui parler pour commenter son comportement agressif. La séance se termine sur un ton plus serein, pendant que le tournage est perturbé par les cris d’Esther faisant sauvagement l’amour avec M. Gutmann, un producteur juif au look de mafieux (interprété par Alain Soral) passé la voir à sa loge.

Après leurs ébats, celui-ci vient humilier Francis, le réalisateur, sur le plateau. L’équipe de tournage en est choquée et des tensions commencent à apparaître entre certains du fait de leurs appartenances religieuses. Cette fois c’est Dieudonné qui calme les esprits.

57:36

Cinquième commentaire écrit apparaissant à l’écran :

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57:48

L’antisémite (toujours habillé en judoka) discute avec sa femme du dossier médical de celle-ci, plutôt alarmant. Il se montre beaucoup moins agressif et bien que maladroitement, essaie de lui remonter le moral. Évoquant la consultation avec le Dr. Goldstein, il lui dit les progrès qu’il a réalisés dans sa lutte contre l’antisémitisme, mais en même temps se met en colère contre le Pr. Goldstein, le cancérologue qui soigne sa femme, selon lui un charlatan. La scène est interrompue par un refus de l’actrice libanaise jouant Eva d’embrasser l’antisémite devant la caméra. Le réalisateur Francis tente d’obtenir le baiser, tandis que Dieudonné lui fait remarquer qu’il faut respecter certaines différences culturelles.

65:07

Sixième commentaire écrit apparaissant à l’écran :

antisémite 16

67:08

Un adolescent vient sur le plateau demander un autographe à la comédienne jouant Esther. Une fois l’autographe obtenu, il brandit un pistolet et tue l’actrice. L’ensemble de l’équipe accourt et ne semble pas plus traumatisé que cela par le décès, se bornant à déplorer les ennuis pratiques que cette mort va entraîner pour le reste du tournage. Le réalisateur ordonne : “On enchaîne” .

70:07

Septième commentaire écrit apparaissant à l’écran :

antisémite 17

71:10

antisémite 19 Scène finale du film : Eva est sur son lit d’hôpital, une infirmière à son chevet. Un personnage inquiétant, maquillé en blanc avec un large trait noir sur son visage, s’approche du lit : c’est la mort. L’infirmière lui fait remarquer que c’est le Pr. Goldstein qui est le metteur en scène et qui décide. Celui-ci fait alors une entrée à la façon d’un artiste de music-hall (projecteur, lunettes noires, musique de cirque…) pour une scène digne d’un spot de publicité très vulgaire, sur fond sonore de rires enregistrés, avec une infirmière ultra-sexy pour le mettre en valeur. Il énumère ses statistiques : “800 patients… 800 chimios… 800 décès.” La mort appelle “maître” le Pr. Goldstein et lui témoigne son respect.

74:25

antisémite 20L’antisémite accourt dans la chambre de sa femme, l’infirmière lui annonce qu’il a moins de 5 minutes pour lui dire au revoir (elle vient de lui faire une injection sur l’ordre du Pr. Goldstein). Il lui annonce qu’il est guéri ; il est tendre et aimant avec elle. La mort s’approche, il lui propose de le prendre à sa place, car c’est lui le méchant, mais elle ne veut rien entendre. Eva s’éteint, juste après avoir crié que son mari n’était plus antisémite. Le film se termine sur un retour au plateau de tournage, où Bernard (Dr. Goldstein dans le film) et Dieudonné discutent à bâtons rompus de toutes les “tares” humaines. Puis tous les acteurs se retrouvent sur l’estrade d’une grande salle pour danser ensemble “Shoananas”, entraînés par Dieudonné (retour à la couleur).

79:57

Générique de fin, avec de nombreux gags.

En résumé :

Indépendamment de sa qualité artistique, que chacun appréciera selon ses critères personnels, le film fait apparaître clairement plusieurs messages :

