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Attali président ?

[Note de l’administrateur de ce blog : une fois n’est pas coutume, je publie ici le billet d’un collègue, chargé de recherche au CNRS, sincèrement et profondément inquiet pour l’avenir de son pays, et très alarmé du faible degré de compréhension qu’ont ses concitoyens de la pièce de théâtre politique en train de se jouer. Merci à lui pour ces rappels historiques et cette analyse aussi douloureuse que lucide.]


La mondialisation

La cause profonde de la langueur économique qui frappe la planète entière depuis quarante années est bien connue : c’est le libre-échange, qui tend à instaurer partout les écarts de revenus les plus importants de la planète, et par conséquent à prolétariser les classes populaires et à laminer les classes moyennes, ce qui fait s’effondrer la demande.

Or la mondialisation n’est pas venue toute seule : il fallut des millions d’heures de travail d’ingénieurs et d’ouvriers pour concevoir les protocoles, écrire les programmes, fabriquer les composants, les assembler, lancer les satellites, faire les fibres optiques, tirer les câbles, etc. Il fallut de nombreuses réunions internationales pour modifier le droit commercial de tous les pays, et des heures de propagande intensive pour vanter les bienfaits du libre-échange. Les banquiers de Londres et New York comprirent quels profits pourraient être tirés de la différence fantastiques des salaires entre les pays développés et sous-développés. Ils financèrent ces productions d’autant plus facilement que, depuis 1971, nulle contrainte réglementaire sérieuse ne bride plus leur licence de créer de la monnaie à partir des vapeurs de la Tamise et de l’Hudson.

La mondialisation n’a été possible qu’à partir des années 90, lorsque la micro-informatique se généralisa. L’informatisation a permis : 1/ de sécuriser les échanges financiers ; 2/ d’organiser la logistique à grande échelle ; 3/ de confier des machines à des ouvriers sans qualification, très mal payés, dans des pays sans tradition industrielle. Les délocalisations ont suivi, ce qui a réduit les marges de négociation des travailleurs qualifiés, bientôt contraints au chômage, et insultés chaque jour par des gens qui vivent de prébendes. Tant que seuls les ouvriers perdirent leur emploi, les cadres leur dirent de « positiver pour rebondir ». Mais, après les ouvriers, ce furent les ingénieurs d’exécution, puis ceux de conception, et à présent les chercheurs et les dirigeants d’entreprises. L’appauvrissement des classes moyennes des pays développés oblige à présent les organisateurs de la mondialisation à élargir leur aire de prédation, après avoir engrangé des fortunes en accaparant les fruits du travail d’autrui.

L’Union européenne

Conçue par les classes dominantes et à leur profit, agissant comme relais de la mondialisation, l’Union Européenne ronge sans relâche les industries des pays d’Europe et abaisse les revenus des Européens. Elle emmène l’Europe sur le chemin du sous-développement, en organisant la fuite des capitaux, l’évasion fiscale à grande échelle au profit des firmes supranationales et des riches particuliers, l’endettement des États, et le rachat systématique des entreprises par la monnaie de singe des capitaux étrangers. À la France, elle fit perdre l’aluminium, l’acier, la plus grande partie de son ingénierie – le coup le plus récent, le bradage d’Alstom, étant dû à Macron – et elle s’attaque désormais à l’agriculture. La France est contributrice nette au budget de l’UE et paye donc pour être ruinée.

En cas d’hémorragie, faut-il élargir la plaie ?

L’euro détruit l’industrie de tous les pays d’Europe sauf de l’Allemagne qui le gère. La catastrophe est telle qu’il ne pourra durer très longtemps, mais il remplit sa fonction de faire disparaître les rivaux des Allemands et des Anglo-saxons, qui ont donc tout intérêt à prolonger l’agonie. Instituer une monnaie commune, et des parités ajustables, eût permis d’éviter les spéculations, mais, contre tout bon sens, c’est une monnaie unique qui a été faite. Économiquement, il serait encore possible de revenir à une monnaie commune, mais politiquement c’est sans doute impossible car il faudrait démonter lucidement et calmement ce système absurde. Trop d’intérêts puissants s’y opposeraient. L’euro éclatera donc dans le désordre, ou une autre monnaie sera instaurée, occasion de saisir les épargnes des particuliers.

