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La logique glissante des antiracistes de façade

Albert_Jacquard_-_May_2009

Albert Jacquard

Il y a quatre semaines, nos media de l’instant et de la réaction pavlovienne nous ont offert un de ces gags dont ils ont le secret : un concert d’éloges funèbres pour le généticien Albert Jacquard, mort le 11 septembre… 2013. Les plus empressés dans l’hommage apparaissant donc illico presto comme les plus hypocrites, puisque prouvant par leurs messages éplorés qu’ils avaient totalement oublié la disparition du scientifique survenue il y a deux ans, et que leur idole ne leur avait pas beaucoup manqué depuis.

Le bal des faux-culs

Le prix “même pas honte” du rétropédalage le plus désinhibé pourrait sans doute être attribué à Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées, et de l’Autonomie auprès de la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes (si si, tout ça), qui après avoir tweeté ceci :

rosignol jacquard 1

retweeta cela quatre minutes plus tard en réaction à la correction d’un mieux renseigné :

rossignol jacquard 2

Comme dit l’autre, “au-dessus, c’est le soleil !”.

Mais au-delà de ce gag (tout de même riche d’enseignements sur la superficialité des media et l’hypocrisie de leurs acteurs, en particulier politiques), j’aimerais revenir sur l’argumentation d’Albert Jacquard, sorte d’icône du “scientifique humaniste”, selon ses admirateurs et défenseurs. Puisqu’il n’est pas mort le mois dernier, et que le délai de décence est passé, je peux dire aujourd’hui que sa façon de défendre la science et l’antiracisme m’a toujours donné l’impression qu’il était logique, si l’on disposait de quelque intelligence, d’éviter la science et de devenir raciste. Heureusement, j’étais déjà scientifique et antiraciste, je me contentai donc d’éteindre le poste à chaque fois que je l’entendais parler ou, si c’était impossible, de rigoler un bon coup.

La science de l’enfoncement des portes ouvertes

Une de ses “démonstrations” favorites, entendue dans “Le Regard d’Albert Jacquard” diffusé sur France Culture, consistait par exemple à “prouver” que les racistes étaient dans l’erreur parce qu’il était scientifiquement impossible de définir la notion de race. Ce faisant, il démontrait qu’on pouvait être scientifique et imbécile, mais ne démontrait rien de l’immoralité du racisme, si l’on entend par ce terme la conviction que certaines races sont supérieures à d’autres (ce qui justifie, par exemple, la mise en esclavage ou l’extermination d’une population par une autre). Remarquons qu’il existe aussi des personnes se proclamant racistes mais seulement par leur opposition aux mélanges ethniques, sans établir de hiérarchisation des ethnies entre elles ni suggérer d’en supprimer certaines : pour elles, le jugement moral ne se pose évidemment pas de la même manière.

Roman_Opalka_m

Depuis longtemps, on sait que le passage du noir au blanc est progressif.

Qu’il soit impossible de définir “scientifiquement”, c’est-à-dire de façon objective, précise et non contradictoire la notion de race humaine, à peu près tout le monde en est d’accord aujourd’hui, même les racistes ; il ne sert donc à rien d’enfoncer cette porte ouverte. Il est en effet très facile de démontrer les absurdités logiques auxquelles conduit inévitablement la classification de l’humanité en races, qui en outre pour des raisons de novlangue sont souvent désignées, comme aux USA, par des termes très peu scientifiques à la limite du comique (qu’est-ce qu’un type ethnique “hispanique” ? d’une ethnie qui parle espagnol ?). Mais un Blanc qui n’aime pas les Noirs n’a pas besoin de croire en une frontière radicale entre les Blancs et les Noirs : au contraire même, si elle existait réellement (comme par exemple l’impossibilité de procréer qui existe entre deux espèces animales différentes), sans doute se sentirait-il moins “menacé” dans son identité de Blanc ! Le confronter à un métis mi-blanc mi-noir ne lui prouvera pas qu’il a tort (il n’a jamais prétendu que les métis n’existaient pas), mais au contraire renforcera son malaise et sa volonté de préserver une certaine “pureté ethnique”.

