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Donald Trump, milliardaire (parfois) plein de bon sens

donald-trump-9-11-investigation-reopened-561076Grâce à internet, il devient difficile aujourd’hui d’effacer la mémoire de l’histoire, même si certains s’y emploient très activement. C’est sans doute l’élément qui manquait à George Orwell pour faire de 1984 un roman d’anticipation totalement réaliste – pour le reste, il faut reconnaître son caractère visionnaire. Aujourd’hui, Donald Trump se prépare à devenir le quarante-cinquième président des États-unis d’Amérique. Ses ennemis n’ont pas hésité à puiser dans tous les recoins des archives médiatiques pour tenter de le rendre aussi antipathique que possible, en le présentant notamment comme un raciste, un misogyne, un type totalement vulgaire et, parfois seulement, un antisémite – c’était plus risqué, vu qu’il a un gendre juif.

Mais bizarrement, alors que l’accusation de complotisme semble être aujourd’hui, avec celle d’antisémitisme, au plus haut dans l’échelle de Richter de l’infamie (est-ce un hasard ? ou une méthode pour certains juifs, bien implantés dans les media et ayant trempé dans des complots inavouables, de consolider une forme d’impunité ?), et ceci malgré son absurdité toute particulière dans le cas du 11-Septembre, les détracteurs de Donald Trump ne semblent pas avoir voulu utiliser une de ses interviews sur Fox News datant du 11 septembre 2001, où le nabab de l’immobilier, qui sans être architecte ni ingénieur sait quand même à peu près à quoi ressemble un gratte-ciel, analyse l’événement avec le bon sens pratique de celui qui évite de croire aux miracles pour faire fortune.

Je vous propose ci-dessous de regarder et d’écouter cette courte vidéo (l’interview proprement dite ne dure que 2 min 48), sous laquelle j’ai reporté la transcription des propos tenus ainsi que leur traduction en français. Les paroles du journaliste sont signalées par un j et celles de Donald Trump par DT.