Rétablir les monnaies nationales serait pourtant très facile, tout simplement parce qu’elles n’ont pas disparu. Chaque pays a en effet conservé sa banque centrale, de sorte que les créances libellées en euro sont en France sur la Banque de France et non sur la Banque Centrale Européenne. De même, les créances sont, en Allemagne, sur la Bundesbank et non sur la BCE. Le franc et le mark n’ont ainsi que changé de nom. En outre, l’euro a causé la divergence des économies européennes, qui a entraîné celle des taux d’intérêts, de sorte que les banques privées traitent déjà les euro-francs, les euros-marks, les euros-escudos, comme des monnaies différentes. Mais les traités européens ont imposé une parité fixe. Les difficultés économiques viennent de ce que les parités des monnaies européennes sont trop élevées par rapport au mark, inajustables, et incompatibles non seulement avec toute croissance, mais même avec le maintien de l’activité économique. Car la confusion volontaire entre euros français (ou grecs, italiens, belges..) et euros allemands abaisse de façon artificielle les prix de vente des produits allemands et favorise ainsi immensément l’industrie allemande, qui peut envahir les marchés des pays voisins et détruire les industries concurrentes.

Pis encore, la haute valeur de l’euro-mark sur le marché des changes mondial gêne les exportations dans le monde entier de tous les pays, sauf de l’Allemagne. Rétablir la compétitivité des prix ne peut donc se faire qu’en écrasant les salaires, ce qui appauvrit les classes populaires et les classes moyennes. Mais, dans chaque pays, les classes dominantes profitent du haut cours de l’euro pour consommer, investir et voyager. Elles sont donc très attachées au maintien d’un système monétaire qui globalement détruit l’Europe, mais les favorise.

La fixité des parités monétaires permet enfin un transfert massif de capitaux vers les banques allemandes. Les spéculateurs et les grandes firmes anticipent en effet que, lorsque l’euro éclatera, le nouveau mark s’appréciera de 10 % par rapport à l’euro, alors que le nouveau franc se dépréciera d’autant. Si les Français veulent protéger leurs capitaux, qui sont les fruits de leur travail, et retrouver la prospérité en investissant, distribuant des revenus et en créant des emplois, il ne faut ni monnaie unique, ni monnaie commune, mais le retour à la souveraineté monétaire.

Après avoir souffert deux invasions, annulé deux fois les dettes de l’agresseur puis payé sa réunification, les pays d’Europe subissent à présent son agressivité économique, fondée en partie sur la sous-traitance des pays de l’Est de l’Europe, vassalisés économiquement. Cette évolution résulte d’une politique méditée et explicite. Monsieur Joseph Fischer, qui fut ministre des Affaires Etrangères d’Allemagne, répéta dans des articles, et plusieurs fois de vive voix, que l’UE permettrait à l’Allemagne d’atteindre le but qu’elle avait échoué par deux fois à obtenir par la guerre : la prépondérance en Europe. L’Union Européenne est le Quatrième Reich.

La CEE suscita l’adhésion, mais les Européens ont perdu confiance dans l’UE. Or on ne peut revenir tout à fait en arrière dans les faits de civilisation. S’il est toujours possible de reconstruire une économie, il n’est pas possible de faire renaître la confiance à volonté. Pour éviter la dissolution de l’UE une seule voie reste donc désormais ouverte, celle de l’union “sans cesse plus étroite”, autour de l’Allemagne et sous sa direction. La politique de l’oligarchie est dictée par cette contrainte : subordonner l’Europe continentale à l’Allemagne, elle-même subordonnée à Wall street et surtout à la Cité de Londres. Les moyens d’y parvenir ne sont pas légion : le despotisme, rendu acceptable par l’infantilisation de toute la population, la crainte de la misère et l’élimination sociale des déviants. Ce mouvement est En Marche.

Les grands-parents aimants se soucient de l’avenir de leurs petits-enfants. Or, que ce soit pour leur prospérité économique, pour leur liberté politique ou pour leur autonomie culturelle, les soumettre au despotisme de l’UE serait très dommageable. Plus tôt nous sortirons de ce piège, moindres seront les dégâts. Ah, mais c’est impossible : La France est trop petite pour s’en sortir seule. Dit-on cela de l’Allemagne ? Du Viet-Nam ? De Singapour ? Si la France, avec tous ses atouts naturels et humains, ne peut se sortir de ses difficultés, nul pays ne le peut.