Tant qu’à faire, convoquons les maths…

On peut aussi, sur un strict plan scientifique, se livrer à un petit exercice de calcul difficilement contestable : celui du nombre d’ancêtres à n générations. Jusqu’à maintenant (c’est en train de changer, méfions-nous pour le futur…), chaque individu a 2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents, et ainsi de suite ; ce qu’on peut résumer par une formule mathématique simple : le nombre d’ancêtres à n générations en arrière est égal à 2n (2 puissance n). Donc, si l’on fixe l’écart entre deux générations successives à 25 ans (on peut prendre une autre valeur, le principe du calcul sera le même), soit 4 générations par siècle ou 40 générations par millénaire, on peut évaluer le nombre approximatif de ses ancêtres mille ans en arrière à :

2^{40}\approx1,1.10^{12}

Problème : ce nombre astronomique (1 100 milliards) est très largement supérieur au nombre d’humains présents sur Terre il y a mille ans… et même bien sûr aujourd’hui ! Avec un tel nombre d’habitants, la Terre n’offrirait à chaque individu qu’environ 135 mètres carrés de terre émergée (déserts et montagnes compris !). Et si l’on remonte à 2000 ans, on obtient le carré de ce nombre, soit 2^{80}\approx1,2.10^{24} : un peu plus d’un million de milliards de milliards… là c’est un territoire microscopique, un carré d’une dizaine de micromètres de côté, qui resterait théoriquement à chaque individu !

platane Séguret

À Séguret dans le Vaucluse,
les platanes sont solidaires pour ombrager
au mieux la place du village.

Comment sortir de ce paradoxe ? En admettant que l’arbre généalogique ne se ramifie pas à l’infini, mais admet de temps à autre des “boucles”, comme certains arbres dont deux branches différentes se ressoudent par la volonté d’un jardinier excentrique (quand ce ne sont pas deux arbres différents qui sont ainsi reliés !). Autrement dit, sur un temps suffisamment long, nous sommes tous cousins. Cousinage progressif qui n’a rien à voir avec un métissage rapide et quelquefois forcé que les transports modernes et les conflits ravageurs contemporains ont provoqué, mais conséquence inéluctable de la reproduction sexuée, tout de même. S’il n’est pas théoriquement impossible à un groupe humain de vivre totalement isolé du reste de l’humanité pendant des siècles ou des millénaires, une probabilité même infime que l’un de ses membres “faute” avec un individu allogène implique de facto que la prétention de maintenir la pureté ethnique du groupe sur des millénaires n’est rien d’autre qu’une vaste arnaque intellectuelle… ou la preuve qu’on ne maîtrise pas les bases du calcul.

Fallait pas sécher les cours de maths, Moshe.

D’ailleurs, les groupes humains d’effectif très réduit et cultivant à l’extrême la “pureté”, comme les Samaritains, sont si rapidement cousins qu’ils en pâtissent sévèrement : le nombre de tares génétiques atteint chez eux un niveau alarmant, la population comptant un nombre impressionnant de personnes handicapées de naissance, physiquement ou mentalement. La prohibition dans la plupart des sociétés du mariage entre personnes proches parentes a bien une justification très concrète.

Mais cette démonstration de la parenté entre tous les humains sur le temps long, et du bien-fondé de ne pas épouser sa cousine germaine, ne va en aucune manière convaincre le raciste de changer d’avis ! Pire, en insistant sur le caractère scientifique de ces arguments, on commet en réalité une erreur et même une faute morale : celle de ne pas reconnaître que c’est souvent par la science qu’on justifia le racisme.

L’œuvre raciste de la science

Il est trop facile (en plus d’être inefficace) de convoquer la science aujourd’hui pour “lutter contre le racisme” alors que c’est cette même science qui, au nom de l’objectivité et du progrès, élabora toute une doctrine de classement des individus selon leurs caractéristiques physiques (en utilisant des méthodes d’anthropométrie : mesures des proportions crâniennes, etc.) et proposa “l’amélioration” de l’espèce humaine par sélection des “meilleurs éléments” : l’eugénisme. Tendance qui n’a aujourd’hui pas disparu, même si elle a changé de visage en s’adaptant à la technologie de l’époque : on la retrouve dans le transhumanisme, une idéologie scientiste et (à mes yeux) délirante qui vise par exemple à atteindre l’immortalité ou permettre le clonage humain, et dont l’entreprise américaine Google est un des principaux sponsors. Exactement comme les eugénistes se réclamaient de la raison et affirmaient œuvrer pour le bien de l’humanité, les transhumanistes avancent avec le sourire et un esprit “positif” ; d’ailleurs, la devise de Google n’est-elle pas “don’t be evil” (ne faites pas le mal) ? Mais on sait de quoi l’enfer est pavé.

