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La République des censeurs

La république des censeursLe genre : démonstration par l’absurde

Peut-être est-ce dû à sa qualité de physicien, signe d’une tournure d’esprit proche de la mienne, mais je dois reconnaître que j’apprécie particulièrement Jean Bricmont, toujours précis, rationnel et essayant de tirer la réflexion vers le haut dans les débats “sociétaux” en faisant preuve d’une grande rigueur argumentaire, là où tant d’autres versent dans l’hystérie émotionnelle ou les attaques ad hominem. C’est aussi, comme moi, un homme “de gauche”, mais du temps où la gauche visait à fournir aux pauvres des conditions de vie et de travail décentes, condamnait l’impérialisme au lieu de le justifier, en Libye, en Syrie ou en Ukraine, défendait la liberté d’expression au lieu de la museler, et condamnait vigoureusement l’apartheid au lieu de diaboliser et menacer de poursuites ceux qui luttent contre le dernier régime politique de ce type sur la planète. D’un temps où la gauche était donc à l’opposé du troupeau de lâches et de traîtres arrivistes qu’elle est devenue aujourd’hui. Cette fiche de lecture ne peut donc être parfaitement impartiale, vu l’admiration que je porte à l’auteur.

Une admiration qui n’est toutefois pas sans bornes, car je reproche à Bricmont de faire la “grève de la physique” lorsqu’il s’agit d’analyser rationnellement les événements du 11-Septembre, en se contentant d’aligner des arguments très faibles de type sciences humaines et sociales, là où une science inhumaine et asociale telle que la physique permet de procéder de façon sûre par élimination des scénarios les plus farfelus, car contraires aux lois de la nature – par exemple celles du mouvement établies par Newton à la fin du dix-septième siècle, ou encore les premier et deuxième principes de la thermodynamique, établis au dix-neuvième siècle. Abandonner ses armes méthodologiques les plus sûres sur le champ de bataille, M. Bricmont, c’est tout à fait regrettable, et c’est même une faute professionnelle ! Le principe des actions réciproques ou la conservation de l’énergie ont quand même une autre puissance et une autre autorité que ces ratiocinations de sciences très molles, voire carrément non scientifiques. Mais ce n’est pas le sujet de l’ouvrage dont il est maintenant question.

Bien que totalement différent dans le sujet comme dans la forme, La république des censeurs a de nombreux points communs avec Les mystères de la gauche de Jean-Claude Michéa, en ce sens qu’il analyse (ici avec moins d’ironie et davantage de froide démonstration logique) la dérive autoritaire voire fascisante d’une “gauche” ayant trahi toutes ses valeurs et découragé, voire dégoûté, son ancienne base électorale populaire ; une “gauche” (et au-delà, une république) acculée à une fuite en avant idéologique faute de résultats concrets (en matière d’économie, de partage des richesses, d’éducation, de santé…) à mettre à son bilan.

Petit livre de trois chapitres ( I : Liberté d’expression et “incitations à la haine” ; II : La “négation de l’histoire” et les lois “mémorielles” ; III : Misère de l’antiracisme), l’ouvrage est une démonstration par l’absurde réjouissante introduite par quelques rappels qui devraient nous sembler évidents, mais visiblement ne le sont plus, comme cette citation de Rosa Luxemburg : “La liberté est toujours la liberté de celui qui pense autrement”. Bricmont nous rappelle également que l’emprisonnement pour délit d’opinion existe bel et bien, aujourd’hui en France, de même que la mise au pilon d’ouvrages pour la même raison. Pas besoin d’aller en Corée du Nord pour cela. Et pourtant l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule, comme nous le rappelle l’auteur, que “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme“…

Le premier chapitre, Liberté d’expression et “incitations à la haine”, démontre que le règne de l’arbitraire commence là où des définitions floues prétendent fonder le Droit, comme avec la loi Pleven de 1972 introduisant cette fameuse notion d’ “incitation à la haine”, invoquée de façon très libre et opportuniste par des personnes ou associations qui elles-mêmes se rendent souvent coupables de stigmatisation envers certaines catégories de population mais qui, étant du côté du manche, n’ont rien à craindre du bâton qu’elles ont contribué à tailler pour battre les autres. Citons Jean Bricmont (p. 19) :

“Un des arguments les plus fondamentaux en faveur de la liberté d’expression est que, si l’on peut définir assez précisément des actions illégales, la pensée humaine est bien trop souple pour que l’on puisse caractériser des pensées comme illégales tout en préservant ce principe d’égalité.”