La destruction de la France

Ceux – de moins en moins nombreux – qui raisonnent en termes de gauche/droite ont des années de retard. L’inflexion politique des années récentes fut très différente :

À la suite du refus de Villepin et Chirac de participer à l’agression contre l’Irak, Condolizza Rice dit: “Il faut laisser passer pour la Russie et l’Allemagne, mais punir la France”. Ensuite les Français refusèrent le traité de 2005 qui instaurait la dictature en Europe.

À ces deux actes de liberté, les puissants réagirent promptement : dès l’automne 2005 l’AVC de Chirac (qui ne démissionna pas : vanité ou menaces ?) fournit l’occasion de remettre Sarko en piste. Chacun sait – et lui-même s’en vante – qu’il est non seulement un mafieux, mais un agent étasunien recruté par Frank Wisner directeur-adjoint de la CIA. Le retour de Sarko au gouvernement, lorsque Chirac était trop affaibli pour le contrer, fut un coup d’État inaperçu par la plupart des Français. Puis, en 2007, les journaux des patrons de presse et les trotskystes du PS fabriquèrent la brêle qui lui serait opposée, Ségolène, dont on se demande toujours lorsqu’elle ouvre la bouche si elle va parler ou si elle va braire. Et Dieu sait si cette ânesse l’ouvre souvent.

Sarko fut élu, et fit tout ce que ses macs lui dirent de faire : le retour dans l’OTAN, le traité de Lisbonne, la guerre en Libye, ce fut l’horreur. L’oligarchie française ne s’y opposa pas, car elle se partage entre partisans de Londres, de New-York, de Tel-Aviv et de Berlin. Point de Français parmi elle. « Ceux qui veulent donner au peuple un maître iront le chercher à l’étranger » écrivit jadis Marc Bloch. Quand néanmoins Sarko, carbonisé, fit vomir le peuple, l’oligarchie mondiale choisit un larbin encore plus lamentable. Les Français ne purent faire mieux que de virer Sarko pour l’exemple, sans illusion sur son veule successeur.

Depuis, tout alla de mal en pis, mais pas plus que si Sarko eût été réélu et l’absolution passée ainsi sur toutes ses forfaitures. Sous Hollande, l’abaissement de la France, sa soumission aux puissants du moment, n’ont fait que s’aggraver. Quant à la politique étrangère, tout un livre serait nécessaire pour détailler la situation présente. Disons en quelques mots que la France participe à la dévastation du Proche-Orient et au massacre des Chrétiens d’Orient que traditionnellement elle protégeait depuis neuf cents ans.

Les principaux candidats, et les puissances sociales qui les animent

1/ Fillon

Les costumes de Fillon n’ont pas la moindre importance, ils révèlent seulement une naïveté sossotte : quand on se rêve un destin national, on ne se donne pas le ridicule de se mettre dans l’embarras pour dix-mille balles de fringues. Les emplois de sa tendre épouse n’ont pas plus d’intérêt : la moitié des parlementaires en fait autant, ce n’est pas illégal, et les sommes en cause sont des fifrelins par rapport à d’autres gabegies et à tout ce que l’Union Européenne nous fait perdre chaque année. Tout au plus peut-on remercier le Destin, ou rendre grâces à la Divine Providence, pour l’humour de cette péripétie : Pénélope ! Quel prénom prédestiné pour une femme dont nul ne sait si son éventuel travail aboutit à un résultat !