Un bouffe-curé.

Un bouffe-curé.

Utiliser la science pour invalider les idéologies racistes revient aussi à suggérer implicitement que les non-scientifiques, pas suffisamment “éclairés” par la connaissance, un peu plus bêtes que les autres finalement, seraient plus à même de se “laisser aller” dans cette direction. Il n’en est rien, et toute personne formée à la science aurait bien tort de se laisser aller à un tel complexe de supériorité. Apporter la civilisation aux peuples barbares d’Afrique et d’ailleurs fut aussi entrepris au nom de la raison scientifique ; Jules Ferry, l’homme de l’école laïque, gratuite et obligatoire, celui qui allait jusqu’au fond des campagnes traquer l’obscurantisme des curés et les superstitions paysannes, ne ménagea pas sa peine pour l’expansion coloniale, en la justifiant par des mots, en particulier dans un discours célèbre du 28 juillet 1885, dont le “progressisme” ne saute pas vraiment aux yeux de nos jours. Et il serait naïf de penser qu’il n’ait eu ce jour-là que des opposants indignés : si la droite et l’extrême-gauche manifestèrent des signes de désapprobation, la gauche dans son ensemble l’approuva. Citons quelques phrases de ce fameux discours :

“Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.”

Comme toujours, la question n’est pas de savoir “pourquoi étaient-ils si bêtes en ce temps-là ?” mais plutôt, comme je le notais déjà dans cet article“à quoi croyons-nous de façon aussi stupide aujourd’hui ?”.

Logique, quelle logique ?

Il y a bien, en réalité, une forme de logique dans les arguments “antiracistes” qu’on pouvait entendre dans les homélies du père Jacquard. Le problème, c’est que cette logique est celle qui conduit au racisme. Voyons pourquoi.

La logique d’un comportement raciste est, implicitement, une logique de la classification et de l’irresponsabilité. Elle n’est pas très différente, finalement, d’une logique d’agent d’assurances. En classant les individus en races (quelle que soit l’imperfection de cette notion, voire les impasses logiques auxquelles elle conduit), on fait émerger des qualités (au sens neutre) propres à ces races. Certaines très évidentes (les Noirs ont la peau très foncée, les Blancs la peau très claire) ; d’autres plus subtiles (et au sujet desquelles les « antiracistes » adorent s’indigner), touchant au caractère par exemple : les Asiatiques seraient travailleurs, les Noirs nonchalants, etc. Montesquieu ne faisait pourtant rien d’autre quand il discutait de l’influence des climats sur les types de gouvernement, à une époque où une « race » était intimement liée à son biotope naturel, à l’exception sans doute des esclaves déracinés de force.

Ayant défini ces caractères propres aux différents groupes ethniques, un raciste aura tendance à juger un individu par son appartenance à une race avant toute chose, plutôt que chercher à connaître l’individu lui-même, ce qui est forcément plus long. Mais, même dans l’hypothèse où les caractères attribués aux races ont une réalité (au-delà des caractères évidents tels que la couleur de peau), cette réalité ne peut qu’être statistique, une grande variabilité existant au sein de tous les groupes humains en matière de traits physiques, performances intellectuelles, qualités morales etc. Or l’attitude que l’on doit avoir vis-à-vis d’autrui ne peut pas se baser, selon des critères éthiques, sur des probabilités tirées de l’appartenance à un groupe : si Paul est le seul individu honnête d’une famille de truands et de criminels, il a le droit d’être considéré comme une personne honnête, peut-être même d’être davantage respecté que d’autres personnes honnêtes en raison de son handicap de naissance ! L’attitude raciste, qui ne voit dans l’individu que le groupe auquel il appartient (par simple paresse le plus souvent), suppose donc l’irresponsabilité des personnes, leur incapacité à échapper à des déterminants qui seraient fixés dès leur naissance. Elle n’est d’ailleurs pas tributaire de la notion de race elle-même, et peut se décliner pour toutes sortes de groupes basés sur la religion, le sexe, l’âge… une raison de plus pour voir, dans une démonstration « scientifique » de l’inanité du racisme basée sur l’inexistence des races, rien d’autre qu’un hors-sujet.