temps    
original en anglais d’Amérique
traduction française
00: 01
j : Donald, you are the best known builder particularly of great buildings in the city. There is a great deal of question about whether or not the damage and the ultimate destruction of the buildings was caused by the airplanes, by architectural defect or possibly by bombs, or aftershocks. Do you have any thoughts on that ?
j : Donald, vous êtes le bâtisseur le plus connu, particulièrement pour les grands bâtiments en ville. On se pose beaucoup de questions pour savoir si les dommages causés aux bâtiments et leur destruction finale ont été causés par les avions, par un défaut architectural ou peut-être par des bombes, ou leur contrecoup [NdT : “aftershock” a également le sens de réplique sismique]. Qu’en pensez-vous ?
00: 21
DT : Well, it wasn’t architectural defect. The World Trade Center was always known as a very, very strong building. Don’t forget that building took a big bomb in the basement (in 1993). Now the basement is the most vulnerable place, because that is your foundation, and it withstood that. And I got to see that area, about 3 or 4 days after it took place because one of my structural engineers actually took me for a tour because he did the building. And I said “I can’t believe it”. The building was standing solid and half of the columns were blown out. This was an unbelievably powerful building; if you know anything about structure, it was one of the first buildings that was built from the outside. The steel, the reason the WTC had such narrow windows, is that in between all the windows you had the steel on the outside. You had steel on the outside of the building. That’s why when I first looked at it – you had big, heavy I-beams – when I first looked at it I couldn’t believe it because there was a hole in the steel. And this was steel that was… you remember the width of the windows of the World Trade Center, folks. I think that you know, if you were ever up there, they were quite narrow, and in between was this heavy steel. I said : how could a plane, even a 767 or 747 or whatever it might have been, how could it possibly go through the steel ? I happen to think that they had not only a plane, but they had bombs that exploded almost simultaneously. Because I can’t imagine anything being able to go through that wall. Most buildings are built with the steel is on the inside around the elevator shafts. This one was built from the outside which is the strongest structure you can have. And it was almost just like a can of soup.
DT : Eh bien, ce n’était pas un défaut architectural. Le World Trade Center a toujours eu la réputation d’un bâtiment très, très solide. N’oubliez pas que ce bâtiment a été victime d’une grosse bombe au sous-sol (en 1993). Or le sous-sol est l’endroit le plus vulnérable, parce que ce sont les fondations, et il a résisté. Et j’ai pu voir le lieu des dégâts, à peu près 3 ou 4 jours après l’événement parce qu’un de mes ingénieurs en structures m’a amené le visiter parce qu’il avait fait le bâtiment. Et j’ai dit “je ne peux pas le croire”. Le bâtiment tenait parfaitement debout et la moitié des colonnes avaient été soufflées. C’était un bâtiment incroyablement robuste ; si vous connaissez un tant soit peu les structures, c’était un des premiers bâtiments à être construit depuis l’extérieur. L’acier, la raison pour laquelle le WTC avait des fenêtres aussi étroites, est qu’entre chaque fenêtre vous aviez de l’acier sur la façade extérieure. C’est pourquoi quand j’ai vu ça la première fois – vous aviez de grosses et lourdes poutres en I – lorsque je l’ai vu la première fois je n’arrivais pas à le croire parce qu’il y avait un trou dans l’acier. Et c’était de l’acier qui était… vous vous rappelez la largeur des fenêtres du World Trade Center, les gars. Je pense que vous savez, si vous êtes allés une fois là-haut, elles étaient assez étroites, et entre il y avait cet acier très lourd. Je me suis dit : comment un avion, même un 767 ou un 747 ou quoi que cela ait pu être, comment pouvait-il donc traverser cet acier ? J’en viens à penser qu’ils n’avaient pas seulement un avion, mais qu’ils avaient des bombes qui ont explosé presque simultanément. Parce que je ne peux pas imaginer quoi que ce soit qui soit capable de traverser ce mur. La plupart des bâtiments sont construits avec l’acier à l’intérieur autour des cages d’ascenseurs. Celui-ci était construit depuis l’extérieur ce qui est la structure la plus robuste que vous pouvez avoir. Et c’était presque comme une canette de soupe. [NdT : les Français ne sont pas vraiment familiers des canettes de soupe, ils auraient plutôt parlé de canette de soda.]
01: 50
 j : You know, Donald… We were looking at pictures all morning long of that plane coming into Building #2, and when you see that, approach the far side, then all of a sudden within another millisecond the explosion pops out the other side.  j : Vous savez, Donald… On regardait les images pendant toute la matinée de cet avion s’encastrant dans le bâtiment n°2, et quand on voit ça, se rapprochant de la façade arrière, et tout à coup dans l’intervalle d’une autre milliseconde l’explosion fait sauter la façade opposée.
02: 05
 DT : Right. I just think that there was a plane with more than just fuel. I think… obviously they were very big planes, they were going very rapidly. Because… I was also watching where the plane seemed to be not only going fast, it seemed to be coming down into the building. So it was getting the speed from going downhill, so to speak. It just seems to me that to do that kind of destruction it’s even more than a big plane. If you’re talking about taking out steel, the heaviest kind of a steel that was used for the building – this building was rock solid – and, you know, it’s just an amazing thing. This country is different today, and it’s going to be different than it ever was for many years to come.  DT : C’est vrai. Je pense qu’il y avait un avion avec davantage que seulement du carburant. C’étaient évidemment de très gros avions, ils volaient très vite. Parce que… je regardais aussi comment l’avion semblait non seulement aller vite, mais semblait plonger dans le bâtiment. Donc il gagnait de la vitesse à cause de la descente, pour ainsi dire. Il me semble que pour réaliser ce genre de destruction il faut encore plus qu’un gros avion. Là on parle d’éjecter de l’acier, la qualité d’acier la plus lourde qui était utilisée pour le bâtiment – ce bâtiment était solide comme un roc – et, voyez-vous, c’est juste un truc incroyable. Ce pays est différent aujourd’hui, et il va rester différent de ce qu’il a toujours été pour de nombreuses années à venir.
02: 48
 j : Very profound statement, and very true.  j : Déclaration très profonde, et très juste.

