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Est-il rationnel de considérer que nos “élites” le sont ?

Christine Lagarde

Christine Lagarde

Parmi les arguments souvent avancés pour contrer les “conspirationnistes” (on a déjà vu ici ou encore là ce qu’on pouvait penser de cet adjectif), revient souvent l’idée que nos élites dirigeantes, parce que ce sont des élites, sont nécessairement des personnes raisonnables et même très rationnelles, incapables de comportements ou d’actes délirants ou criminels. C’est certainement aller un peu vite en besogne, et sans doute aussi naïf et faux que d’associer végétarisme et non-violence sous prétexte que le régime végétarien permet d’éviter de tuer des animaux (rappelons qu’un certain Adolf Hitler était végétarien).

Plutôt qu’une dissertation théorique sur l’irrationalité auto-entretenue des castes gouvernantes, cette partie de l’humanité qui parce qu’elle a le pouvoir, peut se dispenser de réfléchir et d’examiner sa conscience, illustrons par un exemple ce que peut être le “travail” d’une personne indiscutablement membre de l’élite, habituée aux vols internationaux en classe premium, aux hôtels de luxe et aux limousines avec chauffeur : Christine Lagarde, directrice générale du FMI depuis le 5 juillet 2011, suite à la mésaventure que l’on sait survenue à son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn.

Le 15 janvier 2014, Christine Lagarde prononça un discours à Washington, capitale fédérale des USA, devant le National Press Club, une des organisations de journalistes les plus influentes au monde. Intitulé sobrement The Global Economy in 2014 – titre on ne peut plus consensuel pour une directrice du FMI – il réserve toutefois quelques surprises pour quiconque a la curiosité d’en examiner le détail. Le texte original en anglais – as prepared for delivery, tel qu’écrit avant discours – se trouve ici ; la transcription du discours réellement prononcé, légèrement différent, se trouve là. Je me contenterai de réaliser une traduction française du début de cette transcription pour les lecteurs non anglophones. Les autres pourront directement lire l’original, et même écouter le discours tel que prononcé grâce à la vidéo ci-dessous.

Voici donc la traduction de la première partie du discours de Christine Lagarde, tel qu’il fut prononcé (de 6:35 à 10:17 dans la vidéo) :

Merci beaucoup, merci beaucoup [NdT : en français dans le texte]. Comme vous pouvez le voir, je fais ce qu’on me dit et je pensais que je devais me lever dès que mon prédécesseur immédiat s’était assis, et je me suis clairement trompée.

Bonjour, et merci beaucoup de me permettre d’être parmi vous. Je voudrais remercier le National Press Club, et plus particulièrement sa présidente Angela Greiling Kane, non seulement pour m’avoir invitée en ce lieu prestigieux, mais également pour avoir présenté les grandes lignes de ce dont je veux vous parler maintenant. C’est comme si nous avions préparé cela ensemble, alors que ce n’est pas le cas.

Maintenant, laissez-moi avant tout, bien sûr, vous souhaiter à tous une bonne et heureuse nouvelle année. Je pense qu’il en est encore temps, puisque nous sommes juste exactement à mi-chemin entre le nouvel an occidental et la nouvelle année lunaire, qui se profilera d’ici quelque semaines [NdT : le verbe anglais to loom que j’ai traduit ici par se profilera comporte aussi une connotation inquiétante, pour un danger menaçant par exemple].

Je pense qu’il est également opportun de nous souhaiter une bonne année vu ce dont j’aimerais vous parler, qui concerne l’économie globale et ce que nous devrions attendre pour 2014.

Maintenant, je vais tester vos compétences en numérologie en vous demandant de penser au nombre magique sept, OK ? La plupart d’entre vous savent que sept est un nombre particulier dans beaucoup de thèmes, de religions. Et je suis sûre que vous savez réduire les nombres également [NdT : opération de base en numérologie]. Alors si on pense à 2014, bon, je vous donne juste 2014, vous enlevez le zéro, 14, deux fois 7. OK, c’est juste pour donner un exemple, on va continuer (rires).

Alors 2014 va être une année marquante et espérons-le une année magique sur de nombreux points. Elle va être le centième anniversaire de la première guerre mondiale en 1914. Elle va marquer le soixante-dixième anniversaire – enlevez le zéro, sept – de la conférence de Bretton Woods qui donna en fait naissance au FMI. Et elle sera le vingt-cinquième anniversaire de la chute du mur de Berlin, vingt-cinquième, OK. Elle va aussi marquer le septième anniversaire de la panique des marchés financiers qui tourna rapidement à la plus grande calamité économique globale depuis la Grande Dépression.

La crise persiste toujours. Cependant, l’atmosphère est à l’optimisme. Le grand blocage est derrière nous, et l’horizon s’éclaircit. Alors mon espoir et mon souhait pour 2014 est qu’après ces sept années misérables, faibles et fragiles, nous allons avoir sept années fortes. Je ne sais pas si le G7 aura quelque chose à voir avec ça, ou si ce sera le G20. Mais j’espère certainement que le FMI y sera pour quelque chose.

Est-ce prendre ses désirs pour des réalités ? Non. Mais cela n’arrivera pas par hasard sans que nous tous et en particulier les décideurs politiques prenions les bonnes décisions, ayons la bonne politique générale, nous organisions de façon coordonnée. Parlons d’abord des perspectives globales telles que nous les voyons, et ensuite j’aimerais aborder la ligne politique qui je pense nous permettra de transformer ces sept années misérables en sept années fortes.

Ne rigolez pas, cette dame est très certainement payée bien plus pour dire ces phrases – qu’elle n’a peut-être même pas écrites – que vous ne l’êtes pour travailler réellement.

Mais une chose est pourtant certaine : à son niveau de salaire et de responsabilité (ou d’irresponsabilité, au choix), rien n’est fait au hasard, surtout dans un discours public devant une assemblée influente. Et les messages codés diffusés en pleine lumière semblent être une occupation récurrente de l’oligarchie occidentale. Eyes Wide Shut, comme dirait l’autre.

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Un commentaire sur “Est-il rationnel de considérer que nos “élites” le sont ?

  1. La création monétaire, c’est un peu comme les “arts divinatoires”, c’est très très occulte!

    Il fallait un “druide numérologue” pour piloter et “monter la garde” devant les portes d’une si vaste imposture ! … ;)

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