Bref, avec “l’incitation à la haine”, le crime de pensée est né, comme dans l’Oceania de 1984. En prélude au crime d’arrière-pensée, lorsqu’on prête aux accusés des pensées qu’ils n’ont même pas exprimées explicitement1. Et comme la loi reconnaît à des associations le droit de se porter partie civile lors de procès, c’est un boulevard qui est ouvert à la persécution – sous de nobles prétextes, bien évidemment – des “déviants idéologiques” par ces associations dites “anti-racistes” qui, dans les faits, encouragent le communautarisme. Et qui, disposant généralement de bons avocats, empochent régulièrement des sommes rondelettes qui s’ajoutent à leurs subventions.

Jean Bricmont cite ensuite de nombreux cas éclairants des abus permis par cette loi, qui dans la pratique interdit même de présenter de façon objective des résultats statistiques : ainsi, Mme Reynier, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, déclare en 2011 dans la presse régionale que “Si dans les enquêtes PISA, dans tous les pays concernés, on enlève finalement les enfants issus de l’immigration, on n’a pas du tout les mêmes résultats”. Levée de boucliers médiatiques immédiate et dépôt de plainte au parquet pour “propos racistes” contre cette pauvre dame honnête qui, ironie du sort, étant elle-même issue de l’immigration s’inquiétait simplement de l’existence de classes sans mixité sociale ni culturelle, bref de la formation de ghettos préjudiciables à la réussite scolaire.

Le deuxième chapitre, La “négation de l’histoire” et les lois “mémorielles”, amène Bricmont à nous parler d’une loi pire encore que la précédente selon lui, la fameuse “loi Gayssot” de 1990. Visant exclusivement la contestation de certains crimes commis par les nazis, cette loi établit une hiérarchie des martyres ; et elle le fait en se basant sur la définition des crimes contre l’humanité établie par le Tribunal de Nuremberg, un tribunal de guerre organisé par les vainqueurs pour juger les vaincus, donc pas spécialement un gage d’objectivité. Bricmont rappelle (p. 75) certains des articles de son statut que j’avais déjà évoqués là, dont on peut au passage remercier les rédacteurs : au moins, ils avaient l’honnêteté d’annoncer la couleur…

Avec la loi Gayssot, donc, l’extermination des Indiens d’Amérique compte juridiquement pour du beurre, de même que la disparition de la moitié (à la louche) de la population autochtone du Congo lors de la colonisation belge. Si on avait voulu monter les “communautés” les unes contre les autres, on ne s’y serait pas pris autrement.

Laissons Bricmont nous conter comment M. Gayssot s’enfonce lui-même dans l’absurde en tentant de sauver l’honneur de sa loi (p. 74) :

“La façon dont le député Jean-Claude Gayssot défend sa loi est pour le moins surprenante : il demande qu’on lui donne le nom “d’un seul historien sérieux qui a été gêné” par sa loi (la même question rhétorique fut utilisée par Bernard-Henri Lévy). En Union Soviétique non plus, personne ne se plaignait publiquement d’être gêné par la censure. De même, en France, presque personne ne se plaindra d’une éventuelle restriction de son champ de recherche, si le prix à payer s’élève à un an de prison et 45 000 euros d’amende, alors qu’il est tellement plus simple de s’occuper d’autres aspects de l’histoire. Il est d’ailleurs assez extraordinaire que, moins d’un an après la chute du Mur de Berlin, alors que l’actualité est dominée par la dénonciation du communisme, le parlement français adopte une loi restreignant la liberté d’expression proposée par un communiste.”