Mais on peut s’interroger sur l’aptitude politique de Fillon et sur son attitude envers ses maîtres. Il fut pendant cinq ans le bras droit de Sarko, et ne pensa jamais à démissionner. Il couvrit donc :

  • Le traité de Lisbonne, forfaiture violant la décision du Peuple Souverain.
  • Le retour de la France sous la coupe complète de l’OTAN, qui met l’armée française au service des pays anglo-saxons et d’Israël pour détruire le Proche-Orient par des moyens criminels.
  • L’agression contre la Libye, violant la Constitution de la République Française, les droits du Parlement (la commission de la Défense ne fut même pas réunie par son président), le Droit international et la Charte des Nations Unies. Cette agression outrepassa largement les résolutions du Conseil de Sécurité et réduisit en cendres, avec les villes libyennes, toute la politique étrangère de la France. Cette faute politique entraîna des morts par milliers, c’est à dire des familles entières brûlées vives ou écrasées sous les ruines de leur maison. Elle plongea un pays prospère dans le chaos et la violence. Au passage, M. Fillon se dit catholique. Cette guerre est aussi à l’origine de la rétraction des musulmans de France sur eux-mêmes.

Or chacun sait que MM. Sarko et Fillon obéirent à des ordres venus de Washington et de Londres, dans le cadre du “printemps arabe” organisé pour remplacer les États par des émirats confessionnels qui ne peuvent résister ni aux injonctions des Anglo-saxons ni aux menaces des Israéliens. Accessoirement, Sarko paraît bien avoir voulu faire disparaître les traces du financement de sa campagne électorale par Kadhafi.

Ces trois trahisons de la France, et ces crimes de guerre, devraient valoir à leurs auteurs de ramer sur le même banc de nage. Sarko a été éliminé, Fillon devait l’être. Bien évidemment cet homme est incapable de tenir tête à l’oligarchie mondiale.

La politique intérieure de M. Fillon fut tout aussi servile. Il appliqua à la lettre les consignes de l’UE : renflouer, aux dépens des États et sans contrepartie, les banques qui s’étaient aventurées à des spéculations sans garanties à l’étranger, ces mêmes banques auxquelles l’État français doit emprunter la monnaie, selon la loi de 1973 dont les dispositions furent reprises dans les traités européens que les peuples refusèrent mais que l’oligarchie impose. Pour obéir à l’ordre de la Commission européenne d’assurer l’équilibre budgétaire, tout en subissant cette perte sèche, M. Fillon prépara l’écrasement fiscal des classes moyennes et des PME, seuls contribuables encore capables de payer puisqu’incapables de profiter de l’évasion fiscale organisée par cette même Commission pour les entreprises supranationales et les riches particuliers. Ce braquage, décidé sous le règne de Sarko, fut mit en œuvre sous celui de Hollande dans une parfaite continuité. M. Macron perpétuerait et aggraverait cette politique ruineuse.

Le programme économique de Monsieur Fillon était de continuer à soumettre la France à la domination de la finance mondiale, et de poursuivre la régression sociale. Rien à en espérer. Il est donc excellent pour la France que cet homme, qui avait démontré pendant cinq années son incapacité, et qui vient de ramper après sa défaite, ait été éliminé par les Français.

2/ Macron

Le programme de Macron est de soumettre définitivement la France à la finance mondiale. La France sera démembrée et fondue dans l’Union européenne. Le projet prévoit, à l’imitation de l’Allemagne, de désarticuler le droit du travail et de supprimer les régulations collectives dès l’été prochain, par ordonnances, hors de toute procédure démocratique.

Le but est d’instaurer la vassalisation des États et la régression sociale que le Peuple Souverain refusa en 2005. C’est un voyage sans retour.

Les parrains de M. Macron veulent augmenter sans retenue l’immigration, déjà hors de contrôle, afin non seulement de peser sur les salaires, mais d’installer un tel nombre d’étrangers qu’il soit facile aux classes dominantes, nationales et surtout étrangères, de diviser pour régner. Accorder le droit de vote aux nouveaux venus assurerait une majorité automatique aux mondialistes. Sans contact avec les Français par le travail, la revendication sociale ou la religion, les immigrants resteraient indéfiniment étrangers et créeraient naturellement sur le territoire français des enclaves étrangères, hors de contrôle politique. Ainsi, l’oligarchie pourrait imposer ses volontés par la menace de la guerre civile. La campagne d’attentats organisés vise déjà ce but.