Au mieux, le raciste concèdera que les individus ont un libre-arbitre leur permettant d’échapper aux déterminants de leur groupe, mais que « statistiquement » ils ont plus de chance d’avoir telle ou telle qualité (au sens neutre, qui inclut les défauts). C’est ce qu’on peut appeler le racisme « agent d’assurances ». L’argument peut être vrai, mais qu’il le soit ou non ne justifie en rien le bien-fondé d’un comportement raciste, toujours pour cette raison qu’il est immoral de juger une personne sur la base de son appartenance à un groupe qu’elle n’a pas choisi. Et c’est là que les « antiracistes » de façade, prétendant « lutter contre le racisme », démontrent au contraire bien souvent qu’ils se comportent en racistes, en refusant que soit seulement évoquée telle ou telle « caractéristique » attribuée à une race, ou plus généralement à un groupe humain, au lieu de s’en prendre à la racine du mal, qui est dans l’éthique du jugement porté sur une personne. Si l’on dit que les Noirs sont particulièrement doués pour l’athlétisme et plus particulièrement le sprint, ils dénoncent le stéréotype raciste ; si l’on dit que les femmes (pour changer un peu des races au sens strict) n’ont pas la même façon de se repérer dans l’espace que les hommes, ils crient au sexisme ; si l’on dit que les juifs (religion ? race ? ça dépend de l’intérêt du moment !) sont sur-représentés dans les media et les banques, ils hurlent à l’antisémitisme. Et la pauvre Nadine Morano, déclarant que la France était « un pays de race blanche », se fait traiter de tous les noms pour n’avoir rien dit d’autre qu’une banalité… aussi plate que d’affirmer l’appartenance du Cameroun à l’Afrique noire. A-t-elle dit qu’un Noir ne pouvait espérer être français à part entière ? Bien évidemment non, et même sans avoir la moindre sympathie pour cette dame, je n’ai aucune raison de la soupçonner de telles pensées. Mais les « antiracistes » de façade excellent à nier la réalité au prétexte que la reconnaître pourrait « justifier » des comportements racistes, prouvant par là-même… qu’ils raisonnent en racistes.

“Les plus gros escrocs de la planète sont des juifs.” (Alain Soral)

Terminons cet exercice de logique par une des nombreuses “provocations” d’Alain Soral, qui contrairement à ce que des media en perdition tentent de faire croire sont très rarement gratuites. Dans une de ses vidéos, il déclara :

« Les plus gros escrocs de la planète sont des juifs. »

Bien évidemment, les « antiracistes », et en première ligne ceux de la LICRA (organisation 100% juive et 100% blanche, cherchez l’erreur), s’empressèrent de hululer à l’antisémitisme (mot-piège à la définition douteuse ; prenons-le au sens de « haine des juifs en raison de leur naissance »). Pourtant, la logique correctement appliquée montre que, si cette phrase peut être désagréable à entendre pour des juifs, elle n’est en rien « antisémite » ; pire, la logique enseigne également que ceux qui s’en indignent ont en réalité un raisonnement antisémite. Car la logique est une affaire de rigueur de raisonnement, où les affects n’ont pas la parole. Et la logique peut s’exercer même sur une affirmation dont on ignore si elle est vraie ou fausse.

Pour étudier cette phrase, il peut être utile de lui donner une formulation plus mathématique en termes d’ensembles. Soit E l’ensemble des escrocs, et J celui des juifs. L’affirmation d’Alain Soral signifie que quelques éléments de l’ensemble E (les “plus gros”) appartiennent à l’ensemble J. Elle n’implique ni que E\subset J (E inclus dans J, tous les escrocs sont des juifs), ni que J\subset E (J inclus dans E, tous les juifs sont des escrocs), mais seulement que E\cap J\neq\varnothing (l’intersection de E avec J est non vide). Mais il faut aller plus loin : pour définir “les plus gros escrocs de la planète”, il faut d’abord définir une mesure de l’escroquerie, qui permettra de faire de E un ensemble ordonné, avec un plus petit et un plus grand élément. Cette opération ne coule pas de source : comment mesure-t-on l’escroquerie ? Pour les escroqueries portant sur des sommes d’argent, on peut facilement admettre que la mesure est directement le montant de l’argent extorqué (et encore… est-il comparable d’extorquer 10 000 € à un milliardaire ou à un smicard ?), mais il existe bien d’autres formes d’escroquerie, où le préjudice subi par la victime est difficilement quantifiable : comment mesurer le tort infligé à une personne défigurée par un faux (ou un mauvais) chirurgien qui lui avait promis de la rendre plus belle ? Pas simple… mais admettons que ce soit possible de façon objective, au besoin en se limitant aux escroqueries d’argent.