Cette sensation d’absurdité se renforce encore à la lecture de “Ce que l’on peut dire” (à partir de la page 88), où Bricmont nous fait une sélection d’extraits “autorisés” sur les massacres commis par les nazis envers les juifs, écrits par des spécialistes au-dessus de tout soupçon “négationniste”, comme l’historien juif américain Arno Meyer, le Français Jean-Claude Pressac (pharmacien dont l’ouvrage publié en 1989, Auschwitz. Technique and operation of the gas chambers, fut financé par la fondation Beate Klarsfeld), Raul Hilberg, historien auteur de La Destruction des Juifs d’Europe, Yehuda Bauer, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Jacques Baynac, historien français issu d’une famille de résistants, ou encore l’historien français juif d’origine russe Léon Poliakov. Extraits qui sont bien “pires” que les écrits ou paroles ayant valu à certains de longs et humiliants procès… qu’on en juge :

  • Selon Arno Mayer, dans La “Solution finale” dans l’histoire (1990, La Découverte), les sources sur les chambres à gaz sont “rares et peu sûres. […] On n’a jusqu’à présent découvert aucun ordre écrit prescrivant nommément les gazages. […] Nos connaissances se fondent, pour l’essentiel, sur les dépositions des fonctionnaires nazis et de leurs exécutants lors des procès de l’après-guerre et sur les souvenirs des survivants et des témoins. Ces sources doivent faire l’objet d’une critique attentive, parce que leur valeur peut dépendre de facteurs subjectifs très complexes […]. Dans leur état actuel, les sources comportent indiscutablement un grand nombre de contradictions, d’obscurités et d’erreurs. […] De 1942 à 1945, à Auschwitz en tout cas, les causes dites “naturelles” tuèrent plus de juifs que les causes “non naturelles.” (pp. 89 et 90)
  • Pour Jean-Claude Pressac, qui s’exprime dans une interview donnée en 1995 à Valérie Igounet (p. 93), “Vidal-Naquet [un des ennemis déclarés de Faurisson et des “révisionnistes”, Ndla] peut se comparer à une girouette creuse tournant au vent des publications et de l’actualité parce que lui-même n’a pas entrepris de recherche fondamentale pour étayer ses déclarations péremptoires et moralisatrices.2. Pressac affirme encore que “95% du Zyklon-B livré à Auschwitz était employé à l’épouillage et que seuls 5% maximum servait à asphyxier les juifs, au contraire des dires de Raul Hilberg, et […] qu’à Maïdanek, des pièces présentées par les Polonais comme des chambres à gaz homicides n’étaient que des chambres d’épouillage.3 Pressac commente encore la “chasse aux nazis” des époux Klarsfeld en disant qu’il “n’accepte pas la démarche qui consiste à traîner devant les tribunaux des vieillards gâteux parce qu’ils ont participé ou furent les auteurs de “crimes contre l’humanité”, définition hautement aléatoire de certaines actions générées par la guerre.4 Rappelons qu’il fut financé par la fondation Beate Klarsfeld pour publier en 1989 un ouvrage “anti-négationniste”… Mais Pressac révise également à la baisse de façon drastique le nombre de victimes : “Par rapport à ceux de Hilberg, empruntés aux Polonais, voici les chiffres que j’obtiens. Chelmno : de 80 000 à 85 000 au lieu de 150 000 ; Belzec : de 100 000 à 150 000 au lieu de 550 000 ; Sobibor : de 30 000 à 35 000 au lieu de 200 000 ; Treblinka : de 200 000 à 250 000 au lieu de 750 000 ; Maïdanek : moins de 100 000 au lieu de 360 000… Le coefficient multiplicateur émotionnel varie de 2 à 7 et est en moyenne de 4 à 5. Cette moyenne s’applique parfaitement à Auschwitz.5
  • Selon Raul Hilberg, qui d’après Jean Bricmont est probablement l’expert le plus respecté sur la question, et que j’avais déjà cité dans cet article en évoquant les “introuvables preuves écrites d’une extermination industrielle planifiée”, la planification du génocide juif reste un mystère quant à son organisation concrète (p. 99) : “Il n’y avait pas de schéma directeur préétabli. Quant à la question de la décision, elle est en partie insoluble : on n’a jamais retrouvé d’ordre signé de la main d’Hitler, sans doute parce qu’un tel document n’a jamais existé. Je suis persuadé que les bureaucraties sont mues par une sorte de structure latente : chaque décision en entraîne une autre, puis une autre, et ainsi de suite, même s’il n’est pas possible de prévoir exactement l’étape suivante.6
  • Yehuda Bauer, lors d’une conférence internationale à Londres sur le génocide des juifs, déclare (p. 101) : “Le public répète encore continuellement la sotte histoire selon laquelle l’extermination des juifs a été décidée à Wannsee. Wannsee n’a été qu’une étape dans le processus du meurtre de masse.7 Pourtant, comme le rappelle Bricmont, cette “sottise”, connue comme telle par les historiens depuis les années 1960, fut utilisée par Benjamin Netanyahou lors d’une intervention à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2009, dans un discours face au président iranien Ahmadinejad, comme preuve que la shoah avait bien eu lieu.8 Rappelons au passage que contrairement à une légende tenace propagée par les media dominants et jamais clairement démentie par la suite, Mahmoud Ahmadinejad n’a jamais appelé à “rayer Israël de la carte” , mais simplement souhaité la disparition du régime politique occupant Jérusalem, de la même façon que d’autres ont pu, par le passé, souhaiter par exemple la disparition de l’Union Soviétique.
  • Jacques Baynac pose lui clairement le problème de l’appartenance ou non de l’histoire à la grande famille des sciences, en ces termes : “Soit on abandonne le primat de l’archive au profit du témoignage et, dans ce cas, il faut déqualifier l’histoire en tant que science pour la requalifier aussitôt en tant qu’art. Soit on maintient le primat de l’archive et, dans ce cas, il faut reconnaître que le manque de traces entraîne l’incapacité d’établir directement la réalité de l’existence des chambres à gaz homicides.9 Je me permettrai d’ajouter (ce que ne fait pas Bricmont) que pour réellement s’assurer de la nature scientifique de l’histoire, il ne suffit pas de maintenir le primat de l’archive : il faut également s’assurer que ces archives ne sont pas des faux, ce qui s’est déjà vu (songeons par exemple aux Protocoles des Sages de Sion) et devient de plus en plus facile à l’ère numérique.
  • Terminons cette liste – non exhaustive, Bricmont cite d’autres exemples – par Léon Poliakov, soulignant le contraste entre certaines données historiques et d’autres : “Les archives éventrées du IIIè Reich, les dépositions et récits de ses chefs,  nous permettent de reconstituer dans les moindres détails la naissance et le développement de ses plans d’agression, de ses campagnes militaires et de toute la gamme des procédés par lesquels les Nazis entendaient recréer le monde à leur façon. Seule, la campagne d’extermination des juifs reste, en ce qui concerne la conception ainsi que sur bien d’autres aspects essentiels, plongée dans le brouillard. […] En ce qui concerne la conception proprement dite du plan d’extermination totale, les trois ou quatre principaux acteurs sont morts. Aucun document n’est resté, n’a peut-être jamais existé.10