En politique étrangère, la France serait encore plus étroitement soumise à l’empire dominant, par la création de ministères européens de l’Économie et de la Guerre. La force de frappe serait placée de fait sous le commandement de l’OTAN puis bientôt démantelée. Le siège permanent de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU serait transmis à l’UE, elle-même sous la houlette de l’oligarchie mondiale. Les guerres au Proche-Orient seraient continuées, dans l’intérêt politique des faucons israéliens qui peuvent ravager en sous-main les pays voisins du leur, parce qu’ils contrôlent le pouvoir étasunien depuis le 11 septembre 2001. L’agression contre la Russie serait continuée aussi, afin d’y faire advenir un gouvernement docile lors des élections de 2018.

L’oligarchie mondiale ne recule devant rien : ne vient-elle pas de dévaster le Proche-Orient, faisant des millions de morts et d’exilés, causant d’atroces souffrances ? Hésiterait-elle à mettre la France à feu et à sang ? Nos compatriotes auraient-ils le courage de préférer lutter plutôt que de capituler face à cette oligarchie, soutenue par la puissance anglo-saxonne, allemande et israélienne ? Et même si nous capitulions, l’oligarchie mondiale renoncerait-elle à parachever d’écraser la France qui s’est si longtemps opposée à sa domination ? Avant l’agression contre l’Irak, les oligarques avaient passé commande des pièces du musée de Bagdad qu’ils chargeaient leurs sbires de mettre sur le marché de l’art. Ils n’hésiteraient pas à piller et ruiner le Louvre.

La même oligarchie qui mit au pouvoir Sarko puis Hollande veut à présent imposer sa plus récente créature, un Pinocchio que le montreur de marionnettes Attali se targue d’animer. M. Macron gagna pendant trois ans un million par an chez Rothschild et ne déclare à présent qu’un patrimoine d’environ deux-cent mille euros. Dilapidateur ou dissimulateur ? Il participa pendant cinq ans au pouvoir, cassa le patrimoine industriel national, et mena une politique de régression sociale. Il racole tous les éclopés de la politique. Et on le présente comme un homme nouveau ! L’irréflexion des gens de gauche, qui poursuivent la crainte chimérique d’un fascisme sans fascistes (où sont les milices ? qui agit par violence, sinon les « antifas » ?) leur fait vouloir mettre au pouvoir celui qui fut tour à tour secrétaire général de l’Élysée puis ministre des finances, poste auquel il brada l’industrie française aux intérêts étasuniens et israéliens.

Voulons-nous mettre au pouvoir Monsieur Jacques Attali et ses complices ?

Mais le plus important n’est pas que M. Macron ne soit qu’un serviteur de ses maîtres. Non, le plus inquiétant serait qu’il devienne lui-même. Car il s’agit d’un hystérique incapable de se contrôler, prêt à tout pour exalter son narcissisme, un véritable fou d’une dangerosité extrême.

Macron gouvernant par ordonnances ? Macron utilisant l’article 16 ?

Voici le portrait, par M. Laurent Guyénot, d’un type psychologique répandu parmi les ambitieux, patrons de recherche, dirigeants d’entreprise, politiciens et désormais aussi politiciennes ! :

« Le psychopathe se caractérise par l’absence d’empathie et de conscience morale. Les critères diagnostiques incluent aussi le mensonge chronique et la manipulation, en quoi le psychopathe développe une grande expertise dans sa quête de pouvoir. Le psychopathe ne ressent que des émotions très superficielles et n’a de sentiments pour personne, mais il développe une grande aptitude à donner le change. Il peut être charmeur et charismatique, et ment avec un aplomb déconcertant. Le psychopathe n’a aucune capacité à se remettre en question, aucune limite à son appétit de pouvoir, ni aucune inhibition morale à entraîner les autres dans la ruine pour sauver sa peau. Il ne vient pas à l’esprit du psychopathe de s’interroger sur le ressenti de l’autre pour tenter de comprendre sa colère, parce que l’autre est, fondamentalement, un objet dénué de liberté : ses actes et son comportement sont donc des événements dont la motivation est sans intérêt. Le psychopathe a une vision mécanique des hommes et des rapports humains (et de lui-même, d’une certaine façon) : il n’y voit que des rapports de pouvoir. Pour cette raison, il développe souvent un goût immodéré pour l’argent, et pense que les gens s’achètent comme les choses. Bien que dépourvu de conscience morale, il a aussi généralement une perception aiguë de la loi, qu’il perçoit comme les règles du jeu, mais qu’il enfreint sans état d’âme s’il le peut. »

C’est une pathologie que l’on pourrait nommer Macroncéphalie.