Il faut ensuite définir le nombre n d’éléments qu’on sélectionne comme étant “les plus gros” : est-ce que n=10, n=100, n=1000 ? En l’absence de précision, il est impossible de se prononcer sur la vérité de l’énoncé (qui n’a rien à voir avec un caractère “antisémite” éventuel). Supposons, pour les besoins de la démonstration, que l’on prenne n=100 : la phrase d’Alain Soral signifie alors que parmi les éléments de l’ensemble des escrocs, les 100 plus grands sont tous aussi des éléments de l’ensemble des juifs. Que cet énoncé soit juste ou faux importe peu pour savoir s’il est “antisémite” : en effet, en disant cela, Alain Soral n’a rien dit des juifs en général. Par contre, ceux qui considèrent cette phrase comme antisémite reconnaissent implicitement que dire du mal de 100 personnes appartenant à un groupe (on peut prendre 1000 ou même 10 000, le raisonnement tiendra encore) revient à dire du mal du groupe en général, ce qui est précisément un raisonnement raciste. La population juive mondiale étant estimée à 14 millions d’individus, si l’on prend les 100 plus gros escrocs de la planète, c’est 0,0007 % des juifs qui sont concernés par la provocation “antisémite” d’Alain Soral… et les “antiracistes” de la LICRA considèrent donc que ces 0,0007 % suffisent à “salir” le reste. Quel aveu de logique raciste !

Mais quand bien même le pourcentage serait de 50 %, ce n’est que l’éthique du jugement porté sur une personne qui définit le caractère raciste ou pas (ici, “antisémite”), et non l’énoncé d’une “qualité” (au sens neutre) attribuée à un groupe ou à une fraction plus ou moins importante de ce groupe. En considérant comme scandaleux de simples énoncés descriptifs (dont on peut toujours discuter la vérité, mais qui sont vrais ou faux indépendamment de toute éthique), les “antiracistes” de façade refusent de voir, donc de dénoncer, la véritable nature du racisme qui est un problème purement éthique, et non scientifique.

Le véritable antiracisme passe par l’art et l’humour

Puisque tout cela n’est finalement pas du domaine rationnel, la raison seule s’étant montrée impuissante à contenir les actes racistes et les ayant même justifiés, mais du domaine de l’éthique (qui ne saurait être double, ou triple…) et de celui des affects primaires comme la peur instinctive des différences, rien de tel qu’un grand artiste pour désarmer par l’humour cette peur : l’humour, ainsi que l’art, provoquent une mise à distance du réel qui permet à la pensée de reprendre son cours normal après un traumatisme paralysant. Une peur des différences qui pousse certains à vouloir appartenir à un club homogène de gens “plus égaux que la moyenne”, et d’autres à interdire en vain le simple énoncé de ces différences au nom d’un antiracisme de façade qui n’est que la continuation honteuse du racisme.

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10 commentaires sur “La logique glissante des antiracistes de façade

  1. Vous vous dites “antiraciste”, un autre type de racisme vous contredirait :

    – Vous dites que vous n’êtes pas raciste, mais au fond de vous, vous l’êtes.

    Exemple par un roi de l’inversion accusatoire, “d’origine juive” (peu importe ce que ça veut bien vouloir dire), avec “antisémite”, donc une accusation encore plus grave :
    https://www.youtube.com/watch?v=1YctrvbhmOw

    Comme disait l’autre : “la prochaine fois, y en aura”.

    Et dans un humour qui grince encore plus :
    https://www.youtube.com/watch?v=RknuHuyWLU0

    Concernant l’antiracisme, je vous conseille la lecture de Michel Drac et son “De la Question raciale” et cette vidéo bien faite promue par ER en ce moment :
    https://www.youtube.com/watch?v=og8gClOLCyc