Jean Bricmont fait remarquer que tous ces propos, bien qu’infiniment plus “graves” que ceux qui valurent à leurs auteurs des démêlés avec la justice, et qui confinaient même souvent à la banalité11, ne furent pas condamnés, et ne suscitèrent même pas une tentative de condamnation par les associations se disant “antiracistes”, ce qui tend à prouver que la seule utilisation réelle de la loi est celle d’une arme politique brandie par des associations dont la “lutte contre le racisme et l’antisémitisme” n’est que la devanture respectable, mais dont la véritable fonction est la préservation des intérêts – des privilèges, devrait-on dire vu son peu de respect du droit international – du régime israélien.

Bricmont rapporte (p. 78) qu’avant même l’adoption de la loi Gayssot, la journaliste et historienne Annie Kriegel dénonçait ainsi dans le Figaro “une obsessionnelle chasse aux sorcières qui présente les mêmes excès que n’importe quelle chasse de cette nature, en s’abritant derrière des institutions juives inquiètes pour légitimer une insupportable police juive de la pensée.12 C’est en effet un excellent résumé de cette monstruosité juridique.

Le troisième chapitre, Misère de l’antiracisme, débute, sans doute avec un brin de malice, par une citation de Bernard-Henri Lévy :

Le droit, non seulement de rire, mais de médire et de blasphémer de tout, voilà l’oxygène de la civilisation.13

Jean Bricmont y décrit la dérive assez rapide d’une gauche qui, une fois arrivée au pouvoir en France après vingt-trois ans d’opposition, et ayant donc eu le temps de mûrir un programme, se trouve contrainte de l’abandonner au bout de deux ans et de faire, sur le plan économique, le contraire de ce pour quoi elle avait été élue. Il rejoint en cela les analyses de Jean-Claude Michéa que j’évoquais plus haut, en expliquant que c’est pour “justifier” ces reniements dans le “dur” du programme politique qu’il fallut “inventer” ce qu’il appelle la gauche morale, et qu’on appelle encore gauche sociétale, avec toutes sortes de mouvements “antiracistes”, “féministes”, “écologistes” ou encore militant pour les “droits des homosexuels”.