Cependant on ne peut nier la réalité du trait le plus vanté du poulain de l’oligarchie : pour réussir à ressusciter à la fois Attali, Cohn-Bendit, BHV, Minc, Kouchner, Hue, Cresson, Douste-Blazy, et quelques momies fardées du monde du spectacle, il faut vraiment être christique.

3/ Le Pen

Laissons de côté les enfantillages sur le fascisme que nulle personne douée de quelque jugeotte ne prend au sérieux. De même, si le FN veut certes réduire l’immigration, il ne prône pas le renvoi, bien sûr impossible, de la masse des immigrés, qui évidemment resteront définitivement.

Voyons l’économie et la politique.

– L’Économie :

N’avoir ni monnaie, ni frontières, ni budget autonome, est une singularité des États de l’UE, et nul ne voit quel bénéfice ils tirent de cette anomalie. Les jours de l’UE sont comptés, quoique leur nombre ne puisse pas être estimé et que le risque soit grand qu’une phase de dictature précède son écroulement. Madame Le Pen est donc sage de vouloir prendre les devants, et de ne pas attendre que l’Allemagne décide de traiter la France comme elle traite la Grèce. L’Europe ne se réduit pas à l’UE, et lorsque celle-ci aura disparu, les pays d’Europe resteront voisins et continueront à commercer, mais ils se rouvriront aussi sur le reste du monde. Ils pourront redéployer leur culture propre, au lieu de la laisser s’étioler sous les coups du divertissement marchand. S’affranchir des règles ruineuses de l’UE nécessitera quelques années d’efforts, mais rétablira l’économie, redonnera de l’emploi, rouvrira l’avenir et restaurera la souveraineté collective sans laquelle la liberté individuelle n’est que leurre. Plus la libération tardera, plus le pays sera affaibli et moins les Français seront portés au courage nécessaire pour redevenir libres.

Nul ne pense, bien sûr, à instaurer l’autarcie, mais les pays qui ont rétabli des droits de douane s’en trouvent bien : la Russie et l’Iran, par exemple, souffrent certes des sanctions qui leur sont injustement infligées, mais développent leurs industries ce qui rétablit progressivement l’emploi, et permet de maîtriser des techniques nouvelles. Ces pays sont maîtres de leur monnaie, ce qui permet à celle-ci d’irriguer les secteurs productifs plutôt que de pomper les ressources vers les classes dominantes et l’étranger comme c’est le cas en Europe. La redistribution des revenus permet aussi de maintenir la demande, sans laquelle les entreprises ne peuvent pas investir, ni donc moderniser l’appareil de production, ni par conséquent perdurer.

– La Politique :

En politique étrangère, Madame Le Pen propose de renouer avec la Russie et d’abandonner les agressions « humanitaires » anglo-sionistes. C’est la sagesse même, et, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir du FN, c’est le seul parti qui condamna toujours ces guerres illégitimes.

Face au despotisme de l’UE, que Macron veut encore aggraver, Le Pen dit vouloir résister. Peut-être se ferait-elle tsiprasiser, avec plus ou moins de bonne grâce, mais ce n’est pas fait.

En politique intérieure, il s’agit d’éviter que la France ne soit démembrée, son État détruit, son avenir compromis, sa langue éliminée, son peuple appauvri et divisé. La « gauche », la « droite », les « antifas » s’agiteront, soulèveront les banlieues. Ce ne sera pas calme, mais peut-être salvateur.

Et si Marine Le Pen et le gouvernement, qui n’auraient pas de majorité solide au Parlement, voulaient outrepasser leur pouvoir, ils seraient infiniment plus faciles à limiter qu’un Macron soutenu par l’oligarchie.

Prendre une décision

Comme en 14 et en 40, quoique différemment qu’à ces époques, la France est en péril de mort. Nous devons vivre dans notre temps, pour préparer l’avenir, et non penser avec huit décennies de retard : le fascisme est fini depuis longtemps, et c’est une tyrannie très différente mais tout aussi effrayante qui nous menace.