  • Ses multiples niveaux de réalité (jusqu’au dernier sous forme textuelle, initialement présenté comme strictement documentaire, puis virant à la fin au loufoque) invitent le spectateur à toujours prendre de la distance par rapport à ce qu’il voit. C’est une critique assez transparente du pouvoir médiatique.
  • Le personnage principal, l’antisémite, est présenté au départ comme extrêmement antipathique (au-delà de sa haine des juifs, il est alcoolique, violent, bat sa femme) ; il est impossible alors d’éprouver la moindre sympathie pour lui. Les premières minutes du film (en particulier le court-métrage qu’il regarde) sont particulièrement odieuses.
  • Le culte de la Shoah est ridiculisé, présenté comme une religion obligatoire permettant à des escrocs, abusant de personnes naïves et généreuses, de leur extorquer de l’argent en utilisant la compassion qu’elles éprouvent pour les victimes des persécutions nazies.
  • Le véritable héros est le Dr. Goldstein, personnage malingre et réservé, qui parviendra à guérir l’antisémite par la seule parole et la raison, sans la moindre violence et en encaissant tous les coups sans broncher. De façon plus anecdotique, les initiés pourront aussi remarquer que Jacky Sigaux, qui interprète à la fois Bernard et le Dr. Goldstein, est le fils de Gilbert Sigaux, intellectuel français juif et membre de la LICRA, à une époque où celle-ci s’occupait sans doute davantage de lutter contre l’antisémitisme que de l’entretenir par des mensonges. À l’opposé du Dr. Goldstein, le Pr. Goldstein, cancérologue flamboyant pour qui ne compte que la richesse matérielle, est une immonde crapule doublée d’un obsédé sexuel, s’enrichissant sur la mort de ses patients grâce à la complicité des laboratoires pharmaceutiques.
  • Les différentes cultures et sensibilités incarnées par les acteurs ne parviennent à vivre ensemble que si chacun respecte les coutumes des autres et n’a pas la prétention d’appartenir à une “civilisation supérieure” ou d’avoir un mode de vie plus “avancé”.

En conclusion :

À lui seul, ce film constitue une pièce à conviction de choix dans “l’affaire M’Dreyfyus”, ou l’incroyable cabale déclenchée par une caste médiatico-politique décadente pour réduire à zéro l’influence intellectuelle d’un des plus brillants et des plus libres artistes français contemporains. Le procédé n’est pas nouveau, puisque Molière lui-même en fut victime pour sa pièce “Le Tartuffe ou l’Imposteur” . Nous sommes en plein dans le sujet.

On ne s’étonnera pas que La Règle du Jeu (du je ?), le site de Bernard-Henri Lévy, ait publié un article totalement mensonger sur ce film : le “seigneur et maître des faussaires” , comme l’appelle justement Pascal Boniface dans son essai “Les intellectuels faussaires” , se devait de tenir son rang. Un Pascal Boniface qui, par ailleurs, ne semble pas avoir vu L’antisémite puisqu’il persiste à croire, dans son dernier ouvrage La France malade du conflit israélo-palestinien, que son auteur est réellement antisémite. Aussi crédible que de voir en Le dictateur de Chaplin une défense de la dictature…

On s’étonnera davantage, bien sûr, que la totalité des media de masse laissent passer, et même amplifient, un tel mensonge. Tous les acteurs de l’affaire sont-ils menteurs, ou certains sont-ils simplement ignorants, intellectuellement paresseux au point de ne pas vérifier par eux-mêmes les faits rapportés par d’autres, qui eux sont les véritables menteurs ? Difficile à dire. Le conformisme du milieu journalistique est une caractéristique vraiment affolante, que j’ai pu expérimenter moi-même sur des sujets totalement différents.

Terminons en rigolant un bon coup avec Plantu et le pseudo-philosophe Alain Finkielkraut, qui lors d’une confrontation d’anthologie en pleine “affaire Dieudonné” nous ont démontré par l’absurde que des deux, le plus philosophe n’était pas celui qui prétendait l’être. Au bord de la crise d’apoplexie, celui qui n’est pas encore académicien s’étrangle en parlant de Dieudonné :

“L’antisémitisme de Dieudonné n’est pas une provocation, c’est une obsession. Il est allé en Iran, l’homme qui attaque toutes les religions, pour faire ses dévotions au régime d’Ahmadinejad. Il lui a été financé un film qui s’appelle L’antisémite…”

 

Séquence rigolade (en cliquant sur l’image) :

Interdiction de Dieudonné : débat tendu entre Finkielkraut et Plantu

philosophe et pseudo-philosophe

Alors, Finkielkraut menteur ou simple ignorant ? Vu son niveau de névrose, et son corollaire sa grande fermeture d’esprit, la seconde hypothèse est envisageable. Toutefois, on peut remarquer qu’il est très proche d’Elisabeth Lévy qui, toute insupportable qu’elle soit, est peut-être la seule journaliste à avoir respecté les règles de sa profession lors de cette “affaire M’Dreyfus”, en ayant accordé une longue interview à Dieudonné le 16 janvier 2014 dans Causeur, sans en changer une ligne et en faisant relire le texte à l’intéressé avant publication. C’est suffisamment rare pour être souligné. Elisabeth Lévy qui s’est également rendue personnellement au théâtre de la Main d’Or pour assister au spectacle de l’ennemi public n°1, et n’a pas caché qu’elle avait ri de bon coeur.

Certes, la confrontation Plantu-Finkielkraut est antérieure à l’interview de Dieudonné par Causeur. Mais cela n’excuse pas tout : quand on a pour métier celui d’informer les autres, ou qu’on prétend être philosophe, on a également le devoir de s’informer et de réfléchir soi-même en premier.

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