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La bataille du discours

Shamir Bataille du discoursLe genre : Le Petit Prince du 21ème siècle

Le 14 juillet, anniversaire d’un mensonge historique à succès que les Daech – ISIL – EIIL de l’époque ont réussi à transformer en fête nationale, m’a paru un jour tout indiqué pour vous parler de La Bataille du Discours, d’Israël Adam Shamir, ouvrage fort peu promu par nos “grands” media pour la bonne raison que sa lecture les réduit définitivement en pièces.

Déjà, le titre est génial de simplicité et de justesse ; nous sommes en effet au coeur d’une bataille, responsable de millions de morts, de blessés, de déportés et d’affamés dans le monde entier, mais les armes les plus dangereuses de toutes, celles qu’il faut faire taire de toute urgence, ne sont pas faites d’acier et de munitions : ce sont les armes des Maîtres du Discours, c’est-à-dire les media de masse qui tous sont la propriété de grands groupes industriels ou bancaires, et qui ont intérêt – pour le petit nombre de psychopathes ivres de pouvoir et insensibles au bien commun qui les dirige – à provoquer des guerres, à entretenir le terrorisme et à “reconstruire” sur la base du chaos le plus total.

Car si c’est le fusil qui tire la balle, et le doigt qui appuie sur la détente, c’est quand même le cerveau qui commande le doigt. Mais aujourd’hui, le cerveau du soldat n’est même plus vraiment le sien, tant est efficace le conditionnement mental qui lui fera croire, par exemple, que les USA “défendent la liberté et la démocratie” et que l’Iran est un danger planétaire, alors que les USA mettent à feu et à sang chaque recoin de la planète, directement ou via leurs vassaux, et que l’Iran est un pays pacifique qui n’en a jamais attaqué un autre depuis plus de deux siècles.

Israël Adam Shamir est un “ex-juif” (comme Gilad Atzmon) qui s’est converti au christianisme orthodoxe après avoir vu les horreurs que l’État dit “juif” (mais en réalité, surtout sioniste, car dirigé par des psychopathes fort peu religieux) commettait en Palestine. Il y gagne son deuxième prénom, Adam. Né en Sibérie, installé en Israël en 1969, il participe à la guerre de 1973 en qualité de parachutiste ; c’est aussi un fin lettré, traducteur de Joyce et d’Homère (entre autres). Sa prose est aussi directe, candide et éthiquement pure que notre époque est crispée, hypocrite et percluse de mensonges. Le lire n’apporte pas une bouffée d’air frais, mais carrément une tempête sibérienne. Bien entendu, il est régulièrement traité d’ “antisémite” par une mafia juive qui ne supporte pas qu’on enraye son arme favorite : la “lutte contre l’antisémitisme” – en fait, le joker qui permet à des délinquants et criminels juifs de ne pas répondre de leurs actes.

Le livre est constitué de nombreux petits chapitres (47) répartis en 5 grandes parties :

  • Au Moyen Orient
  • Ailleurs
  • La gauche
  • Lignes de front
  • Pardès, du côté de la Kabbale

Ce sont davantage des articles que des chapitres, qui traitent d’une multitude de problèmes d’actualité passionnants – et, bien sûr, d’une façon très différente de ce à quoi nous habituent nos media stériles (télévision, radio, journaux… rien n’est récupérable aujourd’hui !). Cette multitude interdit d’en faire un quelconque résumé ; essayons seulement d’en donner un aperçu par un extrait du chapitre 26, Qui veut la peau de Vladimir Rabbit ?, rédigé le 6 décembre 2006.

Si le gros méchant tue moult innocents – si je me souviens bien du merveilleux dessin animé de Zemecki, sorti en 1988 – c’est uniquement un coup monté contre Roger Rabbit. Ce film est une parodie des films policiers d’Hitchcock, dans lesquels le héros tombe sur des cadavres à tous les coins de rue, mais plus il en trouve, plus le noeud coulant se resserre sur son cou. Chandler et Hammett avaient innové en créant ce genre de polar, parce qu’ils en avaient assez des intrigues simplettes et des schémas éculés. Leurs héros doivent élucider des crimes mystérieux, tout en étant eux-mêmes poursuivis par la police et dénigrés par la presse.

Le Président russe Vladimir Poutine s’est retrouvé dans la position inconfortable de Roger Rabbit. Peu après l’assassinat d’Anna Politovskaïa, une journaliste d’investigation, un espion transfuge mourait, à Londres, tout en accusant poutine, sur son lit de mort. La troisième mort – celle de l’obèse ex-Premier ministre Gaïdar – n’a pas encore eu lieu, mais à chaque fois qu’il éternue, on montre Poutine du doigt. Il semble que toute mort violente ou suspecte soit déposée sur le paillasson de Poutine, dans la meilleure tradition chandlerienne… Roger Rabbit était la victime d’un coup monté visant à prendre le contrôle de Toon Town ; Poutine est, quant à lui, victime d’un coup monté visant à s’emparer des destinées et des ressources naturelles de la Russie.

Seul quelqu’un de très jeune, totalement innocent et sincère peut croire que les propriétaires et éditeurs de médias – les Maîtres du Discours – se préoccupent le moins du monde de personnalités politiques russes marginales telles que Politovskaïa et Litvinenko. S’ils assoient Poutine sur le poêle chauffé à blanc, c’est uniquement parce qu’ils veulent le voir livrer l’Iran aux bombardiers états-uniens et Sakhaline-2 aux compagnies pétrolières occidentales, brader le gaz et autres richesses naturelles russes et oublier sa politique étrangère qu’ils jugent par trop indépendante. Ils lui montrent (et à nous aussi, par la même occasion) la puissance de la machine médiatique, cet appareil sans pareil pour zombifier les foules. Ils sont en mesure de fixer l’agenda du monde et faire de Poutine un assassin en série, de Clinton un obsédé sexuel, de Chavez un antisémite, d’Ahmadinejad un nouvel Hitler, des Palestiniens des agresseurs et des Israéliens des victimes !

À leur apogée, même les Papes n’avaient pas un tel pouvoir : quoi que les Maîtres du Discours disent, ça passe.

Vous avez aimé cet extrait ? Lisez donc ce livre avant qu’il ne soit interdit par les Maîtres du Discours ! Ou au moins, écoutez un peu ce qu’en dit son auteur.



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