Mais, comme le fait justement remarquer Bricmont, contre quoi peut lutter un “antiraciste” s’il n’existe plus (fort heureusement) de lois racistes obligeant les Noirs à s’asseoir à l’arrière des bus, ou interdisant certains métiers aux juifs ? Contre quoi peut lutter un “militant gay” s’il n’existe aucune loi interdisant les relations homosexuelles ni discrimination envers ceux qui ont ce type de sexualité ? Fatalement, le combat qui ne peut plus avoir de buts concrets dérive vers le contrôle des opinions exprimées, donc vers une censure qui ne dit pas son nom – tout cela est fait bien entendu au nom de principes éthiques nobles – mais qui devient de plus en plus pesante et étouffante.

On inventa donc des ennemis à abattre, même s’ils avaient disparu depuis longtemps : ainsi naquit “l’antifascisme”, visant en priorité le Front National soupçonné de ramener aux “heures les plus sombres de l’Histoire”, et dont même Lionel Jospin déclara qu’il n’avait jamais vu en lui un parti fasciste. Jean Bricmont résume fort bien ce glissement par le terme de “stalinisme bobo” (p. 152) :

Dans la mesure où l’on cherche à modifier ce que pensent les personnes à l’âge adulte, soit par des lois limitant leur liberté d’expression, qui sont parfois présentées comme ayant une valeur pédagogique, soit par des campagnes faites par des associations subventionnées par les pouvoirs publics, on entre dans une sorte de totalitarisme mou, ce qu’on pourrait appeler le stalinisme bobo.

Jean Bricmont en arrive alors à cette constatation (p. 155) qui résonne particulièrement avec celle que je reprenais récemment du saker francophone :

Ne peut-on dès lors suggérer que la gauche morale est devenue aujourd’hui, sur certains aspects essentiels, d’extrême droite : soutien à la destruction de la démocratie à travers la construction européenne, mépris du peuple (irréductiblement moisi, chauvin, xénophobe, pétainiste), qui s’exprime sous les apparats de l’antiracisme, appels aux tribunaux pour faire taire les adversaires et soutien aux guerres grâce à l’idéologie de l’ingérence humanitaire ?

À mon humble avis, on le peut tout à fait.

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  1. Dans le deuxième chapitre, consacré à la loi Gayssot, Jean Bricmont note (p. 74) que selon la jurisprudence la loi s’applique “même si [cette contestation de crimes contre l’humanité] est présentée sous une forme déguisée ou dubitative ou par voie d’insinuation.”
  2. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Éditions du Seuil, 2000, p.647.
  3. Ibid., p. 628
  4. Ibid., p. 633
  5. Ibid., pp. 640-641.
  6. Raul Hilberg, “C’est un travail sans fin…”, Le Monde des livres, 20 octobre 2006, p. 12.
  7. Communiqué de la Jewish Telegraphic Agency reproduit dans The Canadian Jewish News, 30 janvier 1992.
  8. Netanyahu speech at U. N. General Assembly counters claims regarding Holocaust by Ahmadinejad video, sur le site examiner.com, 25 septembre 2009
  9. Jacques Baynac, “Le débat sur les chambres à gaz (I et II)”, Le Nouveau Quotidien, Genève, 1 et 2 septembre 1996.
  10. Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIè Reich et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, 1979 [1951], p. 124.
  11. comme Bruno Gollnisch affirmant “s’agissant toutefois, au cas par cas, de l’existence des chambres à gaz dans tel ou tel camp, des modalités et de l’étendue de ce drame, je m’en remets au jugement des historiens spécialistes dont les discussions doivent être libres
  12. Annie Kriegel, “Le leurre de l’antisémitisme”, Le Figaro, 3 avril 1990.
  13. “Pour Redecker”, Le bloc-notes de BHL, Le Point, 17 novembre 2007.

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