Les oligarques mondiaux ont compris depuis longtemps qu’il était moins coûteux, moins fatiguant et moins risqué d’abrutir les citoyens un par un devant leur télé que de les rassembler dans des stades, et que la déculturation était plus efficace que la répression. Réprimer, faire disparaître les opposants, reste une option, mais qui ne sera mise en œuvre que si nous ne sommes pas sages.

Nous n’avons pas choisi les deux concurrents, mais nous devons choisir entre eux. Le vote blanc n’est pas un choix, et, vu la gravité des circonstances, il faut trancher. Il ne s’agit pas tout bonnement d’exprimer une opinion, mais de décider du gouvernement du pays dans une des périodes les plus périlleuses de son histoire, une de ces époques qui déterminent si une société perdure ou disparaît.

L’opposition sociale n’a pas été aussi claire depuis très longtemps, mais dans la confusion idéologique entretenue par les médias sous contrôle, le débat politique a lieu à front renversé : la « gauche » défend les intérêts de l’oligarchie et prône la soumission et la guerre, tandis que « l’extrême droite » veut la paix, défend les intérêts du peuple et exalte la liberté de la nation.

Bien entendu, le FN est depuis longtemps entré dans le système politique, et la famille Le Pen a profité des occasions d’enrichissement offertes par l’activité politique. On peut ne priser ni la personnalité de la candidate, ni les excès verbaux passés de membres de son parti. Mais quels qu’aient été les sentiments qu’aient pu inspirer naguère les saillies de Le Pen père, il n’y a pas d’autre choix que de voter à présent pour la fille afin de sortir la France d’un piège mortel et sauver ce qui peut encore l’être.

Dans la tradition des patriotes conservateurs, c’est le vote de liberté nationale et de salut de la Patrie, et dans la tradition marxiste des socialistes authentiques, c’est le vote de classe.

Pour tous, c’est le choix de la nation et du peuple.

Christian Darlot Mai 2017

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2 commentaires sur “Attali président ?

  1. Merci Christian pour ce formidable article.

    Si je peux me permettre d’apporter mon grain de sel…
    Il conviendrait de différencier la mondialisation – conséquence inéluctable du progrès technologique favorisant échanges, communication et transport (de biens et personnes) qui nous fait dire que le monde n’est plus qu’un village global, et mondialisme – gestion politique et économique de la mondialisation, voire mise en œuvre de politiques visant à imposer un ordre nouveau (disparition des états-nations ou, dans une phase transitoire, leur coexistence, dans une forme réduite à peau de chagrin, avec des organismes supranationaux s’arrogeant certaines des fonctions régaliennes autrefois réservées aux états).

    Les tenants du mondialisme nous expliquent (avec force “pédagogie”…) que leur manière de faire est la seule qui vaille, ou mieux encore, que le mondialisme est lui même une conséquence inéluctable de la mondialisation !
    Formidable tour de passe-passe, volonté d’enfumer en insinuant qu’être contre le mondialisme et ses outrances c’est être contre la mondialisation !

    Les antimondialistes refusent cette évidence et proposent des gestions alternatives de la mondialisation.
    Ce fut le cas lors du premier tour ou, hors les trois mandarins qui allaient fondre les habituels partis de gouvernement en un parti unique (comme dans toute bonne dictature à l’ancienne), les huit autres (sans préjuger de leur sincérité – ce point a une grande importance) tenaient un disours critique sur le système mondialiste et les conséquences des politiques menées.
    Aucun ne remettait en cause la mondialisation, aucun ne remettait en cause le progrès technique, aucun ne parlait de fermer internet ou de saborder les supertankers.

    Le choix qui nous est proposé demain est exactement le même. Un choix très clair entre mondialiste et solution alternative (peut-être pas celle qui correspond le mieux à notre sensibilité personnelle mais c’est un autre débat).
    Sommes-nous collectivement prêts à basculer ?

    1. Je suis assez d’accord avec vous, et votre analyse rejoint celle d’Hervé Juvin dans l’excellent livre “La grande séparation” dont j’ai déjà parlé ici. Mais il y a dans la mondialisation un aspect technique qui rend possible l’application du mondialisme, qui resterait sans cela une simple idéologie inopérante, ce qui est je crois très bien expliqué ici. Je laisse l’auteur commenter à son tour s’il le désire.

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