    1. Je ne suis pas sûr de tout comprendre de vos remarques, mais je vais essayer de répondre quand même :
      – Effectivement certains pourraient m’accuser de racisme au simple motif que je ne souhaite pas l’uniformisation, ni ethnique ni culturelle, de l’humanité, mais tiens au contraire à préserver cette “biodiversité” qui est une richesse de l’espèce humaine. Ça ne me gêne pas ; je dirais même qu’en ces temps d’inversion complète du langage, ressemblant terriblement à la dystopie imaginée par Orwell, c’est plutôt bon signe.
      – Je ne vois pas en quoi l’accusation d’antisémitisme serait “encore plus grave” que celle de racisme ; je vois bien en revanche pourquoi elle est systématiquement mentionnée à part, et pourquoi ce mot flou permet toutes les manipulations. Il faudra d’ailleurs que j’en fasse un jour un article, car ça commence à bien faire que les pires des racistes donnent des leçons d’antiracisme. Il y a une énorme arnaque derrière tout ça.
      – J’avoue humblement ne pas connaître la signification de la phrase “la prochaine fois, y’en aura”.
      – Je n’ai pas lu l’ouvrage de Michel Drac que vous me signalez et ne connaissais pas la dernière vidéo de votre commentaire quand j’ai écrit l’article. L’ayant regardée ce week-end, je suis frappé de voir les convergences avec mon article ; ce qui finalement n’est peut-être pas étonnant sachant que quand la propagande se fait plus dure et plus insupportable, de nombreux citoyens ont en même temps l’idée de faire quelque chose pour démonter ses mécanismes. Elle est de grande qualité et je vais peut-être du coup la reprendre sur le blog, histoire d’inciter mes lecteurs à la voir. Il y en a encore qui sont persuadés que E&R est un “repaire de fachos racistes antisémites d’extrême-droite” ;-) (et en général ils orthographient mal repaire).

      1. J’aurais moi-même mal écrit “repaire”, j’apprends décidément beaucoup grâce à vous.

        L’antisémitisme plus grave que le racisme ? C’est évident, ne pas le comprendre est déjà une preuve d’antisémitisme. Non, en fait, c’était un clin d’oeil à Olivier Jay, un grand journaliste et fantastique analyste (ça dure 45 secondes et ça vaut tous les résumés du monde, je suis étonné que le présentateur ne fut pas décapité par la suite pour avoir osé insister) :
        https://www.youtube.com/watch?v=8VQ3ODOrD1U

        Pour résumer (mal) le très bon et très fin Michel Drac, l’antiracisme mène au racisme, racisme contre tous les hommes anciens modèles (enracinés) qui ne célèbrent pas le métissage obligatoire, idéologie qui veut que la diversité c’est génial et/mais qu’on va tous se mélanger jusqu’à n’avoir plus qu’une seule nouvelle race… et que donc, Drac considère qu’il faut être modérément raciste pour le bien de la planète et des hommes.

        J’ai hâte de lire votre article sur les racistes antiracistes et autres professionnels de l’indignation sélective. Si vous cherchez des munitions, Hervé Ryssen et “les Espérances planétariennes” est le livre le plus fracassant et drôle à ce sujet à mon avis. Attention tout de même, Hervé Ryssen est lui un raciste fasciste antisémite d’extrême-droite mais d’extrême-droite radicale celle-ci, autant dire la lie de l’humanité. Et j’oubliais le “Wandering who?” de Gilad Atzmon, qui à sa manière va encore plus loin je crois (si c’est possible).

        1. Merci pour la vidéo, en effet savoureuse. L’homme à grosses lunettes et cheveux gras est à lui seul une caricature.

          Je ne connais pas “les espérances planétariennes” de Ryssen mais je sais que lui-même se dit antisémite et a visiblement une dent contre les juifs. Je rigole beaucoup quand j’entends des journalistes “prouver” son antisémitisme par le seul titre de son livre “la mafia juive” ; à les entendre, laisser entendre qu’il puisse exister une mafia juive serait donc une preuve d’antisémitisme… ils ont dû oublier de se poser la question lorsqu’ils parlent de la mafia chinoise, de la mafia russe ou de la mafia italienne.

          Par contre j’adore Gilad Atzmon, qui a une réflexion profonde et très éthique sur la “question juive” et plus spécifiquement ses développements sionistes, étant né dans une famille juive très sioniste. J’ai même acheté “The wandering who ?” (dans l’édition originale anglaise) mais ne l’ai pas encore fini. Je suis étonné que vous disiez qu’il va “encore plus loin” que Ryssen car je ne ressens chez Atzmon aucune haine envers les juifs (dont il fait partie par naissance, mais qu’il a décidé de quitter), juste une aspiration à l’universalisme et le rejet du sentiment de supériorité contenu dans le judaïsme, un peu comme Spinoza en son temps… serais-je devenu antisémite à l’insu de mon plein gré ?

          Bon, va falloir que j’aborde des sujets plus techniques pour rester dans les clous.