On remarquera que Donald Trump a une vision un peu fausse de l’architecture des tours jumelles : non, elles n’étaient pas “construites depuis l’extérieur”, mais construites depuis l’intérieur et l’extérieur, avec en effet des façades constituées de colonnes verticales très robustes en acier entre lesquelles venaient s’intercaler des fenêtres très étroites. Cette conception permettait de réaliser sur chaque étage de vastes plateaux sans cloison, des bureaux open space comme on dit là-bas (mais pas que), et de réaliser au soleil couchant, lors de leur construction, des clichés spectaculaires mettant en valeur la transparence des tours (à condition de viser à l’horizontale).

twin-towers-sunsetNéanmoins, cette vision un peu simpliste a le mérite de corriger une idée reçue (voire une propagande martelée) selon laquelle les façades auraient été des “murs de verre” dans lesquels les avions n’auraient eu aucun mal à pénétrer, pour ensuite se fracasser sur la partie centrale contenant les ascenseurs. Or, outre le fait que cette idée farfelue néglige complètement la résistance des planchers en compression horizontale, loin d’être négligeable, elle méconnaît surtout le rôle très important des façades dans la résistance du bâtiment, puisqu’elles supportaient en temps normal environ la moitié de la charge statique, l’autre moitié étant supportée par le cœur.

Reconnaissons donc à Donald Trump la faculté de dire des choses évidentes et de bon sens sans passer par le filtre préalable de ce-que-l’on-doit-dire-pour-être-bien-vu-chez-les-gens-importants. C’est peut-être cette faculté qui lui est reprochée, et qui a poussé certains milieux à le diaboliser de façon ridicule, sans doute de peur qu’une fois président il continue à ne pas prendre des vessies pour des lanternes, des images d’avions pour des avions, et à dire que le roi est nu s’il ne porte pas de vêtements. Ceci serait un grand changement dans la politique américaine, et par contagion mondiale.

Mais peut-être ne faut-il pas prendre ses désirs pour des réalités. Car deux jours après cette interview à Fox News, le 13 septembre donc, Donald Trump répondait aux questions d’un journaliste d’une chaîne de télévision allemande, et l’interprétation qu’il donna des effondrements devint là beaucoup plus consensuelle – si l’on appelle consensus l’ensemble d’histoires à dormir debout ayant fondé la physique harrypottérienne en vigueur depuis le 11 septembre 2001. Je n’en retiendrai qu’un passage, qui commence à 3 min 01 après la question du journaliste lui faisant remarquer que beaucoup de personnes se demandent comment 2 avions peuvent arriver à détruire 2 tours (il aurait dû dire 3, s’il avait pensé au WTC7) :

Well… it’s tremendous power and tremendous heat. And people were willing to die and when they’re willing to die and willing to become kamikaze in a sense there’s very little you can do about it… I mean… the heat and the power… actually it was amazing that the initial jolts didn’t jar the building as much as people would have thought… but the tremendous amount of fuel that was dumped into the building and… 1600°F temperature… I guess that’s probably more than anything could take, no matter what.

Ce qu’on traduira à peu près par :

Eh bien… c’est une puissance formidable et une chaleur formidable. Et des gens étaient prêts à mourir et lorsqu’ils veulent mourir et devenir en un sens des kamikaze on ne peut pas y faire grand-chose… Je veux dire… la chaleur et la puissance… En réalité c’était incroyable que les secousses initiales n’aient pas ébranlé le bâtiment autant que les gens l’auraient imaginé… mais l’énorme quantité de carburant qui a été déversée dans le bâtiment et… des températures de 1600°F [NdT : environ 870°C]… je suppose que c’est davantage que ne pouvait endurer quoi que ce soit, peu importe quoi.

Ainsi cette fois, deux jours après avoir diffusé sur les ondes son sens pratique de bâtisseur, Donald Trump se met à penser que la volonté peut tout, y compris rendre les lois de la physique facultatives. Quand des types cinglés sont prêts à mourir, que voulez-vous, mon bon monsieur… que peuvent les lois de la physique face au fanatisme musulman ? Et puis de toute façon, il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet.

Finalement, Donald Trump n’est peut-être pas aussi “hors système” que certains le croient : il semble qu’en l’espace de deux jours il ait parfaitement acquis les codes du monde politique. Soit être capable de débiter d’un air pénétré des sornettes auxquelles on ne croit pas soi-même une seule seconde.

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