          1. “Antisémite à l’insu de votre plein gré”, vous l’êtes assurément, si on se réfère à la nouvelle définition qui est “personne qui ne plait pas aux juifs”.

            Ryssen, en n’utilisant que des sources autorisées et juives, démonte le mécanisme et la finalité, et avec mordant drôlatique. Il est effectivement antisémite, le revendique et l’explique très bien, dans ses livres ou sur youtube, rien à voir avec une Haine viscérale encore féconde des heures sombres. Il a d’ailleurs fait de la prison pour ça, son Charlisme laissant à beaucoup à désirer.

            Pour moi, Atzmon rejoint Ryssen pour dénoncer la religion juive comme un projet politique visant à araser tout ce qui s’oppose à la domination sans partage du peuple élu. Là où Atzmon va encore plus loin, pour moi, c’est en donnant la question ultime : “Pour vous c’est quoi être juif ?”, question qui arrive à mettre mal à l’aise même des juifs particulièrement remontés contre le système, je pense à Jacob Cohen notamment, donnant une définition bredouillante ressemblant à “quelque chose d’indéfinissable… falafel… j’aime beaucoup ma mère…”. Bref.

            Dans mon souvenir du livre, Atzmon ne s’attaque pas spécialement aux sionistes, qui ont le mérite d’être clairs sur leurs objectifs, il démonte plus la duplicité, volontaire ou non, du juif de gauche, antisioniste et universaliste, “juif universaliste” étant par nature un oxymore.

          2. Je ne connais pas suffisamment les idées de Ryssen pour commenter ce que vous dites sur lui. Je sais seulement qu’il se proclame antisémite mais, en ce temps d’inversion totale des valeurs et des discours, ça ne m’étonnerait qu’à moitié qu’il n’exprime effectivement qu’un rejet de certaines idées et non des personnes en raison de leur naissance (contre laquelle, par définition, elles ne peuvent rien). Et puis, mieux vaut quelqu’un qui dit “je suis un affreux” et qui ne l’est pas tant que ça, que quelqu’un se parant de toutes les vertus alors que c’est une immonde crapule. Et de ce côté-là, nous sommes gâtés dans le monde médiatique et politique.

            Je connais en revanche suffisamment bien les idées d’Atzmon et de Cohen pour voir leurs différences, mais en même temps constater qu’elles ne sont pas contradictoires. Pour moi la pensée de Gilad Atzmon est plus profonde, plus radicale (au sens étymologique : qui va à la racine des choses) que celle de Jacob Cohen, et plus universaliste aussi. Ayant particulièrement souffert de ses racines juives sionistes Gilad les a rejetées et en a trouvé d’autres, plus universelles, dans la philosophie et la musique.

            Par contre je crois que Jacob Cohen se trompe fortement lorsqu’il prétend (dans cette émission notamment que je conseille à mes lecteurs d’écouter dans cet article) que Gilad “interdit aux gens d’être juifs” : ce n’est pas du tout sa pensée, et il n’est même pas radicalement antisioniste au sens où le mot “sionisme” pouvait être défini par Herzl. Il constate simplement l’échec éthique complet du projet sioniste originel, qu’il rejette donc. Mais il ne voit aucun inconvénient, ni à la pratique de la religion juive, ni au respect de certaines traditions culturelles ou culinaires juives ; il explique cela très bien dans cette interview à la BBC.

            Et, s’il a raison à mon sens de ne pas s’en prendre seulement aux sionistes affichés (qui sont effectivement clairs dans leurs objectifs) mais aussi et même davantage aux “juifs de gauche”, c’est pour montrer la duplicité de certains (dont Jacob Cohen parle dans l’émission, à propos de son éviction de l’UJFP) et leur incohérence encore plus flagrante. Il ne condamne pas que des juifs puissent “en tant que juifs” protester contre la politique israélienne : c’est même assez logique, lorsqu’on est juif et attaché à la justice, de ne pas laisser un État qui se dit juif donner l’impression que tout juif le soutient.

            Jacob Cohen ayant grandi dans un milieu juif traditionnel, religieux, modeste et pas du tout sioniste, puis s’étant rapproché du militantisme sioniste pour finalement s’en écarter radicalement, il est logique qu’il soit attaché à cette tradition juive qui pour lui représente de bons moments de sa jeunesse. Il puise aussi son inspiration d’écrivain dans cette histoire particulière, il n’a donc pas envie de s’en séparer. Le cas de Gilad est différent mais, encore une fois, il ne cherche pas à forcer tout juif à devenir “non-juif”, c’est juste une option personnelle découlant de sa quête d’universalité qui me fait fortement penser à celle de Spinoza (autre juif qui eut des problèmes avec sa communauté…).

            Par ailleurs, je connais personnellement au moins un juif qui tient à le rester (sans être croyant le moins du monde) mais qui est lui aussi vigoureusement antisioniste ; sans doute parce qu’il a compris qu’Israël est aujourd’hui, non l’assurance tous risques vendue aux juifs depuis des décennies, mais au contraire le plus grand danger pour eux, aussi bien en Israël même (où ils sont bien moins en sécurité qu’ailleurs) que dans le reste du monde. Là aussi, il y a une inversion de paradigme que les juifs ont intérêt à faire le plus vite possible s’ils ne veulent pas avoir à subir par amalgame les conséquences des multiples crimes israéliens, pour la plupart niés ou minimisés par des media sous fort contrôle sioniste, mais qui ne pourront l’être éternellement.

            En un mot : ça va péter, et fort, et il vaut mieux se trouver du côté de ceux qui défendent la justice que de ceux qui défendent le crime pour se faire accepter de ses semblables. C’est le “retour de bâton” que redoute avec raison Jacob Cohen.

  2. Convoquer le métis pour prouver l’inexistence des races ? Mais tout comme le vert se définit comme le mélange des couleurs primaires bleues et jaunes, le métis ne peut être défini que si l’on admet comme postulat l’existence de “blancs” et de “noirs”.
    Comme toute catégorisation, la catégorisation raciale est arbitraire. Doit-on pour autant la remettre en cause, d’autant qu’elle a de nombreuses utilités, dans le domaine médical per exemple, ou l’appartenance raciale est un critère à prendre en compte, au même titre par exemple, que le sexe, l’âge ou la corpulence du patient ?

    1. Mais je suis parfaitement d’accord avec vous ! Et je m’oppose par exemple à ceux – dont certains pour qui j’ai un grand respect, comme Christophe Oberlin – qui veulent à tout prix prouver “scientifiquement” que le racisme est absurde ; je pense que c’est en réalité un hors-sujet.

      D’ailleurs, à une époque où le sens de la nuance n’est pas ce qu’on cultive le plus, il conviendrait de faire la différence entre “racisme” et “haine raciste”, ou “suprémacisme raciste”, le premier pouvant être une opinion dépourvue d’une quelconque notion de hiérarchie raciale ou de haine envers les autres races que la sienne propre. Certaines personnes peuvent préférer que les races ne se mélangent pas parce qu’elles aiment la diversité ethnique – qu’on glorifie par ailleurs en permanence ! – sans pour autant souhaiter mettre en esclavage des races “inférieures”, et je ne vois pas ce qu’il y aurait de mal à cela.

      D’ailleurs je vous avoue que moi-même je n’aime pas l’uniformité ethnique… et que j’ai pourtant contribué au métissage au sein de ma propre famille !

      Sur ce vaste sujet de la biodiversité humaine (ethnique mais aussi culturelle), je vous recommande vivement le livre remarquable de Hervé Juvin La grande séparation. Il y a longtemps que je souhaite en faire une fiche de lecture pour ce blog, mais l’ouvrage est tellement dense que je recule sans arrêt devant la tâche…

      1. Très bien. C’est effectivement un sujet complexe : les différences qu’induisent les races se limitent à l’aspect, au visuel, au cosmétique, ou déterminent-elles des caractéristiques plus profondes qui touchent aux capacités physiques et intellectuelles ? (nous catégorisons ici en groupes qui intéressent les sciences humaines sans préjuger des caractéristiques et capacités propres à chaque individu, vous l’avez compris). Auquel cas nous flirtons avec la hiérarchisation.
        Aucun problème avec le métissage tant qu’il découle d’un choix individuel mais je ne supporte pas l’ingénierie sociale à laquelle nous sommes soumis et qui vise à transformer le monde en un vaste village global ou cohabitent (peu pacifiquement d’ailleurs) races, ethnies et cultures.
        Vous le soulignez, cette ingénierie est la négation de la diversité et finira par mettre à mal des millénaires d’évolution. Cette uniformisation est-elle la destinée inéluctable de l’humanité ?
        Je n’ai pas la réponse à cette question.

        Je suis heureux d’avoir découvert vos écrits, merci de m’avoir fait connaître ceux de Slobodan Despot.

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